‹ Le Maroc sans les bochesChapitre 2 sur 21 · LE MAROC A TEN U... I · texte numérisé non relu

LE MAROC A TEN U... I

(7 est là guerre,..

Cependant, nous 71^ allons parler que de fêtes, des fêtes de FAïd-el-Kêbir, la grande fête, la naissance du Prophète, commémorée^ cette année, précisément, avec un faste inaccoutumé, avec un nombre inconnu des plus grands sidt ans du passé...

Dès Tanger, c'est la rumeur du pèlerinage, en route pour Casablanca ; une dizaine de personnages considérables, dont la hautesse se marque tout de suite par le respect de r entourage et de la suite, par la blancheur neigeuse des vêtements, par de nobles attitudes, par de beaux visages ; ils attendent, sur V étroite jetée, assis parmi les malles et les sacs, impassibles dans la bousculade et les cris des porteurs et des bateliers. Leurs faces fermées ne s'entr'ouvent qu'aux salutations et aux souhaits du départ, dans le geste de Ici main portée aux lèvres.

On embarque au large, par les har casses rudement secouées à Véchelle du paquebot, où il faut toute une gymnastique pour se hisser à la coupée, obstruée de colis et de gens, à la seide lueur d'un falot ; le costume traditionnel ne se prête guère à cette escalade sportive ; nos compagnons musulmans montent et s'engouffrent comme des ballots énormes, sous les toiles blanchâtres. Le dîner était achevé. On dresse un court service pour les nouveaux arrivants. Après V Espagne, Algésiras, Gibraltar, Tanger, on respire une grosse bouffée de France ; au salon, se succèdent les refrains populaires :

Si tu veux faire mon bonheur

Marguerite, Marguerite Si tu veux faire mon bonheur Marguerite,

Prête-moi ton cœur.

Des officiers amochés aux tranchées, des Africains de carrière, qui reviennent à leurs postes anciens.

Mais les couplets de music-hall se taisent.

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