‹ Le marquis de VillemerChapitre 168 sur 197 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JEAN BAL' DRV.

Quand je l'ai connu, je n'avais que lui à aimer: je me suis mis à l'aimer beaucoup. C'est presque un fils pour moi.

BRU EL

Presque?

JEAN BAUDRY

Certainement.

BRUEL

Allons donc !

JEAN BAUDRY

Qu'entendez-vous par là?

BRUEL

Youlez-vous bien me laisser tranquille! — Voyons, mon cher Baudry, Andrée n'est pas là, me permettezvous de vous parler franchement?

JEAN BAUDRY

Je vous en prie.

BRUEL

Quel est l'âge d'Olivier?

JEAN BAUDRY

Vingt -deux ans.

Et le vôtre?

JEAN BAUDRY

Quarante- six.

BRUEL

Vous n'avez pas de frère ni de sœur, et vous n'en avez jamais eu?

80 JEAN BAUDRY

JEAN BAUDRY

Où diable voulez- vous en venir?

BUUEL.

Donc, récapitulons. Un garçon qui a vingt-deux ans quand on en a quarante-six, qu'on prend chez soi aux vacances, à qui l'on demande la permission de se marier, et qui n'est pas un neveu, c'est plus que presque un fils.

JEAN BAUDRY

Si j'étais le père d'Olivier, mademoiselle Andrée le saurait.

BRUEL

Qui le lui aurait dit?

JEAN BAUDRY

Moi.

BRUEL

C'est donc sérieux?

Je vous le jure sur ma tendresse pour mademoiselle Andrée ! — yi'y a-t-il donc que la parenté du sang?

BRUEL

Non, il y en a une autre; car je me sens plus parent avec vous seul qu'avec toute ma famille. Il y a la reconnaissance.

JEAN BAUDRY

Bruel !

BRUEL

Mais vous ne pouvez pas devoir de reconnaissance à Olivier.

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