ACTE PREMIER. 3t
DRl EL.
Je te trouve ta figure.
ANDHÉE.
Je ne te semble pas désespérée ?
BRU EL
Tu me semblés trop gaie : tu te moques de moi !
ANDRÉE
Donc, tu reconnais que je ne suis pas malheureuse?
BRU EL
Pourquoi le serais-tu ?
ANDRÉE
Réponds. Tu reconnais que je ne le suis pas?
BRUEL
Où veux-tu en venir ? Je le reconnais.
Eh bien ! qui est-ce qui avait raison, ce matin ?
BRUEL
Ce matin ?
ANDRÉE
Tu ne me croyais pas quand je te disais que je serais contente de n'être plus riche.
BRUEL, avec un cri.
Le .\rptwie est perdu !
JEAN BAUDRY, s'avanrant.
Bruel !
BRUEL
Baudry ! — Ah ! ma pauvre cnfont! 'n tombe sur un
fauteuil.)
32 JEAN BAUDRY
ANDRÉE, s'agenouillant à ses pieds.
Bon I ne vas-tu pas me plaindre d'avoir ce que je désirais ?
BRtEL.
Tu es une bonne fille, Andrée. Tu méritais un père plus heureux.
ANDRÉE
Qu'on essaye de te changer! (EUe rembrasse. — Bruel sanglote.) Allons, du courage. Tu ne vas pas, toi, un homme, être moins brave qu'une petite fille. Yoyons, voyons, il n'y a qu'un malheur, et nous sommes deux.
JEAN BAUDRÏ.
Nous sommes trois !
BRLEL, se levant.
Cher Baudry !
JEAN BALDRV.
Je vous préviens qu'à partir de ce moment vous n'allez plus pouvoir vous débarrasser de moi; je vais vous assommer de ma présence. D'abord, je suis venu vous chercher, je vais vous ramener tout de suite au Havre. Il faut nous montrer, rassurer les inquiets, payer les impatients.
BRUEL
Avec quoi?
JEAN BACDRV.
En cherchant bien, nous trouverons.
BRUEL
Pas d'illusions, c'est la faillite.
JEAN BALDUV.
Allons donc !