ACTE TROISIÈME
respectés... Vous ne devez pas souffrir qu'on vous rende malheureuse. Personne n'a ce droit-là, ententiez-vous ? personne! Un homme qui ne peut pus vous épouser ne doit pas seulement vous regarder, et... M. le marquis vous regarde trop.
CAROLINE, vivement et se levant.
Ne dis pas cela ! Tu te trompes 1
PIERRE, sévèrement.
Et VOUS, vous cherchez à vous tromper vous-même... Ça ne vaut rien.
CAROLINE, retombant sur la chaise en sanglotant.
Pierre... Ah ! que tu me fais de mal!
PIERRE
Oui, je vois bien ! mais si c'est mon devoir !
CAROLINE, énergiquement.
Eh bien, je connais le mien; je le remplirai jusqu'au bout. (Elle se lève et passe à droite.) Je verrai avcc Satisfaction le mariage qui se prépare et j'y travaillerai de toutes mes forces. Tu peux être tranquille, je serai digne de mon père, et, si tu me vois faiblir, gronde-moi, je le veux bien... je l'en prie ! Tiens, donnemoi un verre d'eau. (Pierre va le chercher et le lui présente.)
PIERRE
Oui, c'est cela, remettez-vous.
CAROLINE
Merci! (EUe boit un peu, mouille son niouclioir dont elle essuie ses yeux.'
C'est uni, vois !
PIERRE
Courage, mademoiselle, courage !
Oui, mon ami ! (Le duc entre par la galerie, Pierre sort par le fond.)