SAFI
Emploi du temps. — Il suffit de 2 à3 h. pour visiter entièrement^afi, même à pied. Un tour complet partant de la place du Rabat et y ramenant fera voir successivement la Medina et le ravin du Chaaba, la Kechla et la mosquée avoisinante, le Camp, le quartier du Rabat où l'on terminera le tour par Dar El Bahar. — La promenade de Sidi Bou Zid peut se faire en 1 h. aller et ret.
SAFI (en arabe : Asfi-, ethnique : Sfioui), ville de 21,000 hab. environ, dont 370 français et 380 autres européens, 17,000 musulmans et 3,380 israélites, est assise sur le versant d^un éperon du plateau d'Abda qui dévale en descente rapide vers l'Océan et passe, sur une distance do 500 m., de 50 à 60 m. d'alt. au
SAFL
niveau de la mer; le port ouvert au commerce est situé au fond d'une crique aux arêtes rocheuses. Safi est le ch.-l. du cercle des Abda, de 350,000 hect. de superficie et peuplé de 150,000 hab.
La ville ancienne, bâtie sur la pente d'un plateau qui s'infléchit très rapidement vers la mer, et entourée d'une enceinte crénelée comprend : l'* la Medina et le Mellah, que surveille la Kechla juchée sur la hauteur la plus proche; 2° le Rabat, autre agglomération indigène au S. de la première, et qui renferme en outre les entrepôts des négociants européens et le sanctuaire du patron de la cité; il est dominé à l'E. par le Camp (baraquements) qui abrite la garnison; 3" la colline El Biadha, quartier mi-européen, mi-indigène, de plus de 3,000 hab., qui s'élève au N. et à 1,500 m. de la Medina; 4° le plateau El Aouïna, également au N., où s'élèvent surtout des constructions neuves abritant des familles européennes. — La ville nouvelle, jalonnée par quelques villas, s'élèvera sur le plateau situé en arrière du camp.
Safi est le port le plus rapproché de la capitale du S. (115 k.). Cette situation privilégiée constitue l'une de ses plus grandes chances d'avenir, car il peut drainer les produits des Abda, des Ahmeur et en partie de la région de Marrakech. L'atterrissage des bateaux est toutefois impossible par les vents d'O.
Le climat de Safi est sain et tempéré.
Hôtels : — Safi- Hôtel (Mme Raymond ; Pl. a A3) r. des Marchés, près du Port (10 ch. de 5 à 12; rep. 3.50, 4 ; pension mensuelle 160 fr.
sans ch., 200 fr. avec la ch., v. c. ; gar.) ; de France [Yvoment ; Pl. b C2), quartier de Dar El Baroud, sur le plateau (12 ch. de 6 à 10; rep. 1, 4, 4.50, V. c; jardin; garage).
Cafés : — Central (Llamas), rue des Marchés; Safi-Club (cercle).
Banques : — d'Etat du Maroc, Algérienne et Crédit Foncier d'Algérie et Tunisie, toutes trois pl. du Rabat; Algéro-Tunisiennc.
Services automobiles : — bureau de location (Gaston Cohen), r. des Marches. '
Garages : — Canut et Grand, Murdoch Butler, Gaston Cohen y r.
Bab Ahmar, près de la justice de paix; Pujol , près du Camp.
C'«s de Navigation : — de Navigation Paquet (Legrand); C'= Générale Transatlantique (André) ; Bland Line (Lamb Brothers); Power Line et lioyal Mail (Fernau et Hurrot) ; Vapores Correos de Africa (Landuburru).
Consulats : — d'Ajig le terre; de Danemark ; Espagne ; d'Italie ; de Hollande ; de PoriugaL
Spécialités : — -poteries émaillées; ouvrages en cuir : babouches, ceintures, sacoches.
Histoire. — On est encore peu renseigné sur le passé d'Asfi dont les historiens arabes ne parlent qu'à partir du wi"^ s. Le roi de Portugal, Don Manuel, profitant de la discorde qui régnait entre deux de ses habitants, Ali et Yahia Ben Tatouf, donna l'ordre au Gouverneur de Mazagan et à l'amiral Don Garcia de McUo de s'emparer de Safi, ce qui fut fait en 1508. En 1511, les sultans essaient de la reprendre, mais sans succès. Les Portugais la dotent d'une enceinte fortifiée ; de là, ils rayonnent dans le Haouz jusqu'aux abords de Marrakech. Mais la ville, grandie et prospère, porte ombrage aux sultans (jui prêchent contre elle la guerre sainte. Les Marocains serrent de près la ville, et les revenus ne compensant pas les dépenses, elle est évacuée par les Portugais en 1541, après embarquement de l'artillerie et destruction des fortifications.
SAFI.
Safi devient, pendant quelques années, la résidence du consul de France au Maroc; le marseillais Guillaume Bérard y est envoyé le premier vers 1580. C'est là que sont signés, par le sultan du Maroc et le chevalier de Razilly, accrédité par Louis XIII, les traités de 1631 et 1635 qui ouvrent, entre la France et l'Empire chérifien, une ère de relations cordiales.
Au commencement du xvn« s., Safi est le port le plus important du 'Maroc. Un négociant de Rouen, Thomas Legendre, vient s'y installer. — En 1767, le consul Ghénier, père du poète et du conventionnel, y réside pendant quelque temps.
C'est à Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xviii*' s.) que Safi doit sa mosquée et sa médersa.
Bibliographie : Safi et sa région^ par Aimel (Casablanca, Mercié, 1915).
Les itinéraires suivants, assez courts, partent du point d'intersection de la route de Marrakech et de la place du Rabat au point de contact des deux principaux quartiers de la ville. Ils peuvent être parcourus à pied.