DE SALE-PLAQE A KNITRA
Chemin de fer : S5 k. 2, en 1 h. par l'automotrice, 2 serv. quotidiens 10 fr. 80; en 2 h. par les trains ordinaires, 10 fr. 80 et 5 fr. 40.
Autocyclisme : 36 k. Bonne route principale n® 2 qui ne s'écarte guère de la voie ferrée. — 2 serv. automobiles quotidiens partant de Rabat, Bab El Alou, 10 fr.
A 400 m. de la gare, la ligne franchit les murs, décrit un coude vers la rive dr. du Bou Regreg et part, en direction N.-E., en remontant le joli ravin boisé de Ghabet Hamdat.
2 k. 2. Salé-Plateau (32 m. d'alt.). La région est désormais plate et monotone. — 10 k. 2. Dar Bel Aroussi, station en face d'un chapelet de fîgueraies.
14 k. Sidi Ben Daoud. Le terrain, sablonneux, est quelquefois couvert de bouquets de chêne-liège appartenant à une corne de la forêt de Mamora (F. plus haut).
24 k. 7. Sidi Taïbi, au milieu du chêne-liège. Au delà, à l'O., douars et troupeaux. — 34 k. La ligne croise la route.
35 k. 2. Knitra, petite ville et port modernes de 3,300 hab., dont 2,100 indigènes, sur la rive g. du Sebou et à 10 k. à vol d'oiseau de son embouchure.
Hôtels : — Continental (Dufeix), près de la gare (16 ch. à 5 fr. ; rep. 3.50; terrasse, téléphone, électr.) ; Grand-Hôtel (Daniel et Lavergne), av. Petitjean (19 ch. 4 à 5 ; rep. 3.50; garage, téléphone, électr.)
Banques : — Algérienne ; Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie.
C"^* de Navigation : — de Navigation Paquet (Payan); Générale Transatlantique (Granges); Orano- Marocaine MazeÛaihm^i) ; Franco-
Mostaganémoise (Tort); Bland Li (Coriat).
Services de bateaux : — sur Sebou jusqu'à Mechra Bel Ksiri; p Omnium, et C^^ Lyonnaise, 1 dé par sem., trajet en 12 h. (peu pr tique).
Services automobiles : — 2 serv!
quotidiens pour Rabat-Salé; 10 fr.
3 serv. hebdomadaires pour Tang^ dans la bonne saison (s'informer).
Garages d'autos : — Goyon et C^*
DE SALE A KNITRA.
La location d une voiture complète est calculée à raison de 1 fr. 50 le k., la distance comprenant l'aller et le ret.
Réjouissances indigènes : — Moussem de Sidi Bou Babah, au commencement de septembre, à 7 k.
env. au S. de Mehdia, dans un beau site; Moussem de Sidi Mohammed EL Mansour, au commencement
d'août, à 35 k. au N. de Knitra, au milieu de la merdja, dans une île qu'on aborde au moyen d'embarcations en roseaux (p. 172).
Chasse : — la forôt de Mamora, toute proche, est très giboyeuse, notamment en sanglier. Des battues peuvent y être organisées avec lassentiment du commandant de la région de Rabat.
Histoire. — Knitra, « le petit pont », ne comptait en avril 1911, date de l'arrivée des troupes françaises, qu'une de ces kasbas impériales placées d'étape en étape sur le territoire marocain pour servir d'abri aux petites garnisons chargées de tenir le pays. A partir de 1912, Knitra a servi de base de ravitaillement aux troupes qui opèrent au Maroc septentrional. — La ville et le port datent seulement de 1913.
L'édifice le plus ancien de Knitra est la kasba, haute enceinte crénelée et bastionnée aux angles, dont les cellules intérieures étaient destinées à recevoir les troupes et les approvisionnements. La porte, en plein cintre et en pierre de taille, est surmontée d'une inscription relatant la date de sa construction (1313 de l'Hégire, fin du xix® s.) et le nom du sultan Moulay Abd El Aziz.
Les premières habitations s'étaient d'abord élevées à l'O. de la kasba qui abritait les services administratifs et militaires, les camps étaient au S., les souks indigènes à l'E. et le port sur la rive g. de l'oued. L'emplacement était sablonneux à l'extrême et complètement dénudé.
Le port est constitué par Foued Sebou dont les rives sont distantes de 250 m. et rectilignes sur une longueur do 1,200 m. En eau profonde, les fonds sont de 6 m. Les berges ont été élevées de 1 m. au-dessus des plus hautes eaux. Un premier appontement de 50 m. a été exécuté dans les débuts. Les travaux se poursuivent sur une longueur de 300 m., de manière à permettre l'accostage des navires de 1,400 tonnes et calant 4 m. Un quai en béton armé est également en construction, ^^es services do batellerie organisés par les Sociétés « Omnium » et « Lyonnaise » assurent le transport des marchandises en amont de Knitra jusqu'à Mechra Bel Ksiri enfoncé à 170 k. à Tintérieur des terres.
Le mouvement commercial du port, qui fut en 1913 de 2 millions, a été de 15 millions en 1916 se répartissant sur 22,500 tonnes et de 30 millions en 1917. Cet accroissement est dû à la situation privilégiée de Knitra qui draine le commerce de la forôt de Mamora, des régions agricoles des Beni Hassene, du Gharb et des provinces plus éloignées de Meknès et de Fès.
Le plan d'aménagement de la ville en formation groupe la cité dans un hémicycle de plus de 2 k. de diamètre et de 1 k. 5 de profondeur appuyé sur la rive g. du ileuve. La route de Fès le traverse d'E. en 0. — La future gare du ch. de fer de Casablanca à Petitjean sera reportée à env. 1 k. plus au S. die la gare actuelle sur un plateau qui domine tout le pays. L'agglomération européenne est séparée du village indigène par une bande de terrains militaires occupant une zone de 1,200 m.
KNITRA. — MEHDIA. [20] — 171
sur 500. Le quartier européen compte déjà d^importants établissements desservis par un réseau de rues dont beaucoup sont empierrées et bordées d'arbres.
Al k. en amont de la kasba, un bac, assure la communication entre les deux rives du Sebou.
Environs. — Si la petite ville de Knitra offre peu d'intérêt, elle est un excellent point de départ pour quelques excursions recommandées et de belles parties de chasse dans la forêt et dans la plaine.
Mehdia (7 k. O.; piste autocyclable. Pour la location d'une monture s'adresser au contrôle civil à la kasba. On peut encore louer un canot automobile; s'adresser au port; prix à débattre), petit port sur l'Océan, sur la rive g. et à l'embouchure de Toued Sebou, et village indigène de 300 hab.
Une des premières colonies fondées sur la côte atlantique par Hannon (v® s. avant J.-C.) fut Thymiatherion, qui correspond sans doute à la Mehdia actuelle. Par la suite, le vieux comptoir carthaginois eut probablement le sort de ceux qui avaient été créés à la même époque. On croit que Mehdia tire son nom du Mahdi Ibn Toumert, chef de la secte almohade, et qu'elle fut édifiée par Yacoub El Mansour (1184-1189) pour défendre l'embouchure de l'oued Sebou. Elle fut détruite par le roi mérinide Saïd El Ouattasi (1470-1500). Elle portait alors le nom de Mamora. La ville sut admirablement se défendre contre les Portugais au xvi« s.; ceux-ci avaient pu l'occuper en 1515 et y élever une forteresse, mais ils en furent rejetés presque aussitôt après. Devenue plus tard un nid de pirates, les Espagnols cherchèrent à s'en emparer. Un premier essai. d'embouteillage n'ayant pas réussi par le coulage de 8 navires à l'entrée du port (1611), ils revinrent à la charge en 1614 avec une flotte de 100 vaisseaux au moment où les Hollandais se proposaient de l'occuper. Leur tentative fut couronnée d'un plein succès. Ils en furent chassés ensuite par Moulay Ismaïl en 1681. Le port arma encore quelque temps pour la course puis tomba en décadence. Il était complètement en ruines à l'arrivée des troupes françaises (1911), qui en firent une base de ravitaillement jusqu'à la création de Knitra (1913). Le manque d'emplacement commode pour le dépôt des marchandises et les violents ras de marée d'hiver ont causé l'abandon définitif de Mehdia.
L'ancienne enceinte du ksar est à peu près entière. La porfe, flanquée de deux bastions, est très intéressante; elle est entourée d'une inscription difficile à lire. A l'intérieur, un ancien palais délabré et, plus bas, un vieux fort, sont les seules constructions dignes d'être remarquées.
Un phare éclaire l'entrée du Sebou. La Direction du port de Mehdia renseigne les navires sur la profondeur de la passe ; le mouvement de la navigation jusqu'à Knitra est réglé sur ses indications.
2« Forêt de Mamora. — La forêt de chênes-liège (p. 168), se trouvant à 1 k. à peine de Knitra, une courte promenade à pied suffira our s'en faire une idée. Les voyageurs en automobile feront une très elle excursion en traversant la forêt dans toute sa largeur pour atteindre Tiflet, entre Salé et Meknès (p. 168-179). Recommandé surtout au printemps.
3« Ruines de Thamusida (15 k. N.). — On suit la route de Knitra à Arbaoua jusqu'à (10 k.) Sidi Aïech, d'où Ton gagne le marabout de Sidi Ben Ahmed, situé auprès des ruines, en traversant la Merdja des Beni Hassene. « L'enceinte, dit Tissot, subsiste seule aujourd'hui. Bien que fort mutilée au N. et à l'E., elle est assez roconnaissable cependant
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pour qu'on puisse la suivre dans tout son périmètre. Elle présente la forme d'un parallélogramme modifié par un pan coupé à l'angle S.-E. et flanqué, à l'angle S.-O., d'un castrum rectangulaire d'une centaine de mètres, comprenant la partie la plus élevée du plateau ». Enceinte de 1,500 à 1,600 m. Traces d'un pont sur le Sebou.
4« Le Sebou (168 k. de Knitra à Mechra Bel Ksiri, par l'un des bateaux des sociétés Omnium ou Lyonnaise en 12 h.; 1 serv. hebdomadaire; s'informer du prix au port). — Subur Ammis magnificûs et navigabilis de Pline, le Sebou est le plus grand fleuve du Maroc. Né dans le Moyen Atlas, il atteint le Gharb (p. 173) après avoir reçu d'importants affluents : l'innaouene venant de la région de Taza, l'Ouergha du versant méridional du Rif, et l'oued Beht qui draine les eaux du massif des Zemmour. D'une largeur de 300 m. dans son cours inférieur, et coulant entre des berges hautes de 10 m., son débit moyen est, à Mechra Bel Ksiri, de 300 à 400 m. cubes; il roule 2,000 m. cul)es au moment des crues, parfois hautes de 8 m. au-dessus de l'étiage; il inonde alors la région environnante en la fertilisant et sans causer de préjudice sérieux aux installations bien conçues. Des essais de navigation entrepris en 1910 ont permis de remonter le cours du fleuve; non sans difficultés il est vrai, à 90 k. de l'embouchure avec des canots calant 1 m. 10 et jusqu'au pont du Sebou, en amont de Fcs, avec un canot calant 0 m. 80.
5<> MoulaY Bou Selham et la Nerdja (89 k. N. ; bonne piste autocyclable jusqu'à Sidi Mohammed Bel Kheir, muletière sur le reste du parcours). — La piste traverse d'abord un terrain plat et fertile. — 11 k. Passage du ravin de Sidi Mohammed Bel Kheir (suivre exactement le gué pour ne pas s'enfoncer dans la vase épaisse de part et d'autre). — 20 et 23 k. La piste longe deux boucles successives du Sebou.
27 k. Sidi Mohammed El Mleh, groupe de 3 douars, comprenant 90 tentes, centre de l'industrie de la pêche dans le Sebou pour la production du poisson séché vendu à Fès, Mekncs et Ouezzane. La région est toujours fertile, mais fiévreuse. — 35 k. Douar de 110 tentes des Ouled Hammou, le plus important des Menasra. A TE., à 2 k., Sidi Mohammed El Mansour, tombeau très visité au moment du moussem d'août. — 41 k. Douar de 60 tentes des Ouled Riah. — Plus loin, grands pâturages de la famille Remiki. — 46 k. Sidi El Hachemi, au milieu do la Merdja Ras Daoura. Au S. du marabout, mamelon où se trouvent les seules carrières de pierre de la région.
51 k. Dar Mohammed El Mansour. Le cheikh Mansour, riche et rallié à la France, étend son autorité sur les 5 douars avoisinants des Meknassa . (125 tentes); jardins, vergers d'orangers et de figuiers, vignes. — Le pays, toujours riche, est très fiévreux.
70 k. Aïoun Felfel, marché du lundi des Ouled Issef (65 tentes), auprès de sources claires et de beaux jardins. — 71 k. Traversée de la forêt de Koraize, aujourd'hui dévastée. — 79 k. Douar Delelha (100 tentes), auprès de beaux vergers. — 80 k. Mechra El Hader, résidence du caïd Bou Guern des Sefiane. Ce point fut occupé militairement en 1911 et 19L?. Une piste de 40 k. mène à Larache par (24 k.) Ouled Zaër.
89 k. Moulay Bou Selham, lieu des plus vénérés. 25,000 pèlerins s'y rassemblent tous les ans au mois de mai, pendant une semaine. Pour les curieuses légendes que rapporte la tradition sur Moulay Bou Selham, consulter un article de G. Salmon paru dans les Archives marocaines, tome II, ainsi que le Maroc d'aujourd'hui, d'Eug. Aubin.
Variant?:. — De (11 k.) Sidi Mohammed Bel Kheir, une autre piste, très sablonneuse, longe la Merdja Ras Ed Daoura à l'O., puis la Merdja Ez Zerga et atteint Moulay Bou Selham, à l'embouchure de l'oued Drader. — Cet itinéraire permet de longer la Merdja, immense chaîne