‹ Le Maroc inconnuChapitre 2 sur 16 · EN PRÉPARATION · texte numérisé non relu

EN PRÉPARATION

LE MAROC INCONNU. — 2^ Partie. Exploration des Djebala {Maroc Septentrional). — 3" Partie, La Province de Fas.— 4' Partie, Les Braber. — 5' Partie, La Dbahra, etc.

Légendes et Contes Merveilleux de la Grande Kabylie, 5° Fascicule.

Un Poôte classique Marocain du XVIII*' Siècle. Texte arabe inédit, traduction française et notes.

Essai de Dictionnaire Français-Rifain.

Essai sur le Thamazir'th et les Contes Populaires du Rif.

Proverbes Arabes de la Province d'Oran et du Maroc. Texte arabe, traduction française et notes.

onsiêur JuUs Jambon

Gouverneur Général de l'Algérie

LE

22 ans d'explorations dans cette contrée mystérieuse, Ae 1872 à 1893.

IMPORTANTES RÉVÉLATIONS de voyageurs musnlmans sur lo pays, les habitants, les mœurs, coatumes , usages ; industries commerciales, agricoles, manufacturiâres ; richesses minérales, forestières, pastorales ; popnlatiou, forces militairei, administration, langues, races, etc.

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PREMlÈnn PAHTIE

EXPLORATION DU RIF (Maroc septentrional)

Avec Cartes inédites du Rif et de chaque Tribu (hors texte) •- ^'ao

Propriélé de l'Auleui-. — Tous droils réservés

En dépôt à Paris à la LibrairU Coloiiink el JfiL-ah>e. Joseph ANDRE, rue Bonaparte, 27

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(Proverbe arûbe).

POURQUOI n COMMENT J'Ai FAIT CE LIVRE

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Icxicographique de cette langue, richesse qui dépasse tout ce que l'imagination la plus féconde peut rêver. On est pris de vertige en présence de ces 12,305,412 mots que contient le dictionnaire arabe. Les synonymes sont presque innombrables. Le laborieux de Hammer a catalogué 5,744 mots relatifs au chameau. Le lexicographe Firouzabadi a trouvé 80 synonymes du mot miel et 1,000 pour épée. Malheur compte plus de 400 synonymes. Un philologue put composer un livre sur les 500 noms du lion. Plus de 200 termes, signifiant serpent, furent l'objet d'un ouvrage d'un autre amateur de statistique. Et cela ne suffit pas encore, car, pour porter au plus haut point la difficulté de cette étude, chaque mot a encore des sens multiples et contradictoires. On dirait qu'un génie infernal s'est amusé à faire de cette langue une énigme perpétuelle. La réunion de tous les dialectes de l'Arabie dans un môme dictionnaire a produit ce chaos.

L'arabe vulgaire est loin d'avoir la richesse encombrante de la littérature ; il offre encore cependant une abondance de synonymes qui n'existe peut-être pas au même degré dans aucun autre idiome. Depuis prés d'un quart de siècle que je l'étudié, j'ai eu le loisir de m'apercevoir que chaque mot de l'arabe parlé a une moyenne de trois synonymes. En ajoutant à ce nombre les pluriels irréguliers, qui, ne ressemblant que vaguement à leurs singuliers, constituent bel et bien des mots nouveaux à apprendre, nous aurons six termes environ à savoir pour chaque mot correspondant au français par exemple. N'oublions pas de mentionner aussi les indispensables assouplissements du larynx, nécessités par de rudes articulations dont nos langues européennes n'ont aucune idée, et nous pourrons commencer à entrevoir la peine qu'il faut se donner pour parler l'arabe comme un arabe.

Il n'est donc pas étonnant de voir si peu d'Européens en état de parler et d'écrire convenablement le plus décourageant des idiomes connus. Convaincu cependant qu'un travail acharné finirait par nous mettre au moins au niveau des arabes lettrés, ce qui serait déjà très beau, je me permets d'émettre ici un vœu en faveur des études arabes, si négligées en France et en Algérie. Que l'Etat fasse pour elles les plus grands sacrifices ; c'est par elles que nous parviendrons à nous faire aimer des Arabes et des Musulmans du monde entier ; c'est par elles que nous connaîtrons ce que pense, ce que veut cette société mahométanc, dont le concours nous serait si précieux. Mettons en pratique cette recommandation du Prophète à ses sectateurs ^j^' J^ y^ ^ i^sj» ,yj» ^yÀ ^jb « duiconque connaît la langue d'un peuple est à l'abri

de ses embûches.»

Au Maroc, la connaissance sérieuse de l'arabe est suffisante. Dans les régions où les Berbères dominent, et elles sont nombreuses, on ferait bien d'y joindre celle d'un dialecte berbère marocain ou algérien. Cela fait, on pourra, vêtu en t'aleb besogneux, rompu d'avance aux privations et aux fatigues, s'cnijjaj^er hardiment dans n'importe quelle partie du Maroc, en se gardant bien d'avoir une reconuiiandation quelconque de qui et pour qui que ce soit.

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