DE KNITRA A ARBAOUA; LE GHARB
Aperçu général. — Le trajet de Knitra à Arbaoua se développe dans la région basse du Gharb, ensemble de plaines alluviales, d'une grande fertilité, situées sur la rive dr. de Foued Sebou (p. 172) et qu'encadre au N. une ligne de collines et de plateaux. De 4,000 k. carrés de superficie, ce territoire s'étend sur l'emplacement d'un ancien golfe comblé par les alluvions du fleuve. Plus loin, peu boisé mais couvert d'une brous.se de lentisque et de palmier nain, il est très apte à la culture des arbres fruitiers, notamment de l'olivier et de la vigne. La culture des céréales, et principalement l'élevage du bétail, y occupent une grande place. Plusieurs colons y ont déjà établi de grandes exploitations agricoles.
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Itinéraires. — Deux itinéraires permettent de parcourir le pays : le 1^^'', de Knitra à Arbaoua, par Souk El Arba du Gharb ; le 2^, de ce dernier point à Petitjean. L'un et l'autre, décrits ci-dessous, se trouvent sur le trajet de Salé à Tanger et de Tanger à Fès.
Autocyclisme : 101 k. — Bonne route principale n° 2, empierrée sur 50 k. ; en construction sur une partie du parcours ; excellente piste par beau temps sur le reste du trajet, jalonnée de poteaux en bois.
On quitte Knitra en allant vers le N.-E. parallèlement à la direction générale du Sebou, qu'on laisse longtemps à g. Le pays est plat; c'est la riche région des « tirs ».
1 k. 5. Passage à niveau. — 3 k. Pont sur l'oued Fouarat. A 1 k. 5. Marabout de Sidi Bouchta.
8 k. 5. Bifurcation à dr. de la route Knitra-Fès (p. 173); poteau indicateur. — 10 k. Croisement de la route Mehdia-Lalla Ito. De maigres bosquets de chêne-liège apparaissent au voisinage de Sidi Aiech. — 14 k. Marabout et village de -Sidi Aïech. Les ruines romaines de TJiamusida sont proches (p. 171, 3°).
24 k. Pont sur l'oued Beht, affluent du Sebou, et un peu en a\a\, ferme Legr and (3 chambres d'hôte ; atelier de réparations). — On avance entre les oueds Beht et Sebou creusés comme deux larges et profonds sillons dans la plaine du Gharb qu'ils fertilisent au moment de leurs crues de janvier à avril..
38 k. SoukEl i/ad, vaste emplacement d'un marché du dimanche.
39 k. Sidi Allai Et Tazi, où se fait la traversée de l'oued Sebou sur bac manœuvré à mains (péage, 4 fr. par automobile). A cet endroit le fleuve coule entre deux rives hautes de 7 à 8 m. et distantes de 100 m.; il est très poissonneux : l'anguille, l'alose, le barbeau et le loup y abondent.
De Sidi Allai Et Tazi, on peut gagner Mechra Bel Ksiri (p. 176) soit par la rive dr. du Sebou par Souk Et Tléta (38 k.), soit par la rive g. et les Beni Hassene (41 k.).
La piste sur la rive dr. du Sebou reste très plate. 50 k. A g., ferme Ifrah; à dr., Sidi Aïssa, — 55 k. Souk Et Tléta des Beni Malek.
62 k. Bifurcation, à dr. sur Mechra Bel Ksiri (p. 176).
75 k. Souk el Arba de Sidi Aîssa ou du Gharb (hùt. modeste, 10 lits; atelier de réparations), centre de colonisation avec bureau des Renseignements (visite des passeports). Marché du mercredi, le plus important de la région. Nombreuses exploitations agricoles d'européens dans les environs.
DE SOUK EL ARBA A LALLA MIMOUNA ET A LARACHE (20 k. et 65 k. N.-O.). — Bonne piste par temps sec par (2 k.) le gué de l'oued Mda, (17 k.) Sidi Allai. Lalla Mimouna (aub.), village indigène do 600 hab., aux ruelles tortueuses et étroites, situé au flanc d'un coteau planté de jardins. Marché le vendredi. Grandes exploitations européennes. — La route se poursuit au N.-E. jusqu'à Larache (p. 304).
De Souk el Auba a Fès, p. 175.
76 k. Emplacement du marché de Souk El Arba. — La piste traverse une région plus mouvementée drainée par l'oued Mda
SOUK ËL ARBA. — ARBAOUA, [21] — 175'
qui va se perdre dans les Merdjas Marktane et Ras Ed Daoura "(p. 173) et qu'on traverse plusieurs fois à gué en remontant la vallée. — 96 k. Pont en bois à proximité d'un village indigène situé à g. de la route.
101 k. Arbaoua (hôt. modeste, 10 lits), poste fortifié à 138 m. d'alt. sur un plateau dominant la route de Rabat à Tanger, occupé depuis avril 1912. Bureau des Renseignements (visite des passeports). Un souk et une nzala sont aménagés à l'intérieur.
Excursions. — Arbaoua ne présente aucun intérêt par lui-môme. C'est un carrefour de chemins qui vont du N. au S. et de l'E. à l'O. et desservant d'importantes régions.
1^ El Ksar El Kebi)' (10 k. N.: bonne piste). — La route descend en lacets dans la vallée de l'oued El Ma Bared, bordé de jardins et de vergers. — 3 k. Poste de douane, à g., au pied d'un village couronnant un mamelon. — 9 k. Traversée à gué du Loukkos (la descente dans le lit de l'oued demande quelques précautions). — 10 k. El Ksar El Kebir (p. 300).
2° Laracke (45 k. N.-O.; bonne piste, suivant, en été, la vallée du Loukkos et, en hiver, les flancs sablonneux des collines situées au S. du Loukkos) : Pour Larache, p. 304.
S'' Lalla Mimouna et Sidi Moulay Bon Selham (17 k. et 40 k. O.). — La piste est d'abord accidentée. — 10 k. Ain Bsal, source assez abondante. — 17 k. Lalla Mimouna (p. 174). — 21 k. Gué de l'oued Drader. La piste contourne Merdja Ez Zerga (p. 173) par le N. — 25 k. Aïn Borma. — 27 k. Pont sur l'oued Bou Harira. — 31 k. Mechra El Hader, d'où l'on regagne l'itinéraire de Knitra à Sidi Moulay Bou Selham (p. 172).
4® Ouezzane (38 k. E. ; piste muletière peu accidentée au début, montagneuse à la tin). — 10 k. Douar Ouled Saïd, de la tribu des Sefiane. — Ï4 k. 5. La piste atteint la vallée de Foued Mda. — 15 k. Mlloiidat, gros douar. — 21 k. Sur la g., ligne de hauteurs portant les dchar Masmouda de Mzoufroun, Zrahna et El Hareth. — 23 k. Dchar El Haït, résidence du cheikh des Masmouda. Dans le voisinage, cascade de Chrichira. — 25 k. Dchar Remet. — 27 k. Descente dans la vallée de l'oued Zès par un défilé encaissé entre des hauteurs difficilement accessibles et couvertes de brousse. — 38 k. Ouezzane, petite ville indigène de 16,000 hab., dont 1,300 israélites, à 20 k. de la zone espagnole, sur l'un des contreforts du massif des Djebala. Marché très important le mercredi et le jeudi. Zaouïa et résidence du chérif d'Ouezzane, chef de Timportante confrérie religieuse des Taïbia, créée en 1727 par le chérif Moulay Abd Allah, descendant d'Idris II, fondateur de Fès. L'autorité des chérifs d'Ouezzane étant devenue gênante et le parti des descendants d'Idris commençant à s'agiter, Moulay El Hassane enleva au chérif d'Ouezzane, protégé de la France, le gouvernement de la ville, qui fut confié à un agent du pouvoir central. Celui-ci réussit même à s'emparer de l'administration des fonds de la zaouïa. A la longue, les chérifs purent recouvrer leur autorité. La zaouïa est un lieu de pèlerinage très fréquenté.
D'Arbaoua à Fès par le col de Seggota.
164 k. ~ Route principale n" 2 à l'étude jusqu'à 33 k. Souk El Arba ; route n" 6 en construction jusqu'à Bab Tiouka; route n" 3 achevée sur le reste du parcours.
25 k. d'Arbaoua à Souk El Arba du Gharb, V. l'itinéraire précédent en sens inverse. — 33 k. El Abbasi, village.
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40 k. Mechra Bel Ksiri (hùt. modeste), poste militaire sur la rive dr. du Sebou et ch.-l. du cercle du Gharb, peuplé de 150 indigènes et de 200 européens occupés à la colonisation d'une région remarquablement fertile. Marché du lundi.
A n k. sur la rive g. du Sebou, ruines de Banasa au marabout de Sidi Ali Bou Djenoun. — Citée par Pline, Ptolémée, les listes épiscopales, la Notice des dignités et l anonymé de Ravenne, Banasa fat une colonie d'Auguste. Tissot, qui Ta découverte et décrite en 1871, évalue son enceinte à 1,100 m. i
« La ligne des murs... n'offre de spécimen bien marqué qu'à la pointe S.-O. où l'on reconnaît, entre... deux saillants carrés, les traces d'une des portes ». Dans l'enceinte, sur la partie méridionale du plateau, un rectangle formé « par une ligne de blocs de très grandes dimensions « i de (' 12 pas sur 15 ». Emplacement supposé d'un théâtre. Traces d'un i pont. M. de La Martinière a retrouvé la partie supérieure d'une inscrip- | tion au nom de Marc-Aurèle. dont Tissot avait publié l'autre partie en i l'attribuant à tort à Commode. |
En 19L2, le capitaine Yenet fit des fouilles et trouva la tête de Junon ! qui est au cercle des ofticiers de Casablanca. En 1916, M. Louis Châtelain signale plusieurs fragments de statue, aujourd'hui au musée de I Rabat, et une villa dont l'atrium et les pièces avoisinantes renferment encore des mosaïques.
DE MECHRA BEL KSIRI A SOUK EL HAD KOURT (23 k. O. ; piste sablonneuse, autocyclable en belle saison seulement). — Au départ, la piste suit le Sebou pendant 2 k. — 3 k. Gué à fond de sables sur la Merdja. — 5 et 8 k. Passerelles sur les oueds Broha et Chemmah. — 16 k. Passerelle submersible sur l'oued Tnine.
23 k. Souk El Had Kourt, gros marché fréquenté par les Djebala et poste militaire.
Au sortir de Mechra Bel Ksiri, on traverse l'oued Sebou sur un bac. — 45 k. 5. Sidi Bou Djema, à l'O. de la piste, limite des grands marais de la région des Beni Hassene. — 51 k. Souk El Djema Et Ahoufa.
71 k. Sidi Gueddar, village et marabout à proximité de Foued Rdom, dans la tribu des Chebana. Ancien camp français. \
79 k. Dar Zrari et, plus loin, délilé de Bah Tiouka. A 7 k. S., j sur la route de Salé à Meknés, Petitjean (p. 177). !
Après le défilé, on traverse un oued et l'on monte doucement | dans le territoire des Cherarda. — 97 k. Sidi Emharek. — 104 k. 2. j Col de Seggota. Pour le reste du parcours, V. description de la i route Knitra-Fès, p. 173.
Variante. — Une piste muletière, plus intéressante, mais peu praticable, longe les contreforts S. des Djebala. Elle part d'Arbaoua eu passant par : 29 k. Ckemmakha, gros douar au voisinage d'un col et d'un bois d'oliviers; 41 k. Souk El Had Kourt [V. ci-dessus); 65 k. Mechra El Bâcha, sur la rive dr. de l'Ouergha, marché du lundi de la i tribu des Boni Setiane et des Beni ]\ialek;81 k. Hadjer El Ouakef, \ après leciuel on traverse le Sebou pour gagner (103 k.) Douar Ben Gachouch ci rejoindre la route d'Arbaoua à Fès entre Seggota et Nzala Oudaïa(p. 173).
MECHRA BEL KSIRI. — DAH BEL AMRL [22] — 177