ACTE PREMIER
pas que je l'ai dénoncé, mais il est indispensable que vous lui parliez.
JEAN n. vu DU Y,
Certes , je lui parlerai ! Olivier malheureux ! Ah bien ! vous me payez comptant la nouvelle que j'apporte.
ANDRÉE
Quelle nouvelle?
JEAN BALDRY.
Votre père va rentrer?
ANDRÉE
C'est à mon père que vous apportez une nouvelle ? Et vous venez tout exprès du Havre? Elle est donc mauvaise ?
JEAN BAUDRY
Nous le sauverons.
ANDRÉE
Il est en danger !
JEAN BAUDRY
Soyez tranquille, me voici.
ANDRÉE
Monsieur, je vous en prie, dites-moi tout. J'ai perdu ma mère tout enfant, alors j'aime mon père pour deux. Il aura besoin d'être consolé, ne me cachez rien. J'ai de la force. Je peux supporter tous les chagrins, môme ceux de mon père.
JEAN BAUDRY
C'est vrai, je sais quelle noble et brave nature vous êtes. Et votre père n'aura pas trop de nous deux. J'xoutez donc. Mais vous ne savez pas comme cela m'est dur
28 JEAN BAUDRY
de vous affliger. Pardonnez-moi ce que je vais vous apprendre.
ANDRÉE
Je vous en remercie.
JEAN BAUDRY
Vous êtes ruinée.
ANDRÉE
Mon pauvre père !
JEAN BAUDRY
Vous savez, le commerce. Il a eu du malheur. Depuis plusieurs années. Ses spéculations n'ont pas réussi. Un associé l'a volé. Vous avez dû le trouver inquiet ces jours-ci; il était tourmenté d'un navire qui était sa dernière chance et qui n'arrivait pas. Par la négligence d'un commis, le Nejjtime n'avait pas été assuré. Quand votre père s'est aperçu de cette négligence, il a voulu la réparer, les assureurs ont fait des difficultés pour répondre d'un navire en retard, votre père est venu à Paris, mais leur correspondant du Havre m'a dit qu'il n'avait rien obtenu. Eh bien ! la nouvelle que j'apporte, c'est...
ANDRÉE
C'est?
JEAN BAUDRY
C'est que le Neptune a péri.
ANDRÉE
Mon père!
L'essentiel est de ne pas le quitter, surtout dans le premier moment. 11 va s'exagérer tout. 11 ne faut pas le laisser seul une minute.