‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 84 sur 153 · Le tour extérieur de la Medina · texte numérisé non relu

Le tour extérieur de la Medina

1 h. 30 à pied; 1 h. en voiture.

Après avoir franchi la porte de Fès, en bas de l'entrée de la rue Rouamzine, et tourné à g. le long* des murs, on pénètre dans le jardin public. Ce jardin, aménagé de 1915 à 1917 entre la rive g. de l'oued Bou Fekrane et les remparts E. de la ville, a une centaine de mètres de large et près de 1 k. de long; il comprend deux lots : le premier, en amont, dans un terrain accidenté et boisé, est distribué à la manière des jardins andalous avec conduites d'eau, bassins et vasques; le second, en aval, est divisé par des allées droites et perpendiculaires, et ses terre-pleins sont garnis de plantations nouvelles.

Variante. — On peut encore se rendre au jardin public par la rue Rouamzine et Bab Guenaoua. On débouche ainsi directement par le boulevard de l'Aboul, au centre du jardin.

MEKNÈS.

La partie basse du jardin public est bordée du boulevard de VAboul qui mène à Bab Tizimi (intéressante fabrique de tapis à points noués, dirigée par une mission de sœurs franciscaines). Du seuil extérieur de la porte, on aperçoit, sur l'oued, un vieux pont et des moulins. Au delà, à flanc de coteau, est situé le quartier des potiers et briquetiers.

En longeant extérieurement les murs de la ville, on atteint Bab El Berdaine (p. 184) pour suivre quelque temps la route de Tanger, faire le tour du cimetière musulman de Sidi Mohammed Ben Aissa (p. 184), passer devant les abattoirs et sous Bab Siba, puis gagner la route de Rabat sortant de la ville par Bab Mellah.

A 500 m. à rO., sur la route de Rabat, s'élèvent à côté d'un bosquet et d'un faubourg le mausolée et la mosquée de Sidi Saïd Bou Othmane dotée d'un joli minaret et d'une charmante porte. Ces deux édifices furent construits par Moulay Abd Allah (xviii° s.). Sidi Saïd fut, dit-on, le professeur de Mohammed Ben Aissa (p. 184). Lorsque les adeptes du saint viennent en pèlerinage à Meknès, ils visitent d'abord la mosquée de Sidi Saïd avant de se rendre au mausolée du patron de la ville.

En dehors de Bab Mellah, se tient, au S. de la route, le souk El Khemis, marché du jeudi, où se vendent les bestiaux.

A proximité reste encore debout '''Bab El Khemis, dont l'ouverture en fer à cheval est encadrée d'écoinçons noirs et d'une bande de mosaïque verte, puis surmontée d'une frise d'inscriptions en caractères cursifs noirs. Deux bastions, dont l'un en ruines, flanquent la porte de chaque côté. — Cet édifice est tout ce qui reste d'un vaste et beau quartier appelé « Medinat Er Riad », la ville des jardins. Construit en 1667 par Moulay Ismaïl, il servit de résidence aux ministres, caïds, secrétaires et hauts fonctionnaires de tous ordres de la cour musulmane; il fut démoli en dix jours sur l'ordre de Moulay Abd Allah, au retour d'une expédition malheureuse.

Faisant le tour extérieur du mellah, on rentre en ville par Bab Sidi Labdine pour ressortir à nouveau par Bab El Mansour El Aleuj, Bab Filala, Bab Moulay Ismaïl et gagner, entre de hauts murs délaissés et gigantesques, Bab Reirr à l'entrée et à g. du couloir qui conduit à l'Aguedal (p. 187), et passer devant Bab Amor Lassini pour revenir au point de départ.

Bab Amor Lassini donne accès au cimetière du même nom, situé à proximité d'un quartier de pauvres gens. Le site est pittoresque avec ses vieux murs ocreux et ses jardins courant le long des rives de l'oued Bou Fekrane. Sur la colline d'en face, à l'E., la vue s'étend sur Vhôpital aux coupoles ovoïdes, le camp d'El Hamria et, plus au N., des tombeaux, entre autres celui du chérif El Ouafi. Au fond du tableau, s'élève la montagne bleue du Zerhoun laissant deviner, sous des amas crayeux, quelques villages berbères importants.

Variante. — De Bab El Mansour, on peut rejoindre l'entrée de la rue Rouamzine par le large couloir qui passe au pied de Djama El Maklisen et Lalla JJeïda, traverse un quartier habité et aboutit à Sidi Ali Mennoun.

MEKNÈS.

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