ACTE PREMIER
LE ni'c.
Mais... vous no pouvez pas me déranger puisque je suis seul,
et que nous sommes tous deux de la maison ; car... si je ne me
trompe, vous êtes la personne qui succède à mademoiselle Ar-
témise.
CAROLINE
Oui, monsieur, c'est moi qui hi remplace.
LE DUC
Comme le printemps remplace l'Iiiver, en le faisant oublier. Oh! vous n'avez pas connu Arlémise! elle était plus aigre que la bise de décembre; je suis sûr qu'elle m'a donné mon premier rhumatisme.
CA u 0 L 1 N i: .
Êtes-vous guéri, au moins, monsieur?
LE DUC
Oui.
CAROLINE
J'en suis bien aise.
LE DUC
Oh! mais on peut causer avec vous!... Vous ne l'avez pas connue ?
Mademoiselle Artémise? Non, monsieur.
LE DUC
Avez-vous vu des albatros ?
CAROLINE
Jamais.
LE DUC
Pas môme empaillés?
CAROLINE
Pas môme empaillés.
LE nue.
Il faut voir ça, il y en a au Jardin des Plantes. C'est trèscurieux.
CAROLINE, se retenant de rire.
Je sais que c'est un oiseau de mer.
LE DUC
Justement! avec un srand bec terminé par un crochet, (la mange toute la journée. Ça a le dos moitié blanc, moilié brun, et des pattes... Eh bien, mademoiselle Artémise... (Caroline éciaiede tire.) Ah! VOUS riez donc, vous ? Enfin, on va rire ici ! A propos, est-ce que c'est impertinent, de vous demander votre nom ? J'avais deviné celui d'Artémise. Il y a comme ça des figures qui disent leur nom. Attendez que j& trouve le vôtre... Marie?. ^. Blanche ?...
CAKOLIXE.
LE DUC
Louise?... Charlotte?...
Vous brûlez.
Caroline?
C'est cela.
CAROLINE
LE DUC
CAROLINE
LE DUC
Et vous arrivez de province ?
CAROLINE
De la campagne.
LE DUC
Mais pourquoi n'avez-vous pas les mains rouges, puisque vous arrivez de la campagne?
CAROLINE
C'est que j'ai été élevée à Paris.
LE DUC
Et vous n'allez pas vous ennuyer ici ?
CAROLINE
Jie ne m'ennuie jamais.