DE CEUTA A TÉTOUAN
Autocyclisme : 40 k. S. — Bonne route; serv. d'autobus quotidiens : dép. à 9 h. ; 15 et 10 pes. esp. ; trajet on '2 h. 30. — Le trajet peut s'effectuer aussi par le chemin de fer inauguré en 1918.
On suit en direction 0. le boulevard Front-de-Mer jusqu'aux fortifications, puis, tournant à g., on monte jusqu'au-dessus du bain maure {V. ci-dessus) pour rejoindre, après une descente en pente rapide, le rivage de la mer.
4 k. Pont sous la ligne de ch. de fer et détour pour franchir Toued. La route escalade de nouvelles pentes et décrit de nombreux lacets dans une région accidentée.
9 k. Agglomération à g. avec un poste de garde civile espagnole, une briqueterie, les ruines dites de la Casa del More Valiente et une gare de ch. de fer de style néo-marocain. Terrain broussailleux et accidenté.
11 k. Camp de la Riviera, sur une hauteur à dr., occupé par des troupes espagnoles.
TÉTOUAN
14 k. Du sommet d'une colline, on aperçoit en avant une large vallée marquée par de nombreux marécages. La partie la plus basse est franchie sur un pont après lequel commence une région sableuse. — 15 k. Fort espagnol.
24 k. La route court entre la mer et une lagune qui lui est parallèle. Au fond, à dr., s'étagent deux chaînes de montagnes.
25 k. Gare sur la bande de terre plate qui borde la mer.
28 k. Rincon de Medic, gare de ch. de fer et village de maraîchers à proximité du cap Nègre, ou Ras Tarf, et d'une jolie plage. — La route s'écarte désormais de la mer, franchit un col en terrain broussailleux, au delà duquel s'ouvre une plaine inculte.
32 k. Gare en face d'un village indigène et d'un camp, puis bosquets d'arbres fruitiers et de mûriers. — A g., sur le bord de la mer, apparaît l'agglomération blanchâtre de Martine (p. 315).
38 k. Vue sur Tétouan, au flanc du Djebel Dersa, en face du pittoresque massif des Beni Hozmar. — La région est couverte de jardins et de vergers. On contourne un moment les murs de la ville pour entrer par Bab Er Remouz (Luneta), gravir la grande rue et atteindre la place d'Espagne (visite de la douane à l'arrivée).
40 k. TÉTOUAN (en ar. : Tsetiaoun; ethn. : Tsettaouni), \il\e de 19,250 hab., dont 12,000 musulmans, 4,250 Israélites, 3,000 européens presque tous espagnols; résidence du haut Commissaire Résident général d'Espagne au Maroc et du Khalifa chérifien pour la zone espagnole.
La ville s'élève sur un plateau rocheux qui se détache du flanc g. du Djebel Dersa. Dominée au N. et au S. par de hautes montagnes, elle est bordée, à ses pieds, de jardins et de bois d'oliviers abondamment irrigués qui se prolongent jusqu'en bas de la vallée. Elle est entourée d'épaisses murailles flanquées de tours carrées. Sa kasba la domine auN.-O. Vue de l'extérieur avec ses « maisons blanches, ses hautes tours, la forme pittoresque de ses murs et de ses créneaux, les jardins, les futaies, les sombres montagnes qui se profilent à l'horizon »•, Tétouan est un des plus beaux tableaux que l'on puisse contempler.
La ville renferme 17 mosquées importantes et de nombreuses koubbas. Le plan de la medina est compliqué et inattendu. Chaque rue est consacrée à une industrie distincte : ici les armuriers, là les brodeurs et les tisserands, ailleurs les tanneurs et fabricants de babouches, etc. Un quartier spécial, le mellah, au plan curieusement conçu, abrite la population juive. La vie européenne, qui s'était concentrée place d'Espagne et rue de la Luneta, déborde vers l'O. où un quartier espagnol a déjà pris quelque extension. Deux gares établissent les relations par voie ferrée de Tétouan à Martine et à Ceuta.
Emploi du temps. — Une journée suffit pour parcourir les itinéraires, très court!^ d'ailleurs, détaillés ci-après. Les touristes plus pressés