La Medtna
Allant du S.-E. au N.-O., la rue Rouamzine est bordée de maisons et de magasins européens et dominée à l'O. par une imposante ligne de remparts. Vers son extrémité, Bah Dar Sinaïne, à g., s'ouvre sur la rue Dar ^emene, qui passe devant le bureau de Poste, longe une nouvelle ligne de remparts et aboutit place El Hedime, « de la démolition » (marché tous les matins), immense place de 200 m. de long sur 100 m. de large bordée au S. de deux portes magnifiques : Bab Mansour et Bab Djama En Nouar.
*Bab Mansour El Aleuj, la plus imposante, commencée sous le règne de Moulay Ismail, fut achevée par son fils Moulay Abd Allah en 1732. L'ordonnance en aurait été conçue par Te renégat El Mansour. — L'ouverture, constituée par un arc ogival de proportions gigantesques, est flanquée de deux bastions, dont celui de droite s'élève sur de basses colonnes de marbre. Deux hautes colonnes, surmontées de chapiteaux de style antique composite, s'avancent sur les côtés et soutiennent des piliers prismatiques qui arrêtent le décor architectural de la porte. Le motif dominant est un entrelacs curviligne qui s'enlève en relief sur un fond plat de mosaïque vernissée vertdoré. Une large et belle inscription en caractères cursifs noirs, surmontée d'une ligne de merlons, court le long de la frise supérieure. L'ensemble est majestueux. L'éclairage le plus favorable est celui du soir, jusqu'au, coucher du soleil. Le Pacha de la ville vient rendre la justice tous les soirs du vendredi sous la voûte de la porte à baïonnette.
Bab Djama En Nouar, à l'O. de la précédente, de proportions plus modestes mais fort harmonieuses, fut construite à la même époque; elle conduisait à la mosquée En Nouar.
La face 0. de la place El Hedime est percée par Bab Sidi Labdine, qui donne accès à la campagne. De son seuil extérieur, on aperçoit, à dr., derrière l'enceinte, le mellah, et au delà, dans un bouquet d'arbres, le minaret du sanctuaire de Sidi Saïd (p. 186).
L'extrémité N. de la place est ornée d'une fontaine construite
MEKNÈS,
en 1914 par des mosaïstes indigènes d'après les traditions modernes. Derrière, s'élève Vhôpital Louis, installé dans une ancienne maison du Glaoui (visite permise; demander l'autorisation à la porte; entrée sous la voûte, à g. de la fontaine).
Une rue, à dr. de la fontaine, donne accès au quartier des Sebbaghine, antérieurement occupé par les Juifs jusqu'à l'époque de Moulay Ismaïl {V. ci-dessous).
A l'angle N.-O. de la place s'amorce la rue Sekkakine dont led échoppes sont occupées par des fabricants de lanternes en métal découpé et des bijoutiers. On atteint ainsi Bab Berrima, à g. del laquelle se trouvent les quartiers de Berrima et du mellah. 1
Ces deux quartiers, qu'un mur sépare à l'intérieur, sontj enfermés dans une haute enceinte, quadrangulaire de 500 m. de' long sur 250 m. de large. C'est une ancienne kasba. La mosquée qui s'élève à l'angle N. fut édifiée par Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xvni® s.). — Le mellah, situé dans le compartiment 0., est très curieux avec ses rues étroites et ses hautes maisons ; il n'est habité par les Juifs que depuis Moulay Ismaïl, qui leur assigna cet emplacement en 1765 après les avoir chassés de leur ancien quartier de Sebbaghine.
L'avenue du Mellah est fermée vers l'O. par Bab Mellah^ au delà de laquelle se trouvent Souk el Khemis, Bab Khemis, le marabout de Sidi Bou Saïd et Toulal (p. 186 et 189). On la laisse à g.
Du carrefour de Bab Berrima, en allant vers le N., on suit une curieuse rue bordée de marchands de poteries, de forgerons, de fabricants de bâts, de selles, d'instruments aratoires, etc. et aboutissant au carrefour de Bab Djedid, lieu d'élection des bateleurs, conteurs, charmeurs de serpents, etc.
La porte à baïonnette dite Bab Djcdid s'ouvre sur la campagne et le cimetière musulman où s'élève le mausolée de Sidi Mohammed Ben Aissa construit au xviir s. par Sidi Mohamed Ben Abd Allah. On sait que Ben iVïssa, patron de Meknès, est le chef de l'importante confrérie religieuse des Aïssaoua, qui a des adeptes dans tout le N. de l'Afrique et qui est réputée par ses exercices étranges et sauvages. Grand moussem à l'époque du Mouloud, fréquenté par près de 50,000 visiteurs algériens, tunisiens et marocains.
De Bab Djedid, on ira soit par le cimetière, soit par les ruelles intérieures de la ville, à Bab El Berdaïne.
Bab El Berdaïne, au N. de la medina, est le point de départ de la route de Tanger. De proportions majestueuses, elle fui construite par Moulay Ismaïl (fin du xvir s.). — Sur la grande place intérieure, limitée à l'E. et à l'O. par de hauts murs, et au S. par la mosquée El Berdaïne, se lient le marché aux bois de cèdre. Ces bois, sous la forme de madriers de 4 à 6 m. de long, proviennent des forêts du S. de Meknès.
Rentrant en ville par la rue longue et étroite qui prolonge la place, on trouve la mosquée Kanoute.
A 100 m. à g. et en contre-bas, s'élève V infirmerie indigène,
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