ACTE TROISIÈME
mon arrivée. Et puis, moi, je suis allée à votre ancienne maison, où je n'ai trouvé personne, pas même de portier, puisqu'on n'en a pas au Havre. Ah çà ! pourquoi n'a-t-on pas de portiers auïlavre? 11 me semble que je ne pourrais jamais m'en passer. Je ne sais pas trop à quoi ils servent; mais il faut qu'ils soient bien nécessaires, car ils ont bien des inconvénients. J'ai questionné les voisins, qui m'ont dit que vous étiez à Graville, chez monsieur Baudry. Explique-moi donc pourquoi vous êtes chez monsieur Baudry.
JEAN BAUDRV, s'avanrant.
Madame...
MADAME GEUVAIS.
Ah! monsieur Baudry. Excusez-moi d'entrer chez vous comme une bourrasque.
JEAN BAUDRY
Madame, vous êtes chez vous.
MADAME GERVAIS
C'est la faute de cette petite fille et de son père, qui n'ont pas jugé convenable de se déranger pour moi et qui me forcent de venir les chercher jusqu'ici, (ouvior parait à
la porte. )
JEAN BAUDRY
Madame, monsieur Bruel va revenir: en son absence, permettez-moi de vous présenter le mari de mademoiselle Andrée.
MADAME GEUVAIS.
Son mari !
JEAN BAUDRY
Oh 1 son futur. Entre donc, Olivier.
98 JEAN BAUDRY
MADAME GERVAIS
Monsieur Olivier ! (Aiiant à lui.) Je le savais bien, moi, que vous aimiez Andrée !
ANDRÉE
Ma tante !
JEAN BAUDRY, à part.
Ah!
OLIVIER, à part.
Soit.
ANDRÉE
C'est monsieur Baudry que j'épouse.
MADAME GERVAIS
Monsieur Baudry ? Certainement... Je... Est-ce que?... (Bas cà AndiOe.) Tu es aimable, toi, tu ne m'avertis pas!
JEAN BAUDRY
Je crois, en effet, monsieur, que votre présence est nécessaire à Paris.
OLIVIER
Vous croyez ?
JEAN BAUDRY
J'en suis sûr.
MADAME GERVAIS, lias à Andrée.
Tu vois ! ,
OLIVIER, à part.
Ail ! on me chasse ! Je m'en allais; mais, puisqu'on me chasse comme un laquais !... (Bas à Andrée. ) Il faut que je VOUS parle. Cette nuit.
ANDRÉE, bas.
Non.