LI-: DUC, de même
Non pas, elle est émue, je \eux lui parler.
URBAIN
De quoi donc ?
LE u u r..
Tu vas voir!... Mademoiselle de Saint-Geneix!... après ce que vous venez de dire...
u R B A I X , avec autorité.
Mademoiselle de Sainl-Geneix, avcz-vous eu l'obligeance de faire les comptes du mois?
CAROLIXE.
Pas tout à fait , monsieur le marquis; les voulez-vous?
URBAIN
Il les faudrait ce soir.
LF. DUC.
Mais non ! demain !
CAROLINE, passant au milieu.
Non, tout de suite. Je vais les rassembler et vous les apporter, monsieur le marquis. fEUe sort par la galerie ù gauche.)
scÈ^E m.
LE DL'C, URBAIN, sur le canapé.
Tu lui donnes des ordres comme à un domeslique, ma parole d'honneur!
URBAIN
Je ne donne jamais d'ordres!
le: duc.
■ Appelle ça comme tu voudras, c'est désobligeant pour moi,
ce que lu viens de faire.
92 LE 3IAKQUIS DE YILLEMER.
URBAIN
Dans quel sens ?
LE DUC
Dans ce sens que le moment était venu, et qu'il me semblait li'»n pour lui dire tout haut...
URBAIN
Quoi •?
LE DUC
Eh! ce que je te disais tout bas: qu'elle est adorable!
Penses-tu à ce que tu dis là?
LE DUC
Je crois bien ! 3Iais tu ne la vois donc pas, mon cher? Pas de faux cheveux, pas de poudre de riz... Une femme nature! comme c'est rare! un esprit, une grâce, une... Ah!
URBAIN
Te voilà amoureux fou?
LE DUC
Je ne sais pas, mais je dois l'être, car je suis d'un bète!...
URBAIN
Et la parole que tu as donnée à notre mère?
LE DUC
Je ne lui ai pas donné ma parole d'être aveugle. Mademoiselle de Saint-Geneix me plaît, elle me tourne la tête, elle m'enthousiasme! ça n'est pas ma faute. Je sens qu'elle a plus d'esprit que moi, et ça m'enchante de subir sa supériorité; qu'est-ce que tu veux que j'y fasse?
URBAIN
Alors... c'est un mariage que tu allais lui proposer tout à l'heure?
LE DUC
Oui, mais j'ai été si maladroit!... elle n'aura pas compris.