Pluriel de chérif
SOUS FORME DE CONCLUSION
il leur plaît, réchauffer le zèle de leurs coreligionnaires et recueillir leurs offrandes ; mes officiers se dévouent à faire respecter le prestige du Maghzen.... »
Hélas ! oui : tout cela est l’exacte vérité ; tout cela aurait dû faciliter notre tâche, accroître notre prestige ; tout cela, à la rigueur , aurait pu, à force de patience, de persévérance, de sacrifices et d’argent, éviter à notre voisin, le Maroc, les terribles effets d’une invasion brutale, les soubresauts violents d’une pénétration de vive force. Aujourd’hui, les appétits rivaux déchaînés, la proie s’étant imprudemment livrée elle-même à la curée de tous, il est bien improbable que les destinées du Maroc ne s’accomplissent.
On voudrait espérer que, fatalement entraîné dans l’orbite de notre civilisation, il n’y entrera point par la porte sanglante : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage » . Le proverbe a raison sans doute ; encore faut-il que soient possibles longueur de temps et patience : les compétiteurs pressés et nombreux affirment que non.
Et puis, le Maroc c’est la citadelle de l’Islam; notre scepticisme se targuerait-il d’user à son contact un fatalisme irréductible. Peut-être, mais là encore, à force de temps et c’est le seul crédit que nous refusions au Sultan et à son Empire.
Son amour du gain, son sens commercial très développé feront-ils du moins accepter au marocain nos progrès? On en pourra juger par ces deux anecdotes :
Une nuit sans clarté, je revenais à mule, accompagné d’un notable, par les routes que l’on sait : il avait plu
abondamment, les chemins s’étaient effondrés dans une glaise gluante. Je crus l’occasion propice de parler à mon compagnon des. commodités de nos chemins de fer, des agréments d’un voyage en sleeping-car brillamment éclairé. Aucun étonnement ne se manifestait sur son visage; mais j’avais, fait des frais d’éloquence et je ne doutais pas d’avoir atteint mon but. A peine arrivé dans sa demeure ce fut lui qui rompit le premier le silence :
— Vous autres chrétiens, vous vous plaisez à compli quer l’existence et â la rendre insupportable: pour moi, je suis parfaitement heureux. La boue du chemin ? mais j’ai une mule qui en a toute la peine et non moi. Un esclave éclaire ma route juste assez pour ne point fatiguer mes yeux. Et si mes vêtements ont été trempés par la pluie, dix serviteurs vont tout à l’heure me baigner, parfumer mon corps, m’habiller de cafetans et de burnous moelleux. Mon sort n’est-il pas digne d’envie?
J’eus quelque peine â me persuader que le marocain avait un peu raison. Et, de suite, je me souvins de cette réplique d’un des plus importants commerçants de Fez, aux yeux duquel on faisait miroiter les avantages dont bénéficierait le commerce, si jamais un chemin de fer parvenait jusqu’à Fez. On pourrait par exemple recevoir les marchandises en un mois au lieu de six.
— La belle affaire, répliqua le Fasi, nous les. commandons six mois plus tôt, voilà tout.
Tel est le Maroc. J’ai l’intime conviction de l’avoir visité,, tel que l’auraient trouvé les pères de nos pères et leurs aïeux, tel aussi que ne pourrait déjà plus le voir mon premier né. Il ne dépend plus du Maroc ni de son
SOUS FORME DE CONCLUSION
Sultan de relever les ruines devant l’envahisseur. Que ce soit par le glaive ou autrement, le Roumi entrera demain dans la place ; il est trop tard pour fermer la brèche.
Peut-être les amants de la prime nature en éprouveront-ils quelque regret: je ne suis point un poète épris de rêve et je ne me persuade point, que, pour s’ouvrir aux activités mondiales, le Maroc devra perdre tout son pittoresque. D’ailleurs ce sont là considérations superflues ; le torrent qui entraîne notre siècle vient de saisir l’Extrème-Occident dans ses remous, c’était fatal.
Que les destinées du Moghreb s’accomplissent !
La résignation du marocain sera bientôt aussi profonde, aussi religieuse que son fanatisme.
— C’était écrit !
TABLE DES GRAVURES
Pages
Guillaume II, reçu triomphalement à Tanger sur le Petit Socco. Frontispice
Vieille porte de la Kasbah, à Tanger 1
La Moulouïa, le grand fleuve du Maroc du Nord. (Vue prise un
peu en aval de Charrar) 7
Les sommets du Zerhoun 9
Un village du Fahs. . . 13
Le Sultan Abd-El-Aziz, tel qu’il me permit de le photographier
dans son palais de Fez 17
L’Empereur d’Allemagne, à peine débarqué à Tanger, s’entretient
avec l’envoyé extraordinaire du Sultan Abd-el-Malek 19
La palmeraie de Tiout. ... 25
Zenaga, le plus important des Ksour du Figuig 29
Les Hadjra Mektonba, ou pierres écrites de la vallée du Tach-
toufelt 33
Le « naufrage » à Porto Secco. . 38
Port-Say vu de la Kasbah des Bocoyas 40
La porte d’accès de la Kasbah de Saïdia 41
Port-Say, tel qu’on le voit de la frontière du Maroc (oued Kiss). . 43
Le Lieutenant de vaisseau Louis Say, créateur de Port-Say ... 48
Intérieur de la Kasbah de Saïdia 49
Le troisième gué de la Moulouïa, vers le marché des Kebdana. . 54
Le marché 56
L’abattoir en plein vent 57
G. Delbrel 60
En route pour le camp du Prétendant 62
Une « fanfare » marocaine 69
356 TABLE DES GRAVURES
Pages
Défilé des troupes d’infanterie du Prétendant, sous le commandement des caïds Mia, de Moulay-M’hamed 73
Les trophées du Prétendant exposés sur les murs de la Posada. . 81
Le chouari et les têtes sanglantes 83
Encore des têtes-trophées : on remarquera, au centre, la tête de
la jeune femme 85
La vieille porte de la citadelle de Melilla 90
Melilla : le port 92
A Melilla, sur l’esplanade, Paseo del General Marias 93
Les fossés où s’engouffre la mer dans l’antique forteresse de
Melilla . 96
Panorama de Melilla 97
Les îles Zaffarines : le débarcadère 100
Aux Zaffarines : le phare et le bagne 101
Vue générale des îles Zaffarines . 104
Les îles Zaffarines : vue générale de Ylsla Isabel Segnuda .... 105
Le cap Très Forças vu du haut des remparts de Melilla 107
Le rocher de Gibraltar vu de la Linea espagnole 113
Gibraltar: Moorish Gastle 115
La construction des grandes formes de radoub à Gibraltar. . . . 118
Des montagnes de blocs taillés, numérotés, attendent sur les
chantiers de l’arsenal 119
Ceuta, vue générale 121
Ceuta: Cuartel de la Reyna, fuerte de Monte Hacho 123
Vieux fossés fortifiés à Ceuta 124
Vue générale de Tanger, à l’arrivée 125
Tanger : le quartier de La Plage 127
Vestiges du pont Romain sur l’oued Tandja 128
Le palmier de Tanger à la mosquée des Aïssaouas 129
Le wharf et la baie de Tanger 131
Les « magasins » des douanes marocaines à Tanger. 133
Manutention d’un colis volumineux 136
La batterie d’honneur dite Dâr Baroud ou palais de la poudre . 137
Porte et minaret de la grande mosquée 144
Vue panoramique de Tanger 145
Un coin du Petit Socco 148
La porte de Fahs (Bab-al-Fahs) . 149
Le marché aux fruits et aux légumes sur le Grand Socco .... 152
Le plateau du Marschan » 153
Vestiges portugais de la Kasbah de Tanger et porte dite Bab-el-
Marschan 155
TABLE DES GRAVURES
Le marché aux grains, à Tanger. . . • . .
Une rue de la haute Kasbah
Palais du Gouverneur, trésorerie et prisons sur la plqce du
Mechouar (Kasbah de Tanger) . . . .
Débarquement de la mission française à Larache, sur une « bar-
casse » du Sultan
Porte de la Kasbah de Larache
Le Dar-maghzen , à Larache . . . . .
Le caïd Raha
Le portage à chameaux des colis volumineux .
Le camp de l’Ambassade française sur la falaise de Larache. . . Une diffa : le Ministre de France, Mme Saint-René Taillandier et
leur suite chez le caïd des Habbassi
L’Ambassade en marche
Le vieux fort portugais de Larache
Dans la forêt de chênes-lièges
Village et Koubba de Lalla-Meïmouna
Paysage de l’Est marocain
Passage du Sebou : l’embarquement sur la rive droite
Passage du Sebou : la barcasse de l’Ambassade va accoster la rive
gauche
Le défilé et le village de Bab-Tchiouka
Au sommet du Zegota : panorama vers le Sud-Est
L’Ambassade franchit le pont de l’oued Mekkès
Les musulmans, protégés français, viennent saluer au camp le
« Bachadour » .
Les drapeaux du Sultan faisant la haie
Le cortège triomphal pour l’entrée solennelle de l’Ambassade à
Fez
La haie triomphale : à l’horizon les murs et les minarets de Fez-
Djedid
La multitude des Fasis attend devant la porte Bab-Segma,
l’arrivée du « Bachadour ».
Le cortège et l’Ambassade franchissent l’entrée de la Ville Sainte.
La musique du Sultan du Maroc
Le nouveau Mechouar
Le palais privé d’Abd-El-Aziz
L'entrée du Dar-Maghzen
Le Mellah de Fez-Djedid et les petits juifs de l’école française . . Le cimetière israélite à Fez
Pages
Panorama de Fez Bâli
TABLE DES GRAVURES
Une rue de Fez : échoppes et auvents ■ , . . .
Intérieur d’une maison maure ....
Fontaine et porte de fondaq , près de la mosquée de Moulay
Eydrïss
Intérieur d’un fondaq (acheté par la Compagnie marocaine). . . Intérieur de la maison habitée par Si Kaddour ben Gabhit,
interprète de la Légation de France
La vaste esplanade qui précède le palais privé du Sultan, à Fez. Abd-El-Aziz et l’interprète pendant notre conversation avec le
Sultan
Un lion du Sultan .
Les chevaux d’Abd-El-Aziz attendent à la porte du Dar-Betha,
sous la garde des esclaves noirs
Vue du quartier des tanneries à Fez ; on remarquera la multitude
de peaux séchant sur les murs
A Fez : vue sur l’oued Fès, du pont dit Beïn Almedoun. ....
La porte Bab-Mahbrouq
Notre petite caravane sur le chemin du retour . . . . . . . 312, L’estuaire du Loukkos, formant le port de Larache. . . . . . .
Une porte de la ville de Mazagan.
Yue de la grève et des murailles de Casablanca
Les troupes du Sultan à Tanger, s’apprêtant à rendre les
honneurs au pacha, un vendredi .
Les guerriers du Maroc. Défilé des Andgeras se rendant à la
« fête de la poudre » en l’honneur de Guillaume II
Le Capitaine Fournié, investi par le Sultan de la direction des
troupes et de la police de Tanger
L’arrivée, au camp de l’Ambassade, de deux Rakkas. ..... Ruines du Dar-Maghzen, à Fez, écroulées dans le ravin de l’oued ez-Zittoun
Pages
Carte et Plan.
Carte générale du Maroc Plan des deux Fez . . .