D'ORAN A BENI OUNIF DE PIGUIG
Chemin de fer : Etat : 637 k. ; départ de la gare de l'Etat ; trajet en 21 h. 30; 71 fr. 10 et 53 Ir. 30; aller et ret. valables 15 j., 98 fr. et 73 fr. 50. — Il y a, 3 fois par sem. seulement, des trains directs, pourvus de compartiments à couchettes (suppl, 12 fr.) et d'un ^Yagonrestaurant (rep. 3, 3,50 ; collation 1 fr. 50), permettant d elïectuer le voA'age en une étape; les autres j. de la semaine, il faut s'arrêter à Saïda et y coucher (wagon-restaurant aux trains quotidiens jusqu'à Saïda). Lies trains de l'Etat correspondent à Pcrrégaux avec ceux du P.-L.-M. à destination ou en provenance d'Alger. D'Oran, il serait assez peu à recommander de prendre le P.-L.-M. jusqu'à Perrégaux. — Pour plus de détails, V. le Guide Bleu : Alyérie-Tunisie.
Autocyclisme : Il n'y a de route pratiquement carrossable (route nat. 5) que sur les 181 premiers k., jusqu'au delà de Saïda; on peut toutefois se rendre d'Oran à Beni Ôunif de Figuig par Oudjda(p. 252), Berguent (p. 261) et Tendrara (p. 261).
Bibliographie ; — Notes de route et Bans VOmbre chaude de rislam, par Isabelle Eberhardt (Paris, Fasquelle, 1911, 1917).
Au départ d'Oran on traverse d'importants vignobles et la voie dessert quatre villages viticoles. — 28 k. Saint-Cloud, petite ville de 4,500 hab.. dont 3,900 européens, centre agricole prospère. — 34 k. Renan-Kléber : carrières de marbre sur le Djebel Orouze. — 42 k. Damesme, à o k. d'Arzeu, petite ville de 6,200 hab. et port excellent.
La voie ferrée suit de près le bord de la mer, par les stations de (45 k.) Saint-Leu et (55 k.) P or t-aux- Poules,
59 k. La Macta. — La voie ferrée franchit la Macta et s'écarte de la mer. On traverse du N. au S. les vastes marais de la Macta, où s'étalent les eaux de l'Habra et du Sig. C'est dans ces marais qu'Abd El Kader, le 28 juin 1835, infligea au général Trézel un échec des plus graves.
76 k. Debroufseville. — 80 k. La Ferme-Blanche. A dr., vastes bâtiments d'exploitation entourés de vignobles et d'ornngeries.
89 k. Perrégaux, ville de 16,000 hab., où l'on croise la ligne d'Alger à Oran.
La voie franchit l'Habra; elle s'élève ensuite rapidement le long de la vallée de cette rivière, appelée ici oued El Hammam. On traverse les monts des Beni Ghougrane. Avant d'arriver à la station du (100 k.) Barrage, à g., vue sur le barrage de VHabra. Les croupes qui avoisinent ce beau lac artificiel ont été reboisées et contrastent avec la nudité de la région environnante.
La voie, toujours montant, traverse plusieurs fois la rivière.
109 k. Dublineau, village de 1,650 hab., presque tous européens: site pittoresque.
La voie laisse à g. la route nationale et court au S.-O., en montant toujours à travers des marnes blanches dénudées.
118 k. La Guetmi, station près de laquelle se trouve la zaouia où fut .élevé Abd El Kader.
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126 k. Bou HaniJia-les-T/iermes, à 5 k. N.-E. du Hammam Bon Hanifia, groupe de sources thermales, les Aquœ Sireiises des Romains, d'où l'oued El Hammam tire son nom. Une grande ville antique, dont le rempart est encore distinct, s'élevait à 1,200 m. S.
138 k. Tizi-Mascara (buffet), à 454 m. d'alt. On aperçoit à g. Mascara, où conduit un embranchement de 12 k.
Mascara {Grand-Hôtel Bourelly, gar., électr., bains), ville de 24,000 hab., dont 8,000 europ. et 1,500 Israélites, ch.-l. d'un arrond. de 200,000 hab. et siège d'une commune mixte de 53,000 hab., est situé à 583 m., au revers S. des monts des Beni Chougrane (900 m.).
Mascara est bâti sur les versants du ravin de l'oued Toudmane, qui a été converti en. jardin public dans la traversée de la ville. Les principaux quartiers occupent le versant E. Ils ne présentent rien de curieux. L'ancienne demeure des beys, le Beylik, est devenue bâtiment militaire. — Sur le versant 0. du ravin se trouve le quartier de VArgoab Ismaïl^ où il n'y a guère que l'arsenal et des casernes. Sur la place de VArgoab, au N. de ce quartier, s'ouvre la porte d'Oran, de l'extérieur (belle vue).
En dehors de l'enceinte et au N.-O. s'étend Je faubourg indigène de Bab Ali (auquel on accédera par la porte de ce nom), où se fabriquent des burnous noirs dits khidous.
La voie ferrée traverse la fertile plaine d'Eghris, au N. de laquelle on aperçoit longtemps Mascara. — 151 k. Thiersville, village d'un millier d'habitants sur la g. — On franchit l'oued Taria. — 165 k. Taria (aub.), village de 500 européens.
On se rapproche peu à peu du massif montagneux, dont on voit à g. les éperons rocheux; la plaine monte insensiblement,' de sorte qu'on finit par se trouver presque à l'altitude des sommets des Beni Chougrane. On entre dans la vallée de l'oued Saida, encaissée entre des montagnes boisées assez maigrement de thuyas. — 178 k. Charrier, à 545 m.; vergers à dr., sur l'oued Saida.
183 k. Franchetti. — Falaises calcaires ruiniformes. Sources nombreuses, irrigations abondantes. — La voie, décrivant des courbes, s'élève par des rampes accentuées.
196 k. Les Eaux-Chaudes, près du Hammam Oaled Khaled, sources salées à 45°. — 204 k. Nazereg, à 736 m. UAïn Azereg, source abondante, traverse une grotte souterraine de plus de 300 m., à laquelle on accède par l'avenue du Trou aux Pigeons.
209 k. Saïda (hôt. Ria, gar., électr.), petite ville de 8,500 hab., dont 5,300 européens, et ch.-l. d'une commune mixte de 42,000 hab., à 837 m. d'alt.
Saida est la dernière ville du TelL L'enceinte renferme dans sa partie 0. la ville, dans sa partie E. les établissements militaires. Un monument à la mémoire des soldats de la Légion étrangère morts dans le Sud-Oranais, par R. Delandre, y a été élevé en 1910. Sur la route de Tiaret, à 2 k., colonne commémorative des combats contre Abd El Kâder, érigée en 1-901.
s AIDA. — AIN SEFRA. [35] — 271
La voie ferrée passe le long des ruines de l'ancienne citadelle d'Abd El Kader, qu'on aperçoit à g. Puis elle s'élève rapidement en lacets (vue* sur Saida). On se trouve alors sur de vastes plateaux ondulés et fertiles, où sont plantées de belles vignes,
220 k. Aïn El Hadjar, village de 900 hab., presque tous européens, à 1,015 m. d'alt. — 228 k. Bou Rached. A l'E. entre Bou Rached et Marhom, s'étend la plaine des Maâlif, occupée par de grandes fermes européennes où l'on cultive le blé. — Ensuite, grands plateaux caillouteux, avec quelques thuyas. — 244 k. Tafaroua, à 1,150m. Ondescend ensuite légèrement vers le bassin desChotts. — 253 k. Khalfallah, à 1,109 m. (chantiers d'alfa).
On entre dans la steppe d'alfa. Elle présente les ordinaires mirages, faisant surgir çà et là des visions imaginaires, nappes d'eau miroitantes, forêts, troupeaux au pâturage. Le parcours est désormais des plus monotones. — 270 k. Modzbah.
309 k. Le Kreider (aub.), à 988 m., hameau que protège un fortin sur un monticule. Le bataillon d'Afrique y a créé une oasis de verdure qui contraste avec la désolation environnante. — Au Kreider, on est dans la cuvette môme du Chott Chergui^ étrange paysage de sable, de sel et de sulfate de chaux. — On pénètre dans les Territoires du Sud. — 323 k. Bou Guetoub.
361 k. El Biod, gare fortifiée, en vue du Djebel Antar, qu'on aperçoit à dr., au pied d'une dune.
390 k. Méchéria (aub.), petit centre de 1,400 hab., dont 500 européens, ch.-l. d'un cercle militaire et d'une commune mixte de 25,000 hab., sur plus de 2 millions d'hect., à 1,158 m., au pied du Djebel Antar (1,720 m.), îlot montagneux qui surgit isolé au milieu de la plaine.
423 k. Naâma, station voisine de la Sebkha En Naâma et du Djebel Malha (la montagne de sel), dont on aperçoit à g. la coloration singulière, rouge et violette; petites dunes de sable. — 458 k. Mekalis (1,314 m.), point culminant de toute la ligne. On passe sur le versant saharien, et la voie s'engage dans le couloir dit Feïdjet El Betoum (le « défilé des pistachiers »), où l'on voit en effet un certain nombre de ces arbres; au milieu de la végétation herbacée du drinn et de l'alfa. Ce couloir est une assez large plaine comprise entre le Djebel Morghad à l'O. (2,136 m. au Ras Touït) et le Djebel Aissa à l'E. qui aboutit à Ain-Sefra.
492 k. Aïn Sefra (hôt. : de France, des Voyageurs), centre de 2,000 hab., dont 800 européens, Aïn Sefra, la « source jaune », le poste militaire le plus important de la région, est le ch.-l. d'un territoire militaire qui s'étend jusqu'au Touat et d'une commune mixte de U,Û00 hab. Il est situé à 1,100 m. d'alt., adossé au S. au massif du Djebel Mekter, en avant duquel s'étend une ligne de dunes longue de 15 à 20 k. A 200 m. de la gare fortifiée se trouve le village européen séparé par l'oued, généralement à sec, de la redoute, quartier militaire comprenant des casernes de style mauresque, le bureau arabe, les divers services militaires. Au S.-O. est un village ou ksar indi* gène, qu'on pourra visiter. — La redoute est adossée aux
LE FIGUIG
dunes, dont la couleur d'or rouge met dans le paysage une note imprévue. On a entrepris de fixer le sable par des plantations d'arbres de toutes sortes, qui constituent pour Ain Sefra un charmant jardin (pour s'y rendre, contourner la redoute).
Au sortir d'Ain Sefra, la voie ferrée longe le Djebel MekLer, suivant un couloir que forme la vallée de l'oued Sefra.
503 k. Tiouty gare fortifiée. — Pont sur l'oued, tranchées, descente rapide. — La voie passe entre le Djebel Mekter et le Djebel Djara, puis s'engage dans une large vallée, celle de l'oued Rouïba, cours supérieur de l'oued Namous, dans laquelle il y a quelques betoum. — Grès ruiniformes, rouges avec une patine noirâtre à la surface.
546 k. Moghrar Foukani. La gare est avant l'oasis; on aperçoit d'abord une koubba, puis l'oasis (12,000 palmiers) et le ksar (regarder à g.) entouré de montagnes nues.
On s'engage ensuite dans les 'égorges de Moghrar, la partie la plus pittoresque du trajet (beaux rochers de grès noircis). — Plus loin, on pénètre dans un couloir allongé appelé El Feïdja, comme celui qui aboutit à Ain Sefra; on passe, par ce couloir, de la vallée de l'oued Namous dans le bassin de la Zousfana.
577 k. Djenien Boa Rezg (1,006 m.), station fortifiée; à g., la redoute (jardin militaire et palmiers soufl'reteux). — On suit la vallée de l'oued Dermel, affluent de la Zousfana. — A'dr., dans le lointain, le Djebel Beni Sinir, dont l'altitude dépasse 2,000 m., et le Djebel Maïz (p. 277).
610 k. Duveyrier, — La voie ferrée appuie à l'O. et s'écarte de la vallée de l'Oued Dermel, franchissant le dos de pays qui la sépare de celle de Zousfana.
630 k. On franchit le lit à sec de la Zousfana. A dr., vers le N., l'échancrure du col de Tarla ouvre une échappée sur les palmeraies du Figuig, dominée par les escarpements du Djebel Maïz. — Plus loin, à la traversée du lit desséché d'un autre oued, toujours dans la môme direction, on découvre, par le col de Zenaga, une échappée semblable.
637 k. Beni Ounif de- Figuig (p. 273).