‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 85 sur 153 · Anciennes écuries; Jlguedal; Jlutrucherie · texte numérisé non relu

Anciennes écuries; Jlguedal; Jlutrucherie

Très agréable promenade de Q h. aller et ret. pouvant se faire à pied et en voiture. Très recommandé.

Suivre l'itinéraire 1 jusqu'à Bab El Mansour (p. 183) et l'itinéraire II de Bab El Mansour à Bab Beirr (p. 186), s'engager dans le passage étroit et votité formé par une succession d'arcs ogivaux soutenus par d'épaisses colonnes cylindriques et prolongé par un couloir long de 1 k. qui sépare le quartier et le cimetière Amor Lassini à l'E. du Dar El Makhzen et de ses jardins à l'O.

Le Dar El Makhzen (entrée interdite), dont les constructions sont de différentes époques, a des dépendances extrêmement spacieuses; une partie du harem de Moulay El Hassane y vit encore sous la garde d'eunuques. Les portes y donnant accès sont d'allure modeste; on remarquera cependant quelques chapiteaux de marbre d'un style assez curieux.

Au delà du couloir, après avoir tourné et laissé à dr. le village de Bab Merah habité par des nègres descendants des Bouakher, troupes noires créées par Moulay Ismail, on remarque, sur une grande place, les ruines d'un vieux palais, et, un peu plus loin, à g., l'entrée du Djenane Ben Halima, utilisé par la Direction de l'Agriculture comme jardin d'essai (entrée permise).

Plus loin, se dresse une immense construction cubique. C'est le *i/eri ou grenier à provisions de Moulay Ismail, occupé aujourd'hui par les services de l'Intendance (autorisation nécessaire). Ce bâtiment se compose d'immenses silos voûtés, établis dans lie sous-sol, et d'un rez-de-chaussée cloisonné par des piliers énormes supportant une lourde et épaisse terrasse. L'éclairage est assuré par des soupiraux circulaires. Au-dessus du grenier s'élevait un palais, aujourd'hui démoli, appelé El Mansour; il contenait 24 pavillons et avait une hauteur d'au moins 100 coudées (Kitab El Istiqoa).

En arrière du heri et sur la dr. subsistent les ruines imposantes d'*aneiennes écuries (entrée permise). Pour abriter son importante cavalerie de chevaux et de mules, Moulay Ismail fit édifier aux abords du Dar El Makhzen cet immense établissement (Istabl) qui pouvait renfermer, disent les historiens arabes, 12,000 animaux. Au centre du bâtiment se trouvaient des constructions voûtées destinées à recevoir la sellerie Kitab El Istiqça).

A dr. du heri et des anciennes écuries s'étend le grand bassin, également creusé par ordre de Moulay Ismail et dont les eaux servaient sans doute à l'irrigation des jardins situés en aval.

Revenant au heri, et passant sous des portes à g., on pénètre dans VAguedal, vaste prairie herbeuse ceinte de hauts murs et au fond laquelle on aperçoit à dr. le palais dit Dar El Beïda, et, à g., l'Autrucherie.

L'Aguedal était le lieu de campement des troupes impériales.

MEKNÈS.

Devenu le terrain des revues et fantasias, à l'entrée, une koubba surélevée abritait le sultan et sa suite les jours de réunion.

Le Dar El Beïda, vaste château avec allure de forteresse, est dû à Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xvni*" s.), qui en fit sa résidence personnelle. Il sert aujourd'hui d'école militaire pour la formation d'officiers marocains.

L'autrucherie (visite permise, s'adresser aux gardiens) comprend quelques bâtiments où l'on élève les autruchons et un grand parc où paissent les adultes.

Le troupeau existe depuis environ deux siècles. Il doit son origine à un couple offert à Moulay Abd Allah Ben Ismaïl (1727-1757) par un arabe du Sud. Livré à lui-même dans la prairie de l'Aguedal, ce couple se multiplia rapidement. Sous Moulay Aod Er Rahmane (1822-1859), le troupeau comptait 55 individus dont 17 furent envoyés à Fès et succombèrent bientôt, victimes d'une épizootie. Sidi Mohammed (1859-1873) en eut jusqu'à 112. Sous Moulay El Hassane (1873-1894), à la suite d'une épidémie, le troupeau fut réduit à 5. Il se reforma pourtant. Sous Moulay Abd El Aziz, il comptait 30 volatiles. Actuellement, il se compose de 32 grands individus pondant une moyenne de 800 œufs du poids de 2 kilog. tous les deux ans. L'incubation naturelle se faisant dans de mauvaises conditions, on adopte depuis 1915 le système de rincubation artificielle au moyen de couveuses. On espère ainsi obtenir des rendements supérieurs en œufs et en plumes. En 1917, on a provoqué 68 éclosions qui ont donné 32 nouveaux sujets; des 3 couvées naturelles de la même année, l'une a donné 12 petits, ce qui représente, à Tactif de 1917, 44 autruchons, sains et bien portants. — Pour les achats d'œufs, s'adresser à l'autrucherie. On ne vend pas encore de plumes.

jy. — Camp et ville nouvelle.

1 k. 5 E. — Promenade surtout intéressante pour l'aperçu qu'elle donne sur le développement de la future cité européenne.

En quittant la porte de Fès, on aperçoit, à l'E., de l'autre côté du vallon de l'oued Bou Fekrane, la croupe sur laquelle s'étend le camp et s'étendra la ville nouvelle.

Le Camp d'El Hamria (entrée interdite) est installé sur le plateau d'en face. A g. d'élégantes constructions néo-marocaine? s'élèvent : ce sont le cercle militaire et la Subdivision. Le centre administratif et les quartiers de plaisance futurs s'établiront sur les pentes N. du plateau, que dessert déjà tout un réseau de rues.

Au delà de l'oued Bou Fekrano, la route bifurque à dr., c'est la route de Fès; 500 m. plus haut, elle passe entre le camp et l'hôpital à coupoles ovoïdes. Le terrain situé au S. de ce dernier établissement est réservé aux constructions militaires et au terrain de manœuvre. A quelques centaines de m. plus loin se trouve la gare militaire,

La grande oliveraie d'El Hamria, qui peuple les abords de la gare, a été créée par Sidi Mohammed Ben Abd Allah à la fin du xVii*" s. C'est une propriété habous dont les revenus sont affectés partie à la ville sainte de Médine, partie à Meknès. Depuis plusieurs années, elle ne donnait que d'insignifiante

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rendements. Remise en état par une taille et des soins appropriés à partir de 1915, elle va redevenir une source importante de revenus.

La future gare du Tanger-Fès sera située du même côté de la route, mais à 1 k. au delà, en face des cités et des jardins. Les quartiers industriels et les établissements insalubres s'étendront plus loin encore, au S. de la voie ferrée.

Y, Toulal,

3 k. O. — Bonne route.

On peut s'y rendre, de la place El Hedime, soit par Bab Sidi Labdine, Bal3 El Khemis et Sidi Said, soit par la rue Sekkakine, avenue du Mellah et Sidi Said.

Toulal est un faubourg guich d'origine entièrement berbère. Ses habitants sont originaires du Haut Guir (Sahara) où un centre habité porte ce nom et avec lequel ils ont conservé des relations. Venus il y a près d'un siècle à Dar Debibagh, près de Fès, par Kasba El Makhzen et Taghzout, ils ont été déplacés et transportés à Meknès dans le dernier quart du xix^ s,, par Sidi Mohammed Ben Abd Er Rahmane (Arnaud).

De Meknès a Salé, p. 177; — a Fès, p. 198; — a Righ, p. 285.

Meknès est le point de départ de magnifiques excursions, dont le nombre et l'intérêt croîtra encore avec la pacification. Volubilis et Moulay Idris au N., avec le massif du Zerhoun, sont à eux seuls d'un puissant attrait. Les forêts de cèdres du S. et la région alpestre du Moyen Atlas compteront bientôt parmi les attractions touristiques les plus visitées.

1** Volubilis, Noulay Idris.

27et30k. N. — Piste légèrement accidentée, autocyclable par temps sec ; 1 h. en auto ; 2 h. 3,0 à dos de mulet. Excursion très recommandée pour son intérêt à la fois antique et pittoresque.

On sort de la ville par Bab Tizimi et," après le passage du vieux pont sur l'oued Bon Fekrane, on descend à flanc de coteau, dans une vallée couverte de jardins et de vergers. — 2 k. A g., sur un piton, ancienne kasba où étaient autrefois internés les condamnés à vie. — Descente en terrain mouvementé. On traverse ensuite un pays plusieurs fois coupé par des oueds pour escalader l'un des contreforts 0. du Zerhoun et redescendre dans la vallée de l'oued Khoubane.

22 k. Emplacement de Tocolosida (en arabe : Akbet El Arabi), sur un plateau situé entre la route de Meknès et la piste des cavaliers. Sur ce point se trouvait la dernière agglomération romaine, qui gardait contre les incursions des indigènes non

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soumis la grande plaine dominée par Volubilis. « Le sol présente, sur une certaine étendue, des restes de murailles construites en pierres de grand appareil; le seuil de quelques édifices est encore visible avec les trous destinés à recevoir les gonds des portes... Ces ruines ont dù souffrir du voisinage de la ville arabe (Meknès) et l'on s'explique facilement la disparition de la plupart des matériaux » (ïissot).

26 k. Passage sur un ponceau de l'oued Khoubane, sur le flanc droit duquel s'étendent les ruines.

27 k. ^Ruines de Volubilis (en ar. : Oulili; on peut visiter les fouilles tous les jours; se présenter au bureau de la Direction, 3^ piste à g. après la porte). Pline l'Ancien, Pomponius Mêla et Ptolémée sont les seuls auteurs de l'antiquité qui aient parlé de Volubilis. L'itinéraire d'Antonin la mentionne également. C'est à Tissot que revient l'honneur d'avoir identifié Volubilis à Ksar Pharaoun.

Histoire. — Principale ville de l'intérieur de la Mauritanie Tingitane, Volubilis dominait la dernière plaine colonisée par les Romains. Elle était reliée à Tanger, capitale de la province, par une voie qui se continuait jusqu'au poste de Tocolosida {V. ci-dessus). Elle était administrée par des duumvirs, et comptait (^es édiles, des décurions, des flamines. Les fouilles actuelles nous apprennent que, dès le milieu du i*-"" s. de notre ère, elle était une ville prospère. L'inscription de la plus basse époque est du début du iv« s.

Déjà Tissot en 1874 et La Martinière en 1888-1890 avaient étudié Volubilis. Ce dernier explorateur avait notamment recueilli plus de 60 inscriptions qui demeurent encore aujourd'hui la plus belle moisson épigraphique du Maroc, et décrit un grand nombre de ruines éparses dans la région. En 1915, des prisonniers allemands travaillèrent à Volubilis. Des ouvriers marocains les ont remplacés en 1916.

La direction des fouilles a été confiée à M. Louis Châtelain, ancien membre de l'Ecole française de Rome. Les travaux, menés avec uiwî impulsion énergique et une méthode rigoureuse, ont dégagé l'arc de Caracalla et la basilique, découvert le Forum, une trentaine d'inscriptions, des rues, des maisons, des pressoirs. Les deux résultats les plus tangibles sont l'inscription de Marcus Valerius Sevèrus (Eorum) et le chien de bronze qui est l'une des œuvres les plus vivantes de la statuaire romaine (musée). Fin 1918, on a même découvert de belles statues de marbre.

Commencer la visite par le S. du plateau. Aussitôt arrivé au sommet on distingue : à dr. de la piste d'accès, une voie pavée mise au jour sur une longueur de 180 m. Sur cette voie se trouve une huilerie dont on voit encore les encoches qui supportaient le pressoir, la pierre sur laquelle on écrasait les olives et deux cuves cimentées d'une conservation parfaite. Une amphore trouvée à côté de l'une de ces cuves est maintenant au musée.

A hauteur de la basilique, prendre à g. le chemin qui descend

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