‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 92 sur 153 · FÈS · texte numérisé non relu

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Presque complètement délaissée après la chute de la dynastie idrisside par les Zénètes, les Almoravides et les Almohades, la zaouïa de Moulay Idris a été reconstruite en 1431 par les Mérinides, puis restaurée dans le début du xviiie s. par les sultans alaouites. C'est à partir de cette dernière époque seulement que la renommée du saint est devenue générale.

Après avoir contourné la zaouïa par la dr., on entre dans le souk et la rue Chemmaïne, bordée de boutiques successives de marchands de cierges et de gâteaux, de fabricants de ceintures brodées et enfin de marchands de fruits secs : dattes, figues, raisins, noix, amandes, etc. Les rues à dr. communiquent avec le quartier Kettanine {V. l'itinéraire qui suit).

On aborde ainsi la grande mos([uée Karouiine (p. 210) par l'une de ses plus grandes portes : Bab Chemmaïne. En faisant le tour de l'édifice par la dr., on voit des boutiques d' « adouls » ou notaires, de libraires, de fabricants de babouches, de chaudronniers et l'on atteint la place Seffarine (p. 211).

JJJ, — Le quartier JÇeHanine.

1 k. 500 environ. Descente constante.

Suivre la rue Ed Douh jusqu'au delà du palais du Batha (p. 207), prendre la rue Sidi El Khiyat à g. ; passer devant la Subdivision (p. 208), descendre la rue Akibt Es Seba (fontaine récemment restaurée à g.); longer la petite mosquée du Siaj (grande inscription coufique sur la face 0.) pour atteindre Dar Mejless, porte à revêtement de mosaïque et à auvent, édifiée en 1912.

Fès est administrée par un Pacha que secondent deux Khalifas. Ces gouverneurs sont assistés d'une assemblée municipale indigène, à caractère consultatif, le Mejless EL Baladi, composé des principaux fonctionnaires de la ville et de huit membres élus par les notables do chacun des arrondissements do Adoua, Lemtiine, Andalousiine et Fès Djedid. En dehors de l'établissement du budget, le Mejless émet des vœux relatifs à des questions d'ordre municipal (voirie, travaux publics, éclairage, marchés, etc..)

A quelques pas en dessous du Dar Mejless, on prendra à dr. la rue couverte et sombre qui passe devant la mystérieuse mosquée de Sidi Ahmed Ech Chaoui pour atteindre, avant la mosquée Et Tsaoudi (porte ornementée), par une rue contournée, le Dar Adiyel.

Le Dar Adiyel (entrée permise) est l'ancienne habitation d'un gouverneur de Fès, Adiyel, qui vivait au xviii^ s. Entièrement restauré en 1917, il abrite les bureaux du Service des Beaux-Arts.

U Inspection des Arts indigènes, qui occupe le rez-de-chaussée, se préoccupe du relèvement des industries d'art local et exerce son influence sur les corporations les plus intéressantes. Elle a rénové une collection importante do modèles : reliures, enluminures, bois sculptés j et peints, cuivres, poteries, broderies, etc., dont s'inspirent les artisans

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actuels. Le Service des Monuments historiques (au l*^"" étage) s'occupe de la restauration des dits monuments, nombreux à Fès, et dont les plus remarquables senties médersas.

A coté du Dar Adiyel, se trouvent : les bureaux de VAdministration des Habous, ou biens de mainmorte de Fès; le Dar Bon Ali (entrée permise), où le pacha de Fès rend la justice entouré de ses mokhazenis. Plus bas, après quelques détours, on atteint la prison civile qui reçoit des condamnés indigènes.

On peut s'engager dans le couloir de la prison, au fond duquel sont installés plusieurs ateliers de tissage de soie : ceintures et foulards. Le plus curieux est celui des frères Ben Gherif (très accueillants) dont les métiers à la grande tire sont ceux que perfectionna Jacquart. On y fabrique des ceintures, des foulards et des tissus brodés d'un très grand intérêt.

Après une descente tortueuse, on arrive au haut de la rue Kettanine {V. la variante 1*", p. 216), très fréquentée et très commerçante. Plusieurs fondouks' la bordent, dont le fondouk Djedid, particulièrement important; le Crédit Foncier d'Algérie et de Tunisie^ ainsi que la Compagnie Algérienne, y ont des succursales. La poste anglaise y a un bureau.

La rue qui longe à g. Timmeuble de la Compagnie Algérienne est la rue Chemmaïne qui vient de Moulay Idris et conduit à la mosquée Karouiine (p. ^210).

Ras Cherratine continue la descente (à dr. de la Compagnie Algérienne). C'est la rue des fabricants de balais en palmier nain et surtout de lanternes en fer blanc. Elle dessert de nouveaux fondouks, la succursale du bureau de poste français et la médersa Cherratine, fondée en 1670 par le sultan alaouite Moulay Rechid, pour remplacer la médersa Lebbadine, située un peu plus haut, que les étudiants avaient souillée et profanée en y amenant des femmes et en s'y livrant à la débauche. La porte, à deux battants recouverts de bronze ciselé, donne accès, par un couloir étroit, à la cour centrale .entourée de galeries au rez-de-chaussée et à tous les étages.

L'architecture et le décor, intéressants, sont pourtant moins purs qu'à l'époque mérinide. Sur les angles de la cour s'ouvrent trois « douiras », maisons petites et hautes à patio central et à cellules étroites abritant chacune une trentaine d'étudiants provenant surtout du Tafilalet, du Maroc oriental et du Rif.

Si, du bas de la rue, on continue sa route dans la même direction, on arrive, en passant devant les boutiques de boisselliers, de forgerons, de cuivreurs, de teinturiers, de fabricants de bâts, etc., au pont de Sidi Laouad, sur l'oued Fès ou, un peu plus en amont, au pont du Rsif.

Le pont du Rsif, couvert et bordé de boutiques à tel point qu'on le traverse sans deviner l'oued, fut, avec celui de Beïn El Moudoun (p. 211), construit par les Zénètes. Réparé plusieurs fois depuis, il a fait l'objet d'une importante restauration sous Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xviii« s.)

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Variantes : 1° Du haut de la rue Kettanine (p. 215), une bifurcation à dr. mène, par un chemin étroit et en pente rapide sur la petite place duRsif, limitée d'un côté par une intéressante fontaine, de l'autre par la porte à auvent de la mosquée du Rsif, que domine un imposant minaret orné de faïences vertes. Cette mosquée date de Sidi Mohammed Ben Abd Allah (1757-1787).

2"" De la mosquée du Siaj (p. 214), on peut encore atteindre le Rsif^ par les rues qui desservent les somptueuses maisons modernes dites : Dar Dris Mokri, Dar Ben Slimane (Recettes des Finances); le Monopole des Tabacs; les curieux quartiers d'El Aîoun et de Ras El Djenane. — Un raccourci permettant d'atteindre le même but part du haut de la rue Akibt Es Seba, passe devant Vlnstitut syphiligraphique, le Dar Glaoui (très intéressante maison du commencement du siècle), le Dar Mokri, et rejoint le précédent à hauteur du Monopole des Tabacs.

JJ^. — Quartier de VAdoua, mosquée des Andalous, médersa Sahrij, Potiers,

2 k. — Cet itinéraire, qui se développe sur la rive dr. de l'oued Fès, à l'E. de la ville, se fera de préférence à mule.

Le quartier d'El Adoua, abréviation de Adouat El Andalous, parce qu'il fut surtout peuplé à l'origine de gens venant d'Andalousie, désigne toute la portion de Fès El Bail qui se trouve sur la rive dr. du fleuve. On le nommait ainsi par opposition avec le quartier de la rive g., dit Adouat El Karouiine, qui reçut une colonie de gens de Kairouan, et dont la grande mosquée cathédrale est le centre.

On gagnera l'oued Fès par l'un quelconque des itinéraires II et III aboutissant tous deux au fond de la ville pour remonter sur le versant S. jusqu'à la mosquée des Andalous, où le sultan des tolba vient prier en grande pompe le premier vendredi de la fêîte printanière des étudiants.

D'abord un oratoire édifié au ix* s. par Meriem Bent Mohammed Ben El Feheri, sous le règne de Yahya ben Mohammed ben Idris, la mosquée des Andalous possède un minaret d'un type spécial, peu élégant, élevé comme celui de Karouiine par les princes Zénètos (x« s.). A l'époque d'El Bekri, elle comprenait 6 nefs et une petite cour. Les lieux aux ablutions voisins furent construits en 1208 et l'eau amenée de Bab El Hadid.

La grande porte Nord, de proportions imposantes, ornée de zellijs colorés. et d'un grand auvent en bois sculpté, a été construite par l'almohade En Nacer; elle a fait l'objet de restaurations récentes (1917). La disposition intérieure se voit très clairement des deux portes O., l'une donnant accès sur la cour très pittoresque, l'autre dans la salle, . aux piliers nombreux.

A dr. de la mosquée et au fond d'une ruelle, existe la petite - MÉDERSA Sebbaïne (entrée permise).

Ainsi appelée parce qu'on y enseignait la science des riouaïa, c'està-dire les sept manières de lire le Coran, cette médersa est aujourd'hui

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désaffectée. On ii'v lit plus que les hadits, ou traditions du Prophète. Son patio rectangulaire, entouré d'une galerie à petites colonnes de marbre, a une réelle originalité. Dans les latrines e robinet d une fontaine s'insère dans une jolie plaque de marbre blanc sculpté de ûeurs de lys.

A 50 m. plus à l'O. s'élève la médersa Sahrij (entrée permise sur autorisation des Services municipaux).

La médersa Sahrij est ainsi nommée à cause du bassin rectangulaire creusé au milieu de la cour intérieure. Son eau provient d une source qui se trouvait en dehors de Bab Djedid (p. 225). Elle fut construite en 1321 par le mérinide Abou El Hassane Ali, alors qu il était encore héritier présomptif. ^ . . ^^ * i

Les lignes d'architecture intérieure en sont très belles et le décor, très poussé, d'une grande tenue. La porto d'entrée est aujourdhui privée du revêtement de bronze qui la recouvrait autrefois. La restauration en est commencée.

Aux abords de la médersa, se trouve le Dar Oumi, ou maison des aveugles, qui abrite une vingtaine d'infirmes avec leurs familles. De ce point on se rendra au cénotaphe de Sidi Ali Bon Ghaleb.

Sidi Ali Bou Ghaleb, originaire d'Andalousie où il fit ses études, professa à. Fès au début du xii" s. Il fut enterré dans le Gharb, à El Ksar El Kebir. Son cénotaphe, très vénéré, reçoit surtout la visite de malades qui y séiournent jusqu'à guérison complète, ou qui attendent de voir apparaître le saint en songe pour leur indiquer le remède qui convient à leur mal. ^ ti a+ '

En 1912, l'édifice reçut plusieurs obus et fut dégradé. 11 a ete restauré en 1916.

Du tertre qui se trouve à dr. et domine le quartier de Mokhfia, on a une *vue magnifique sur la Medina. Le terrain avoisinant, fermé au S. par les remparts, est occupé par une partie du cimetière de Bab Fetouh; l'autre partie, très pittoresque, s'étend sur la colline au delà des murs (p. 224).

Bab Fetouh est la porte de sortie, d'où l'on se dirige a l E. vers ïaza. Cette porte fut édifiée par le deuxième fils de l'emir zénète Donnas sur remplacement d'une porte plus ancienne, Bab El Kibla, construite par Idris, au moment de la fondation de Fès. Elle a été reconstruite pendant le règne de Sidi Mohammed (xvin* s.)

De Bab Fetouh, on peut rejoindre le point de départ sans revenir sur ses pas. Dans ce cas, on n'a qu'à suivre l'itinéraire VIII (p. 224) depuis Bab Fetouh jusqu'à Bab Djedid et, de là, regagner Bab Hadid par la route et rentrer en ville par la rue Ed Douh (p. 207).

Toujours à l'intérieur des murs, au N. de la porte, on aperçoit renclos de Tamdert, aujourd'hui occupé par des troupes sénégalaises, autrefois réservé aux mules de bât du sultan.

Le QUARTIER DES POTIERS s'étoud immédiatement à g. 11 consiste en ateliers disposés de part et d'autre de rues bordées de murs. Chaque atelier se compose d'une aire plane, plus ou moins vaste, servant au séchage des pièces céramiques. Des

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locaux abrités pour le tournassage des poteries, le moulage des carreaux et des tuiles, la décoration des formes, des fours pour la cuisson bordent l'aire centrale. Les poteries et les carreaux vernissés de Fès sont réputés dans le Maroc entier, bien que les produits actuels soient loin de réunir leurs qualités d'autrefois; quelques ateliers cependant font de visibles progrès.

A ro. des ateliers, du côté de la ville, se trouve un curieux village de nomlas, occupées par des bédouins fixés dans l'enceinte de Fès.

Y. — JÇasba Tilala^ \asha Cher arda, ^ cimetière Bab Mahrouk.

500 m. N.-O. — Très belle promenade à pied.

En suivant la rue qui prend naissance à g. de la porte Neuve deBou Jeloud (p. 205), on passe devant les dernières boutiques du souk du Tala (p. 205) que prolongent des échoppes de marchands de paille, d'articles de sparterie, de fabricants de charrues indigènes et de vannerie de roseau. Le mur de dr. fait partie d'une enceinte qui clôt tout le quartier des Filala fermé par une grande porte monumentale à baïonnette flanquée de deux bastions à section octogonale.

La kasba des Filala, ou Kasba En Nouar, « des fleurs », remonte à l'émir almohade Mohammed En Nacer. Elle doit son nom actuel aux gens du Tafilalet, qui avaient suivi Moulay Rechid au moment de l'avènement de la dynastie alaouite. Rectangulaire, elle est flanquée aux quatre angles de tours de guet et a des murs fort élevés reconstruits sous le règne de Moulay Slimane (fin du xviii® s.). Une mosquée se trouve à l'intérieur. Les maisons avoisinantes sont sans intérêt.

On sort de la ville par Bab Mahrouk, « porte du Brûlé ». D'abord appelée Bah Ech Chria, cette porte fut élevée en 1204 par les Almohades. L'année même de sa construction, on brûla vif, sous ses voûtes, le berbère El Obeidi, chef d'une révolte dans les montagnes des Ghomara, d'où son nom actuel (Maqqari). Au dire des gens de Fès, cette porte doit son nom au fait que le corps d'ibn El Khatib, tour à tour historien, poète, voyageur, critique littéraire, homme politique du xiv*" s., avait été brûlé non loin de là. Depuis, on y suspendait les têtes des rebelles tués aux cours des expéditions entreprises par les sultans dans les tribus insoumises de leur empire.

Immédiatement à dr. de la porte, à l'extérieur, belle sur un profond ravin boisé que domine une haute falaise (grottes habitées à 100 m. de la porte). Le bordj Nord (p. 222), les tombeaux mérinides (p. 223), et le mont Zalagh (p. 227) complètent admirablement le tableau.

La route de g. rejoint, àBabSegma (p. 222), la route deMeknès; celle de dr. conduit à (200 m.) la kasba des Gherarda. C'est cette dernière route que l'on suivra. Bien qu'elle se développe entre deux cimetières, elle sert d'emplacement à un important

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et curieux marché les matins du lundi et du jeudi, où se réunissent, en même temps que des marchands de volailles, de bois mort, d'œufs, de nattes, de légumes, de fruits, etc., des diseurs de bonne aventure, des pharmaciens arabes et des écrivains publics.

La kasba des Cherarda est un vaste enclos rectangulaire de 400 m. de long sur 300 m. de large, édifié par Moulay Rechid (xvii« s.) pour les tribus guich ou makhzen où se recrutait l'armée chérifienne et qui, en échange des services militaires qu'elles devaient au sultan, recevaient des terres et des exemptions d'impôts. La kasba reçut successivement les Cheraga, les Oudaïa, et enfin les Cherarda, d'où son nom. On l'appelle aussi Kasba du Khemis à cause d'un marché aux bestiaux qui se tient le jeudi au delà de son mur N. Elle est occupée aujourd'hui dans sa partie N.-E. par Y hôpital Cocard et dans sa partie S.-O. par une caserne de sénégalais.

Tout l'emplacement compris entre la kasba des Cherarda et Bab Mahrouk est occupé par le cimetière de Bah Mahrouk dont la partie occidentale est marquée par la grande koubha de Sidi Bou Beker El Arahi et le mausolée d'Abd Èr Rahmane El Filali, qui s'élève au pied d'un palmier. De ce point, on a une large *vue, au S. et au S.-O., sur Fès-Djedid^ le Dar El Makhzen et, plus loin, sur Dar Debibagh.

yj. rès Djedid et le Mellah.

1,800 m. — Le trajet peut se faire en voiture. Très recommandé le samedi.

Au départ, à g., kasba et mosquée Bou Jeloud.

La kasba Bou Jeloud n'a plus aucun intérêt aujourd'hui. Construite par l'almohade En Nacer (tin du xii« s.) sur l'emplacement d'une ancienne kasba rasée par son grand père Abd El Moumene et édifiée probablement par les Almoravides, cette kasba servit de résidence aux premiers princes mérinides. Il n'en reste plus que des vestiges, dont un bordj de bel aspect auprès de la Résidence (p. 208).

Au delà de la mosquée, grande place bordée au N. par une ligne de petits locaux. C'est là que campent en partie les délégations des tribus lorsqu'elles viennent faire acte d'hommage au sultan à l'occasion des grandes fêtes musulmanes. La lourde bâtisse qui s'élève sur la partie E. de la place servait autrefois de magasins de provisions makhzen.

Le grand mur du S. cache le nouveau collège musulman (p. 212) et la place est fermée à l'O. par une porte qu'on franchit, reconstruite par la Mission militaire italienne dans un style européen, puis restaurée dans le style local en 1916.

A g. porte Bou Jeloud, donnant accès au jardin public (p. 208) et à la Résidence générale (p. 207).

Parcouru le long couloir situé au delà de la porte, on longe une nouvelle place où se réunissent journellement, dans l'aprèsmidi, conteurs, charmeurs de serpents, diseurs de bonneaven-

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ture, etc. Oa arrive ainsi à Bab Dekakene, porte massive et grandiose défendant l'entrée du DarEl Makhzen et sous laquelle le khalifa du pacha rend la justice.

De ce point, on peut visiter :

1° La Makina (entrée permise) sur le vieux Mechouar, ancienne manufacture chérifienne d'armes édifiée sous Moulay El Hassane vers 1886 par la Mission italienne. Cet important établissement, actionné par trois turbines d'une force de "75 lîP., comportait plusieurs marteaux-pilons, des machines-outils pour la confection de crosses et de canons de fusils, une fonderie de petites pièces d'artillerie, une frappe de monnaies, une installation électrique. Il a perdu sa destination primitive et est occupé par une section du jparc automobile, le magasin d'habillement et une école d'apprentissage d'indigènes.

2^ Le quartier de Moulay Abdallah (entrée près de la guérite des sentinelles). Remarquer, à dr., une grande roue élévatoire autrefois destinée à alimenter en eau le Bordj Nord (p. 222). Plus loin s'élève la grande mosquée de Fès Djedid (élégant minaret polychrome ; entrée interdite) construite en même temps que Fès Djedid en 1276 par le mérinide Abou Yakoub Ben Abd El Hakk. La chronique rapporte qu'en 1281 elle reçut un grand lustre en bronze ornementé pesant 715 livres et portant 280 lampes à huile. C'est là que le peuple convoqué recevait les communications émanant de l'autorité impériale et que le sultan va prier le vendredi lorsqu'il est présent à Fès. — Plus loin, l'artère principale dessert une série de souks, des maisons de prostituées et aboutit par Bab Bou Jat à un vaste mechouar de 350 m. de long et de 250 m. de large, où se tint la première foire de Fès (1916).

Le Dar El Makhzen ou palais du Sultan (entrée en face de Bab Dekakene; interdite) occupe une superficie de plus de 20 hect. comprenant des prisons, plusieurs méchouars ou places; une médersa mérinide construite par Abou Saïd en 1320, où le sultan alaouite Sidi Mohammed Ben Abd Er Rahmane (xix'' s.) tenta sans succès de faire enseigner la géométrie et le calcul à un certain nombre de tolba, aujourd'hui vide d'étudiants ; une biblio thèque chérifienne renfermant une série de livres très rares; un multitude de bâtiments d'époques variées dont les plus récents sont dus à Moulay El Hassane, Moulay Abd El Aziz, Moulay Hafld; le DarAïad, dû à Sidi Mohammed Ben Abd Allah (xviii^ s.) comprend une jolie koubba supportée par des colonnes de marbre, une vaste cour dallée de mosaïques, un long bassin rectangulaire rempli d'eau et portant une barque; une ménagerie comptant plusieurs lions, dont un de l'Atlas, une panthère, quelques chacals et autres bêtes fauves; des mosquées; de vastes jardins dont le plus important est celui de Lalla Mina. Longtemps délaissé, le Dar El Makhzen est depuis quelques années l'objet de restaurations effectuées sur l'ordre de Moulay Youssef. Il abrite un certain nombre de cherifat, femmes et filles d'anciens sultans, que gardent des eunuques.

Après avoir tourné à g. de Bab Dekakene, on pénètre dans la Grande Rue de Fès Djedid, succession ininterrompue de souks très animés. On y voit successivement, à g. : le' commissariat de police, Djama Béida, la mosquée blanche, Djama Hamra, la mosquée rouge, et Vhôtel de la Résidence,

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Bab Semmarine, haute porte doublement coudée à voûtes multiples, fait communiquer Fès Djedid avec la rue des Orfèvres juifs.

De Bab Semmarine, une rue conduit à (100 m.) Bab Jiaf dont le bordj voisin dit de Sidi BouNafa fut construit par le sultan saadien Ahmed El MansouT (1588). De là, une route traversant l'oued Cheracher conduit à (800m.) Bab Hadid (p. 208) en laissant à dr. la pépinière municipale (p. 208).

Au bout de la rue des Orfèvres se dresse le bordj duMellahb, sous les voûtes duquel est l'entrée des bureaux du Cheikh El Ihoud.

Les indigènes israélites sont administrés par le cheikh El Ihoud, assisté du Mejless israélite qui comprend, sous la présidence du pacha, six membres élus. Cette assemblée a pour le mellah des attributions analogues à celles du Mejless musulman (p. 214); elle fonctionne sous le contrôle du chef des Services municipaux de Fès-Ville.

La GRANDE RUE DU Mellah, qui fait suite au Bordj, est extrêmement commerçante et animée. C'est là que s'est concentré, au début de l'occupation, le commerce européen de Fès. Des pharmacies, un bureau de poste, des cafés et des hôtels, des bureaux de services d'autos, un cinéma, un dispensaire isr.aélite, une banque sont installés à proximité ou en bordure de la place du Commerce qui fait suite à l'artère principale du mellah. La place est fermée à l'O. par Bab Lamer.

De la place la vue s'étend au S. sur les Jardins d'Ain Khemis et le camp de Dar Mahrès (p. 222).

En contrebas de la place du Commerce, s'étend le cimetière israélite, très curieux avec ses blanches et innombrables stèles funéraires horizontales entassées les unes sur les autres.

De la place du Commerce à (2 k.) Dar Debibagh, service de voiture toutes les 30 min. {V. ci-dessous).

y*77. — La ville nouvelle, la gare, Dar Debibagh, Dar Mahrès.

Circuit de 8 k. sur bonne route à partir de Porte Neuve deBou Jeloud, de 5 k. seulement si l'on part de la place du Commerce. A etfectuer de préférence en voiture.

De Porte Neuve de Bou Jeloud au mellah (place du Commerce) p. 219-221. — On sort de la place du Commerce par Bab Lamer, puis on longe l'aqueduc qui traverse les jardins d'Aïn Khemis plantés d'arbres fruitiers et occupés par la pépinière régionale^ qui fournit des plants de toutes esseilces aux postes de la région de Fès. On passe en vue de la gare du chemin de fer militaire qui s'étend au delà des constructions civiles de la ville nouvelle.

h La ville nouvelle s'est tout d'abord développée à proximité de la petite gare de Fès, sur un plateau légèrement incliné et dépourvu d'eau et d'arbres. Aujourd'hui, de grandes artères bordées de jeunes mûriers dessinent les grandes voies. Le quartier actuel sera celui du petit

commerce. Les jardins d'Ain Khemjis recevront les villas de plaisance. La future gare du Tanger-Fès s'élèvera entre la gare actuelle et l'oued Fès et s'entourera d'un quartier industriel.

Le vaste camp de Dar Debibagh qui débute par les bureaux du Service des Etapes, à l'O. de la ligne, s'étend de part et d'autre d'un grand bosquet et de la kasba.

La kasba de Dar Debibagh, « kasba du petit tanneur », est une

enceinte avec palais et mosquée intérieurs créés par Moulay Abd Allah en 1729. Ce souverain s'y réfugia plusieurs fois au cours de son règne souvent troublé. L'ouvrage fut réparé à la fin du xvine s. par Moulay El Hassane qui depuis l'habita quelquefois pendant ses séjours à Fès. En 190-2, Moulay Abd El Aziz tenta de le relier au Dar El Makhzen au moyen d'un petit chemin de fer, mais devant l'intolérance des fâsis, il n'osa pas mettre son projet à exécution.

La kasba renferme encore un poste de T. S. F. et les bureaux du Trésor et Postes aux armées. Le cimetière européen se trouye

à ro.

De Dar Debibagh, une route conduit au camp de Dar Mahrès, constitué par de nombreux casernements établis sur un glacis dès 1913. Le cercle militaire, construit sur un éperon, possède plusieurs salles ornées de panneaux décoratifs dus au peintre Hourtal. De la terrasse, on jouit d'une belle vue sur le melJah et Fès Djedid.

Un chemin tortueux et en pente ramène au mellah par Sidi Bou Nafa, ou à la porte Neuve de Bou Jeloud par le chemin de la Résidence.

VnJ. — Tour de Tès,

12 k. env. en 2 h. de voiture. — Bonne route, très pittoresque et très recommandée surtout vers la fin du jour. Les touristes qui n'auraient pas le temps de faire le tour entier se rendront seulement aux tombeaux mérinides.

De Porte Neuve de Bou Jeloud à laMakina, p. 219. — Au delà du Mechouar de la Makina, on franchit Bab Segma. L'ancienne porte, ouvrage mérinide, qui se trouvait quelques m. à l'E. de la porte actuelle, était flanquée de deux hautes tours octogonales; celle du S. seule subsiste. Un marché est établi entre les deux portes. A l'extérieur, à g., se trouvent appuyés contre les remparts : le marabout de Lalla Segma, sainte qui a donné son nom à la porte, et un bassin où on lavait autrefois les morts avant de les enterrer.

On tourne à dr. pour faire le tour de la kasba des Gherarda (p. 219). De l'angle N.-O. très belle vue sur le Dar El Makhzen, Fès Djedid et Dar Debibagh. On traverse ensuite l'emplacement du souk el Khemis, marché aux bestiaux du jeudi (p. 219), au N. duquel se trouvent d'anciennes carrières.

La route va vers l'E. laissant à dr. le Bordj Nord (en ar. : bestioune), construit comme le Bordj Sud (p. 224) qu'on aperçoit en face, sur ordre du sultan saadien Ahmed El Mansour Ed Dehbi

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vers 1588 par des esclaves chrétiens, bien plutôt, semble-t-il, pour tenir en respect les habitants de la ville que pour les défendre.

La route se développe en corniche en haut de falaises à pic, dans une région de fours à chaux, puis fait un tournant brusque vers le N.

On mettra pied à terre au tournant pour avancer jusqu'au (100 m.) fort Chardonnet, construit en 1912 à côté des anciens "^tombeaux mérinides (xiv® s.). Ceux-ci étaient d'immenses koubbas, aujourd'hui entièrement délabrées, qui se trouvaient encore en excellent état à l'époque de Léon l'Africain (xv!*" s.). — De ce point, *vue admirable sur Fès El Bali, qui se révèle tout entier, et la vallée du Sebou. Les murs qui protègent la ville au pied du fort sont les plus anciens de Fès; quelques pans remontent à l'époque almohade (xii^ s.).

On descend ensuite par une large courbe sur le flanc d'un coteau boisé d'arbres fruitiers, en aval du cimetière de Bah Guissa, et d'une rangée de grottes creusées dans la falaise et en amont des koubbas de Sidi Mohammed Bel El Hassene et Sidi Abd Allah Et Tsaoudi. On s'avancera jusqu'à Bab Guissa, due à Adjissa, l'un des fils de l'émir zénète Donnas Adjissa; elle a été restaurée par ordre d'Abou Youssef Ben Abd El Hakk, sultan mérinide; l'arc extérieur n'aurait pas été retouché alors.

Sur le flanc dr. et extérieur de la porte, se tient tous les soirs à partir de 16 h., un "^conteur arabe entouré d'auditeurs groupés sur l'amphithéâtre naturel, très pittoresque, qui longe les fortifications.

A l'intérieur s'élève la mosquée de Bab Guissa (auvent sculpté et peint) attenante à une médersa restaurée par Sidi Mohammed (fin du xvni* s.). Sur le coteau situé en arrière de la mosquée et de la médersa, à l'intérieur des murs, se trouve le cimetière de Sidi Mzali, d'où l'on a une "^vue magnifique sur la ville. Le quartier qui s'étend au pied du cimetière est dit Fondouk El Ihoudi : c'est là que résidaient autrefois les juifs avant la création du mellah de Fès Djedid (xni® s.).

En mai 1912, Bab Guissa fut le théâtre d'un sanglant combat. C'est là que le poste commandé par le lieutenant Chardonnet fut pris entre deux feux par les Berbères qui avaient envahi la partie haute du cimetière des Mérinides et le minaret de la mosquée. L'officier et plusieurs de ses hommes trouvèrent la mort au cours de leur héroïque défense.

De Bab Guissa on peut se rendre : 1° au (500 m.) souk Attarine (p. 209) par une rue à peu près directe qui dévale entre de nombreux fondouks et des souks populeux; — 2o à (1,500 m.) Porte Neuve de Bou Jeloud (p. 205} par le fondouk El Ihoudi, aujourd'hui quartier des huileries, et l'artère du Tala.

La descente continue aux abords des ravins magnifiques de l'oued Malah, peuplés d'une végétation luxuriante qui cache de vieux ponts et un ancien aqueduc moussus.

On franchit l'oued Malah, dont les eaux, assez considérables en temps de crue, contiennent des sels nuisibles aux maçon-

neries, sur un pont de 15 m. d'ouverture, constitué par une douelle unique sur laquelle reposent 6 voûtelettes d'élégissement donnant à l'ouvrage le caractère de légèreté qui convient au site admirable qui l'encadre.

Le Zalagh (p, 227, 2°) aux flancs d'abord boisés, puis dénudés, se dresse au N. .

On traverse bientôt le pont dit Kantra Ben Tato jeté sur l'oued Fès au moment où il a reçu toutes les ramifications qui ont abreuvé et drainé la ville entière.

Ce pont, construit en 1917, comporte une arche en anse de panier do 18 m. d'ouverture comprise entre deux fortes culées évidées par des plein-cintres de 7 m. L'ouvrage avec ses deux anneaux réunis par une dalle nervée en béton armé appartient au style connu et imaginé par l'ingénieur français Séjourné.

Tout près, à g., vieux pont d'une arche en dos d'âne, aux parois décorées, très intéressant.

Au delà du fleuve, la route remonte en lacets dans les jardins à 1 k. des murs et du quartier de Sidi Bou Jida, rejoint la route nationale de Fès à Taza, au pied de la koubba de Sidi Harazem, à proximité de Bab Fetouh et du cimetière de même nom.

« Sidi Ali Ben Harazem vécut au xii« s. Il fut en son temps un savant d'une éloquence et d'une réputation telles que les djinns (génies) euxmêmes ne dédaignaient point, d'après la légende, d'assister invisibles à ses cours à Karouiine et reconnaissaient l'autorité de sa science. Aussi les personnes dont la raison commence à se troubler, et qui s'imaginent être tourmentées par ces malfaisants génies, vont-elles en pèlerinage à Sidi Harazem. Moulay Rechid, le fondateur de la dynastie actuelle fut, après sa mort, transporté de Marrakech à Fès afin d'être enseveli auprès du célèbre marabout pour lequel il avait une grande vénération. C'est en son souvenir que les tolba se réunissent à Sidi Harazem lors de l'élection annuelle de leur sultan » (H. Gaillard). Cette élection a lieu en avril de chaque année.

Le cimetière de Bab Fetouh (à voir surtout le vendredi), disposé en amphithéâtre sur 5 à 600 m. de profondeur, au S. de la route, renferme les koubbas des plus célèbres professeurs qui illustrèrent l'Université de Karouiine. Au sommet de la colline, 'à proximité de la msalla du Pacha, se trouvent les mausolées des Sebaatou ridjal, « des sept hommes », marabouts anonymes dont la bénédiction est très recherchée des fldèles. Le cimetière reçoit le vendredi de nombreuses visites de femmes i musulmanes; il est alors plus animé et gagne en pittoresque. ' La *vue qu'on y a sur Fès est très attachante.

De Bab Fetouh, on peut rejoindre directement le point de départ en traversant la ville, à pied ou à monture. 11 suffit de suivre en sens inverse l'itinéraire IV (p. 216).

En poursuivant l'itinéraire à l'extérieur des murs, on passe au pied du Bordj Sud construit à la même époque que le Bordj Nord (p. 222), De ce point encore, *vue ravissante sur Fès qui prend un aspect nouveau : à dr.* cascade de terrasses

FÈS

I innombrables; à g., ravin magnifiquement boisé qu'irrigue une boucle de l'oued Fès, l'oued Zitoun; au milieu, à l'intérieur des murs, grandes maisons dites Dar Glaoui, Dar Mokri, Dar Ben Slimane, du nom de leurs riches propriétaires (p. 216). La route descend ensuite dans le ravin de l'oued Zitoun.

Du fond du ravin, une bifurcation allan.t à Bab Hadid (p. 208) passe {^dO m.) devant Bab Djedid qui livre passage à la fois à un chemin et à l'oued Khrareb, dans un magnifique cadre de verdure. Le rempart porte en outre une canalisation due au Mérinide Abou El Hassane Ali et dont les eaux vont alimenter la médersa Sahrij (p. 217) et le quartier avoisinant.

En remontant le ravin de l'oued Zitoun, on passe de la rive dr. à la rive g. sur Én pont devant Vusine électrique. Ce pont comporte une voûte elliptique de 12 m. de portée encadrée par deux culées vigoureuses. Le sol des fondations ne pouvant supporter de fortes pressions, on a dû élégir l'ouvrage en le divisant en 3 anneaux reliés par un tablier en béton armé. La tète aval est dotée d'une archivolte double, directement prolongée par les murs des tympans : cette disposition est commune à l'art roman de nos cathédrales, de nos ponts du moyen âge et même à l'art arabe, qui offre quelques spécimens d'ouvrages ainsi constitués. — C'est à travers ce ravin que le bataillon Philippeau est monté à l'assaut de la ville révoltée le 17 avril 1912.

Les ouvrages en aval, destinés à la répartition des eaux de l'oued, ont été construits par Moulay Rechid (xvii" s.).

Plus haut, on croise un ancien aqueduc aux lignes étranges, on traverse la pépinière municipale (p. 208) et l'on franchit l'oued Gheracher, qui vient de Fès Djedid, sur un pont, ouvrage mixte donnant passage à la fois à l'égoût collecteur de la ville européenne et au Boulevard Sud, se composant de deux voûtes aux arcs d'inégales ouvertures : la voûte d'amont plus basse, plus vigoureuse, d'une portée de 18 m., supporte l'égoût collecteur; la voûte aval, grêle, haute et d'une portée de 25 m. donne appui à un plancher en béton armé. La chaussée est établie sur l'ensemble. Les deux anneaux sont élégis par des plein-cintres de 4 m. d'ouverture.

On longe les jardins en contre-bas du mellah et du cimetière (p. 221) et on remonte dans les jardins d'Ain Khemis (p. 221), destinés à être englobés dans un jardin public.

Avant la montée, remarquer, à dr., le pont-aqueduc de 17 m. de portée, lancé sur l'oued Zitoun, au pied du mellah. L'ouvrage porte l'égoût de la ville nouvelle, posé sur une dalle en béton armé établie en encorbellement sur les deux têtes de pont élégies par des plein-cintres.

La route passe en vue de Bab Lamer et sous l'aqueduc amenant l'eau de Dar Debibagh à Fès Djedid, court à l'O. des remparts limitant les jardins du Dar El Makhzen, traverse l'oued Fès à Kantra Touila, atteint le rond-point de la route de Meknès à proximité de la fp.rme expérimentale d'Ain Kadous (on peut visiter).

MAROCi i H

Cette ferme, d une superficie de 600 hect., s'étend de part et d'autre de la route de Meknès. Elle a pour but de hâter les progrès agricoles dans la région de Fès : P en vulgarisant les méthodes de culture qui ont fait leurs preuves en Algérie-Tunisie; 2" en expérimentant l'introductioû. l acclimatement et la sélection des plantes, des animaux domestiques susceptibles d'améliorer et d'intensifier les ressources du pays; 3^ en contribuant à Tinstruction professionnelle de contremaîtres et d'ouvriers indigènes.

La Ferme expérimeniale a disposé au début d'une main-d'œuvre fournie par 30 territoriaux du 1-28® régiment territorial d'infanterie appartenant à diverses professions agricoles, encadrés par des officiers et sous-officiers ingénieurs agricoles. Ces praticiens initient les ouvriers indigènes au maniement des charrues, au pansage des animaux, à la conduite des instruments aratoires et àia pratique agricole.

Par la suite, la Ferme expérimentale é^luera vraisemblablement dans la voie d'une Ferme-école, où les élèves pourront acquérir les notions indispensables à l'exploitation rationnelle du sol. Elle recevra en outre, à titre de stagiaires, les Français désireux de s'installer dans la région.

Les améliorations apportées à la propriété, outre la régénération des prairies, la plantation de 3.000 arbres divers, le captage des eaux de la source d'Ain Kadous, comprennent la mise en culture de '^OO hect. de terre. Dès 1917, il a été procédé à des essais culturaux qui ont porté sur le blé, le maïs, l'orge, l'avoine, le sorgho, les fèves, les vesces, les pommes de terre, la betterave et le coton.

Du rond-point, la route repart franchement vers l'E. pour rentrer en ville par Bab Segma et Bab Dekakene.

De Fès a Knitra et a Arbaoua par le col de Seggota, p. 173 et 175; — A Maknès, p. 198; — a Taza, p. 232; — a Tanger, p. 299.

Dans ce chapitre sont décrites les excursions à faire aux environs immédiats et quelque, peu éloignés de Fès. — On ne saurait assez recommander aux touristes de consacrer, s ils le peuvent, plusieurs jours aux excursions les plus proches. Ils remporteront un souvenir enchanteur de cette région si pittoresque, où l'on découvre des points de vue incessamment variés sur la capitale millénaire, sur la grande plaine du Sais et la large vallée du Sebou.

Conseils pratiques. — Pour les promenades n'excédant pas 12 à 15 k., on fera avec avantage usage du cheval ou surtout du mulet (5 fr. la demi-journée, 10 fr. la journée entière, pourboire au conducteur; s'adresser aux Services municipaux). Pour les excursions plus lointaines, l'automobile est plus rapide et plus pratique (1 fr. 25 à 1 fr. 50 le k. ; s'adresser aux chaulTeurs du mellah et de la ville nouvelle).

1° Ksar des Beni Nerine.

2 k. N. — Chemin muletier.

Sortir par Bab Mahrouk (p. 2LS), passer devant la kasba des Gherarda (p. 219), monter directement au N. en longeant à l'E. les anciennes carrières et en s'enioncant dans les jardins d'oli-

KSAR DES BENI MERINE. - ZALAGH, [27]

viers ou se trouvent de nombreux et très curieux fours à chaux dont le seul combustible est le palmier nain.

2 k. Ruines du Ksar des Beni Merine, sur une éminence de terrain séparée du Zalagh à l'E. par une profonde vallée. La vue est très belle sur Fès et les environs.

Du vieux palais^ dit des Mérinides par les indigènes, il ne reste que les fondations. 11 n'est pas établi d^ailleurs que cette origine soit bien certaine; on se croirait plutôt sur l'emplacement d'une ancienne kasba démantelée.

A 200 m. N.-O., sur une hauteur voisine, s'élève le fort Bourdonneau, d'où le ^panorama est encore plus étendu.

2" Le Zalagh.

8 k. N.-E. — Piste accessible seulement aux piétons et aux montures; 1 bonne heure à dos de mulet. Recommandé aux amateurs d'alpinisme.

Sortie par Bab Guissa (p. 223). Descente par la route du Tour de Fès jusqu'au fond de la vallée de l'oued Malah, puis montée par un chemin en lacets qui escalade le Zalagh vers l'E.

Le Zalagh (en berbère : le bouc) est une arête rocheuse de 892 m. d'alt. qui s'étend en forme de dos de poisson sur une longueur de 3 k. La *vue s'étend au S. sur Fès, la plaine du Sais jusqu'aux montagnes de Sefrou, la vallée du Sebou et le mont Kansara, à l'E. sur le pays très accidenté de Hyaina et au N. sur la région du Lemta, très boisée et bien cultivée.

Cette excursion peut se combiner avec la suivante, qui en est le com- V plément. Le trajet n'est allongé que de quelques k.

^ 3° Sidi Ahmed El Bernoussi.

11 k. N. — Piste, accessible seulement aux piétons et aux montures; 1 h. 30 à dos de mulet. Recommandé surtout à l'époque du moussem de mai.

Sortir par Bab Guissa (p. 223) et prendre à 500 m. plus loin, au delà du marabout de Sidi Mohammed Ben El Hassene (p. 223), la piste qui conduit directement au sommet de la montagne après une montée au travers de coteaux céréalifères, puis de vergers, de vignes et d'oliviers, enfin de pentes rocailleuses et abruptes.

La KOUBBA DE SiDi Ahmed El Bernoussi, « le gardien de Moulay Idris », s'élève à 750 m. d'alt., derrière la crête, au milieu d'un bosquet de térébinthes. Magnifique point de vue au S. sur Fès et au N. sur le Lemta, région extrêmement mouvementée, fort bien cultivée par les tribus des Hamyane et justement renommée pour ses excellents fruits : raisins, olives et oranges.

Un ^rand moussem ou fête populaire, accompagné de repré- ' sentations d'Aïssaoua et de Hamadcha, se tient chaque année aux abords de la koubba, en mai.

4° Le Taghat.

8 k. N.-O. — Piste muletière accessible seulement aux piétons et aux montures ; 1 h. 30 à dos de mulet.

On sort par Bab Segma (p. 222) et l'on monte aussitôt à dr., à flanc de coteau, près d'un ancien cimetière européen et de la msalla du Sultan, Cette msaïla, immense oratoire en plein air, est délimitée à l'E. par un long- mur rectiligne au milieu duquel sont aménagés une niche « mihrab » et un escalier de maçonnerie « minbar » où se dit le prône ou khotba comme dans les mosquées principales. La population assiste, nombreuse, à" l'office du matin de l'Aid Kebir et de l'Aïd Seghir, office que préside le sultan lorsqu'il est présent à Fès, ou son khalifa lorsqu'il est absent. '

On passe ensuite au-dessus de la Ferme expérimentale (p. 226) et le chemin se poursuit en montée légère parmi les cultures et les oliveraies.

Le Taghat (en berbère : la chèvre) est un sommet arrondi de 831 m. d'alt. d'où l'on a un beau point de vue sur la campagne de Fès. Au pied du versants, s'aperçoivent les deux étangs de Douiats; plus loin, dans la plaine, apparaît la vieille kasba de Ras El Ma où l'oued Fès prend sa source (F. ci-dessous, 5°). A l'E., se creuse la vallée du Sebou et au N.-E. s'étend le Lemta {V. ci-dessus, 3°).

5^ Ras El Ma.

12 k. 0. — Route, puis piste autocyclable par beau temps.

On sort par Bab Segma (p. 222) pour suivre la route de Meknès jusqu'au delà de Nzala Faradji (p. 198) d'où une piste à g. conduit, au milieu des cultures et des terrains couverts de palmier nain, à Ras El Ma, « la tête de l'eau ».

L'oued Fès sort de terre sous forme de deux gros ruisseaux qui s'écoulent dans des fonds verdoyants et se réunissent plus bas pour ne former qu'un seul cours d'eau. De Tune des sources, l'eau tombe en cascade d'une petite grotte au-dessus de laquelle se dresse une vieille kasba abandonnée. C'est là qu'autrefois les mehallas chérifiennes établissaient leur premier campement à leur sortie de Fès.

La propriété avoisinante, cédée en 1918 à une société pour l'élevage et la culture, a 3,000 hect. de superficie et s'est vendue 915,000 fr.

Moulay Yakoub.

•22 k. N.-O. — Bonne route n'^ 3 Fès-Knitra sur 12 k., puis piste autocyclable par beau temps.

Sortie par Bab Segma (p. 222) et la route de Meknès jusqu'au k. 12. — La piste se détache à dr. dans la région de Bouïeb Er Rih, gravit la colline qui prolonge le Taghat (V. ci-dessus, à l'O., passe au douar des Sedjaa. Des hauteurs on jouit, sur !«

MOVLAY YAKOUB. — SIDI HABAZEM. [27] — 229

plaine du Sais et les montagnes qui la dominent au S,, d'un beau panorama. Vers TE. on aperçoit les sommets neigeux des Beni Ouaraine. A l'O. et au N. terrains mouvementés que surveille le massif bleu du Zerhoun (p. 193). Après avoir contourné plusieurs crêtes, on atteint, au bas d'une descente abrupte (laisser les autos à mi-pente) Moulay Yakoub.

22 k. Moulay Yakoub, petit village berbère de quelques centaines d'habitants, en aval du tombeau du saint et d'une source d'eau très sulfurée sodique avec hydrogène sulfuré libre d'une température de 52°5. Celle-ci alimente un bassin où viennent dans la bonne saison se baigner des indigènes atteints de maladies de peau, notamment de syphilis. Un pavillon contenant 4 salles a été construit en 1917 pour les Européens et les notables indigènes (pas d'hôtellerie). — Au printemps et en automne, la station thermale est particulièrement fréquentée. Un moussem populaire s'y tient. C'est là qu'on peut voir les plus importantes réunions bédouines de la région.

Les habitants de la région attribuent la construction primitive des bains à l'émir almohade Yakoub El Mansour, qui mourut en 1198.

7 ' Sidi Harazem.

12 k. E. — Bonne route principale n^ 15 jusqu'à 2 k. du point d'arrivée ; ' chemin muletier sur le reste du trajet, carrossable par temps sec.

On sort par Bab Fetouh (p. 217) et l'on remonte la vallée du Sebou par la rive g. en laissant sur la droite les sommets du Jellek et Asfa.

10 k. Dardara, petit village indigène, à 500 m. de la rive g. du Sebou, à proximité du pont de Mesdoura, très important ouvrage qui se compose de 3 arches : une arche centrale de 35 m. de portée, encadrée par deux autres de même forme, de 30 m. La longueur totale est ainsi de 110 m. et la largeur de 6 m. 50 entre parapets. Chaque arche est composée de 3 anneaux de 1 m. 60 de largeur séparés par des vides de 1 m, 10, au-dessus desquels sont posées, pour supporter la chaussée, des dalles en béton armé. L'ouvrage est fondé sur une couche d'argile très dure trouvée à une profondeur moyenne de 3 m. 50 au-dessous du lit de la rivière; construit en dix-huit mois, il a été achevé en mars 1918.

On abandonne la vallée pour s'engager à dr. dans une gorge qui lui est perpendiculaire.

12 k. Sidi Harazem, petit village berbère bâti sur les flancs d'un coteau. Les huttes de branchages et de terre qui le composent sont curieusement couronnées de nids de cigognes. Au pied du village se trouve le marabout de Sidi Harazem, auprès de la source du même nom, d'où jaillit une eau chaude (35*^) riche en gaz carbonique et dans laquelle viennent se baigner de nombreux malades. Un magnifique bouquet de palmiers ombrage la source et la koubba du saint.

8° Sefrou.

33 k. S -E. — Piste à profil ondulé carrossable par beau temps. Route en construction. (Emporter son repas si l'on tient à déjeuner à Sefrou où il n'y a pas d'hôtel.) Très recommandé.

Sortie par le chemin de la Résidence qui se prolonge vers Bab Hadid si l'on part de Porte Neuve de Bou Jeloud, et par Bab Lamer si Ton vient de la place du Commerce. Au delà du ravin de l'oued Zitoun, suivre la route de Taza sur 400 m. et s'engager sur la piste de Sefrou, à dr.

1 k. 5. On remonte la vallée de l'oued Mekares pour atteindre la plaine surélevée du Sais (p. 198). On passe à la limite des terrains des Ouled El Hadj à dr. et des Gherarda à g.

12 k. Aïn Hanech. — 20 k. Aïn Smar. — 22 k. Oued Ghegaga.

Piste à dr. sur Bhalil ( V. ci-dessous).

24 k. Sidi Yahia.

33 k. Sefpou, ville indigène située au pied de la montagne, sur l'oued Sefrou, à 900 m. d'alt., peuplée de 9,900 âmes, dont 50 français et 3,000 Israélites. Encadrée dans une épaisse oasis d'arbres fruitiers, où croissent à la fois les essences de la zone méditerranéenne et des régions plus tempérées notamment le cerisier.

La ville comprend les quartiers arabes de Taksebt ei Chebbak au N., de la Kasba à l'E., de Mesbah et de Zemrita au S., enserrant le Mellah de toutes parts. Une haute enceinte, datant du xixe s., en fait le tour.

Histoire. — Au début de l ère musulmane, les Ahel Sefrou occupaient des points échelonnés le long de l'oued Aggaï et de la rivière qui porte aujourd'hui le nom d'oued El Ihoudi. Pendant la construction de la ville de Fès (début du ix« s.), Moulay Idris réussit à convertir les habitants de Hahouna (emplacement actuel de Sefrou) et des environs immédiats. La ville avait déjà quelque importance au xii^ s. Vers le xiii« s., la colonie juive, venue du Tatilalet, du Sud algérien et de Debdou, fut installée dans le mcUah actuel. La ville eut toujours beaucoup à soutïrir des Berbères et de ses caïds. Sefrou a été occupée par les troupes choriftennes (Colonne Moinier) en 1911, et par les troupes franc-aises av(^ le général Gouraud en 191-2. m

Les points les plus pittoresques de la ville sont le *rai5m fl Voued Sefrou, que les laveuses juives animent tout le jour, efj plus en amont, les gorges boisées du même cours d'eau qui descend en cascades multiples. A 400 m. à PO. et à vol d'oiseau de la ville, sur un sommet qui la commande, est situé, à côte du marg,bout de Sidi Serrine, le fort Prioa (accessible en auto) d'où l'on jouit d'un *coup d'oeil magnifique sur les environs. Des chemins permettent entin de faire le tour des vergers en quelques minutes d'automobile.

Environs. — A 4 k., par une très intéressante piste muletière dam les montagnes, Bhalil (« les sots ») serait ainsi dénommé, prétendent lef indigènes, parce que ses habitants croient descendre des chrétiens ; \li nient toute origine arabe ou berbère. Le village, de 3,800 hab., est étage

SEFROU. — MOULAY BOU CHTA. [27] — 231

dans une faille de la falaise qui tombe à pic sur le plateau. Le groupe de la source, de la mosquée et d'une huilerie voisine, que dominent de grands peupliers, est très pittoresque. Les cultures de la région soAt importantes et s'étendent encore grâce au défrichement récent des terres qui avoisinent Aïn Smar.

DE SEFROU A ALMIS (53k. S.; piste carrossable par beau temps; un permis de circulation délivré par l'autorité militaire est indispensable).

— 9 k. Kasba de Mesdou.

19 k. Anosseur, poste militaire à 1,450 m. d'alt. — 23 k. Passage de l'oued Amekla. Après Rechoua, plaine de Tignas, puis montée en pente douce. — 38 k. Col Abaknanès et défilé étroit dans une forêt de cèdres.

53 k. Almis (p. 197), dans la vallée de l'oued Guigou.

D'Almis une piste conduit à (14 k. N.-E.) Taghzout, poste militaire créé en juin 1916. Muletière à partir de ce point, elle se prolonge en suivant l'oued Bou El Marie, très encaissé entre des pentes boisées que dominent à g. les contreforts du Djebel Tchioukt. — 26 k. Aït Raho. — 30 k. El Merdja. On traverse ravins et rochers. — 50 k. Ennjil, kasba.

— 59 k. 7\/jam. Nombreuses kasbas. — 75 k. Maghder Soltane, source peu abondante. — 91 k. Kasbat Et Malchzen (p. 198).

D'Almis à Timhadit, p. 197.

9° Moulay Bou Chta.

55 k. N. — Piste muletière à profil accidenté.

Sortie par Bab Segma (p. 222). — 2 k. 5. Oued Malah très BQcaissé. — 12 k. Djebel Keskeb.

15 k. Oued Dreirat. — 20 k. On suit les pentes 0. du Djebel Halloui.

34 k. Gué sur l'oued Sebou, large à cet endroit de 100 m. et profond de 40 cm. en été.

35 k. Bou Reïs. — 38 k. Oued Bou Ghabet. — 43 k. Oued Habbara. — 46 k. Dchar Ali et jardins.

55 k. Moulay Bou Chta, petite ville de 800 hab., dans la tribu des Fichtala, au milieu d'une centaine de maisons qu'avoisinent de nombreuses fermes, et où s'élèvent la mosquée et le sanctuaire de Moulay Bou Chta marqués par un minaret et une koubba verte. Le village est dominé par Tune des dents du Djebel Amergou, falaise de 300 m. de haut d'où la vue s'étend au S. sur les montagnes de Fès et de Meknès, a l'O. sur les collines des Ouled Djama.

Au sommet du piton septentrional de la chaîne du Djebel Amergou, se trouvent les ruines de l'ancienne kasba d' Amergou probablement d'origine berbère. Une enceinte, de 370 m. de pourtour, de 1 m. 35 d'épaisseur, de 5 m. de hauteur maxima, épousant les sinuosités du rocher, est encore visible. Ginq portes, renforcées de tours creuses ou pleines, la transpercent. A l'intérieur, on distingue trois cours, dont l'une avec citerne, l'autre avec magasins (d'après E. Lévi).

Variante. — Une autre piste, qu'on pourra prendre au retour, conduit de Fès à (66 k.) Moulay Bou Chta par (34 k.) Dar El Baghdadi,

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