‹ Le marquis de MontcalmChapitre 23 sur 42 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Montcalm blessé à mort Son entrée tragique à Québec

Arnoux lui annonce sa fin prochaine Fermeté de Montcalm — Au quartier général Confusion et panique Un

conseil de guerre - Les mouvements de Bougainville

Vaudreuil écrit à Montcalm Les derniers instants du

général. — Ses funérailles Scène lugubre Une heure

sombre pour la patrie L’armée et le peuple pleurent

Montcalm Son oraison funèbre par Vaudreuil. — Une

diatribe. — Les derniers jours de la Nouvelle France

Montcalm et la postérité.

En s’efforçant de rallier ses troupes, Montcalm avait reçu deux blessures, dont l’une était fatale \ Voyant que la bataille était absolument perdue, et se sentant mortellement atteint, il se fit soutenir sur son cheval par trois soldats et parvint à gagner la ville, où il pénétra par la porte Saint-Louis, en même temps que Montbeillard et un flot d’hommes de tous les corps échappés à la poursuite de l’ennemi 2. La terreur et la désolation régnaient dans Québec, où les fuyards avaient apporté les désastreuses nouvelles du champ de bataille. Mais, à la vue de Montcalm, qui, les habits souillés de saug, et affaissé sur son cheval noir, descendait lentement la rue St-Louis, appuyé sur ses soldats dont la contenance

1 U avait été blessé à la cuisse et au bas- ventre, d’après

Malartic. Bigot prétend qu’une balle lui avait traversé les reins.

2 — Journal de Montcalm , 614.

indiquait le désespoir ; devant ce groupe tragique où s’accusait, dans un poignant relief, toute la profondeur et toute l’horreur de la défaite, des cris de douleur et de consternation éclatèrent de toutes parts. — “ Oh, mon Dieu ! mon Dieu ! Le marquis est tué ! ” répétaient en pleurant les femmes qui se pressaient sur le passage du lugubre cortège. En entendant ces exclamations et ces gémissements, le général se redressa ; et, domptant un moment ses souffrances, il essaya, avec sa courtoisie habituelle, de rassurer celles qui les proféraient. — “ Ce n’est rien ! ce n’est rien ! leur dit-il. Ne vous affligez pas pour moi, mes bonnes amies 1” !

On le conduisit dans la maison de M. André Arnoux, le chirurgien du Roi, qui était à l’armée du lac Champlain avec Bourlamaque 2. Ce fut Arnoux le jeune, frère d’André, qui examina et pansa ses blessures. Montcalm voulut savoir quel était son verdict médical. Et Arnoux ne put éviter de lui déclarer que la mort était proche. Le général accueillit cette annonce

1 — Tous ces détails sont empruntés à l’opuscule du lieutenant-colonel Beatson, Notes on the Plains of Abraham. Une vieille dame, témoin oculaire de cette scène, — elle avait alors dix huit ans — l’avait plus d’une fois racontée à l’honorable John Malcolm Fraser, petit fils de l’un des officiers de Wolfe- M. Fraser avait communiqué cette intéressante information à M. Faribault, qui, à son tour, en avait fait part au lieutenant-colonel Beatson.

2 — Cette maison d’Arnoux était située dans la rue St-Louis. Nous inclinons à croire qu’elle occupait le site de la grande maison en pierre qui porte le numéro 59, et qui sert depuis longtemps de résidence à des officiers de la garnison. (Voir à ce sujet l’intéressante étude de M. P. B. Casgrain dans le Bulletin des recherches historiques, vol. 9, p. 3).

MONTCÀLM

avec une sérénité et une fermeté d’âme admirables. — “ Combien d’heures ai-je encore à vivre, demanda-t-il ; dites-moi la vérité comme un ami sincère Le chirurgien répondit que le blessé ne pourrait se prolonger beaucoup au-delà de trois heures du matin. Une relation contemporaine prétend que Montcalm s’écria alors : “ Tant mieux, je ne verrai pas les Anglais dans Québec 1 ”. Et immédiatement, il prit ses dispositions pour mettre ordre à ses affaires et se préparer à bien mourir.

Pendant ce temps tout était confusion au quartier général, derrière l’ouvrage à cornes. Johnstone rapporte qu’au premier moment il y régnait une telle panique qu’on fut bien près de couper le pont de communication avant que tous les corps eussent repassé la rivière. Il prétend même que, dans la consternation où l’on était plongé, on songea à capituler immédiatement pour toute la colonie ; et il nomme deux officiers qui en firent hautement la proposition à M. de Yaudreuil. Nous devons dire ici que les documents ne nous semblent pas indiquer une telle disposition chez ce dernier. Il convoqua un conseil de guerre composé de lui-même, de l’intendant et de tous les chefs de corps. Hélas ! parmi ceux-ci, plusieurs manquaient à l’appel. Le brigadier de Senezergu es était mortellement blessé et prisonnier 2 ; M. de Fontbonne, lieutenant-colonel de Guyenne était tué ; M. de Privas, lieutenant-colonel de Langue-

1 — Knox, II, p. 79.

2 — M. de Senezergues, était resté sur le champ de bataille. Les Anglais le firent transporter à bord d’un vaisseau où il mourut le lendemain. ( Townshend’s Journal ; Doughty, IV, p. 269).

doc, avait reçu une dangereuse blessure. 1 Les officiers réunis pour délibérer avec MM. de Vaudreuil et Bigot étaient MM. Dalquier, de Poulhariès, Pontleroy, Dumas, et MM. Duparquet, de Manne ville, et Duchat, qui, en leur qualité de plus anciens capitaines, remplaçaient les commandants de la Sarre, Guyenne et Languedoc. M. de Vaudreuil proposa de considérer s’il n’y avait pas moyen d’attaquer de nouveau l’ennemi. M. de Bougainville avait donné avis qu’il était sur le chemin de Sainte-Foy où il attendait le résultat de la délibération.

Il était arrivé à Sillery vers onze heures ; et, laissant une centaine de ses soldats escarmoucher avec des compagnies de l’infanterie légère anglaise postées dans une maison, il avait paru sur les derrières de l’armée ennemie, au moment où la déroute de nos troupes était complète2. Ne pouvant songer à engager seul une action avec l’armée anglaise victorieuse, il retraita donc vers

1 — Les Anglais avaient aussi subi des pertes cruelles. Wolfe était mortet Monckton grièvement blessé. (Le commandement avait passé à Townshend). L’ennemi avait 658 hommes tués ou blessés, parmi lesquels 15 capitaines et 32 lieutenants. D’après M. de Vaudreuil, les pertes des Français étaient à peu près égales.

2 — “J’y marchai aussitôt, mais quand j’arrivai à portée de

combattre, notre armée était battue et en déroute. Toute l’armée anglaise s’avança pour m’attaquer. Je fis ma retraite devant elle, et me portai de façon à couvrir la retraite de notre armée ”. ( Note de Bougainville , dictée à Lorette, le 21 septembre 1759) Townshend a déclaré aussi dans son Jour¬

nal que Bougainville arriva après la déroute de notre armée. (Doughty, IV, p. 270).

le chemin et la paroisse de Ste-Foy et attendit des ordres.

D’après certaines relations, M. de Yaudreuil aurait envoyé demander à Montcalm son avis. Et celui-ci aurait répondu qu’il y avait trois partis à prendre : attaquer une seconde fois l’ennemi ; se retirer à Jacques- Cartier ; ou capituler pour la colonie1. Cependant aucun document authentique ne nous donne la teneur exacte de cette réponse que Montcalm aurait faite.

Si l’on en croit MM. de Vaudreuil et Bigot, ils opinèrent tous deux, dans le conseil, pour une seconde bataille. Mais les officiers furent tous d’opinion que “ la faiblesse de l’armée, la dispersion, le harassement, la supériorité de l’ennemi, l’insécurité d’un camp non protégé, l’éloignement des approvisionnements, le danger des communications coupées, obligeaient les troupes à se replier sur la rivière Jacques-Cartier, où se trouvait l’unique dépôt de vivres 2 A quatre heures et demie de l’après-midi, M. de Yaudreuil écrivait à Lévis pour l’informer des tristes événements de la journée, lui communiquer la résolution du conseil de guerre, et lui demander de venir en toute hâte se mettre à la tête des troupes.

Il avait été décidé que l’armée quitterait le camp à neuf heures du soir. Ce mouvement eut lieu dans les plus déplorables conditions. On abandonnait les tentes et les équipages, des vivres pour dix jours, l’artillerie,

1 — Journal tenu à l'armée, p. 69.

2 — Copie du conseil de guerre, tenu le 13 septembre chez M. de Vaudreuil; collection Moreau Saint-Méry, Canada, roi. XI11 F.

une grande quantité de munitions. La retraite prit bientôt les apparences d’une déroute ; les divisions se mêlèrent, tout ordre et toute discipline disparurent. Quand l’armée atteignit le lendemain la Pointe-aux- Trembles, elle n’était plus qu’un peloton confus et mêlé des cinq bataillons et des Canadiens des trois gouvernements 1. Cette déplorable retraite, qui provoqua l’indignation de Lévis, fut universellement blâmée. La perte de la bataille des Plaines ne justifiait aucunement une pareille débandade. Protégée par la rivière St- Cbarles et par l’ouvrage à cornes, l’armée pouvait attendre dans ses retranchements de Beauport, et se déterminer d’après les mouvements de l’ennemi. Il aurait toujours été temps de faire sa retraite sur Lorette, en bon ordre, le lendemain ou les jours suivants, par le chemin de Montmorency à Charlesbourg et les chemins de traverse.

Avant le départ de l’armée, M. de Vaudreuil écrivit à Montcalm, à six heures du soir: “ Je ne puis assez vous réitérer, combien je suis vivement peiné de vos blessures; je me flatte que vous en guérirez dans peu, et que vous êtes bien convaincu que personne n’y prend plus d’intérêt que moi pour l’attachement que je vous ai voué de tous les temps. J’aurais fort souhaité entamer dès aujourd’hui une nouvelle affaire avec l’ennemi, mais tous les commandants des corps m’en ont représenté l’impossibilité, eu égard à la position avantageuse des Anglais, à la diminution et au découragement de l’armée, et qu’il n’y avait pas à différer notre retraite.

1 — A dialogue in hades, p 52. — Journal de Montcalm ,

L’opinion de ces messieurs se trouvant appuyée de la vôtre \ je consens, quoique avec douleur, par l’envie que j’ai de me soutenir dans la colonie à quelque prix que ce soit, d’autant mieux que ce n’est qu’en prenant ce parti que je puis me servir des uniques et faibles ressources qui nous restent pour la subsistance de l’armée. Je joins ici, Monsieur, la lettre que j’écris d’après cela à M. de Ramezay avec l’instruction que je lui adresse, contenant les articles de la capitulation qu’il doit demander à l’ennemi. Vous verrez qu’ils sont les mêmes dont j’étais convenu avec vous. Ayez la bonté de lui faire tenir le tout après que vous l’aurez lu ; ménagez-vous, je vous prie, ne pensez qu’à votre guérison.” Ce fut Marcel, aide de camp et secrétaire de Montcalm, qui répondit à cette lettre du gouverneur par le billet suivant : “ Monsieur le marquis de Montcalm, sensible à vos attentions, me charge d’avoir l’honneur de vous écrire qu’il approuve tout ; je lui ai lu votre lettre, et le modèle de capitulation que j’ai remis à M. de Ramezay, suivant vos intentions, avec la lettre que vous lui écrivez à cette occasion.” Puis le fidèle secrétaire ajoutait en post-scriptum : “ Monsieur le marquis de Montcalm ne va guère mieux ; cependant il a le pouls un peu meilleur à dix heures du soir.” 1 2

Après avoir dicté sa réponse à la dernière communication de Yaudreuil, l’illustre blessé ne voulut plus faire

1 — Encore une fois nous tenons à faire observer que l’on n’a pas la teneur précise de cette opinion exprimée par M. de Montcalm. Et il ne faut pas oublier que le général était mourant.

2 — Moreau Saint-Méry, Canada, vol. XIII, F.

aucun acte relatif à son commandement. 1 On rapporte qu’à une demande d’instructions de M. de Ramezay, il répondit : “ Je n’ai plus d’ordre à donner ; j’ai à m’occuper d’affaires plus importantes, et le temps qui me reste est court.” Il aurait aussi ajouté : “ Je meurs content; je laisse les affaires du roi mon maître entre bonnes mains ; j’ai toujours eu une haute opinion de M. de Lévis.”2 *

Son secrétaire, Marcel, resta auprès de lui jusqu’à la fin. Montcalm lui communiqua ses volontés dernières. Il voulait que tous ses papiers fussent remis à M. de Lévis, de même qu’un écrit contenant ses intentions, qu’il avait déposé chez M. de la Rochette, trésorier de la marine 8. Pendant qu’il s’occupait de ces soins, sa pensée dut s’envoler vers son cher Candiac, vers la mère, l’épouse, les enfants, tous les êtres aimés qu’il ne reverrait plus qu’au delà du tombeau, dans l’éternelle patrie des âmes 4 * *. La foi profonde qui l’animait vint

1 — Il avait écrit auparavant à Townshend au sujet de l’exécution du cartel d’échange pour les prisonniers, ce qu’il ne faut pas confondre avec une autre lettre qu’on lui attribue, dans laquelle il aurait invoqué la clémence du vainqueur pour les vaincus, spécialement pour les Canadiens donc il aurait dit: “ Je fus leur père, soyez leur protecteur Nous croyons que cette lettre est apocryphe. Nous avons donné au long nos raisons d’être sceptique, dans la Nouvelle-France du mois de septembre 1901, p. 409.

2 — Ces paroles de Montcalm mourant sont rapportées les unes par Johnstone (p. 46), les autres par Knox (II, p. 79).

3 — Lettre de Marcel à M. de Lévis , 14 septembre 1759 ; Lettres du marquis de Montcalm, p.5'9.

4 — Outre sa mère et sa femme, Montcalm laissait deux fils

et trois filles. Nous avons vu que l’une de celles-ci avait

épousé M. d’Espinousse de Coriolis ; les deux autres épousé-

adoucir ses derniers instants, et le fortifier au moment suprême. Il reçut le viatique et l’extrême-onction avec une piété très vive. Et à cinq heures du matin, le 14 septembre 1759, il expirait comme un héros chrétien, qui croit aux promesses de l’immortalité. Une fois de plus s’était vérifiée la parole que nous citions au début de cet ouvrage : “La guerre est le tombeau des Montcalm ”.

rent, l’une un Doria, de la famille Doria, de Gênes, l’autre le vicomte de Damas. Le cadet de ses fils était chevalier de Malte. L’aîné, Louis-Jean-Pierre-Marie, épousa, Jeanne-Marie de Lévis, nièce du chevalier. Il devint maréchal de camp et fut député de la noblesse de Carcassonne aux Etats-Généraux en 1789.

“ En 1790, au moment où l’Assemblée nationale mettait en question la suppression des pensions accordées par le Roi, M. de Noadles réclama une exception en faveur de la famille de Montcalm : “Ses services, dit il, ont fait connaître son nom dans les deux mondes ; sa valeur et ses talents militaires ont honoré les armes françaises.” Sa demande fut écoutée. Les enfants de Montcalm alors au nombre de quatre, reçurent une pension de 1000 livres chacun.” (Le marquis de Montcalm par le P. Martin, 1875, p. 280.)

Le fils aîné de Louis-Jean-Pierre Marie, qui s’appelait Louis- Hippolyte, fut aussi maréchal de camp, et épousa Armandine de Richelieu, sœur du premier-ministre de Louis XVIII ; il mourut sans postérité. Le second fils, Louis-Dieudonné, lut aide de camp du duc d’Angoulême, et épousa une demoiselle de Sainte Maure-Montausier. Il eut pour fils André-Dieudonné- Victor de Montcalm, qui épousa sa cousine Gabrielle de Montcalm. Comme il n’avait pas d’enfants, il adopta son neveu, le comte de Saint-Maurice. Celui-ci, à la mort de son oncle et de son père adoptif, a pris le nom de marquis de Montcalm. C’est lui qui continue la lignée. Son jeune fils est venu à Québec, en 1908, avec le marquis Gaston de Lévis.

Tout était ruine et confusion dans Québec. On ne put trouver un ouvrier capable de préparer une bière convenable aux restes mortels de M. le marquis de Montcalm, commandeur de l’ordre de Saint-Louis, et lieutenant-général dans les armées du roi de France. Ce fut un vieux contre-maître des Ursulines, surnommé “ le bonhomme Michel, ” qui “ ramassa à la hâte quelques planches ”, dit le vieux récit du monastère, “ et parvint à confectionner, en versant larmes abondantes, une boîte informe, peu en rapport avec la précieuse dépouille qu’elle devait renfermer ” Les funérailles du général eurent lieu le jour même de sa mort, à neuf heures du soir. Le pauvre cercueil où semblaient être ensevelis, dans le même linceuil que le héros, tous les espoirs et la fortune même de la patrie, était escorté par M. de Ramezay, les officiers de la garnison, et quelques mornes citoyens que suivaient des femmes et des enfants en pleurs. L’inhumation se faisait aux Ursulines. Quel lugubre spectacle que ce convoi de Montcalm, s’en allant dans l’obscurité, sous la menace des bombes et des obus, au milieu de Québec incendié et dévasté, pendant que, là-bas, l’armée débandée s’enfuyait sur les routes, et que, devant la ville et à ses portes, l’ennemi victorieux se préparait à lui donner le coup de grâce ? Qui dira les angoisses dont devaient être broyés les cœurs en cette nuit de deuil et d’effroi ? L’humiliation de la défaite, la douleur causée par la sanglante hécatombe de la veille, l’anxiété du sinistre présent, l’appréhension du redoutable avenir, tout se réunissait pour rendre cette heure plus amère et plus désespérante

1] — Histoire des Ursulines , vol. III, p. 9.

Vaincus, écrasés, ruinés, abandonnés, qu’allait-on devenir ? Y aurait-il un lendemain pour la Nouvelle- France ? Et les funérailles du grand soldat dont on suivait le corps inanimé n’annonçaient-elles pas sûrement le cataclysme définitif et l’effondrement national ? O mon pays ! quelles heures de détresse et d’agonie tu as vécues ! et de quel abîme Dieu t’a fait surgir !

La cérémonie funèbre eut lieu dans la chapelle des Ursulines, “ à la lueur des flambeaux.” Ce fut M. Resche, chanoine de la cathédrale, qui y présida, accompagné de ses confrères, MM. Cugnet et Collet. Dans les demiténèbres, on pouvait entrevoir derrière les grilles huit religieuses agenouillées, qui, dans toute la ferveur de leur âme, priaient pour l’illustre mort dont leur sainte maison allait désormais garder la dépouille. On descendit cette bière misérable et glorieuse dans la fosse qu’une bombe anglaise avait commencée de creuser. 1 Et ce fut tout. “ Les cloches restèrent muettes, le canon ne résonna point, et les clairons furent sans adieu pour le plus vaillant des soldats.” 2

1 — Nous croyons au moins soutenable cette tradition, qui a pour elle un important témoignage contemporain, celui de M. de Foligné, consigné dans son Journal mémoratif. (Doughty, IV, p. 207.)

2 — Histoire des Ursulines de Québec , vol. III, p. 10. — Parmi les personnes présentes à cette inhumation, “ se trouvait, écrit l’annaliste du monastère, notre ancienne mère Marie- Amable Dubé de Saint-Ignace, alors âgée de 9 ans. S’étant rencontrée sur le passage du convoi, elle le suivit jusque dans l’église, ainsi qu’une autre petite compagne de son âge. Que de fois ne nous a-t-elle pas donné les détails de cette scène attendrissante, encore aussi présente à sa mémoire, après 72 ans, qu’à l’époque où elle eut lieu.”

Montcalm fut pleuré par l’armée et le peuple. M. de Foligné, que nous avons cité souvent, disait dans son journal: “Jamais général n’avait été plus aimé de la troupe et plus universellement regretté. Il était d’un esprit supérieur, généreux, doux, affable, familier à tout le monde, ce qui lui avait fait gagner la confiance de toute la colonie. Requietcat in pace ”. Bourlamaque écrivait à M. de Bernetz : “ La mort de M. de Montcalm m’a pénétré de douleur. C’est une perte pour l’Etat, pour ses amis et pour les troupes qu’il commandait, que je dirais irréparable, si nous n’avions M. de Lévis, qui ne mérite ni moins d’estime ni moins de confiance. Je regrette vivement M. de Montcalm comme un général de distinction et comme mon ami ”. M. de Bernier, commissaire des guerres, faisait cet éloge du général dans une lettre au ministre. “M’est-il permis de jeter encore quelques larmes sur la tombe de M. de Montcalm ? La colonie en pleurs en ressentira longtemps la perte. Le militaire a perdu un protecteur zélé, qui lui faisait trouver des charmes dans les plus grandes fatigues, par le désir de mériter son éloge ”. Un des officiers de Montcalm exprimait ainsi ses regrets : “ Je ne me consolerai jamais de la perte de mon général. Qu’elle est grande pour nous, et pour ce pays et pour l’Etat ! C’était un bon général, un ami solide, un citoyen zélé, un père pour nous tous. Il a été enlevé au moment de jouir du fruit d’une campagne que M. de Turenne lui-même n’aurait pas désavouée. Tous les jours, je le chercherai et tous les jours ma douleur sera plus vive”. Nous ne citerons qu’un mot de Bougainville, dont on devine les douloureux sentiments : “ M. le marquis de Montcalm avait fait une campagne digne

de M. de Turenne, et sa mort fait nos malheurs Et Lévis : “ M. de Montcalm emporte tous les regrets de l’aimée et les miens. Vous connaissez quel était son zèle et ses talents ; je ferai mes efforts pour suivre ses traces

Mais quel langage tenait M. de Vaudreuil, au milieu de tous ces témoignages d’estime et d’admiration ? Voici ce qu’il écrivait au maréchal de Belle-Isle quelques semaines après la mort de Montcalm : “ Ce général mourut de ses blessures le lendemain de cette affaire; je l’ai beaucoup regretté. Il ne pouvait, Monseigneur, être mieux remplacé que par M. le chevalier de Lévis.” — “ Je l’ai beaucoup regretté,” disait Vaudreuil au ministre de la guerre. La lettre qu’il écrivait en même temps au ministre de la marine va nous éclairer sur la sincérité de ces regrets. Voici son oraison funèbre du preux qui dormait son dernier sommeil sous les dalles de l’église des Ursulines :

“ Depuis le moment de l’arrivée de M. de Montcalm en cette colonie jusqu’à celui de sa mort, il n’a cessé de tout sacrifier à son ambition démesurée. Il semait la zizanie dans les troupes, tolérait les propos les plus indécents contre le gouvernement, s’attachait les plus mauvais sujets, faisait en sorte de corrompre les plus vertueux, en devenait l’ennemi cruel lorsqu’il n’y pouvoit réussir. Il voulait devenir gouverneur général ; il en assurait les uns ; aux autres il disait que pourvu que le Roi conservât une partie du Canada, il serait cordon bleu. Il promettait sa protection et flattait de grâces chacun en particulier des officiers de la colonie qui adoptaient ses idées. Il n’épargnait rien vis-à-vis les peuples, les différents états pour leur prouver son

attachement, tandis que par lui ou par les troupes de terre il leur fesait porter le joug le plus affreux. Il diffamait les honnêtes gens, soutenait l’insubordination, fermait les yeux au pillage du soldat, le tolérait même au point de leur voir vendre les denrées et bestiaux qu’ils avaient volés à l’habitant.

“ Je suis au désespoir, Monseigneur, d’être dans la nécessité de vous faire un tel portrait après la mort de M. le marquis de Montcalm. Quoi qu’il contienne l’exacte vérité, je l’aurais suspendu si je ne considérais que sa haine personnelle pour moi ; mais la perte de Québec m’est trop sensible pour vous en cacher la cause qui est généralement connue du public.” 1

Cette violente diatribe se poursuivait ainsi et couvrait plusieurs pages. M. de Yaudreuil y déversait toutes ses rancunes. Il piétinait sur le cadavre de Montcalm. Il accumulait les accusations les plus odieuses et les plus invraisemblables, celles-ci, par exemple : que le général avait voulu faire raser Québec, même avant son départ de Montréal, au mois de mai ; qu’il avait annoncé publiquement la perte de la colonie pour le 15 septembre; et ainsi de suite. Nous n’avons pas besoin de faire toucher du doigt toutes les faussetés contenues dans cette pièce calomnieuse. Non, Montcalm ne s’attachait pas les plus mauvais sujets, et n’essayait pas de corrompre les plus vertueux ; ses amis étaient les hommes les plus honorables de l’armée et de la colonie : Bourlamaque, Desandrouins, Doreil, Villiers, Benoist, Contrecœur, la Naudière, St-Ours, etc. Non, il ne sou-

1 — Vaudreuil au ministre de la marine, 30 octobre 1759; Archives nationales, Paris.

tenait pas l’insubordination; il avait fait casser la tête en 1757, à un soldat de la Sarre qui avait manqué de respect envers un officier de la colonie1. Non, il ne tolérait pas le pillage ; il avait fait fusiller pendant le siège un soldat de Eoyal-Eoussillon coupable de “vol avec fracture 2 ”. Non, il ne diffamait pas les honnêtes gens ; Bigot, Cadet, Deschenaux, Martel, Maurin, et toute la bande de concussionnaires dont il dénonçait les rapines, n’étaient pas des honnêtes gens, mais des voleurs publics. Même s’il y avait eu quelque fondement dans ces imputations de Vaudreuil, comment pouvait-il ne pas voir l’indécence de ses invectives passionnées contre un homme dont les lèvres étaient à jamais muettes, contre un vaillant qui avait donné son sang pour son roi et sa patrie, et qui était tombé au champ d’honneur. Sans doute, il avait eu à se plaindre de Montcalm, et son amour-propre avait reçu de ce dernier des blessures parfois cruelles. Mais les âmes généreuses savent désarmer devant la mort, et ne permettent pas à leurs inimitiés de troubler la paix des tombeaux.

Vaudreuil eut un émule dans ses outrages à la mémoire de Montcalm. Bigot, quand il eut à rendre compte en France de ses concussions, eut l’audace, dans un de ses factums, de le traiter de “ délateur. ” La mère et l’épouse du général intervinrent alors, et, à leur demande le tribunal fit supprimer cette basse injure comme calomnieuse.

L’acharnement de Vaudreuil contre ce disparu, dont il poursuivait si outrageusement la mémoire, lui fit

1 — Journal de Montcalm , p. 298.

2 — Montcalm à Lévis, 5 juillet 1759 ; Lettres de Montcalm , p. 173.

commettre une démarche déplorable. Il voulut faire main basse sur les papiers de Montcalm. Mais il lui fallut battre en retraite devant la ferme et calme résistance de Lévis, dont il tenait à conserver l’amitié. “Je ne puis, lui écrivait celui-ci le 10 octobre, me prêter à ce que vous me demandez, pour l’ouverture des papiers, attendu qu’ils doivent m’être remis, selon les intentions du ministre et même celles du marquis de Montcalm... Je suis responsable par état vis-à-vis de mon ministre et envers les parents de M. de Montcalm de ses papiers qui ne doivent être vus que de moi seul... J’envoie ordre à M. de Montreuil de mettre un second scellé sur tout ce qui a appartenu à feu M. le marquis de Montcalm, pour que, dans un temps plus tranquille, je puisse en faire la vérification, pour suivre les intentions du défunt. 1 ”

On eût dit que le spectre de Montcalm hantait le gouverneur. Dans une autre lettre au ministre de la marine, il lui dénonçait une démarche que le général aurait faite quinze ou vingt jours avant sa mort. Il aurait confié au Père Roubaud, missionnaire de St- François, deux paquets à l’adresse de madame de Pompadour, contenant des mémoires sur certains actes administratifs, notamment sur les abus commis dans les postes. Il y aurait eu dans un de ces mémoires quelque chose de défavorable à M. de Yaudreuil. Là-dessus ce dernier accusait Montcalm d’avoir voulu surprendre la religion du roi. Quand on songe à la triste notoriété que Roubaud devait bientôt acquérir, on se dit que toute cette histoire pouvait fort bien n’être qu’une imposture.

1 — Lettres de Lévis, p. 236.

Pourquoi Montcalm aurait-il choisi le P. Roubaud comme dépositaire de papiers destinés à madame de Pompadour ? Et ces papiers mystérieux qui, paraît-il, seraient tombés entre les mains des Anglais lorsqu’ils saccagèrent la mission de Saint-François du Lac, pourquoi leur aurait-il fait courir de tels risques, lorsqu’il avait sous la main Bougainville, Marcel, Montbeillard, et d’autres encore ? Ne sommes-nous pas vraiment justifiable de croire que Roubaud avait abusé de la crédulité de M. de Yaudreuil, dans un but intéressé, en montant cette histoire mélodramatique 1 ?

Le gouverneur était rendu à Montréal lorsqu’il écrivait les lettres que nous avons citées plus haut, et qui sont vraiment plus nuisibles à sa mémoire qu’à celle de Montcalm. Il n’entre pas dans notre cadre de raconter en détail les événements qui suivirent la mort de celui-ci. Nous nous bornerons donc à rappeler brièvement qu’après avoir atteint la Pointe-aux-Trembles, le 14 septembre, M. de Yaudreuil avait retraité jusqu’à Jacques-Cartier, où il arrivait le 15. Bougainville était resté en arrière avec son corps pour protéger ce mouvement. M. de Ramezay, dont les instructions comportaient qu’il ne devait pas attendre l’assaut, et pouvait capituler aussitôt qu’il manquerait de vivres, fut mis en demeure de rendre la ville, par la population épuisée et découragée. Il convoqua le 15 un conseil de guerre qui opina pour la capitulation, moins une voix, celle

1 — Le P. Roubaud, peu de temps après, devait jeter le froc aux orties. Il passa en Angleterre, se mêla de mille intrigues, donna des preuves multiples de sa duplicité de caractère, spécialement dans ses relations avec Pierre Ducalvet, et finit misérablement ses jours.

de l’intrépide Jacau de Fiedmont. Ayant eu une communication de M. de Vaudreuil, qui lui faisait espérer des vivres, et un retour offensif de l’armee, il attendit jusqu’au 17 au soir. Il envoya alors M. de Joannès, major de la place, pour obtenir de Townshend les meilleurs termes possibles de capitulation. Sur ces entrefaites, M. de la Rochebeaucour arrivait à Québec à la tête d’une troupe de cavaliers portant quelques provisions. Il annonçait d’autres secours. Mais la négociation était trop avancée et M. de Ramezay jugea qu’il ne pouvait la rompre. Le lendemain, 18 septembre 1759, la capitulation était consommée, et la capitale de la Nouvelle-France voyait arborer sur ses murs, au lieu des couleurs françaises, le drapeau britannique, qui n’a cessé d’y flotter depuis plus d’un siècle et demi.

La conduite de M. de Ramezay provoqua alors les plus sévères critiques et trouva peu de défenseurs. Le mémoire justificatif présenté par lui peu de temps après, mais publié seulement en 1861, semblerait devoir modifier l’appréciation de son acte.

Lévis arriva à l’armée le 17 septembre. 11 remonta le moral des troupes et s’avança vers Québec, jusqu’au moment où il apprit la reddition de cette ville. Forcé alors d’arrêter ce mouvement offensif, il se replia sur Jacques-Cartier, où il resta jusqu’au 10 novembre. Après avoir établi dans ce poste, pour l’hiver, le major Dumas, avec environ six cents hommes, il rejoignit le gouverneur à Montréal. Sur la frontière du lac Champlain, Bourlamaque avait tenu en échec Amherst, qui ne s’illustra guère dans cette campagne, durant laquelle ses lenteurs parurent inexplicables.

La flotte anglaise quitta Québec le 18 octobre. Le brigadier-général Murray restait dans cette ville avec 7,300 hommes; il devait y exercer les fonctions de gouverneur et de commandant en chef des troupes.

DurantThiver, M. de Lévis conçut le hardi projet de reprendre Québec. Il activa ses préparatifs et partit en bateau le 21 avril 1760. Arrivé à la Pointe-aux- Trembles le 24, il atteignait Saint-Augustin le 26, et y faisait son débarquement. Le 27, il était à Sainte- Foy. Murray, prévenu de son approche, sortit de Québec, le 28, à la tête d’environ 3,000 hommes, et avec vingt-deux bouches à feu. La bataille s’engagea un peu en deçà de l’endroit où Wolfe et Montcalm s’étaient mesurés l’année précédente ; mais l’effort s’en porta plus à gauche, c’est-à-dire plus vers le chemin Sainte- Foy. Elle dura deux ou trois heures et se termina par une complète victoire pour notre armée. Lévis commença immédiatement à assiéger Québec. Il fit travailler à ouvrir une parallèle et à ériger trois batteries. Le 11 mai son artillerie ouvrit le feu contre les remparts. Mais l’arrivée de plusieurs vaisseaux de guerre anglais devant la ville le força à abandonner son entreprise ; il fit sa retraite sur Jacques-Cartier ; et de là regagna Montréal.

Les Anglais étaient déterminés à en finir cette année avec le Canada. Pendant que 3,700 hommes, commandés par Murray, remontaient le St-Laurent, Havilaud, à la tête de 3 ou 4,000 réguliers, provinciaux et sauvages, dressait ses batteries contre l’Ile-aux-Noix, et Amherst, à la tête de 11,000 soldats, s’avançait par les rapides. Les défenseurs de la colonie étaient incapables de repousser des forces aussi accablantes. Le 7 septembre

les trois armés anglaises, formant ensemble 17 à 18,000 hommes, avaient fait leur jonction et investissaient Montréal. MM. de Vaudreuil et de Lé vis ne pouvaient prolonger davantage la résistance. Le 8 septembre 1760, le gouverneur signait la capitulation qui mettait fin à la domination française en Canada.

Quelques jours après, ceux qui avaient été les lieutenants, les compagnons d’armes de Montcalm, Lévis Bourlamaque, Bougainville, l’état-major et les troupes, de même que Vaudreuil, Bigot, et tout le personnel administratif de la Nouvelle-France, quittaient les rives du Saint-Laurent. Mais le Canada gardait les restes du grand vaincu, martyr du devoir et de l’honneur.

Le malheur des temps, les épreuves, les luttes, les vicissitudes que notre nationalité eut à subir, laissèrent longtemps enveloppée d’ombre et de silence cette tombe où gisait tant de gloire. Cependant, lorsque des jours meilleurs eurent commencé à luire pour nous, on se reprocha d’avoir paru si longtemps oublieux. Les vainqueurs eux-mêmes voulurent donner un exemple de magnanimité. En 1827, on vit se dresser, sous les auspices de lord Dalhousie, l’obélisque en pierre, dédié à la mémoire des deux illustres rivaux, Wolfe et Montcalm, qui porte l’inscription célèbre : Mortem virtus, communem famam historia, monumentum posteritas dédit. En 1881, un autre gouverneur anglais, lord Aylmer, faisait poser dans l’église des Ursulines une tablette en marbre avec cette inscription : Honneur à Montcalm , le destin en le privant de la victoire l’a récompensé par une mort glorieuse.

Vingt-huit ans plus tard, les Canadiens français voulurent commémorer le premier anniversaire séculaire

de la mort de Mont calm. En 1761, à la demande de Bougainville, l’Académie des Inscriptions et Belles- Lettres avait composé en latin une inscription historique qui devait être gravée sur un marbre, expédiée au Canada, et placée au-dessus du tombeau de l’illustre général. Ce marbre, paraît-il, avait été envoyé i mais ne parvint jamais à sa destination. En 1859, sur l’initiative d’un modeste savant, Monsieur Faribault, on forma un comité pour réaliser l’idée de Bougainville et l’œuvre de l’Académie. Ce monument funéraire fut exécuté à Québec. “ Sur un fond de marbre noir de deux mètres de haut, se détache la partie centrale et de forme tumulaire. Elle porte l’inscription de l’Académie. La croix, douce espérance du chrétien jusque dans le tombeau, domine tous ces éloges, et semble inviter à des gloires plus durables. Les armoiries de Montcalm, gravées avec goût au-dessous de l’inscription, complètent la décoration 1 ”. Ce marbre fut inauguré, au milieu d’une grande pompe îeligieuse, dans la chapelle des Ursulines, le 14 septembre 1859. Au sommet du catafalque érigé dans la nef, la tête du héros, sous un globe de cristal, était exposée aux regards de la foule émue. Les restes de Montcalm étaient cette fois honorés avec l’éclat et la solennité que la défaite et les désastres de la patrie avaient rendues impossibles un siècle auparavant.

Et enfin, après un siècle et demi, la France et le Canada français ont voulu payer mieux encore un long arriéré de reconnaissance et d’hommages. La mère-

1 Le marquis de Montcalm, par le Père Martin, Paris,

patrie de jadis et son ancienne colonie se sont unies pour élever à Montcalm un double monument. La statue du héros se dresse là-bas, à Candiac, près du château qu’il aimait tant, à l’endroit qui fut son berceau. Et elle se dresse ici, près du champ de bataille où son sang coula pour nous, dans ce Québec dont il aimait aussi le séjour, et où notre admiration fidèle veille autour de sa tombe.

Puisse maintenant ce livre, œuvre de sincérité et de 'justice, — nous croyons avoir le droit de l’affirmer, — puisse cette histoire de Montcalm contribuer à faire mieux connaître et mieux juger le soldat vaillant dont les erreurs ne furent jamais entachées de bassesse, et dont la noble figure reste l’une des plus attachantes et des plus glorieuses de notre histoire.

Fin.

1 — Depuis vingt ans environ une belle statue de Montcalm, commandée par le gouvernement de la province de Québec, et exécutée par M. Hébert, orne la façade de notre Palais législatif.

TABLE DES MATIÈRES

Préface.

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