‹ Le marquis de VillemerChapitre 167 sur 197 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

JEAN BAUDRY, BRLEL.

JEAN BAUDRY

Comment ce verre a-t-ii pu se casser?

BRUEL

Une maladresse. Votre Olivier ne sait pas ce qu'il fait ce soir.

JEAN BAUDRY

Olivier?

BRUEL

Tout à l'heure, il ne s'apercevait pas qu'il buvait de l'eau-de-vie coup sur coup; maintenant, il brise son verre.

JEAN BAUDRY, r^ganlant lo plateau.

Il n'a pas pris la tasse qu'Andrée lui avait versée. — Est-ce qu'Andrée et Olivier sont mal ensemble?

BRUEL

Mal?

JEAN B A U D l\ Y.

Je ne vois plus rien, moi, depuis dix jours; je ne sais plus ce qui se passe autour de moi ; je vis dans un éblouissement. Vous n'avez rien remarqué, vous?

78 JEAN BAUDRY

BRUEL

Piien du tout.

Il n'y a rien, c'est évident. — Gomment étaient -ils l'un pour l'autre à Paris?

BRUEL

Je n'y ai passé qu'un jour.

JEAN BAUDRY

Madame Gervais pourra nous le dire.

BRUEL

Si elle vient.

JEAN BAUDRY

Je serais désolé qu'ils fussent mal l'un pom' l'autre.

BRUEL

Désolé! Vous feriez croire que vous avez peur de lui.

JEAN BAUDRY

On a toujours peur de ceux qu'on aime.

BRUEL

Vous l'aimez à ce point! Ah çà! mon cher Baudry, vous ne voulez donc pas me dire ce que c'est que cet Olivier ?

JEAN BAUDRY

Je vous l'ai dit.

BRUEL

Un enfant sans parents, que vous avez recueilli et auquel vous vous êtes attaché. L'autre jour, vous êtes resté à Paris pour lui, malgré votre amitié pour moi et votre affection pour Andrée. Vous pouvez dire que vous lui êtes attaché solidement.

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