‹ Le Maroc pittoresqueChapitre 29 sur 29 · Pluriel de chérif · texte numérisé non relu

Pluriel de chérif

SOUS FORME DE CONCLUSION

il leur plaît, réchauffer le zèle de leurs coreligionnaires et recueillir leurs offrandes ; mes officiers se dévouent à faire respecter le prestige du Maghzen.... »

Hélas ! oui : tout cela est l’exacte vérité ; tout cela aurait dû faciliter notre tâche, accroître notre prestige ; tout cela, à la rigueur , aurait pu, à force de patience, de persévérance, de sacrifices et d’argent, éviter à notre voisin, le Maroc, les terribles effets d’une invasion brutale, les soubresauts violents d’une pénétration de vive force. Aujourd’hui, les appétits rivaux déchaînés, la proie s’étant imprudemment livrée elle-même à la curée de tous, il est bien improbable que les destinées du Maroc ne s’accomplissent.

On voudrait espérer que, fatalement entraîné dans l’orbite de notre civilisation, il n’y entrera point par la porte sanglante : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » . Le proverbe a raison sans doute ; encore faut-il que soient possibles longueur de temps et patience : les compétiteurs pressés et nombreux affirment que non.

Et puis, le Maroc c’est la citadelle de l’Islam; notre scepticisme se targuerait-il d’user à son contact un fatalisme irréductible. Peut-être, mais là encore, à force de temps et c’est le seul crédit que nous refusions au Sultan et à son Empire.

Son amour du gain, son sens commercial très développé feront-ils du moins accepter au marocain nos progrès? On en pourra juger par ces deux anecdotes :

Une nuit sans clarté, je revenais à mule, accompagné d’un notable, par les routes que l’on sait : il avait plu

abondamment, les chemins s’étaient effondrés dans une glaise gluante. Je crus l’occasion propice de parler à mon compagnon des. commodités de nos chemins de fer, des agréments d’un voyage en sleeping-car brillamment éclairé. Aucun étonnement ne se manifestait sur son visage; mais j’avais, fait des frais d’éloquence et je ne doutais pas d’avoir atteint mon but. A peine arrivé dans sa demeure ce fut lui qui rompit le premier le silence :

— Vous autres chrétiens, vous vous plaisez à compli quer l’existence et â la rendre insupportable: pour moi, je suis parfaitement heureux. La boue du chemin ? mais j’ai une mule qui en a toute la peine et non moi. Un esclave éclaire ma route juste assez pour ne point fatiguer mes yeux. Et si mes vêtements ont été trempés par la pluie, dix serviteurs vont tout à l’heure me baigner, parfumer mon corps, m’habiller de cafetans et de burnous moelleux. Mon sort n’est-il pas digne d’envie?

J’eus quelque peine â me persuader que le marocain avait un peu raison. Et, de suite, je me souvins de cette réplique d’un des plus importants commerçants de Fez, aux yeux duquel on faisait miroiter les avantages dont bénéficierait le commerce, si jamais un chemin de fer parvenait jusqu’à Fez. On pourrait par exemple recevoir les marchandises en un mois au lieu de six.

— La belle affaire, répliqua le Fasi, nous les. commandons six mois plus tôt, voilà tout.

Tel est le Maroc. J’ai l’intime conviction de l’avoir visité,, tel que l’auraient trouvé les pères de nos pères et leurs aïeux, tel aussi que ne pourrait déjà plus le voir mon premier né. Il ne dépend plus du Maroc ni de son

SOUS FORME DE CONCLUSION

Sultan de relever les ruines devant l’envahisseur. Que ce soit par le glaive ou autrement, le Roumi entrera demain dans la place ; il est trop tard pour fermer la brèche.

Peut-être les amants de la prime nature en éprouveront-ils quelque regret: je ne suis point un poète épris de rêve et je ne me persuade point, que, pour s’ouvrir aux activités mondiales, le Maroc devra perdre tout son pittoresque. D’ailleurs ce sont là considérations superflues ; le torrent qui entraîne notre siècle vient de saisir l’Extrème-Occident dans ses remous, c’était fatal.

Que les destinées du Moghreb s’accomplissent !

La résignation du marocain sera bientôt aussi profonde, aussi religieuse que son fanatisme.

— C’était écrit !

TABLE DES GRAVURES

Pages

Guillaume II, reçu triomphalement à Tanger sur le Petit Socco. Frontispice

Vieille porte de la Kasbah, à Tanger 1

La Moulouïa, le grand fleuve du Maroc du Nord. (Vue prise un

peu en aval de Charrar) 7

Les sommets du Zerhoun 9

Un village du Fahs. . . 13

Le Sultan Abd-El-Aziz, tel qu’il me permit de le photographier

dans son palais de Fez 17

L’Empereur d’Allemagne, à peine débarqué à Tanger, s’entretient

avec l’envoyé extraordinaire du Sultan Abd-el-Malek 19

La palmeraie de Tiout. ... 25

Zenaga, le plus important des Ksour du Figuig 29

Les Hadjra Mektonba, ou pierres écrites de la vallée du Tach-

toufelt 33

Le « naufrage » à Porto Secco. . 38

Port-Say vu de la Kasbah des Bocoyas 40

La porte d’accès de la Kasbah de Saïdia 41

Port-Say, tel qu’on le voit de la frontière du Maroc (oued Kiss). . 43

Le Lieutenant de vaisseau Louis Say, créateur de Port-Say ... 48

Intérieur de la Kasbah de Saïdia 49

Le troisième gué de la Moulouïa, vers le marché des Kebdana. . 54

Le marché 56

L’abattoir en plein vent 57

G. Delbrel 60

En route pour le camp du Prétendant 62

Une « fanfare » marocaine 69

356 TABLE DES GRAVURES

Pages

Défilé des troupes d’infanterie du Prétendant, sous le commandement des caïds Mia, de Moulay-M’hamed 73

Les trophées du Prétendant exposés sur les murs de la Posada. . 81

Le chouari et les têtes sanglantes 83

Encore des têtes-trophées : on remarquera, au centre, la tête de

la jeune femme 85

La vieille porte de la citadelle de Melilla 90

Melilla : le port 92

A Melilla, sur l’esplanade, Paseo del General Marias 93

Les fossés où s’engouffre la mer dans l’antique forteresse de

Melilla . 96

Panorama de Melilla 97

Les îles Zaffarines : le débarcadère 100

Aux Zaffarines : le phare et le bagne 101

Vue générale des îles Zaffarines . 104

Les îles Zaffarines : vue générale de Ylsla Isabel Segnuda .... 105

Le cap Très Forças vu du haut des remparts de Melilla 107

Le rocher de Gibraltar vu de la Linea espagnole 113

Gibraltar: Moorish Gastle 115

La construction des grandes formes de radoub à Gibraltar. . . . 118

Des montagnes de blocs taillés, numérotés, attendent sur les

chantiers de l’arsenal 119

Ceuta, vue générale 121

Ceuta: Cuartel de la Reyna, fuerte de Monte Hacho 123

Vieux fossés fortifiés à Ceuta 124

Vue générale de Tanger, à l’arrivée 125

Tanger : le quartier de La Plage 127

Vestiges du pont Romain sur l’oued Tandja 128

Le palmier de Tanger à la mosquée des Aïssaouas 129

Le wharf et la baie de Tanger 131

Les « magasins » des douanes marocaines à Tanger. 133

Manutention d’un colis volumineux 136

La batterie d’honneur dite Dâr Baroud ou palais de la poudre . 137

Porte et minaret de la grande mosquée 144

Vue panoramique de Tanger 145

Un coin du Petit Socco 148

La porte de Fahs (Bab-al-Fahs) . 149

Le marché aux fruits et aux légumes sur le Grand Socco .... 152

Le plateau du Marschan » 153

Vestiges portugais de la Kasbah de Tanger et porte dite Bab-el-

Marschan 155

TABLE DES GRAVURES

Le marché aux grains, à Tanger. . . • . .

Une rue de la haute Kasbah

Palais du Gouverneur, trésorerie et prisons sur la plqce du

Mechouar (Kasbah de Tanger) . . . .

Débarquement de la mission française à Larache, sur une « bar-

casse » du Sultan

Porte de la Kasbah de Larache

Le Dar-maghzen , à Larache . . . . .

Le caïd Raha

Le portage à chameaux des colis volumineux .

Le camp de l’Ambassade française sur la falaise de Larache. . . Une diffa : le Ministre de France, Mme Saint-René Taillandier et

leur suite chez le caïd des Habbassi

L’Ambassade en marche

Le vieux fort portugais de Larache

Dans la forêt de chênes-lièges

Village et Koubba de Lalla-Meïmouna

Paysage de l’Est marocain

Passage du Sebou : l’embarquement sur la rive droite

Passage du Sebou : la barcasse de l’Ambassade va accoster la rive

gauche

Le défilé et le village de Bab-Tchiouka

Au sommet du Zegota : panorama vers le Sud-Est

L’Ambassade franchit le pont de l’oued Mekkès

Les musulmans, protégés français, viennent saluer au camp le

« Bachadour » .

Les drapeaux du Sultan faisant la haie

Le cortège triomphal pour l’entrée solennelle de l’Ambassade à

Fez

La haie triomphale : à l’horizon les murs et les minarets de Fez-

Djedid

La multitude des Fasis attend devant la porte Bab-Segma,

l’arrivée du « Bachadour ».

Le cortège et l’Ambassade franchissent l’entrée de la Ville Sainte.

La musique du Sultan du Maroc

Le nouveau Mechouar

Le palais privé d’Abd-El-Aziz

L'entrée du Dar-Maghzen

Le Mellah de Fez-Djedid et les petits juifs de l’école française . . Le cimetière israélite à Fez

Pages

Panorama de Fez Bâli

TABLE DES GRAVURES

Une rue de Fez : échoppes et auvents ■ , . . .

Intérieur d’une maison maure ....

Fontaine et porte de fondaq , près de la mosquée de Moulay

Eydrïss

Intérieur d’un fondaq (acheté par la Compagnie marocaine). . . Intérieur de la maison habitée par Si Kaddour ben Gabhit,

interprète de la Légation de France

La vaste esplanade qui précède le palais privé du Sultan, à Fez. Abd-El-Aziz et l’interprète pendant notre conversation avec le

Sultan

Un lion du Sultan .

Les chevaux d’Abd-El-Aziz attendent à la porte du Dar-Betha,

sous la garde des esclaves noirs

Vue du quartier des tanneries à Fez ; on remarquera la multitude

de peaux séchant sur les murs

A Fez : vue sur l’oued Fès, du pont dit Beïn Almedoun. ....

La porte Bab-Mahbrouq

Notre petite caravane sur le chemin du retour . . . . . . . 312, L’estuaire du Loukkos, formant le port de Larache. . . . . . .

Une porte de la ville de Mazagan.

Yue de la grève et des murailles de Casablanca

Les troupes du Sultan à Tanger, s’apprêtant à rendre les

honneurs au pacha, un vendredi .

Les guerriers du Maroc. Défilé des Andgeras se rendant à la

« fête de la poudre » en l’honneur de Guillaume II

Le Capitaine Fournié, investi par le Sultan de la direction des

troupes et de la police de Tanger

L’arrivée, au camp de l’Ambassade, de deux Rakkas. ..... Ruines du Dar-Maghzen, à Fez, écroulées dans le ravin de l’oued ez-Zittoun

Pages

Carte et Plan.

Carte générale du Maroc Plan des deux Fez . . .

Page 1