‹ Le marquis de La Jonquière, gouverneur général du Canada [microforme]Chapitre 2 sur 2 · BUS NAT S · texte numérisé non relu

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Jonquière lutta jusqu'au bout pour sauver ses transports dont un convoi parvint à échapper. Mais lui-même fut enfin forcé d'amener son pavillon et fut conduit prisonnier en Angleterre. Quarante ans auparavant, en 1706, il avait eu le mème sort, après avoir tenté de s'emparer d'un vaisseau anglais, armé de soixante canons.

Les Anglais lui rendirent difficilement la liberté, 11 put entin s'embarquer de nouveau pour le Canada et y prendre possession de son commandement, après une navigation de soixante-quatorze jours.

Malheureusement le régime du monapole commercial, établi das cette colonie, était radicalement vicieux, M. de la Jonquière en voulant le corriger se créa des difficultés avec les intéressés,

I'essaya de fixer au Canada des officiers réformés en leur accordant des concessions de terre. Parmi ces concessionnaires, nous trouvons le chevalier de Repentigny, enseigne dans les troupes canadiennes que nous reconnaissons pour un de nos compatriotes. La mesure prise alors par M. de la Jonquière a été eritiquée par certains historiens, mais il nous semble qu'elle mérite, au contraire, des louanges. Il protégea constamment nos nation&ux, parmi lesquels se trouvaient bon nombre de nos compatriotes du Perche et de la Normandie, Il accueillit également avec faveur les Acadiens français (1) qui lui demandérent à s'établir au Canada pour échapper à la tyrannie des Anglais, devenus maitres de leur pays. Parmi les faits qui font le plus d'honneur à l'administration de M. de la Jonquière, il faut citer encore les travaux de canalisation qu'il fit exécuter sur la rivière de Catharakouy et l'exécution de Ja carte de la Belle-Riviére, son projet d'établissement d'une imprimerie pour la publication des actes du gouvernement, et le pavage des rues de Québec. Le 15 octobre 1731, il avait demandé son rappel, le 17 mars suivant, il expirait,. Son corps fut enterré à Québec, dans l'église des Récollets.

Son neveu de la Jonquière de Taffanel, commandant de l'Emeraude, qui après le désastre du cap Finistère, put ramener un

(1) J'ai moi-même consacré au souvenir des Acadiens une note publiée dans la Revue de l'Aunis, de la Saintonge et du Poitou. I en a été fait un tirage à part sous ce litre : Note sur les Acediens, présentée à Nosseigneurs du Clergé de France assemblés à Paris, au mois de juillet 1775. Niort, L. Clouzot, 1867, in-8°, 6 p.

convoi entier à Québec, suivit noblement ses traces, I fut promu chef d'escadre en 1771 et lieutenant général des armées navales en 1780 : sa fille avait épousé un neveu du marquis de Montcalin, mort si glorieusement en défendant le Canada.

Le lieutenant général de la Jonquière fut une des victimes de la Terreur, Jeté en prison comme émigré rentré sur le territoire francais, il expira sur la charrette que le général Bizanette avait requise pour le faire transférer de Toulon à Grasse avec ses compagnons d'infortune, afin de les tirer des mains des assassins. [avait quatre-vingt-neuf ans. La détention des membres de sa famille ne prit fin qu'au mois d'août 1797, mais un mois après, le coup d'Etat de fructidor les obligea une seconde fois à sortir de France où ils ne purent rentrer qu'en 1802, Notre confrere M. Camilie de la Jonquière à rempli un pieux devoir en consaerant cette notice aux deux illustres marins dont il porte dignement le nom.

Louis DUVAL.

Extrait du Bulletin de la Société slistorique et Archéologique de Orne. 4 St

Alencon, -- E, RENAUT-DE BRoISE, Tmiprimeur et Lithographe

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