‹ Le marquis caporalChapitre 39 sur 164 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les Mêmes, BONAVENTURE, BARBE.

RHOUETTE.

De l’eau-de-vie, Bonaventure.

BONAVENTURE

Voilà, major!... Mais permettez que je dépose mon fardeau... la fille du régiment.

FLAMBERGE, à part, en se frisant la moustache.

Ce brave Bonaventure, il faut toujours qu’il porte quelque chose.

BONAVENTURE, à Barbe.

Descends!

BARBE, s’accrochant à son cou.

Vous allez me promettre d’abord la survivance de madame Véronique comme vivandière?

Comme vivandière... à toi, nabote?...

BARBE

Nabote? pour verser à boire aux soldats est-ce que c’est nécessaire de leur manger des petits pâtés sur la tête?

RHOUETTE.

Dépêchons.

BONAVENTURE

Veux-tu bien descendre?...

BARBE, de même.

Mais puisque madame Véronique a dit qu’elle voulait changer d’armée ?

SYLVAIN, se levant.

Changer d’armée?

FLAMBERGE

Changer de corps?... Mais si ça continue, elle finira par nous tromper.

BONAVENTURE

Nous tromper, comment cela, qu’est-ce que vous voulez dire?

FLAMBERGE

Mais certainement... elle est vivandièredu régiment... nous sommes tous responsables de son honneur.

BONAVENTURE, rassuré.

Ah!...

RHOUETTE.

Voyons cette eau-de-vie !

BONAVENTURE

Puisque tu ne veux pas descendre, verse alors.

FLAMBERGE

Le régiment en général, et les soldats en particulier.

BONAVENTURE

Oui, je comprends, (a Barbe.) Tu nem’as pas pris à l’heure, je crois?

BARBE

Mais si elle s’en va, voyons, qu’est-ce que ça vous fait?...

BONAVENTURE, en riant.

La mère de mes enfants me quitterait?... Oh ! danscecas tu peux compter sur son emploi, je suis tranquille.

BARBE

Ah!

FLAMBERGE, à part.

Tranquille!... eh bien! moi, je ne le suis pas.

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