‹ Le marquis de VillemerChapitre 145 sur 197 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

trouver mauvais que je désire m' acquitter envers vous des deux manières, et vous rendre l'aiïection en dévouement et l'argent en argent.

JEA.\ BAUDRV.

Tu ne me dois rien; mais ce ne sera jamais moi qui te reprocherai un excès de scrupule. Je n'attache pas assez d'importance à l'argent pour t'empècher de me rembourser. Soit; tu veux que je sois ton créancier, je le suis; mais un créancier a le droit de donner du temps. Je t'en donne. J'ai confiance en toi. Tu as bien débuté, continue. Tu me solderas sur tes économies. J'ai mis onze ans à t'obliger, mets onze ans à te libérer. Bonne chance. Je repasserai dans onze ans.

OLIVIER

Je ne peux pas attendre.

JEAN BAUDRY

Alors tu as une autre raison. Laquelle?

OLIVIER

Ne me questionnez pas.

JEAX BAUDRY, lui prenant les deux mains.

La chose pour laquelle il te faut de l'argent, je ne peux pas te la donner?

OLIVIER

Elle vaut donc bien cher? Nous la mettrions sur I.i note, et tu me rendrais le tout ensemble.

OLIVIER

Elle vaut trop cher.

38 JEAN BAUDRV.

JEAN B AU DRY

Combien ?

OLIVIER

Une fortune.

JEAN BAUDRY

Et tu ne peux pas attendre? Tu crois donc que ça s'improvise, une fortune?

OLIVIER

Quelquefois.

JEAN BAUDRY

Quand on hérite.

OLIVIER

Je n'ai pas de parents.

JEAN BAUDRY

Menteur! — Il n'y a que l'héritage qui puisse faire sortir une fortune de rien.

Il n'y a pas que l'héritage.

JEAN BAUDRY

Si fait ! Même la Bourse exige une mise de fonds.

OLIVIER

J'ai vingt mille francs.

JEAN BAUDRY

Tu as gagné vingt mille francs?

OLIVIER

Je les ai empruntés.

JEAN BAUDRY

Ah ! — Et tu vas les risquer à la Bourse ?

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