J DE RABAT A SALÉ
remaniements. Son imposant minaret, curieusement sculpté et orné, est de date relativement récente.
La *médersa (on peut visiter; s'abstenir de pénétrer dans la salle de prière) a son entrée à g. et en contre-bas de celle de la grande mosquée. Une fontaine dont l'eau est amenée par canalisation spéciale l'avoisine. Le portail^ à degrés, et avec façade en pierre sculptée surmontée d'un auvent en bois, ouvre le passage sur un vestibule bien décoré, he patio central^ carrelé et rectangulaire (8 m. sur 5), est entouré d'une galerie à colonnes cylindriques revêtues de mosaïque et à plafonds ornés de délicates peintures; ses hautes faces en plâtre et en bois sont couronnées par un auvent de belle proportion. La salle de prière est dotée d'un mihrab et d'un plafond à coupole centrale travaillés avec art.
Sortant de la médersa, et passant entre cette dernièr,e et la grande mosquée, on longe la zaouïa de Sidi Ahmed El Tidjani, dont la porte est rehaussée d'un décor de mosaïques et d'une frise d'arcs à stalactites, puis la galerie du marabout de Moulay Abd Allah Ben Hassoun, pour pénétrer plus loin dans des jardins, d'où l'on a une très belle vue sur l'estuaire du Bou Regreg et la falaise des Oudaïa. Franchissant Bad Mseddek (fin du XVIII® s.), on atteint le cimetière musulman, situé en bordure de l'Océan, couvert de pierres tombales, et gardé par le petit marabout de Sidi Abd El Kader Ben Moussa et le sanctuaire- de Sidi Ahmed ben Achir, ce dernier plus important et mieux décoré. Là se tient chaque année un important moussem à la fête du Mouloud.
On traversera le cimetière en direction E. pour atteindre les remparts (xiv° s.) par le jardin public et Bab Chaafa.
A l'extérieur, on voit, à g., une autre porte, Bab Sidi Moussa, qui permet d'atteindre le bord de la mer et de suivre le chemin qui conduit au marabout de (2 k. 5) Sidi Moussa et à (3 k.) la kasba Guenaoua.
Sidi Moussa Ed Doukkali, ascète du vi® s. de l'Hégire, habitait de son vivant une chambre du fondouk Askour (p. 1G5), mais sa koubba se trouve au bord de la mer. On rapporte que ce saint avait le pouvoir de transformer les tiges vertes d'asphodèle en un mets succulent et de rapprocher les distances. — Un moussem très fréquenté se tient en septembre autour de son tombeau.
La kasba Guenaoua fut bâtie par Moulay Ismaïl (début du xvin® s.) pour abriter les soldats du Makhzen destinés à assurer la sécurité de la route de Mehdia et à préserver Salé contre les incursions des tribus avoisinantes. Elle contenait une mosquée.
Continuant à longer les remparts de Salé, vers l'E., on arrive, 500 m. plus loin, à Bab Sebta : du haut de la porte, magnifique *vue panoramique sur Rabat, sur Salé, ses fortifications et ses jardins d'orangers.
A 800 m. N. de Bab Sebta, la route de Knitra passe, entre les jardins, sous le SouR El Kouass, « mur des arcades », aqueduc alimentant la grande mosquée de Salé et la fontaine avoisinante ( V. ci-dessus) d'une eau qui provient de la source d'Ain Barka.
SALE
De Bab Sebta, on rentre en ville par l'artère qui lui est perpendiculaire et amène à la Kisaria, aux petits souks des forgerons, des menuisiers, des coiffeurs, puis au grand souhj place triangulaire très animée que domine, à la pointe E., la mosquée de Sidi Ahmed Et Hadji.
La rue Souïka, que prolonge le souk, va directement à la porte de Fès,
Partant d'une placette de la rue Souïka, une petite rue perpendiculaire à dr. conduit, par la mosquée de Lalla Chahba^ au bureau de poste ou aux Services municipaux d'où l'on aperçoit, à 200 m. au S-, Bab Bou Haja, porto par laquelle on a pénétré dans la medina et d'où l'on peui rejoindre l'embarcadère de Salé.
A l'extérieur de la porte de Fès se trouve l'emplacement d'un grand marché, à l'È. duquel s'étend un vaste cimetière que traverse la route de Sajé à Fès par Tiflet.
A 400 m. à g. de la route s'élève la maison de convalescence de la Société de secours aux blessés militaires, coquettement aménagée dans les jardins. A côté est encore debout, parmi les ruines, une admirable *porte ancienne, au décor tout couvert de mousse.
Cette porte appartenait à la zaouia de Sidi Bel Abbas, encore appelée zaoïiïa Nekkas, bâtie par le mérinide Abou El Hassane Ben Abd El Hakk (début du xiv« s.). Cet établissement comprenait une mosquée, des bains, des chambres pour les pauvres et les étrangers sans demeure. L eau y arrivait par une canalisation doat on voit encore les vestiges, — La gare de Salé-Plateau (sans intérêt) est à 1 k. plus à l'E.
Du cimetière de Sidi Bel Abbas, qu'on longe pour regagner par une descente douce Bab Mpisa ou porte du mellah, large vue sur la tour Hassane et Rabat. Bab Mrisa, « la porte du petit port », est de construction mérinide (xiv° s.). De 8 m. d'ouverture, son ogive monumentale se développe hardiment à une grande hauteur. Ses écoinçons sculptés, son cadre d'entrelacs curviligne et d'écriture couflque contrastent avec les puissants bastions qui flanquent l'ouvrage sur ses côtés. Actuellement ensablée, cette porte avait à l'origine un seuil placé beaucoup plus bas. Elle laissait sans doute passer un canal qui mettait Salé en communication avec le Bou Regreg, permettant ainsi de remiser les barcasses dans le port intérieur, dont l'emplacement est occupé aujourd'hui par le mellah.
De Bab Mrisa, on rejoindra l'embarcadère de Salé soit directement par la route de Knitra qui passe devant la gare, soit par le mellah.
Le mellah de Salé, le plus propre des ghettos marocains, presque coquet, ne se compose que d'une seule rue de 400 m. allant de Bab Mrisa à Bab Bou Haja. Des impasses perpendiculaires desservent les maisons latérales. Tout près de Bab Mrisa et en contre-bas, four banal du mellah, installé dans les locaux d'un ancien arsenal. Le premier quartier juif était autrefois aux abords des souks actuels de Salé. C'est Moulay Slimane qui assigna auxisraélites l'emplacement qu'ils occupentaujourd'hui.
DE SALÉ A KNITRA.
Environs. — Forêt de Namora (N.-E.), Cette excursion peut être assez courte : il suffit de sortir par Bab Fès ou par Bab Sebta sur une distance de 6 k. — Si l'on veut voir la forêt sous ses différents aspects, on parcourra en automobile le circuit (125 k.) Rabat-Tiflet-Knitra- Rabat, qui la traverse sur une profondeur de plus de 30 k. Recommandé surtout au printemps.
Longue de 60 k. et profonde de 30 à 40 k., la forêt de Mamora s'étend sur un plateau sablonneux, d'une altitude moyenne de 200 m., compris entre le Bou Regreg et le Sebou. Le chêne-liège et le poirier sauvage y forment des taillis splendides. Sa superficie, de 130,000 hect., en fait une forêt 10 fois plus grande que celle de Fontainebleau, égale à deux fois l'ensemble tunisien, et à la moitié de l'ensemble algérien. Aménagée an cours de ces dernières années, elle est susceptible de fournir 100,000 quintaux de liège d'une valeur de 3 millions et demi. L'exploitation du tanin, du bois et du charbon peut en outre donner un revenu de 4 millions. Des tranchées de 30 m. ont été percées dans la forêt, qu'elles traversent du N. au S. Celle de Knitra à Tiflet a 35 k. de long.
De Salé a Meknès,^ p. 177.