‹ Le marquis de BièvreChapitre 83 sur 185 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

BIEVRE CHEZ M""' D ANGIVILLER

Les mystifications et les farces des Mousquetaires. — Le marquis de Bièvredans les salons parisiens; Mme de Vergennes et M. de Chambre. — Deux anecdotes de Courchamp.

Le salon littéraire de Mme de Marchais, comtesse d'Angiviller en 1781 ; un ménage à trois. — Le comte d'Angiviller, surintendant des bâtiments royaux ; son intime liaison avec Bièvre. — Les familiers de l'hôtel d'Angiviller : le duc de Lévis, M. de Laclos, le comte de Tilly. — Amitié littéraire du marquis de Bièvre et de Ducis; la tragédie de Macbeth. — Grimod de la Reynière. — Bièvre protège le poète Duchosal et recommande le peintre David.

Intimité du calembouriste avec la famille Vassal. — Bièvre auteur et acteur d'« à-propos de société ».

Vers la fin du règne de Louis XV, les mystifications, si goûtées pendant le dix-septième siècle, amusaient de nouveau Paris. Aux Mousquetaires du roi, le marquis de Bièvre et ses jeunes camarades en inventaient chaque jour d'inédites. Abordé par de candides provinciaux, un gentilhomme de la troupe rouge rencontrait le calembouriste, auquel son nom patronymique permettait de décerner plaisamment la plus haute dignité militaire (1); il lui prodiguait aussitôt les signes d'un profond respect et soufflait à l'oreille de ses victimes : « C'est M. le maréchal de Bièvre! » L'autre, favorisant la plaisanterie,

(1) Le nouvelliste Métra, sans doute après une pointe de M. de Bièvre sur son énorme nez, rédigea au sujet de ce jeu de mots un entrefilet désobligeant et inexact (Correspondance secrète, t. P% p. 57, et Portefeuille d'un talon rouge, Paris, 1881, p. 11). Deville reproduisit plus tard dans ÏArnoldiana (p. 1«1) le malveillant écho de Métra, sans même en changer les termes : curieuse remarque, il l'avait réfuté treize ans auparavant dans son Biévriana (p. 24). Enfin, la duchesse d'Abrantès, qui puisa aux

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