‹ Le marquis de VillemerChapitre 159 sur 197 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

ANDRÉE, tressaillant.

11 est ici?

JEAN BAUDRY

Oui. Je suis dans mon jour de cliance ! Hier, il m'avait forcé de rester à Paris. J'avais eu beau le prêcher, le prier, lui dire qu'il s'agissait de l'honneur d'un ami. Pour qu'il ne crût pas que c'était un prétexte, je lui ai dit le nom de votre père et sa situation. Il a compris que je ne pouvais pas rester, et, lui qui ne voulait pas me laisser partir, c'est lui qui a voulu m'emmener.

BRU EL, au commis.

Qu'il monte.

JEAN BAUDRY

Attendez. Il va falloir lui annoncer mon bonheur; j'aime autant ne pas être là.

BRUEL

Pourquoi?

JEAN BAUDRY

Jusqu'cà ce jour, je n'étais qu'à lui; je vais me partager désormais, et il n'aura pas la plus grosse part.

BRUEL

Vous craignez?...

Et puis, il me semble que tous les jeunes gens vont m'en vouloir. Mademoiselle Andrée lui parlera.

ANDRÉE

Moi?

JEAN BAUDRY

Je VOUS en prie; vous me justifierez; vous lui expliquerez comment cela s'est fait.

64 JEAN BAUDRY

ANDRÉE

Oui!

JEAN BAUDRY, au commis.

Faites-le monter. Cagneux payé, je reviens vite savoir ce que vous vous serez dit. Vrai, je me fais l'effet d'un voleur. Sauvons-nous! (n son avec Bruei.)

ANDRÉE, seule.

Oui, je lui expliquerai comment cela s'est fait; il verra lui-même que je n'ai pu faire autrement.

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