I,£ CHEF
N'êtes-vous pas Rayon de Lune ?
De quelle Lune ce rayon ?
Ah ! que m'a rayé ce rayou D'une rayure inopportune !
Sandaraqudur, taille-erayous.
Hélas ! j'ai miteuse fortune !
Je vous l'oflre toute, ô Rayon, Rayon venu de quelle Lune !
RAYON DE LUNE {à part)
Encor que décoré que ce corps est comique !
C'est peut-être un larbin, c'est peut-être unhuissier. (Haut)
Dites-moi, qu'êtes-vous?
LE CHEF '
Vous voyez ! ofQcier !
aiB LE SOMMEIL DOMINICAL
RAYOX DE LUNE (haut)
Ouais !
{A part)
Pour être officier, il est bien anémique !
LE CHEF (se carrant) Je suis du mess des officiers académiques,
RAYON DE LUNE
Grand bien vous fasse! Or ça, sieur, que me voulez- vous..
LE CHEF (s'exaliant) Vousl
RAYON DE LUNE
Moi? moi-même?
LE CHEF
Vous-même !
RAYON DE LUNE
Moi? Moi?
LE CHEF
Vous ! Vous
RAYON DE LUNE
Il est fou, il est fou, fou, fou, fou, fou, fou, fou.
LE CHEF {lyrique)
Pas du tout, pas du tout, pas du tout, pas du tout. Je vous veux et, vous voulant, veux un rendez- vous
Où Je me puisse traîner à vos jeunes genoux,
Où Nous puissions devenir on ne peut plus époux.
Ah ! les doux ! les futurs doux
Instants où Ton sera saouls
D'être sens dessus dessous I Ah ! ah ! Hi î hi ! Ho I ho I petit rayon, je veux Pour y râler que tu me prêtes tes cheveux Dont Todeur m'incendie ainsi que des épices I
(Posément)
Justement, par un sort que j'estime propice, Ma femme a dû partir chez son oncle Sulpice* Je suis libre et puis donc t'offrir de partager
A l'heure dite du berger Ma couche accoutumée à ne plus héberger, Dans la blancheur conjugale de ses draps rêches^ Que des angles poignants et des contours revêches^
RAYON DE LUNE
Si bienje vous comprends, vous voulez, céttenuitii
LE CHEF
Que tu me sois compagne et m'ôtes cet ennui;
Qui, plus cruel et dissolvant que les picrates, S'accutnule parmi le cœur des bureaucrates.
RAYON DE LUNE
Sei*âs-tu généreux ?
LE CHEF
Gomme un oriental.
Je te veux écraser d'or gouvernemental Et même, en souvenir du plaisir que nous primes, Quand j'en aurai, je t'abandonnerai mes primes.
RAYON DE LUNE
Ah! Don Juan, bandit!
LE CHEF
Petite biche !
Dis, est-ce dit?
RAYON DE LUNE
C'est dit! Ça biche!
Chiche Qui s'en dédit!
(Pas de cancan.)
(Le chef de bureau enthousiaste improvise en l'honneur du quadrille naturaliste une ballade que notre f poète a composée autrefois en Thonneur de Rayon de Lune et dont il se souvient fort à propos pour en faire cadeau à son chef.)
Ballade du quadrille naturaliste.
Foin des filles en rang d'oignons
Dont la pudeur est mohicane !
Leurs jambes sont donc des moignons?
Nulle ne vaut, qui ne cancane .
Est mazette celle qui cane,
Car la gosse n'est bien qu'arquant
Tous ses tarses en bec de cane.
Qui n'ose cancan est carcan.
Pour moissonner les clairs pognons Des gentlemen retour de Cannes, Il n'est que les vermeils trognons Du quadrille où tant l'on boueanne.
Rayon d'or en rafle plus qu'Anne A faire le grand écart quand L admire toute la gent khane.
Qui n'ose cancan est carcan.
Rayon de lune continuant :
Et jamais nous ne rechignons.
Nous travaillons sans coups de canne.
Quand nous nous crêpons le chignon, Les mots sifflent en sarbacanes.
Nos psychiques sont sans arcanes.
Zola, des Rougon-Macquart khan,
aaa le sommeil dominical
Envierait telle qui ricane.
Qui n'ose cancan est carcan.