ACTE deuxième
affreusement laides ou affreusement vertueuses. Allons, venez. La chère mam;in vous attend avec une impatience !...
D UN 1ÈRE s.
Elle est plus calme à présent!
LE DUC
Votre pupille vient de passer chez elle?
I) UN 1ERE s, montrant l'antichambre.
Oui, je viens de la faire entrer par là.
LE DUC
Comme ça, mystérieusement?... Vous ne voulez donc pas que je la voie ?
DUNIÈRES.
Si fait; mais l'enfant est fort timide, et... Ah çà ! vous savez donc...?
LE DUC
A l'instant, je viens de recevoir la confidence du grand projet, et j'en suis ravi.
DUNIÈRES.
Moi, je veux que vous me conduisiez chez votre frère... Il est vrai qu'il ne voudra peut-être pas se montrer; croyez-vous qu'il se doute...?
LE nue.
Je crois qu'il devine et qu'il se défend; mais, si votre pupille est jolie... Est-elle jolie ?
DUNIÈRES.
Pas mal.
LE DUC
Pas mal ? Mais savez-vous que je l'ai connue toute petite dans le Midi? C'était un vrai chérubin...
DUNIÈRES.
Elle est bien changée.
LE DUC
Vraiment?
iS LE MAKOUIS DK VILLEMER.
DL'.MÈH iiS.
Oui, elle est grandie.
LE DUC
Voilà tout? Vous m'avez fait peur; mais si ce n'e?t que ça? (sérieuï.) Pouilatît, j'ai une autre inquiétude: il parait qu'elle est très-riche ?
DUMÈ RE s.
Vous trouvez que c'est un défjut ?
LE DUC
C'est que... j'ai un secret à vous dire, moi ! un secret dont ma mère ne se doute pas... Voyons, mademoiselle Diane est trèsriche, très-riche?
DUMÈRES.
Eh! oui; plus que votre frère, qui a pourtant...
LE DUC
Sacrebleu! mon frère n'a plus rien.
DUNIÈRES.
Eh bien, et sa fortune?
LE DUC
Je l'ai mangée !
DUMt:RES.
La sienne aussi ?
LE DUC
Sans le savoir. Il a payé mes dettes sans m'avertir.
DUMÈRES.
Belle action fil a fait son devoir.
LE DUC
Ne dites pas ça, Dunières, ce n'est pas vrai !
DUNIÈRES.
Pourquoi l'a-t-il fait, alors?
LE DUC
Parce qu'il m'aime.