SCÈNE I
L'OGRE, assis sur une cathèdre ; LE MAITRE-QUEUX
l'ogre C'est compris, maître-queux ?
LE MAITRE-QUEUX
Si compris, maître, que...
l'ogre
Il suffit, Monsieur mon maître-queux.
Rendez tous les palais aqueux A respirer l'odeur de votre illustre broche.
Chevalier des vapeurs, montrez-vous sans reproche ; Soyez tendre avec les saveurs ; courtisez-les. Attestez-vous artiste de la vieille roche ;
laO LE MARQUIS DE CARABAS
Qu'il rôde de Tamour dans les fumets ailés ; Vous avez des enfants tout frais ; préparez-les.
LE MAITRE-QUEUX
La plupart sont déjà salés.
Leurs chairs étaient tant délicates, Ils étaient de membres si frêles Et grêles
Que j'ai confit
Ces sauterelles Devant que vous me convoquâtes.
J'ai cru bien faire.
l'ogre
Et bien tu ils.
Fris les bébés en salsifis.
N'épargne pas la chapelure Sur les doigts que déshonoraient les engelures.
Promus chauds-froids, Leurs petits cœurs constitueront morceaux de rois.
Du lot des blondines fillettes
Fais-nous savoureuses rillettes
De qui se lèchent les babines
Mes amis et leurs concubines.
Sois expert. Car j'ai l'estomac
En un dyspeptique péril.
Et mon œsophage est à sac.
Peut-être ai-je abusé du fessier puéril,
Ces temps derniers, et trop enfourné de marmailles.
Quoi qu'il en soit, comme j'ai maille
A partir avec mes festins Intestins
Et que malgré tous les sirops.
Qui les devraient rendre placides,
Je ne puis éviter tels rôts Homicides,
J'en appelle à tes soins lucides.
Tu me plairas plus réservé
Dans le dosage des épices
Par qui j'ai le rein énervé
Devant que je fiente ou pisse.
Si j'étais une vieille brisque
Volontiers je courrais les risques
De tes incandescentes bisques.
Mais je suis jeune et sans soucis
D'amour. Seul lestomac couci.
Couça se comporte ; adoucis.
LE MAITRE-QUEUX
Vous vous pouvez à moi fier.
Je sais aussi lénifier, Conforter et tonifier L'estomac et le phallus
laa LE MARQUIS DE GARABAS
Sans en être, poar cela, plus Fier.
L*OGRB
Songe donc ! on m'infligerait Taffreux régime Des eaux en vogue a Paris, Evian, ApoUinaris Et autres gaz dignes d'estime Pour apaiser mes hourvaris
Intimes !
Ce ne serait pas en vain Qu'on fait du pain sans levain Sous le nom de pain azyme !
Pour éteindre mes violences stomacales Je subirais cet émétique Cher aux peuplades sémitiques En la période pascale !
LR MAITRB-QUSUX
Horreur !
l'ogre
Donc, maltre-queux, l'œil à mes aliments.
Combine de subtils liements, Congrus à ma psychologie, Et ménage les condiments, Que je puisse affronter plus de cinquante orgies
DE MARQUIS DE GARABAS ia3
Sans avoir seulement les pommettes rougies Sinon du reflet des bougies.
LE MAITRE-QUEUX
Votre Seigneurie ogresse Me devra complimenter.
Je saurai dépimenter Jusqu'à la graisse.
(// sort.)