‹ Le marquis de VillemerChapitre 165 sur 197 · BRUE · texte numérisé non relu

BRUE

Oui. Ma très-chère belle-sœur est ainsi. Bah ! elle est un peu comme tout le monde. Qui est-ce qui n'en veut pas aux autres de ses torts envers eux ? Qui est-ce qui pardonne le mal qu'il fait? — Ah! le café. (Barentin entre avec un plateau.) Eh bien, Barentin, cst-cc enfin cette nuit que nous allons être volés?

BARENTIN

Monsieur plaisante, mais il existe des voleurs.

JEAN BAUDRY

Et des poltrons.

BARENTIN

Si ça n'était jamais arrivé que des brigands soient entrés la nuit dans les maisons ! Mais lisez donc les feuilles !

JEAN BAL' DR Y

Andrée, voulez-vous verser le café? (Andrée sert, d-aboni

son père, puis Jean Baudrj-.)

BARENTIN, bas à Jean Baudry.

Monsieur a-t-il pensé ?. ..

Ah ! — Mademoiselle, j'ai oublié une commission dont Barentin m'avait chargé. Il voudrait vous faire une surprise demain ; mais, comme il ne connaît pas vos goûts, il m'a prié de vous demander quelle surprise vous désirez qu'il vous fasse.

BARENTIN

Oui, mademoiselle.

ANDRÉE, souriant.

Je vous le dirai, Barentin.

74 JEAN BAUDRY

BARENTIX.

S'il VOUS plaît, mademoiselle, (n son.)

ANDRÉE, offrant une tasse à Olivier.

Monsieur...

OLIVIER

Non, merci.

JEAN BAUDRY, buvant sa tasse.

Tu ne prends pas de café ? Tu as tort, il est excellent. Il est vrai qu'à présent, moi, je trouve tout excellent. Prends-en donc, (ouvier va à la tabie et se verse du café.) Mademoiselle t'en a versé. ■

OLIVIER

Ail ! oui. (il continue à s'en verser.) BRUEL.

Gomme c'est bon, le café!

JEAN BAC DRY

Comme c'est bon , la vie ! Quel malheur que le Havre ne soit pas Paris , et qu'il faille la grande ville au grand avenir d'Olivier ! nous aurions vécu à nous quatre. Mais nous irons te voir souvent, n'est-ce pas, Andrée ? — Mon cœur déborde ! J'ai trop de bonheur pour que tout soit à moi ; j'ai dû prendre la part des autres.

BRUEL

Pas la mienne, toujours! car j'en ai tout ce que j'en peux porter. Quand je pense à ce que j'étais il y a dix jours, à ma réputation naufragée, à Andrée insultée par ce Cagneux, et que je vois les coups de chapeau qu'on me donne dans les rues , tous mes créanciers satisfaits,

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