ACTE QUATRIÈME
LA MARQUISE, souriant.
Oh!
LÉOME.
Je veux pouvoir estimer l'objet de mon choix.
Madame d'Arglade, vous allez trop loin.
LÉONIE
Aussi , je m'en vas.
LA MARQUISE
Irritée; pourquoi? Je n'en sais rien, mais le duc me le dira.
LÉONIE
Il vous dit tout?
LA MARQUISE
Tout ce qu'on peut dire à sa mère.
LÉONIE
C'est d'un bon fils.
LA MARQUISE, s'asseyant sur le canapé.
Mais oui. Voyons, baronne, avouez que vous êtes jalouse de quelqu'un ici
LEONIE, riant et s'asseyant sur une chaise près du canapé.
Jalouse, moi? Et de qui donc, mon Dieu? De mademoiselle de Saintrailles ou de Caroline?
LA MARQUISE
Qu'est-ce que cette pauvre Caroline vient faire là, je vous le demande?
LKONIE.
Jo croyais que le duc vous disait tout !
Eh bien ?
LÉONIE
Eh bien, vous n'ignorez piis que le duc aime Caroline?
LA MARQUISE, après un moment d'hésitation.
Je sais que le duc a été fort épris de mademoiselle de Saint- Geneix; il me le disait tout à l'heure.
LÉOME.
Ah!
LA MARQUISE
Oui ; il a même ajouté qu'il avait eu Tintention sérieuse de l'épouser.
LÉOXIE.
Pourquoi donc en épouse-t-il une autre?
LA MARQUISE
Parce que Caroline lui a refusé tout espoir.
LÉOXIE.
C'est sans doute cet espoir qu'il cherchait à reconquérir cette nuit?
LA MARQUISE, surprise, se contenant.
Cette nuit ?
LÉOME.
Je dis que, si le duc est resté en conférence toute cette nuit avec Caroline, ce devait être dans l'espoir de vaincre sa résistance obstinée.
LA MARQUISE, froidement.
Comment savez-vous cela?
LÉOME.
Vous l'ignorez donc?
LA MARQUISE, sévère.
Je vous demande comment vous le savez?
LÉOME.
C'est bien simple. Toute la nuit , les portes de leurs appartements sont restées ouvertes. Inquiète de Caroline et la croyant malade, je l'ai cherchée. Elle était ici, dans cette pièce, enfermée avec quelqu'un. On parlait bas. Le matin seulement, le duc rentrait chez lui.