SCENE XI
HÉLÈNE, CLAIRE, LE GÉNÉRAL, ÉTIENNE, pais BONAVENTURE.
LE GÉNÉRAL
Vous avez voulu fêter ma dernière victoire... je vous en remercie, mes amis!
CLAIRE, k part, à des paysans.
Le général approche !
LE GÉNÉRAL
Étienne! merci!... (Les paysans se retirent.) Merci. RHOUETTE, à part.
M. de Ju vigny a nous deux, maintenant! (il sort. Le
général et Hélène causent dans le fond.)
ÉTIENNE, bas à Claire.
Mon père est dans la joie, c’est le moment de parler.
CLAIRE
Dans quel but?
ÉTIENNE, riant.
Dans quel but? mais tout simplement, mademoiselle, pour lui demander le droit de vous offrir ma main?
CLAIRE
Soit, mais à une condition ?
ÉTIENNE
Laquelle?...
CLAIRE
Loyalement et sans détour, vous allez me dire ce que vous avez fait des vingt-quatre heures qui viennent de s’écouler?
ÉTIENNE
Des vingt-quatre heures?
Vous hésitez?
ÉTIENNE
Je ne puis !
CLAIRE
Vous osiez m’assurer de votre amour?
ÉTIENNE
Vous en doutez?
CLAIRE
Vous vous en étonnez?
ÉTIENNE
Je vous forcerai à y croire! (An générai,) Mon père, vous m’avez laissé la liberté de choisir la femme à qui je donnerais le nom qu’a porté ma mère. Ce choix, je l’ai fait. Voici la tille que je voudrais vous donner. Mon père, voulez-vous demander pour moi la main de mademoiselle Claire a madame Dortois, sa sœur et sa tutrice?
HÉLÈNE, à part.
Ciel!
LE GÉNÉRAL
Tu ne pouvais mieux choisir. Allons, voilà une journée heureuse !... (a Hélène.) Je crois pouvoir attendre de vous, chère madame, le bonheur de mon fils?
HÉLÈNE, à part.
Tout conspire la perte de Gaston !
CLAIRE, à part.
Comme elle pâlit à l’idée seule de cette union I
LE GÉNÉRAL, à Hélène.
N’est-ce pas, madame?
HÉLÈNE
Ne m’interrogez pas!
ÉTIENNE
Que dites-vous?
CLAIRE, à part.
Ah ! comme elle l’aime !
LE GÉNÉRAL
Expliquez-vous?
CLAIRE
Non, c’est moi qui parlerai!
LE GÉNÉRAL
Vous?
CLAIRE
Ma sœur n’ose vous dire que ce mariage est impossible, je vous rapprends, moi !
Mademoiselle !