‹ Le marquis de VillemerChapitre 192 sur 197 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

JEAN BAUDRY, OLIVIER

JEAN BAUDRY

Que voulez-voLis à mademoiselle Andrée ?

OLIVIER, à part.

Lui!

JEAN BAUDRY

Je croyais que vous n'étiez plus dans cette maison.

OLIVIER

J'avais oublié...

Ne mentez pas!

JEAN BAUDRY

OLIVIER

Monsieur !

JEAN BAUDRY

Malheureux! c'est donc vrai? J'en doutais encore. Je ne pouvais croire à tant de honte. Tu vois, ton action est si abominable que tu es obligé de la nier, oui, de mentir, et que, même toi qui es capable de la faire, tu n'es pas capable de la dire !

112 JEAN BAUDRY

OLIVIER

Eh bien, non ! je ne mentirai pas. Assez d'hypocrisie. Oui, je suis venu pour elle.

JEAN BAUDRY

Qu'espérais-tu ? La trouver peut-être ?

OLIVIER

Ou la faire venir.

JEAN BAUDRY

Et alors l'efiTrayer, la troubler de la menace d'un scandale ? et, si elle n'obéissait pas, rester, te faire surprendre par les domestiques, la compromettre, déshonorer une jeune fille et votre père !

OLIVIER

Je l'aime. Je l'aimais avant de savoir que vous pensiez à elle. Je n'ai pas cessé de l'aimer à la minute, c'est vrai, voilà mon crime. Je l'adore, et je viens vous la disputer. Je sais que c'est mal. Croyez-vous que je me donne raison? Ce soir, je me dévouais , je m'en allais, il ne fallait pas me chasser. Maintenant, la passion m'a repris. Je n'y peux rien, j'ai dans le cœur une démence qui me mène où il lui plaît. Ce n'est pas à moi que vous parlez, c'est à un fou. Tuez-moi si vous voulez, je l'aime. Personne n'existe plus. Il n'y a plus de protecteur ni d'obligé, de père ni de fds; il y a un jeune homme...

JEAN BAUDRY

Ah ! oui.

Il y a un jeune homme et une jeune fille , et l'amour qui commande !

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