ACTE DKLXI EME
DUMÈRES.
C'est encore plus beau.
Oui, c'est beau, mais c'est insensé. Il manque un mariage superbe... et charmant [)eut-èlre ! Il manquera tous les mariages à présenti
DUXIÈR ES.
Voyons, voyons, n'allons pas si vite ! Est-il tout à fait ruiné?
LE DUC
Au train dont j'ai été, il doit Tètre.
DUXIÈR ES.
Alors, embrassez-moi, c'est vous qui le mariez!
LE DUC
Je vous embrasserai après, quand j'aurai compris.
DUNIÈRES.
Figurez-vous que mademoiselle de Saintrailles est... comment dirai-je ? une âme chevaleresque, une héroïne... légendaire! voilà le mot! Elle ne voulait épouser qu'un homme ruiné!... mais ruiné par quelque noble sacrifice. Voilà son alFaire !
LE DUC
Mais, alors, ce n'est pas vous qu'il faut embrasser, c'est mademoiselle de Saintrailles!
DUMÈRES.
Oh!...
LE DUC, passant à droite.
Laissez-moi dire des folies ! Vous me faites un bien !... Ainsi, en ruinant mon frère, je l'ai enrichi ?
DUMÈRES.
Probablement ! mais ne recommencez pas.
LE DUC
Oh! à présent, à moins d'être un malhonnête homme...
1) UNIE RE s.
C'est jii^te; on peut 6lre li-anquille. Dépôchez-vous d'amener Urbain ici sous un prétexte.
LE DUC
Il n'y a pas besoin de prétexte! du moment que je hii dirai le caractère de la jeune personne, il voudra certainement \oir sa figure.
DUMÈRES.
Allez donc!
LE DUC, passant à gauclie.
Je vole! Mais suis-je heureux, moi! ( s'arrêtant.) Dites donc, Dunières; et on prétend que la vertu porte bonheur!
DUMÎiRES.
Vous en êtes bien la preuve! Mais courez donc, ces dames
viennent ici. (Le duc sort par le fond. — La marquise et Diane entrent par la gauche. )