C.Q fut avec ravissement (jue niaHemoisclIe
MADEMOISELLE DE SOISSOXS. S:i
(lo Soissons iippril par Marllif^qiio lo marquis conliniiait de «jardor Dominiqup près do lui, ri qu'il lo traitait avoc iino amitié pleino do dôCôvvnvc.
\V\on souvent Lôtoriôro raoontait aïoo un soiitimont d'orfjjuoillouso f^ralitudo los ohligalioiLs (pril avait à cos oxcollontos gons, lii homme do cot Age, quo la prospérité la plus inouïo , quo los succès los plus éclatants n'avougloiil pas, qui roste simple, bon , et surtout hautement reconnaissant envers de si obscurs bienfaiteurs, devait être regardé comme un homme de noble cœur.
Le projet de mademoissollo de Soissons élail irrévocablement arrêté. Kilo voulait IVanchoment, hardiment offrir sa main à celui qu'elle on trouvait si digne.
Aucune objection de naissance, do fortune, n'aurait pu changer ses projets. Kilo était orpheline, elle se considérait comme libre de se choisir un mari. Profondément indifféicnte à toutes les raisons que sa tante lui donnait chaque jour pour lui prouver, à elle, j)rincosso d'une maison royale, la nécessité de certaines alliances, la princesse Julio répondait nettement qu'elle n'entendait pas avoir besoin (\r s'autoriser d'aucun evemplo, mais (|uo ma-
demoiselle de AK)ntpensier avait épousé M. de Laiizun... Quant à elle , elle se marierait sans scrupule à un artisan, si un artisan lui semblait mériter son amour.
Madame de Rolian-Soubise, complètement ignorante du secret de sa nièce, traitait ces maximes d'imaginations, de folles rêveries mises à la mode par le roman de Rousseau. Mademoiselle de Soissons ne répondait rien et suivait sourdement son plan avec une incroyable persistance.
Son amour s'augmentait pour ainsi dire de tons les succès de celui qu elle aimait. On eùf dit qu'elle attendait que le marquis fût à l'apogée de ses triomphes pour lui offrir son amour comme leur consécration suprême.
Lorsqu'elle fut certaine de la noblesse et de la solidité de son choix, sans remords, sans honte, avec toute la sécurité de la candeur, avec toute la sereine confiance d'une belle àme, elle écrivit à M. de Létorière la lettre que l'on sait pour lui offrir sa main.
Heureusement pour lui et pour mademoiselle de Soissons , Létorière comprit toute la grandeur, toute la religion d'un tel amour. lîlasé sur des succès trop faciles, il se consacra désormais tout entier à l'adoration de cette jeune
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lillo (|iii venait si noblement lui conJier son avenir.
Souvent il vit la princesse eu secret et en présence de Marthe. Mademoiselle de Soissons voulait (pie, sans tarder, le marquis demandât sa niain à madame de Rolian-Soubise , comme pure Cormalité. l-a jeune iille se réservait (fuser de son droit et de son inébranlable volonté , selon rar{piiescement ou le refus de sa tante.
En bomme d'honneur et de bon sens, Lélolière (ît compn^ndre {\ mademoiselle de Soissons que, selon la perte ou le gain du procès important qu'il poursuivait alors contre les duci^ de lirunsAvick-Oëls et le prince de lirandebourj}- Hareuth, il serait reconnu ou non de maison princière, et aurait alors une fortune digne de soutenir ce rang. Selon lui, il fallait donc attendre fissue de ce procès pour tenter une démarche auprès de madame la marécliale de llohan-Soubise.
Si le procès était gagné, la position de M. de liétorière devenait si éminente qu'on ne pouvait faire aucune objection raisonnable à son mariage avec la princesse Julie ; si le procès élait perdu , il élait alors temps de se passeidu consentement de la famille de mademoiselle de Soissons. Mais il i\v fallait pas inulilemcnl
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et prématurément provoquer un éclat toujours fâcheux.
Tel fut Tavis de AI. de Létorière. La princesse Julie se montrait d'un avis contraire ; son caractère résolu ne s'accommodait pas de ces tempéraments. Le marquis lui proposa de s'en rapporter au jugement du roi, qui le comblait de plus en plus des marques d'une touchante bonté.
Mademoiselle de Soissons accepta cet arbitre. Louis \V approuva la délicatesse de Létorière et lui promit d'écrire à son ambassadeur à Vienne pour faire bien succéder ses justes prétentions.
Depuis uu mois le bon Dominique était parti pour Vienne, afin de prendre les renseignements les plus précis sur les dispositions des membres du conseil aulique, appelés à décider en dernier ressort sur cet important procès qui durait depuis près d'un siècle.
On conçoit avec quelle impatience Létorière attendait le retour de son ancien professeur. De l'heureuse ou mauvaise issue de la cause du marquis dépendait presque son mariage avec mademoiselle de Soissons.
I,L l'IUX^KS.