ACTE QUATRIÈME
LA MARQUISE
Qui la VU ?
LÉOME.
Moi; et Pierre aussi, s'il a voulu le \oir.
LA MARQUISE
Vous le jurez ?
LÉOXIÈ.
Je le jure.
LA MARQUISE, se levant et passant à gauche.
C'est bien, baronne. En vous interrogeant, j'ai voulu m'assurer d'une chose qui m'afflige : c'est que, par tous les moyens, vous vous emparez des secrets dont vous n'arrachez pas la confidence.
LÉ 0X1 E, se levant.
C'est le hasard...
LA MARQUISE
Beaucoup de hasards comme celui-ci motiveraient ce qu'on dit de vous.
LÉONIE
Personne ne peut me reprocher un mensonge.
LA MARQUISE
On le reconnaît, et c'est par là, dit-on, que vous êtes à craindre; vous vous servez du vrai pour voir le faux.
LÉONIE
Enfin...
PIERRE, entrant par le fond.
Mademoiselle de Saint-Gcneix demande si madame est seule.
LA MARQUISE
Dans un instant; priez-la de vouloir bien attendre. (Pierre son
aprùs avoir ôté la chaise qui est près du canapé.) Enfin, me VOiià Obligée
de vous dire que, si le duc implorait Caroline, ce n'était probablement pas pour lui-môme, mais pour...
I LÉONIE
Pour qui donc? pour son frère?
LA MARQUISE
Je n'ai pas dit cela. Je vous dis que vous incriminez...
LÉOME.
Non certes, je n'incrimine pas; mais il m'est permis de croire que Caroline aime le duc en secret et qu'elle n'en épousera pas un autre.
LA MARQUISE
Cela... c'est possible; je veux... et je vais le savoir. (EUe
sonne.)
LÉOME.
Vous me pardonnez ?
LA MARQUISE, s'asseyant à gauche.
Quoi donc? Ah ! le hasard! Je vous ai dit ce qu'on en pourrail conclure : vous réfléchirez. Adieu, baronne! (caroune entre par
le fond.J
LÉONIE
Adieu, madame la marquise. (EUe remonte et dit à Caroline qui vient
d'entrer.) Allons, sois franche, et, quoi qu'il arrive, compte sur
moi. (EUe sort par le fond.)