‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 72 sur 153 · Le port · texte numérisé non relu

Le port

10 à 15 min. — Bonne route. Cet itinéraire peut se grelTer sur l'itinérairo I ou former la première partie de l'itinéraire III.

Du boulevard El Alou à l'entrée de la rue des Consuls, V. l'itinéraire précédent. A rentrée de la rue des Consuls, la route du port s'amorce à g., tourne devant la Douane, longe les quais et remonte le long de l'oued Bou Regreg sur les bords duquel est aménagé le port.

L'ancien port de Rabat-Salé, le port des Devx-Rives des historiens arabes, point d'attache des anciens corsaires salétins, a été récemment l'objet d'importantes modifications. Au moment de l'établissement du Protectorat, le port de Rabat consistait en une petite darse à barcasses encadrée de quais longs de 80 m. à peine et inaccessible à demi-marée. Le quai de la Douane, mesurant 200 m., fut construit en 1913. 11 offre maintenant une longueur de 110 m. à l'accostage des embarcations d'un tirant d'eau de 3 m. Les terre-pleins de Bab EL Bahar et de Sidi Makfdouf, plus en amont, et respectivement longs de 135 m. et de 125 m., sont terminés et munis de grues, de magasins et de bureaux

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Pour assurer le trafic de Salé, on construit sur la rive dr. du Bou Regreg, un appontement qui mesurera 100 m. de long et sera bordé par un terre-plein de 1 hect. Les fonds auront 3 m.

Le commerce total du port de Rabat-Salé a^té, en 1915, de 23 millions ; il est passé en 1916 à 35 millions et en 1917 à 41 millions, se répartissant sur 41,000 tonnes. En raison de sa situation spéciale au découché des régions fertiles des Zaër, des Zemmour et des Zaïane, le port de Rabat est appelé à devenir le centre d'un assez important trafic.

Les relations très actives qui s'échangent entre Rabat et Salé sont assurées par des barcasses, un canot automobile et un bac qui vont et viennent tout le jour d'une rive à l'autre.

Pour rentrer en ville, on a la faculté de reprendre le chemin de l'aller, ou mieux, si l'on est à pied, de rejoindre la Medina par Bab El Bahar, la rue des Teinturiers et la rue des Consuls.

7ÎZ. — Circuit S. — Tour Hassane; Chella; Touarga ; T^ésidence générale.

7 k. 5 S. — Bonne route autocyclable, et chemins bien aménagés ; parcours pittoresque; 1 h. 30 en voit. 6 ft*. ; 2 à 3 h. à pied. Très recommandé. — On peut se rendre directement à Chella en remontant le Bou Regreg en canot automobile (serv. régulier dimanches et jours fériés de 10 h. à 18 h. 30, 1 fr. ; à forfait les autres jours). Embarquement sur le quai de Sidi Makhlouf ; auberge au débarcadère : Robinson du Chella.

Du boulevard El Alou au port (F. itinéraire II). En amont du bac, remonter le boulevard Front d'Oued, qui, après avoir laissé à dr. la muraille des Andaloas construite au commencenient du xvii® s. et le quartier européen de Sidi Makhlouf, longe la tour Hassane.

La *tour Hassane, minaret qui « étonne le voyageur, non par ses proportions qui sont un peu lourdes, mais par sa grandeur, sa solidité, par la beauté nue de l'entrelacs large et simple dont il est décoré..., symbole de la puissance de cette dynastie almohade laissant inachevée comme lui-même, mais comme lui ineffaçable, son oeuvre d'organisation sociale » (Ed. Doutté), est à base carrée de 16 m. 20 de côté et a 44 m. de haut; elle repose sur une plate-forme surélevée de 6 m. ; ses murs ont 2 m. 50 d'épaisseur et une rampe intérieure, large de 2 m., conduit en pente douce jusqu'au sommet. Ses faces sont percées d'élégantes ouvertures qui éclairent l'escalier récemment restauré; elles sont en outre sculptées d'ornements variés dont les motifs naissent sur des arcs que supportent des colonnettes de marbre et de pierre. L'architecte fut un musulman nommé Djouher. Du haut de la tour, on a une *vue magnifique du côté de la mer sur Rabat-Salé, que sépare le Bou Regreg, au N.-E. sur la Merdja de Salé, vaste prairie marécageuse peuplée de hauts ajoncs, et, plus loin, sur la forêt de Mamora.

Au pied de la tour, du côté S., s'élevait la mosquée dont les

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ruines, fouillées eu 1U14-1915 sous la direction de M. Dieulafoy, ont mis au jour l'infrastructure d'un imposant édifice religieux.

La mosquée était enclose dans un immense rectangle de 186 m. sur 143, percé de 12 portes et comprenait 3 cours intérieures : une première sur l'axe longitudinal, proche du minaret, longue de 68 m. 80, large de 28 m. 50, aujourd'hui défoncée (elle recouvrait sans doute une citerne); deux autres cours symétriques de 78 m. sur -20 m., plus rapprochées du mihrab. La salle de prière^ soutenue du côté S. par 40 colonnes de marbre blanc de 6 m. 40 de hauteur, et ailleurs par 170 colonnes de 3 m. 20, s'étendait entre les cours. Le mihrab, de 3 m. 30 sur 3 m. 10 et placé sur l'axe de la mosquée et de la tour, est encore visible.

Entreprise sur l'ordre du sultan almohade Yakoub El Mansour, la mosquée n'était pas terminée à la mort de ce souverain (1198). Quoique inachevée, elle fut livrée au culte. Parla suite, un incendie la dévasta. Vers le milieu du xviii* s., elle fut sans doute bouleversée par le tremblement de terre qui ravagea Lisbonne et qui se lit sentir sur plusieurs points du Nord de l'Afrique. Depuis, le temps et peut-être aussi les hommes, ont achevé l'œuvre de destruction.

Au delà de la tour Hassane, le boulevard Front d'Oued décrit de gracieux méandres dominant la falaise, il s'écarte peu à peu du Bou Regreg et domine un réseau de salines, à proximité duquel s'aperçoivent les travaux d'un pont sur Foued de 175 m. de long et de 3 arches, commencé en 1917 pour livrer passage à une route et à la voie ferrée. Il traverse ensuite Venceinte extérieure de la ville.

De la porte des Zaër (62 m. 50 d'alt.) un petit chemin conduit à "^Chella dont on aperçoit, à 300 m. à g. en contre-bas, l'enceinte aux murs rougeâtres.

Histoire. — Chella est l'établissement le plus ancien de l'embouchure du Bou Regreg. Bien qu'il ne soit pas signalé dans le périple de Hannon, on suppose que les Phéniciens ont dû y établir des comptoirs. La présence des Romains y est incontestable : Sala Colonia est une des étapes de la colonisation romaine dans le N. du Maroc; elle est alors directement reliée à Tanger par une route.

Chella semble être devenue une ville importante du royaume des Berghouata, que conquirent successivement Moulay Idris le Grand (viii« s.), les zénètes Moussa Ibn Abou El Atia El Meknassi (929), Ziri Ben Atia (993) et les Beni Ifrene qui, plus tard, cédèrent la place aux Almoravides (1060). Elle fut abandonnée en 1154 pour l'emplacement de Salé. Au XIV* s., elle devint une nécropole des Mérinides et c'est de cette époque que datent les constructions qu'on y voit aujourd'hui.

Uenceinte a la forme d'un quadrilatère irrégulier de 300 m. env. de côté. On la franchit par une "^porte richement ornementée flanquée de deux bastions semi-octogonaux dont les angles supérieurs sont couronnés de curieux merlons saillant sur un encorbellement à stalactites; un escalier donne accès

la plate-forme supérieure; à l'intérieur, à g., se trouvent d'anciens postes de garde.

Un petit chemin conduit le voyageur dans la partie la plus basse de l'enclos marquée par une source qui alimente Rabat en eau potable. Sur la g. s'élèvent : 1" le magnifique *tombeau de l'émir mérinide Abou El Hassane Ali, « le sultan noir », orné

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à l'extérieur d'un auvent à stalactites; la façade entière est en pierre rouge taillée et sculptée; le tombeau abrite des stèles de marbre portant les épitaphes d'Abou El Hassane Ali et de sa femme Ghems Ed Donna, européenne convertie à l'Islam ; 2" une vieille mosquée en ruines dont le mihrab est entouré d'un couloir semi-circulaire; la légende dit que le Prophète pria dans cette mosquée et qu'il fut un temps où il suffisait de faire sept fois le tour du mihrab pour avoir le titre de <^ hadj » donné aux pèlerins ayant fait le voyage de la Mekke; un minaret mérinide, surmonté d'un lanterneau et aux parois revêtues de superbes faïences polychromes. En contre-bas, le long des ruines, s'étend un joli jardin d'orangers et de bananiers arrosé par l'eau d'une source voisine, Aïn Mdafa, « source des canons ».

A dr., des constructions en ruines s'élèvent à flanc de coteau, ainsi que les koubbas pittoresques de Sidi Yahia Ben Younes, de Sidi El Hassane El Imane, de Sidi Ameur El Mesnaoui, et des Regraga.

Après la visite de Ghella, on reviendra sur ses pas, laissant à g. la colline de Sidi Mnina, couverte d'un cimetière ancien où apparaissent les mausolées de Sidi Bon Mnina, de Sidi Et Taghi et de Sidi Ben Ghkaoui. On pénètre dans l'enceinte almohade par la porte des Zasr.

On entre ainsi dans le quartier des Touarga, où campaient autrefois les troupes des souverains du Maroc. L'enceinte qui le longe à l'O. entoure le petit Aguedal où s'élève le Dar El Makhzen ou palais du sultan,^ résidence actuelle de Moulay Youssef, achevée vers 1860 par Sidi Mohammed Ben Abd Er Rahmane, qui y amena l'eau à grand frais. Le point le plus élevé de ce quartier a 80 m. d'alt. La vue sur Rabat est très large. On y élève actuellement le palais où s'installera le Résident général, construction grandiose, avec de grands jardins. En redescendant vers la ville, on rencontre les bâtiments néomauresques, édifiés en 1916, de la Direction de V Enseignement y avec péristyle sous galerie à 4 arcades; de la Trésorerie Générale (entrée permise) dont le patio intérieur, entouré de guichets reliant les colonnes, est couvert d'une coupole vitrée; de la Direction dç V Agriculture (entrée permise), avec cour rectangulaire et galerie à colonnes et chapiteaux en pierre taillée et sculptée. Les autres services de la Résidence générale se construiront dans ce quartier merveilleusement situé.

Après la caserne des spahis, on voit, à l'angle N.-E. de l'Aguedal, la mosquée Es Sounna avec minaret carré et toiture verte, où le sultan vient prier tous les vendredis en grand apparat, de 11 h. 30 à 12 h. 30. L'édifice fut construit par Sidi Mohammed Ben Abd Allah (1757-1789) et réparé par Sidi Mohammed Ben Abd Er Rahmane (1859-1873).

L'avenue du Dar El Makhzen ramène directement en ville par Bab ïebene (p. 156) en laissant à g. les jardins Menebhia, où se trouve une orangerie créée par El Menebhi, ancien vizir d'Abd El Aziz, et Mamounia et, à dr., le quartier provisoire de la

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Résidence générale, où les services se groupèrent en 1912 dans des pavillons en bois autour de la modeste villa du Résident. Ce quartier, installé en hâte aussitôt après l'établissement dû Protectorat et aujourd'hui agrémenté de jardins, a un aspect pittoresque et inattendu. On en parcourra avec intérêt les artères principales.

TK. — Circuit 0, — J{emparts almohades; grand Aguedal; jardins d'Essais; camps.

6 k. 5. — Rues et routes autocyclables pouvant être parcourues à pied en 2 h. et en voit. 1 h., 4 fr.

A la sortie de Bab El Alou, on suit les remparts en se dirigeant directement vers le S. On passe ainsi devant (0 k, 5) Bab El Had (p. 156) en face de la gare du ch. de fer militaire et (1 k. 5) Bab Er Rouah, du haut de laquelle on jouit d'une *vue magnifique sur Rabat au N., et sur le Dar El Makhzen au S. (demander l'autorisation d'accès au gardien).

Le grand rempart bastionné, construit par Yakoub El Mansour, protégeait les espaces réservés à cette époque aux nègres du sultan. Encore debout, il commence à l'Océan, à 500 m. au N. de Bab El Alou, et s'étend en ligne droite sur une longueur de 3 k. 5 jusqu'au delà du palais du sultan, puis fait un angle aigu en direction N.-E. sur 2 k. pour rejoindre la falaise du Bou Regreg. Avec le fleuve et l'Océan, il protège une superficie de 450 hect.

♦Bar Er Rouah, <« la porte des vents », rappelle par ses proportions monumentales celle de la kasba des Oudaia (p. 154). Flanquée à l'O. de deux bastions, elle a son arc orné d'un entrelacs festonné, de voussoirs imbriqués et d'un autre rang de festons; ses écoinçons d'arabesques florales sont marqués sur l'axe par une grande écaille en relief; une bande d'écriture couflque encadre l'arc et, dans les angles, des coionnettes à jolis chapiteaux sculptés soutiennent des corbeaux lobés. Le passage intérieur, en baïonnette, se développe sous des coupoles dont l'une, côtelée, repose sur pendentifs. La face E., plus modestement traitée, est également digne d'intérêt..

A partir de Bar Er Rouah, la route s'incline vers le S.-O., monte doucement devant la caserne de la Garde noire jusqu'à Vécole supérieure de Langue arabe et de Dialectes berbères.

Ce dernier édifice (entrée permise) a été construit en 1916 dans le style néo-marocain. Ses galeries donnent accès à des salles de cours, une bibliothèque, un musée ethnoQraphique en formation, et à une salle de conférences.

On est dès lors sur le terrain du Grand Aguedal, vaste surface sableuse, légèrement en pente (43 m. d'alt.), où fut installée la première foire de Rabat (1917). Faisant face à une esplanade de 300 m. de long, plantée de pins et munie de bassins et de vasques, la maison des Sports s'élève à g.

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Après le mausolée de Sidi Mohammed Ben Abd Allah, on tournera à dr. pour longer les jardins d'essais que coupe en deux parties d'inégales surfaces (8 hect. et 3 hect.) la route nationalede Rabat à Casablanca. A 400 m. à l'O. apparaît la gare de Bab Temara.

Bah Temara, qui livre passage au cl^^ de fer et à la route, est une porte de ïenceinte extérieure que fit construire Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xviii*' s.). De 3 k. de long, celle-ci court presque parallèlement au grand rempart almohade d'O., de l'Océan au grand Aguedal. Elle a été démolie par endroits.

Après avoir longé à l'O. l'enceinte extérieure, on croise l'avenue de Casablanca qui dessert (1 k. S.-O.) le cimetière européen, (800 m. 0.) Vinjirmerie indigène, (300 m. N.-O.) le camp de Sartige et Kebibat. Arrivé au bord de la mer, on prend la direction de Rabat pour passer derrière les bâtiments de Vhôpital militaire et du camp Garnier, longer le fort Hervé (ancienne batterie Battenberg armée de deux grands canons Krupp, construite sous les règnes de Moulay El Hassane et d'Abd El Aziz) et le quartier de l'Océan. Une fois en vue de ïabattoir et du bordj Es Sirat., qui limitent le rempart almohade au N., on tourne à dr. pour regagner Bab El Alou.

p]NviRONS. — 1° Temara (15 k. S.-O.). — Promenade sur la route de Rabat à Casablanca, précédemment décrite en sens inverse (p. 151).

2" L'Ouldja (20 k. S.-E. ; agréable promenade pouvant s'effectuer à cheval ou à dos de mulet en 4 h., en canot en 2 h.). — h'OuldJa, plaine fertile et basse, longe le Bou Regreg en amont de l'estuaire. Ou y distingue les canaux d'irrigation qui arrosaient d'anciennes cotonneries encore prospères au commencement du xix« s. ; le coton était mis en œuvre par les tisserands de Salé. On songe à utiliser l'Ouldja en vue de la culture maraîchère.

Au point dit le Kef, énorme rocher qui s'élève auprès d'un gué, la falaise à pic est escaladée, sur la rive g., par un chemin taillé dans le roc et au haut duquel se trouvent les ruines d'une tour carrée d'où Ton pouvait surveiller le coude de l'oued et les vallées adjacentes. De cette tour part, se dirigeant entre Rabajt et Temara, un fossé à peu près rectiligne, jalonne de distance en distance par des ruines de tours : c'est un antique « limes » romain. Sur la rive opposée, la crête est entaillée comme par un chemin qui partirait du gué. La tour est appelée par les indigènes Dar Dekious, « la maison de Décius », et le fossé Seguia Faraoun, «la conduite d'eau de Pharaon » (Brunot).

2° Forêts des Shoul et desZaêr (40 k. S. ; cette excursion peut faire l'objet d'un circuit automobile de 180 k. par Nkheila, Marchand et Boulhaut). .— Ces forêts sont comprises entre les cours inférieurs du Bou Regreg et du Nefifikh. La première, peuplée uniquement de chêneliège, a 30,000 hect. de superficie; la seconde, où le chêne-liège est mélangé au thuya, « arar des indigènes », occupe une surface de 50,000 hect.

DE RABAT A CHRISTIAN (101 k. S. ; route secondaire n« 201, en construction jusqu'à, 42 k, 5, Nkheila, et piste autocyclable sur le reste du parcours). — Sortie par l'avenue du Dar El Makhzen ei la porte des Zaër. D'abord sablonneuse sur 5 k., la piste descend en pente rapide

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et en lacets sur l'oued Akreuch. — 24 k. 5. Pont en bois sur l'oued Korifla.

42 k. 5. Nkheila, « la p"ctite palmeraie », ch.-l. du cercle des Zaër, au milieu d'une région fertile, sur le territoire des Ouled Mimoun et Ktir. Marché le mardi. Nkheila fut autrefois une ville de quelque importance de la province de Tamesna (p. 73). De Nkheila à Tiflet, 44 k. N.-E., par (20 k.) Moulay Idris Aghbal (p. IW, C).

La piste est moins accidentée. — 45 k. 5. Forêt de Bouïret Ez Ziar.

— 57 k. 5. Marabout de Sidi El Hadj El Kebir. — 60 k. Marabout de Jebfou Tebouda.

73 k. Marchand, encadré par les oueds Kram et Touïza, poste militaire créé en 1911, du nom du lieutenant Marchand, tué à l'ennemi en 1910. Marché le mercredi des Ouled Khalifa. — De Marchand à Tiflet, 65 k. N.-E. par (18 k.) Merzaga, et (36 k.) Maaziz (p. 179). De Marchand à Khemisset, 83 k. N.-E., par (36 k.) Maaziz et (56 k.) Si Larbi (p. 180).

La piste, à pentes raides en sortant de Marchand jusqu'au k. 77, se développe ensuite à profil plat. — 94 k. A'in Cheguiga. — 95 k. Badjrat Ben Nasseur.

101 k. Christian, poste militaire créé en 1912, à la limite du pays Zaër, ainsi nommé à cause de la mort du capitaine Ciiristian tué la même année à El Fedj. Le poste est situé sur un plateau limité à \ 0. par l'oued Bridia. La source d'Ain Zaïliga, toute proche, l'alimente en eau.

De Christian a Moulay Bou Azza (36 k. E. ; piste muletière à profi généralement très accidenté). — 15 k. Gué sur l'oued Grou, affluent du Bou Regreg; une barque assure la communication entre les deux rives.

— 19 k. Col de Mitima, où Ton arrive par des pentes boisées. Le panorama est très étendu; on découvre Christian, Oulmès, Moulay Bou Azza. On descend ensuite en pente douce vers l'oued Oum En Nour. Gisement de fer au fond de la vallée. Le terrain est quelque peu boisé. — 30 k. Col de Naoura, d'où l'on voit les plateaux d'Oulmès, de Fourhal, de Mserser. La piste descend vers Sidi Abid dans le fond d'une vallée.

36 k. Moulay Bou Azza, village indigène de 1,200 hab., ch.-l. de cercle et poste militaire établi sur la hauteur qui commande la bourgade. Celle-ci s'est développée autour du saint qui lui a donné son nom (mort en 1177). C'est un lieu de pèlerinage très fréquenté. La mosquée et le tombeau furent achevés en 1691 par Moulay Ismaïl. La porte d'entrée, les sculptures sur bois et les céramiques anciennes sont intéressantes.

De Moulay Bou Azza à Camp Bataille, p. 180.

De Moulay Bou Azza, une piste conduit, par (41 X^.) Agnelmous [ç. 144), à (84 k. S.-É.) Khenifra, au cœur du pays dissident. — Khenifra est une bourgade arabo-berbère, sur la rive dr. de l'Oum Er Rebia. Elle ne fut longtemps qu'un modeste enclos abritant en hiver une fraction Zaïane, les Ait Affi. Elle devint un poste stratégique important lorsque Moulay Ismaïl fit construire la kasba d'Adersane et fit jeter un pont à une centaine de mètres de l'enclos ; elle était alors un gîte d'étapes pour les voyageurs se rendant à Adersane, à Kasba Tadla ou à Boujad. Elle prit une importance plus grande encore avec Molia ou Hammou Ez Zaïani, nommé caïd par Moulay El Hassan e, et qui se rendit maître de toute la région. Moha ou Hammou y étal)lit un marché très fréquenté, des bains, une mosquée, des fondouks, restaura le pont et appela des artisans du Sous, des commerçants de Fès, Meknès et Boujad. Il fit passer à son service propre les askris du sultan, enrôla des déserteurs et organisa des djichs, puis, s'affranchissant de la tutelle royale sous Abd El Aziz, il attaqua les caravanes et étendit ses déprédations jusqu'à Meknès. Il adhéra ensuite au mouvement berbère et à la guerre sainte, contre les Français lorsque ceux-ci eurent occupé la Chaouïa. Pendant deux ans, Khenifra fut le siège de la joyeuse vie des brigands. Sous la

MOULAY-BOU-AZZA. — SALÉ. [19] — 163

pression des clients de Moha ou Hammou, les habitants, après avoir incendié la kisaria et 3 dechras s'enfuirent devant les troupes de la colonne Claudel qui entrèrent à Khenifra le 11 août 1914. La population était de 1,200 habitants environ et se composait de commerçants, de tanneurs, de savetiers, de maquignons, d'ouvriers et de réfugiés. — La ville, construite en toubes et établie sans plan, se divise en dechras ou quartiers renfermant les habitations du kadi ; la kechla des askris ; le souk djedid, grande avenue bordée de 120 boutiques; un marché forain du jeudi et du samedi ;#a kisaria, les zaouïas; etc. (Berger). De Christian à Oued Zem, p. 142; à Ben Ahmed, p. 141.

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