SCÈNE II
HÉLÈNE, VALLEROY
VALLEROY, à part, sans voir Hélène.
rUn plan infaillible. Nos Thermopyles, comme dit Dumouriêz. La France est sauvée si nous y arrivons avant les Prussiens.
HÉLÈNE, se retournant.
Ah! c’est vous ?... vous avez donc travaillé cette nuit?
VALLEROY
Oui.
HÉLÈNE
Et à quoi, bon Dieu?
VALLEROY
Des papiers à mettre en ordre... des comptes à régler. Déjà habillée, marquise?... Ah ! pardon.
HÉLÈNE
Citoyenne, monsieur, citoyenne!
VALLEROY
Coquette. En fait de parure et de beauté nous ne serons jamais parmi les ci-devants.
HÉLÈNE
Ni en fait d’amour... J’aime mon mari, on ne m’accusera jamais d’être de l’ancien régime.
VALLEROY
Vous êtes charmante!
Je n’en sais rien, vous ne me le dites presque plus.
VALLEROY
Claire a-t-elle écrit ?
HÉLÈNE
Non.
VALLEROY
Ne désespérons pas, nos bons parents nous renverront... ils aimeront mieux émigrer seuls, une jeune fille embarrasse et coûte cher en voyage.
HÉLÈNE
Avez- vous eu des nouvelles de mon frère ?
VALLEROY
M. de Juvigny?... oui, on a perdu ses traces.