‹ Le marquis de VillemerChapitre 154 sur 197 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

CAGNEUX

Oui, avec notre argent! Et vous devriez avoir honte de porter à vos poignets et h votre cou l'argent qui nous appartient !

BRUEL

Pardonne-moi, Andrée, de t' avoir fait entendre ces paroles; mais, vois-tu, c'est cela, la misère. Tu as reçu cet homme dans ton salon, il était poli, bien élevé, il te parlait comme à une jeune fille : tu étais riche. Pour venir chez les riches, les caractères s'habillent de leur mieux, comme on met son meilleur habit; on se brosse, on se gante, on se fait beau. Chez les pauvres, on ne se gène pas, on vient comme on est, on entre avec ses trous et ses taches, et, quand ce n'est pas aux souliers qu'on a de la boue, c'est à l'âme !

CAGNEUX

Ah ! voilà comme vous me payez ! votre monnaie est l'insulte! Bien. En avant, la faillite! Une dernière fois, mes dix mille francs ?

BRUEL

Je ne les ai pas.

JEAN BAUDRY, entrant.

Les voici.

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