‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 143 sur 153 · DE CEUTA A TÉTOUAN · texte numérisé non relu

DE CEUTA A TÉTOUAN

pourront visiter Tétouan en 3 h.; ils se borneront dès. lors à deux circuits : l'* place d'Espagne, Bab El Okla, d'où ils gap^neront directement la Luneta et place d'Espagne sans revenir sur leurs pas; 2" place d'Espagne, Bab El Mkaber, Souk El Fouki, Bab En Nouader, Bab Et Tout, nouveaux quartiers et place d'Espagne.

Gares : — du chemin de fer militaire à voie étroite, reliant la ville à Martine ; — du chemin de fer à voie large, reliant la ville à Ceuta.

Hôtels : — Alphonse XIII, nouvellement ouvert (confort moderne); Suizo (P. San Juan), Luneta (25 ch.

de 6 à 12 pes.; rep. 0 pes. 50, 3 pes., 3 pes. 50, v. n. c. ; électr. ; yue splendide) ; Victoria^ Luneta.

Cafés : — place d'Espagne, Bab Er Remouz et Alphonse XIII.

Bains : — El Patio (J. et D. Pinto), Kaïd Ahmed.

Banques : — d'Etat du Maroc, Luneta, 81 ; Isaac et David Cohen et C'«, Mellah ; Hassan, pl. d'Espagne; Abraham J. Israël, Luneta.

Voitures de place : — station pl.

d'Espagne; — de la gare à la ville et vice versa, 0 pes. 75 la pl. ; la course en ville. 1 pes. 50; la course à la kasba et au camp, 2 pes. ; l'heure, 2 pes. 50.

Services automobiles : — station

pl. d'Espagne : — de Tétouan à Ceuta, serv. d'autobus quotidien en 2 h. 30, dép. à 9 ou 10 h. selon les jours (s'informer), 15 et 10 pes. la place.

Librairie, papeterie et cartes postales : — magasins r. de la Luneta.

Journaux : — El Eco de Tétouan, en espagnol; El Islah, périodique arabe.

Photographie : — Ruiz, Luneta, 52; Luna, pl. d'Espagne.

Spectacles : — TJiéâtre Reine Victoria, Luneta; — Cinéma, Luneta.

Spécialités indigènes : — djellabas et haïks de laine et de soie:

b?^oderies de soie sur étoffes; coffres et étagères en bois peint et tourné ; mosaïques de faïence émaillée.

Consulats : — de France, à Textérieur de Bab El Okla ; d'^'spagne, côte de la Reine; d'Angleterre, seguia El Foukia; de Belgique, Luneta; de Hollande et de Portugal^ pl. d'Espagne.

Histoire. — La Tamuda numide n'existait déjà plus au temps de Pline (i®"" s.). Ce fut le mérinide Abou Thabet Amor Ben Abd Allah qui jeta les fondements de la ville arabe (1310) construite après la kasba (1286). Dans l'esprit de son fondateur, la cité nouvelle devait servir au blocus de Ceuta où s'étaient réfugiés des rebelles du Rif. Tétouan fut prospère jusqu'au début duxv^s. Elle eut des corsaires qui rivalisèrent avec ceux de Bougie et des Turcs et lui attirèrent de terribles représailles : une expédition espagnole, conduite par Henri III, détruisait (1400) de fond en comble la cité, qui resta dépeuplée et ruinée pendant tout un siècle, car il en transporta tous les habitants en Espagne.

La ville actuelle a été reconstruite en 149-2 par les réfugiés Juifs du Portugal, les Grenadins expulsés d'Espagne, dont des familles encore existantes aujourd'hui, ont conservé longtemps, dit-on. les titres de propriété de leurs ancêtres, les clefs de leurs maisons de Grenade, ainsi qu'une épée du roi Boabdil. Elle redevint alors un centre actif de commerce et de piraterie, qui perdit de son importance après l'obstruction du port, opérée par Alvaro de Bazan (1565). Au xvii« s., la ville est gouvernée par la famille des En Neksis qui secouent le joug des chérifs. La France y nomme un consul. En 1720 les missions florissantes espagnoles y fondent un hospice. A la suite d'un différend entre indigènes et Espagnols, ceux-ci envoient à Tétouan un corps de débarquement de 50,000 hommes commandé par O'Donnel et où Prim se distingue (1860). La ville est occupée pendant deux ans, puis évacuée à la suite du versement, par le sultan Sidi Mohammed, d'une indemnité de guerre do 20 millions de douros. Les Espagnols y reviennent en mars 1915 et s'y établissent solidement.

TÉTOUAN

Bibliographie : — Description de l'étouan ; les Industries Indigènes de Tétouan; Guerre hispano-marocaine de 1860, par A. Joly, Archives marocaines, tomes II à XVIII.

I. Place d'Espagne. — De la forme d'un rectangle de 100 m. de long sur 80 de large, la place d'Espagne (ancien Feddane arabe) modernisée par le nivellement, l'établissement de jardinets, de kiosques et de fontaines, était autrefois le siège de marchés, de conteurs et de charmeurs de serpents. Elle est devenue le rendez-vous des flâneurs, qui y sont surtout nombreux aux heures de l'apéritif.

La place est limitée : au N. par le palais de. la Résidence générale d'Espagne au Maroc, derrière lequel s'élèvent le minaret de la mosquée du Pacha, le dôme de Véglise catholique et les murs d'une ancienne kasba; — à l'angle N.-E. par deux portes communiquant, l'une avec la rue des Terrafine, l'autre avec le mellah ou quartier juif ; — à l'E. par des maisons européennes s'adossant au mellah; — au S. par le Casino Espagnol ou cercle, et la zaouîa de Sidi Ben Aïssa, entre lesquels s'ouvre la rue conduisant au quartier de la ville nouvelle; — à l'O. par le consulat de Hollande, la petite mosquée de Sidi Abd Allah El Hadj, où le général espagnol O'Donnel fit dire la messe en 1860, la douane, la porte Djama El Pacha, en arrière desquelles apparaît la partie supé: rieure d'une construction ancienne aux lignes harmonieuses le mechouar ou habitation du Khalifa du sultan, enserrée dans une enceinte aux murs crénelés.

II. Le Mellah. — On y entre par la porte de l'angle N.-E. de la place d'Espagne.

Le mellah comporte deux artères parallèles et rectilignes recoupées par d'autres rues perpendiculaires plus étroites et souvent voûtées. Ce quartier, d'une grande propreté, a beaucoup de couleur locale. Non loin de l'entrée, se trouve, à g., un fondouk aux lignes simples et harmonieuses et une fontaine édifiée en 1908 pour le service public grâce à la donation d'un particulier Israélite. A l'intérieur, nombreuses synagogues (visite permise sur simple demande aux gens du quartier), et, au fond, école de l'Alliance Israélite, très florissante.

IIL Bab El Okla (oOO m. env. S.-E.).— On entre par Bab Er Rouah et la rue des Terrafine bordée de boutiques de marchands de tissus et qui se prolonge, à dr., par Seguia Foukia, rue en pente où se trouve le consulat anglais. On continue par le Mesda, carrefour bruyant et animé où se croisent plusieurs voies, la rue Sidi Ali El Ysfi, les voûtes de Dar Rkina, la mosquée Mamora, au bas de laquelle s'élève une fontaine monumentale faisant face à Bah El Okla, porte de l'enceinte S.-E. surveillée par un corps de garde.

Le consulat français est installé à 500 m. plus bas, dans les jardins, sur la route qui conduit à la gare du petit chemin de fer de Tétouan à Martine (p. 315).

Après Seguia Foukia, on peut rejoindre Bab El Okla : 1° par

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