‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 71 sur 153 · ha Medina · texte numérisé non relu

ha Medina

De Bab El Alou, porte monumentale, flanquée de vieux canons de bronze, on pénètre sur le boulevard El Alou, en laissant, à g*., le petit quartier A'El Oiihira. On rencontre successivement, à g'., faisant face à une ligne ininterrompue de constructions : la Subdivision, un kiosque à musique dans un riant jardin, la Kechla, ancienne caserne où sont aujourd'hui détenus des prisonniers indigènes, le bureau central des postes. En arrière de ces bâtiments s'étend jusqu'à la mer, sur une profondeur de 500 m., le cimetière musulman^ ^ très curieux, d'où l'on a une magnifique vue sur l'Océan. L'extrémité E. du boulevard El Alou est marquée par VOffice Commercial (ouvert aux visiteurs; au rez-de-chaussée, produits marocains, agricoles et industriels; au 1*»^ étage, sallè de réunion et produits importés), dont le mur N. est orné d'une jolie fontaine avec revêtements de mosaïques de faïence.

Au fond du boulevard se dresse l'imposant groupe des OuDAÏA, enserré dans une enceinte crénelée du plus pittoresque aspect. On visitera successivement la kasba (entrée en haut, à g.) et la médersa (entrée en face du boulevard, sur la place El Ghezel).

La "^kasba des Oudaîa doit son nom à une tribu guich qui y tint garnison dès la fondation de Rabat par Yakoub El Mansour (xn® s.). Elle se composait d'une enceinte de hauts murs protégeant un village entier groupé autour d'une mosquée;* elle abritait en outre le gouverneur, les fonctionnaires et la garnison. C'est une réplique de ces ribats ou citadelles édifiées

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RABAT

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au moyen âge par les religieux et guerriers combattant pour la foi musulmane. — La porte d'entrée^ à baïonnette, s'élève sur un tertre et domine la ville. En pierre de taille et d'un ton rouge ocreux, elle est de proportions majestueuses. Le décor sculpté en est sobre et bien équilibré. Les tympans de l'arc sont encadrés d'une belle inscription coufique. l)e la terrasse, à laquelle on accède par un escalier s'insérant sous les voûtes, belle *vue d'ensemble sur Rabat-Salé et le Bou Regreg.

Du château intérieur, il ne reste que les souterrains. L'emplacement en est occupé par des habitations modestes réparties de chaque côté d'une rue que jalonne le minaret en pierre d'une mosquée où le sultan venait autrefois diriger la prière un vendredi sur deux. Cette rue aboutit à une plate-forme surélevée où se trouve un poste sémapliorique et une batterie d^artillerie. La *vue est très belle.

La *médersa des Oudaîa avoisine la kasba au S. Elle servit autrefois d'école de pilotage, elle possède une tour de beau style et un hammam. Restaurée en 1915, elle sert aujourd'hui de musée (F. ci-dessous). Son musée, son jardin avec pergolas, son café maure (*vue magnifique sur le Bou Regreg et Salé), son école d'arts indigènes en font un des plus charmants buts de promenade de Rabat.

Le musée (ouvert tous les jours de 9 à 12 et de 14 à 18 h.; entrée gratuite) est installé dans des salles s'ouvrant sur un patio central entouré d'une galerie soutenue par 20 colonnes et chapiteaux de pierre taillée.

Salle dk Rabat, à g. — Tapis de Rabat, à haute laine et à points noués; nattes en jonc de Salé; broderies de soie au point plat de Rabat, au point croisé de Salé; broderies sur filet de Salé; boiseries et .étagères peintes ; collection de poires à pondre du Sous ; quelques armes marocaines : fusils et poignards.

Salle de Fès, en face de la précédente, soutenue par des colonnes et s'éclairant sur le jardin par une large baie. — Poteries anciennes de Fès, émaillées; meubles de Fès : fauteuils, coffres, colfrets, étagères sculptés et peints; marbres gravés; bijoux du Sous et de Meknès ; nattes de Salé.

Galeries. — La galerie de dr. renferme de vieux canons, d'anciennes chaînes et entraves pour prisonniers, une vieille porte de prison en fer, des dalles de terre cuite provenant d'un tombeau antique de Salé. — La galerie d'en face abrite des fragments de bois et de plâtre sculptés.

Salon de coiffeur-, dans une pièce à l'entresol, en face de l'entrée. — Cette pièce a été reconstituée avec des documents originaires de Fès.

Salle des antiquités, à l'entresol, au-dessus de la galerie de dr. — Réductions en plâtre de la Basilique, d un pressoir à huile et de Tare de triomphe de Caracalla, de Volubilis (p. 191); plan général en relief de l'ancienne ville romaine.

Une salle, à l'étage au-dessus, renferme des poteries berbères du Maroc, des spécimens anciens de travaux au crochet et de broderie sur filet.

L'ÉCOLE d'arts indigènes, installée à l'intérieur du rempart O., se propose de faire revivre les techniques marocaines se rapportant à Venluniinure, à la sculpture et à la peinture du bois, à la ciselure du cuicre, à la teinturerie des laines et des soies destinées à la confection des tapis à points noués et à la broderie.

RABAT

Sur la place du souk El Ghezel, s'ouvre à angle droit la rue des Consuls d'où l'on a, à l'entrée, une vue sur la Douane, le port, le Bou Regreg et Salé. Plus loin, la rue est bordée de boutiques indigènes dont quelques échoppes de marchands de broderies de Rabat et de Salé (le souk des tapis est voisin). On aboutit ainsi à l'entrée du inellah et de la rue Souika.

De ce point on pourra faire un crochet en quelques minutes vers la curieuse place des Forgerons et la rue des Teinturiers qui conduit au port par Bab El Bahar, puis vers le mellah ou quartier juif.

Sur tout son parcours, la ime Souïka est bordée de nombreux fondouks, de quelques fontaines et d'une suite ininterrompue de boutiques indigènes. Deux mosquées sont desservies par elle : la grande mosquée, avec une porte moderne (1813) et dont une dépendance, le Moristane ou ancien hôpital, est occupé aujourd'hui par des magasins (la rue du Chella, à g. de la mosquée, conduit par Bab Chella, percée dans la muraille des Andalous, p. 157, à l'avenue du Ghella qui mène à la Késidence générale); la mosquée de Moulay Slimane, fondée par le sultan du même nom, qui régna de 1791 à 1822.

L'extrémité de la rue Souika aboutit au marché européen, de construction moderne et que ferment, au S., Bab Tebene qui conduit au Dar El Makhzen (p. 159) et, à l'O., Bab El Had, porte monumentale donnant accès à la gare.

Du marché, on peut rejoindre le boulevard El Alou soit par la rue El Gza, bordée de magasins européens et indigènes, soit par la rue Sidi Fatah, plus intéressante avec la zaouia des Aïssaoua, la mosquée Moulay El Mekki, précédée d'un plafond sculpté et peint, les Services municipaux installés dans une construction de style néo-mauresque, la mosquée Moulay Er Rechid et le marabout de Sidi Fatah, en haut de la rue.

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