‹ Le marquis de LétorièreChapitre 18 sur 49 · LE CHATELAIN DE HEXFERESTER · texte numérisé non relu

LE CHATELAIN DE HEXFERESTER

car rc mignon voyago sans doute avec lout son attirail de coiffeurs... d'lial)illeurs et de parfumeurs !

— lAIa foi, monseigneur, — dit le majordome en se grattant Toreille, — il n'y a que la chambre aux rats où il ne pleuve pas.

— Eh bien donc, va pour la chambre aux rats ! — Puis le baron ajouta avec une sorte d'ironie amèrc : — Et pour donner une brillante idée de l'hospitalité qu'on reçoit au cliâleau d'Henfercster , et surtout pour que ce douillet visiteur ait toutes ses aises, n'ou!)liez pas, majordome, de couvrir son lit de ses plus belles courtines de soie, de le garnir d'édredon, de draps de fine toile de Frise; de bien battre le tapis de Turquie ; de mettre des bougies parfumées dans les candélabres de vermeil, et de faire bassiner le lit avec des charbons de bois d'aloès... Enlendez-vous bien , majordome?

— Oui, oui, monseigneur, — dil mailre Selbitz tout en s'occupant de retirer du feu le quartier de daim, le lard et la choucroule, cl Irès-joyeux de la plaisanterie de son mailrc, — oui, monseigneur, soyez Iranquille, je vous entends : la paille du lit sera fraîche et bien renniée; la couverlurc de laine bien ])allii('.

le plancher bien balayé, les rideaux et les tentures de toiles d'araignées bien secoués, et les volets bien ouverts, pour que la lune jette une belle clarté dans la chambre de votre hôte ; enfin, puisqu'il est si douillet et si frileux... son lit sera bassiné... avec le chien du tournebroche. ••

Le châtelain ne put s'empêcher de rire de cette facétie de son majordome, qui ne faisait que décrire très-exactement la chambre aux rats, d'ailleurs en tout semblable à celle que le baron occupait lui-même, tant ce dernier était indifférent aux habitudes du bien-être le plus vulgaire.

c A table... - dit le châtelain avec impatience, en approchant sa chaise et en prenant à son ceinturon son couteau de curée.

A ce moment on entendit résonner la trompette que portent habituellement les postillons allemands.

a C'est peut-être ce damné marquis, — s'écria le châtelain. — Holà... Erhard!... Selbit/ ! courez le recevoir, m

Et le baron, se levant lourdement de sa chaise, s'avança vers la porte, en disant d'un ton bourru : •• Il faut- qu'il ait le diable au corps pour voyager par un temps pareil... Mais

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