‹ Le Maroc. Publié sous la direction de Marcel Monmarché. Avec un autographe du général LyauteyChapitre 97 sur 153 · TAZA · texte numérisé non relu

TAZA

Emploi du temps. — Si l'on peut se rendre à la medina en voiture ou en auto, quelques heures suffisent pour visiter Taza dont les principales curiosités sont réunies dans la ville ancienne et ses abords immédiats. Une démarche aux Services municipaux (ville indigène) est indispensable pour obtenir toutes autorisations utiles.

L'excursion de Bab Merzouka et du col de Touahar, très recommandée pour son gros intérêt touristique, se fera par le train, puis à pied, et prendra une demi-journée (s'informer à la gare de l'horaire des trains, 2 serv. quotidiens).

TAZA, c)i.-l. de commandement militaire, est peuplé de 350 européens et de 5,000 indigènes de race mélangée avec un fond berbère initial de Meknassa et de Ghiata auquel s'est ajouté l'apport des gens de Fès et de Tlemcea; les israélites, dont le mollah a été détruit en 1903, ont émigré pour la plupart.

Le groupe des constructions de Taza s'étend sur trois étages successifs, contreforts dos montagnes très élevées des Ghiata. En haut, c'est d'abord la ville indigène juchée sur un plateau de 585 m. d'alt. s'arrêtant brusquement au N. et à l'O. par des falaises presque à pic de 85 m. En dessous la plate-forme du Dra El Louz sert d'assise au camp militaire Girardot, établi en 1914, et à la ville nouvelle; en contrebas enfin, à 445 m. d'alt., est située la gare du ch. de fer militaire, à proximité de l'oued Bou Ladjeraf, affluent de l'oued Innaouene.

Hôtels : — Terminus-Taza, près du camp Girardot (confortable ; 30 ch.; salle de bain, grand hall, terrasse); de la Gare (Llinarès), à la gare de

Taza Bou Ladjeraf (15 ch. à 1 et 2 lits de 4 à 7; pet. déj. 0.60, rep. 4).

Voitures de louage : — Taza ne

TAZA

possède que quelques voitures de louage; prix à débattre; les faire demander d'avance par l'hôtel.

Services automobiles : — Mazères, serv. régulier de Taza à Fès par auto-camions (peu confortables), 50 fr. la pl. ; service automobile

irrégulier, mais fréquent en bonne saison (s'informer à l'hôtel), 100 fr.

la pl. au minimum.

Montures de louage : — s'informer aux Services municipaux (ville indigène) qui donnent connaissance du larif variable avec la saison.

Histoire. — Le couloir de Taza a été l'un des passages du N. de l'Afrique le plus parcouru par les peuples envahisseurs. Aussi y trouvet-on des vestiges des civilisations les plus anciennes. Les grottes do

TAZA

Kifane El Ghomari, par exemple, renferment des documents appartenant à l'âge de la pierre. De la multitude des tombeaux qui se trouvent sur remplacement même de la ville actuelle, on a extrait des objets nombreux des premiers âges du fer. Les ruines d'un pont romain sur le petit oued Taza, à l'O. et à très courte distance de la cité, ainsi que d'autres vestiges de cette époque, confirment l'opinion que la voie de Fès à Tlenicen était déjà suivie au temps de la domination impériale. A une époque moins reculée, une fraction de la tribu des Meknassa fonde le Ribat ou couvent de Taza, tandis qu'une autre fraction de la même origine crée le centre de Meknès. El Bekri rapporte que Taza est déjà un centre importani; au viii« s. et que ses industries, en particulier celle de la poterie, sont très florissantes.

Plus tard, l'almohade Abd El Moumene y réside, dote la ville d'une citadelle et d'une grande mosquée (xii« s.). C'est dès lors un point do résistance que les émirs mérinides s'efforcent de réduire. Abou Mohammed Ben Abd El Hakk y bat vers l'214 une nombreuse armée d'almohades et Abou Yaliia Ben Abd El Hakk parvient à s'en rendre maître. Avec le mérinide Abou Yakoub. elle redevient une capitale : son système défensif se complète, sa mosquée s'agrandit et s'embellit (fin xiii^ s.).

L'influence européenne s'y fait sentir au xyi» s. par la création d'un fort important : le Bestioun. C'est sur Taza qu'en 1666 Moulay Rechid porte tous ses efforts avant d'instaurer la dynastie des chérifs filaliens à Fès. Au xviii« s., Moulay Ismaïl y fait construire des écoles et des ouvrages d'art. On procède en outre à de sérieux aménagements dans la kasba.

En 1844, Moulay Abd Er Rahmane emmène, dans son expédition contre Bugeaud, les Ghiata de Taza et ceux-ci sont battus, comme les autres troupes impériales, sur l'oued Isly. C'est de Taza encore que Moulay El Hassane dirige eu 1874 une fructueuse expédition contre les mornes Ghiata.

Pour établir fortement son autorité sur la ville, Moulay Abd El Aziz y envoie une forte mehalla en 1895. Sept ans après, le roghi Bou Hamara parvient pourtant à s'y faire proclamer sultan (1902). Il faut une armée impériale pour l'en chasser. Commandée par El Menebhi, ministre de la guerre, cette armée dégrade malheureusement la ville (1903) de laquelle s'expatrient tous les juifs pour Melilla, Debdou ou Tlemcen. Elle souffre encore beaucoup jusqu'en 1905, époque de la prise de Bou Hamara.

Nos troupes y arrivent le 10 mai 1914, au moment de la jonction du Maroc occidental au Maroc oriental, ramenant ainsi sous l'autorité du gouvernement chérifien une cité souvent rebelle. Depuis, Taza est devenu le principal centre des opérations militaires conduites : au N. contre Abd El Malek, petit-fils d Abd El Kader, soutenu par les agents et l'or allemands; au S. contre les farouches Ghiata et Beni Ouaraïne.

Bibliographie : — Les grottes de Kifane EL Gli07nari^ puis la jXécropole de Taza, par le lieutenant Campardou (Oran, 1917).

La gare de Taza Ladjeraf est enfermée dans une assez f::ran(le enceinte rectangulaire crénelée qui abrite les bureaux et les magasins du ch. de fer militaire, le service des Etapes, le buffet-hùtei et les tentes des ouvriers de la ligne. Elle est défendue au S.-E. par le blokhaus Beaadoin (465 m. d'alt.). Un embranchement de ligne dessert le camp Girardot.

Une belle route, partdnt de la gafrc, se dirige (2 k.) vers le camp Girardot, importante agglomération de casernements dis-posés sur le plateau de Dra El Louz et enfermés dans une enceinte de forme irrégulière, passe entre la gare du camp et

l'emplacement de la ville nouvelle. Le terrain plat compris entre ces quartiers et la falaise de Taza est couvert d'oliviers centenaires de très belle venue qu'irriguent de nombreuses canalisations.

• La route contourne ensuite la medina à l'E., laissant à g*, le marabout de Sidi Aissa et l'abattoir, puis atteint le plateau de Taza pour entrer en ville par Bab Guebour. On se rendra aux Services municipaux, tout proches, pour demander un guide et les autorisations nécessaires.

Page 1