SCÈNE XV
Les Mêmes, RHOUETTE.
CLAUDE* JULIEN, courant au docteur.
Rhouette... Rhouette!...
RHOUETTE.
Eh bien?
CLAUDE-JULIEN
Obtenez pour moi une permission de quarante-huit heures?
RHOUETTE.
Ce trouble... cette agitation!?...
CLAUDE-JULIEN
C’est une faveur que je crois avoir méritée... Oh ! je vous en prie... je vous en prie ?
•v ACTE DEUXIÈME. 83
RHOUETTE.
Dans quel but... pourquoi faire ?
Je veux voir Hélène!
RHOUETTE.
Hélène !
CLAUDE-JULIEN
Vous allez me dire que je vais la compromettre... que je peux me perdre...
RHOUETTE.
Mais...
CLAUDE-JULIEN
Avez- vous jamais été jaloux ?
f RHOUETTE.
Malheureux!... vous doutezfd’Hélène ?
CLAUDE-JULIEN
Non... oh! non, Dieu merci!... Mais je suis jaloux, pourtant!... Depuis un moment!... un homme a soulevé dans mon âme des tempêtes inconnues!... cet homme, c’est Gourdier!
RHOUETTE.
Voyons, du calme?...
CLAUDE-JULIEN
Savez-vous que ma situation est horrible!... je vis, et pour tous je suis mort. Des témoins ont constaté mon suicide. Si Hélène voulait, elle serait libre demain... libre de se remarier si elle l’osait. Je n’avais jamais réfléchi à cela, ces sombres idées m’ont saisi tout à coup... voilà pourquoi je veux voir Hélène. Son regard me rassurerait, sa voix apaiserait le tumulte de cette âme inquiète... Ahl faites que je lui parle!... Oh! ce congé, docteur, ce congé?
RHOUETTE.
Un éclat vous perdrait!
CLAUDE-JULIEN
Qu’importe!
RHOUETTE.
Non, je ne m’associerai pas à ce malheur!
CLAUDE-JULIEN
Docteur!
RHOUETTE.
Non, je ne serai jamais le complice de votre mort! (Arrive le
général.)