LE MAROC A TENU
C EST LA GUERRE. — LES MENEES ALLEMANDES. — LES PÈLERINS POUR FEZ. — CASABLANCA' CONTINUE. — LE GÉNÉRAL LYAUTEY.
C'est la guerre, ici, aussi.,.
Mais on pourrait ne pas s'en apercevoir. Notre front marocain n'est pas loiîi que de Paris, Il l'est encore de nos rivages brisants de l'Atlantique ; il l'est même des capitales chérifiennes, oii notre emprise ne date que d'hier. Les nomades qui paissent leurs troupeaux par le bled désertique, non plus
que le marchand des souks sédentaires^ ou le voyageur européen gâté des routes neuves, ne connaissent le travail de nos armes aux confins des zones rebelles.
Cette paix incroyable du Moghreb soumis ne s^est pas maintenue évidemment toute seule. Il a fallu le génie étincelant d'un chef, avec Vhéroïsme accru des effectifs diminués par notre mobilisation occidentale. Guerre ingrate, aux sacrifices ignorés, dans V usure du climat farouche, avec des ennemis incessants, relevés, étayés de Vor inépuisable, de la propagande agile et variée de V Allemagne (').
(^) Dès la mobilisation de 191 4, un projet de débarquement d^ armes et d'instructeurs tente de se réaliser^ en galvanisant le mouvement mahdiste' de 191 2. Des foyers d'insurrection s'embrasent^ aux confins de notre Protectorat, avec Raïssouli, Abd-el-Malek, Moka ou Hammou, Amaouch, — cependant que Moulaï Ahmed el Hibay pour reprendre la campagne, attend les subsides et le matériel d'un débarquement trop escompté. Le U. C. 20 apparaît bien, fin 1915, mais pour chavirer à la barre de la côte inhospitalière, et repartir ne laissant qu'un radeau, avec quelques fusils, capturé par un de nos chalutiers.