‹ Le martyologe de l'église du JaponChapitre 2 sur 16 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Nous comprenons sous ce titre les martyrs du Japon, qui n'ont été jusqu'ici ni canonisés, ni béatifiés, ni même, que nous sachions, déclarés Vénérables par le Saint-Siège. Ce titre de « Vénérable »que nous leur donnons, n'a donc, à nos yeux, qu'une valeur honorifique.

Parmi ces Martyrs, nous comptons : trente et un Prêtres de la Compagnie de Jésus ; sept Prêtres de l'Ordre de Saint-Augustin ; dix Prêtres de l'Ordre de Saint -Dominique; deux Prêtres de l'Ordre de Saint-François ; un Prêtre de l'Ordre des Trinitaires ; deux Prêtres séculiers, l'un Japonais et l'autre Sicilien.

Acàfocri Micbel, Japonais de Tasoco, en Fingo, décapité pour la foi, à A ri ma, le 22 novembre 1614, à l'Age de dix-neuf ans.

Le 16 novembre 1614, Safioyé se rendit en Arima pour y sévir contre les chrétiens. Il avait réuni Tannée précédente le gouvernement de cette contrée, laquelle était aussi du domaine immédiat du Ghôgoun, au gouvernement de Nangasaki, et il avait à cœur de faire éclater son zèle en déracinant la religion dans les possessions impériales. Il n'osait pas d'ailleurs commencer par Nangasaki, car un soulèvement était à craindre, et d'autre part la révolte d'Ozacca et la guerre qui venait d'éclater entre Findeyoriet Daïfousama l'obligeaient de réaliser dans un bref délai la réduction des Arimans. Il partit donc avec Souroungadono, commissaire impérial, et une force d'environ dix mille hommes, formée des contingents de Satsouma et de Figen. Cette armée se rendit d'abord à Chimabara. Safioyé y fit proclamer des menaces terribles. « Les chrétiens, disait-il, désiraient la mort afin d'être vénérés comme martyrs ; ici, l'on ne voulait pas les mettre à mort, mais prolonger leur vie dans de cruels supplices et dans des épreuves irrésistibles, La plus sensible de ces épreuves devait être de réduire les femmes en servitude, et de conduire les plus belles à Méaco, pour y peupler les sérails et les lieux de débauche. Si les populations renonçaient à la religion de Jésus-Christ, elles seraient exemptées des impôts et des services publics, et l'on

ferait venir dans leurs ports des navires chinois pour y faire le commerce et enrichir la contrée. »

Les habitants de Chimabara répondirent « que plus lente serait la mort, et plus les chrétiens acquerraient de mérites et deviendraient dignes des récompenses célestes. Quant à leurs femmes et à leurs filles, elles ne perdraient point l'honneur, mais verraient leurs épreuves en rehausser l'éclat. »

Les persécuteurs trouvèrent à Cotchinotson la même fermeté. Ils firent inscrire dans cette dernière place cent douze chefs de maisons avec leurs familles, et passèrent plus avant.

Ils se divisèrent en trois bandes; Safioyé et Souroungadono devaient résider dans la capitale d'Àrima, laquelle était à deux lieues de Cotchinotsou. Figendono se réserva la ville et ses dépendances. Le prince de Firando devait examiner les chrétiens de Chingiwa et Obama, situées à l'occident, et le prince de Satsouma ceux de Miye, Chimabara, Ariye et des autres places.

Safioyé chargea de présider comme juges à l'œuvre d'Arima Matsouchiro, son ami, et Gonzayémon, fils de Souroungadono. Les « \Votonas » d'Arima et les chefs des villages comparurent au tribunal et répondirent avec fermeté. Le lendemain, 21 du mois, on los

convoqua sur l'ancien emplacement du collège. Il en parut environ deux cents. Les moins courageux avaient fui. L'on inscrivit les noms des présents, et on les conduisit à un endroit voisin, où avaient été en dernier lieu le collège et Fégl i se paroissiale de la Compagnie de Jésus, élevés par le prince Protais d'Arima et ruinés par Michel, son fils apostat. Mille soldats gardaient l'enceinte ; au centre se trouvaient vingt satellites munis de cordes. À mesure que les chrétiens entraient, ils étaient saisis avec des crocs de fer par la chevelure ou parles oreilles, traînés, accablés de coups, dépouillés nus, liés étroitement et foulés aux pieds, frappés sur le visage même avec des souliers de paille imprégnés de fange, ce qui était le dernier des ailronts, selon les mœurs japonaises. Pendant tout ce temps, ils récitaient à haute voix des psaumes et des prières ; on les obligea de se taire, en les frappant avec violence.

Soixante-dix persévérèrent dans la foi. On les mit en garde pour la nuit dans des maisons de la ville. Le 22 au matin, on les ramena, la hart au cou, et on les soumit à de nouvelles épreuves. Trente-quatre eurent les jambes placées entre deux ais, que l'on serra violemment, et Ton monta dessus; les os de plusieurs s'en trouvèrent rompus ; quelques individus faiblirent et renièrent la foi. En même temps, on

menaça d'exposer nues les femmes et d'écraser les enfants. On faisait tout pour en diminuer le nombre. On renvoya plusieurs individus, qui étaient compromis seulement comme hôtes, et d'autres, sur les sollicitations de leurs parents. Enfin, malgré que Ton eût annoncé qu'il ne serait fait aucun martyr, et que ce fût contraire aux ordres impériaux, l'on choisit, afin de faire un grand exemple, dix-sept des plus constants, et on les décapita le 22 novembre. Parmi eux étaient Michel Nichi Chitchiroyémon qui, au moment où on l'attachait, voyant que d'autres chrétiens étaicut nus, arracha son vêtement, afin de partager leur humiliation; Adrien Ocouméra Jouyémon, qui, voyant son frère accablé sous les coups et tout couvert de sang, lui dit : « Mon heureux frère, ayez bon courage, car votre sang est bien employé pour ce Dieu qui a répandu pour vous tout son sang » ; Jean Nacamoura Sosouké, qui demanda de mourir le dernier de tous, afin de pouvoir encourager ]es autres, et qui se plaça vers la partie latérale du terrain, et put accomplir jusqu'à la fin la mission qu'il s'était donnée ; enfin l'humble André Yoconzou Jinchiro, qui se déclarait un si grand pécheur qu'il croyait à peine pouvoir être sauvé, si ce n'est par la voie du martyre, seul moyen à ses yeux d'acquitter sa dette immense envers la majesté divine. Dans la torture, on

lui avait brisé les jambes, et il se traîna sur les genoux pour aller à la mort. Le lendemain, pour compléter le nombre de vingt, Ton immola Thomas Cacounay, dont on avait dit faussement qu'il avait apostasie et deux autres.

Michel Acafochi, qui fut l'un des martyrs, était de race noble. Fait prisonnier dans la guerre, il fut vendu à un marchand d'Arima, qui était chrétien. 11 menait dans la maison de son maître une vie exemplaire. Apprenant que des chrétiens étaient torturés, il se sentit enflammé du désir de mourir pour Jésus-Christ, et accourut au lieu des supplices ; trouvant la porte occupée par des soldats, il franchit l'enceinte. Rejeté par les ministres, qui avaient pitié de sa jeunesse et de son courage, il entra de nouveau, fut dépouillé et traité comme les autres.

Apres ces supplices, les corps des victimes furent hachés en pièces, et les débris jetés en un monceau. Les têtes furent mises à part et gardées par des soldats.

Les gentils étaient dans l'admiration, et ils disaient : « Si ces hommes n'avaient pas connu que leur religion était la voie du salut, auraientils enduré de pareils supplices et la mort même, avec l'allégresse qu'ils ont fait paraître, sans garder souvenir de femmes, ni d'enfants, ni de parents, ni de rien au monde? »

Pendant l'examen d'Arima, les Satsoumans suivirent le littoral dans la direction de l'Orient, et allèrent à Miye, à Chimabara et dans les villages. Ces gens de guerre, accoutumés à oe verser le sang qu'au milieu des combats, firent à l'avance inviter les chrétiens à s'éloigner pour un temps ; la plupart se rendirent dans les montagnes. Les Satsoumans feignirent d'avoir exécuté les ordres, et déclarèrent qu'il n y avait plus de chrétiens dans le pays.

Adami, Jean-Matthieu, Prêtre de la Compagnie de Jésus, né à Mazzara, en Sicile, arrive au Japon en 1604. Il est exilé à Macao en 1614. Il revient bientôt au Japon, et accomplit pendant dix-neuf années des travaux et des voyages continuels, surtout dans les provinces du Nord; il meurt enfin pour la foi, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 22 octobre 1633.

Agathe, de la province d'Omi, brûlée vive pour la foi, à Méaco le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)

Agathe, épouse du V. Arasouki, décapitée

pour la foi, à Omoura, le 9 octobre 1621. Elle était enceinte et âgée de dix-sept ans. (Voir V. Arasouki.)

Agathe, épouse du V. Thomas Chingoro, précipitée dans la mer avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627, à Vàge de cinquante-neuf ans. On lui avait auparavant coupé plusieurs doigts de la main. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Agnès, belle-mère du V. François Kisouké Womoghi, hôtesse des religieux, décapitée pour la foi, à Conga, le 23 février 1627, à l'Age de soixante-quinze ans.

Agnès, épouse du V. Matthieu Rocoubioyé, décapitée pour la foi, à Nifonmatchi, en Wôchou, le 8 février 1632.

Akita, Louis, né dans le Chicocou, de parents très nobles, ancien officier de l'amiral Augustin Tsoucamidono, fut décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 18 décembre 1625.

Albert du Saint-Esprit, Prêtre de l'Ordre de la Très Sainte-Trinité. Ce religieux, né à Messine, et fils religieux du couvent de cette ville, se rendait à Gênes, quand il fut pris par des corsaires turcs et conduit à Constantinople. Il fut acheté par un marchand de Babylone, qui Temmena au Japon. C'est là que la divine Providence avait marqué le terme de ses épreuves et préparé sa couronne. Après avoir enseigné secrètement, il osa prêcher en public. Mais, bientôt, amené devant le gouverneur, il fut soumis à d'incroyables tortures. On le tenailla longtemps avec des fers rougis, jusqu'à lui découvrir le cœur ; enfin on lui arracha ce cœur palpitant. Son martyre eut lieu le 17 avril 1634, à Nangasaki.

Albert, né dans l'Ile de Timor, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de dixsept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Alexis, fils du V. Jacques Ficozayémon, décapité pour la foi, àCourosaki, en Omoura, le

28 septembre 1630. Il était Confrère de la Courroie.

Alvaro, Cafre, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Ambroise, Japonais, Confrère du Saint-Rosaire et catéchiste des PP. Dominicains, mort de misère, après quatre mois de captivité pour la foi, dans la prison même de Nangasaki, vers le 30 mai 1619. Il était aveugle.

André, contremaître de navire, Confrère du Saint-Rosaire, hôte des PP. Dominicains, condamné à mort avec treize autres personnes, pour avoir pris part au débarquement du prêtre François, fils de Toan, gouverneur de Nangasaki, et en conséquence brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.

André, né à Todgi, en Boungo, fils du V. Léon Chinyémon, massacré pour la foi, à

Ousouki, en Boungo, le 28 mai 1624, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Léon Chinyémon.)

André, lépreux, mort de faim et de misère, pour la foi, dans la prison de Yédo, en 1626 ou 1627.

André, fils de la V. Marie (d'Omoura), décapité pour la foi, en Omoura, le 30 août 1627.

Anne, épouse du V. Mathias Ghoan, brûlée vive pour la foi, enTsoungarou, le 4 août 1617. (Voir V. Choan Mathias.)

Anne, épouse du V. Jean Jifioyé Chimanda, décapitée pour la foi, à Cocoura, en Bougen, le 28 février 1618.

Anne, de la province de Tamba, mère du V. Thomas Yoyémon, brûlée vive pour la foi, à Méaco le 7 octobre 1619.

Anne, néeàYourino-Chonaï, en De wa, épouse

du Y. Joachim, décapitée pour la foi, à Mizzousawa, en Wôchou, le 6 novembre 1620, à l'âge de soixante ans. (Voir V. Joachim d'Yourino- Ghonaï.)

Anne, épouse du V. Jean ÂnzaI, morte pour la foi, à Chendal, en Wôchou, à l'âge d'environ soixante-dix ans. (VoirV. Anzaï,Jean.)

Anne, mère du V. Matthieu Ghengoro, décapitée pour la foi, à Coubota, en Dewa, le 4 août 1624. Elle était de Térazawa, en Chembocou.

Anne, lépreuse, morte de misère et de faim, pour la foi, dans la prison de Yédo, en 1626 ou 1627.

Anne, épouse du V. Louis Inyémon, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629, dans un âge avancé. (Voir V. Inyémon, Louis.)

Anne, épouse du V. Jean Mino, crucifiée et frappée à mort, pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 19 janvier 1629. (Voir V. Mino.)

Anne, mère du V. Jean Mitchicava, brûlée vive et à feu lent, pour la foi, à Yédo, le 13 janvier 1632.

Anne, épouse du V. Jean Vomori Kiyémon, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, en Wôchou, le 8 février 1632.

Anne, épouse du V. Valentin Nacamaki Mondo, décapitée pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.

Anne, X., brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Antoine, de Yamato, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)

Antoine, fils du V. Jean Tchoan, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 24 juillet 1620.

Antoine, X. , brûlé vif pour la foi, près de Yédo,

le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Antoine, de Chimabara, fils du V. Paul Outchibori Sacouyémon, submergé avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627. Il était encore jeune. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Antoine, fils de la B. Françoise, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 17 août 1627, à l'Age de vingt-cinq ans.

Antoine, compagnon du V. Léon Courobioyé et Tertiaire profès de Saint-Dominique; mis à mort pour la foi, en 1628, probablement à Nangasaki.

Antoine, Balallais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1610, à l'âge de vingt ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Antoine, Cafrc, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le

3 août 1640, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Amoine, Chinois, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de huit ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Anzaï, Jean, mort pour la foi à Chendaï, le 1er février 1624, à l'âge de soixante-dix ans. Il était médecin de profession, et ancien hôte du P. Jacques de Carvalho, Jésuite. Anne, sa femme, était d'un âge également avancé . Souwo, le principal gouverneur, les fit mener au fleuve qui traverse la ville et plonger dans les eaux à demi glacées ; on les descendait par intervalles, tantôt jusqu'aux genoux, tantôt jusqu'à la ceinture. Après trois heures, on les fit sortir du fleuve, et on les mit nus sur des chevaux; et on les conduisit par la ville, en s'arrêtant à chaque rue pour les inonder d'eau froide ; enfin ils expirèrent plus riches en mérites que chargés d'années, laissant aux chrétiens leur merveilleux exemple, et ayant rempli d'admiration les païens eux-mêmes.

Apollinaire, mort de faim, pour la foi, dans un cachot, à Yédo, au mois d'août 1613.

28 septembre 1630. Il était Confrère de la Courroie.

Alvxro, Cafrc, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Ambroise, Japonais, Confrère du Saint-Rosaire et catéchiste des PP. Dominicains, mort de misère, après quatre mois de captivité pour la foi, dans la prison même de Nangasaki, vers le 30 mai 1619. Il était aveugle.

André, contremaître de navire, Confrère du Saint-Rosaire, hôte des PP. Dominicains, condamné à mort avec treize autres personnes, pour avoir pris part au débarquement du prêtre François, fils de Toan, gouverneur de Nangasaki, et en conséquence brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.

André, né à Todgi, en Roungo, fils du V. Léon Chinyémon, massacré pour la foi, à

Ousouki, en Boungo, le 28 mai 1624, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Léon Chinyémon.)

André, lépreux, mort de faim et de misère, pour la foi, dans la prison de Yédo, en 1626 ou 1627.

André, fils de la V. Marie (d'Omoura), décapité pour la foi, en Omoura, le 30 août 1627.

Anne, épouse du V. Mathias Choan, brûlée vive pour la foi, enTsoungarou, le 4 août 1617. (Voir V. Choan Mathias.)

Anne, épouse du V. Jean Jifioyé Chimanda, décapitée pour la foi, à Cocoura, en Bougen, le 28 février 1618.

Anne, de la province de Tamba, mère du V. Thomas Yoyémon, brûlée vive pour la foi, à Méaco le 7 octobre 1619.

Anne, néeàYourino-Chonaï, en Dewa, épouse

Le 17 août, on fit venir les prisonniers d'Asacousa, au nombre de quatorze; ils furent également décapités. La sentence portait qu'ils avaient promis d'apostasier et qu'ils étaient relaps. C'était vrai pour trois ou quatre seulement qui avaient défailli, mais qui l'expièrent glorieusement. Les juges mentaient pour les autres. Pour tous ces^martyrs, on éprouva les épées sur leurs cadavres, et les débris furent gardés sept jours.

Le 7 septembre, Jean Mimbocou, serviteur et catéchiste du P. Sotélo, excellent prédicateur, fut conduit à la mort en compagnie de Grégoire, serviteur et catéchiste des PP. Franciscains, et de deux jeunes gens Paul et Grégoire Yolioyé, pages d'un seigneur, et d'un gentil baptisé dans la prison. Jean Mimbocou prêcha la parole divine jusqu'au lieu du supplice. Ils furent tous décapités.

Laurent Itacoura, catéchiste des PP. Franciscains et insigne prédicateur, déploya un grand courage en présence de la justice. 11 demeura cinq ans dans les fers jusqu'au jour de sa bienheureuse mort, en 1617.

Aracawa, Adam, décapité pour la foi, à Foucouro, dans l'Ile de Chiki, le 5 juin 1614, à l'âge de soixante ans.

Il existait à Foucouro , village de File de Chiki, un bon chrétien nommé Adam Aracawa, ancien « Cambô » de l'église, et chargé par le missionnaire du soin d'assister les chrétiens, de baptiser les nouveau-nés , de visiter les malades et d'ensevelir les morts. Il fut vivement persécuté par Chiroyémon, bienveillant jadis et sympathique à la religion, mais alors empressé servilement d'obéir au Coubosama. Adam fut promené nu , et ensuite lié et suspendu entre deux poteaux. Il endura ce dernier tourment pendant toutes les journées, depuis le vendredi avant les Rameaux, 20 novembre 1614, jusqu'au samedi saint; la nuit, on le déposait dans une maison, de crainte que le froid ne le fit périr; car on évitait de faire des martyrs que les chrétiens auraient vénérés, ces honneurs excitant au plus haut degré l'indignation des païens. La femme d'Adam, nommée Marie, Chinoise d'un certain âge, fut conduite en un lieu infâme, et, saisie d'horreur, promit d'apostasier. Adam la fit repentir.

On finit par déposer Adam comme prisonnier dans la maison d'un chrétien; il y demeura soixante jours jusqu'à son sacrifice. Il consacra tout cet intervalle à de saints exercices, tels quïl convenait à un futur martyr. Le gouverneur le fit menacer de lui faire couper les doigts des mains et des pieds, non pas tous ensemble, mais

un à un, et à mesure que chaque blessure aurait été guérie, de façon à renouveler la peine et accroître infiniment la peine. Adam protesta qu'il était disposé atout souffrir, et qu'il espérait que Dieu lui donnerait la faculté de le faire pour son amour, et en expiation de ses propres fautes. Après cette réponse, Adam se sentit comme transformé et devenu plus parfait, et fut consolé par des joies vraiment célestes. Il eut une vision de la très sainte Vierge qui portait une croix entre ses mains, ce qui lui parut un présage de martyre. En effet, les conseillers de Ghimandono, malgré la défense de ce seigneur de condamner personne à mort, invitèrent le gouverneur de Chiki à se débarrasser d'un rebelle incorrigible. Adam fut enfermé dans la citadelle pour être conduit de là au supplice. Le lendemain 5 juin, au premier chant du coq, Adam fut dirigé vers la place de l'exécution. La nuit était sombre et le chemin difficile; mais le saint vieillard bondissait comme un cerf, et ne broncha pas une seule fois. Arrivé sur le lieu même, il se mit à genoux et fit oraison pendant quelque temps. Bientôt le bourreau le frappa de son épée et le blessa d'abord à l'épaule. Deux autres coups furent nécessaires pour détacher la tôte. Les reliques d'Adam furent mises dans un filet, liées à de grosses pierres et jetées à la mer. Les chrétiens

purent seulement recueillir la terre imprégnée de sang. Les païens, qui avaient été présents au supplice, affirmèrent que la tête du martyr, séparée du tronc, prononça par deux fois le nom de Jésus.

Arasouki, Pierre, décapité pour la foi, à Omoura, le 7 octobre 1621, à l'âge de vingt-six ans. Deux jours après son supplice, Agathe, femme de Pierre, enceinte et âgée de dix-sept ans, Justa, sa mère et Marie, sa sœur, furent décapitées dans le même lieu.

Pierre, baptisé dès l'enfance et qui avait toujours été pieux et intérieur, fut cité devant les juges pour avoir reçu des religieux. 11 se disculpa de certaines calomnies, afin de mourir à titre de chrétien, et non pour une autre cause. 11 alla au supplice en récitant le Confiteor.

Sa mère et sa sœur, tentées par le juge, résistèrent héroïquement. Et Agathe, veuve de la veille, répondit ces belles paroles au juge qui lui offrait de faire élever l'enfant dont elle était enceinte : « Le gage précieux de l'amour de mon mari, gage que je porte dans mes entrailles, je ne veux le confier à personne sur la terre, et je le remettrai dans le ciel à son père. En effet, j'ai la confiance que par l'intercession de mon mari, et bien plus encore, grâce à l'infinie

miséricorde de Dieu, j'obtiendrai le privilège de donner ma vie pour Jésus-Christ. » Condamnées toutes trois à mourir dans la nuit même, elles s'habillèrent comme pour un jour de noces, et se mirent en chemin, accompagnées par trois cents chrétiens. Elles partagèrent leurs rosaires entre tous, donnant un Ave Maria à chacun. Agathe occupa le milieu, à la place même où son mari avait reçu la mort ; Jus ta s'agenouilla à sa droite, et Marie à sa gauche. Après une longue oraison, elles furent décapitées. Le corps de Pierre et un autre furent portés au P. Collado, Dominicain.

Aranjo, Michel, Chinois, né et marié à Macao, matelot à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Aritémon, Melchior Moro, décapité pour la foi, à Fonconofara, près Nangasaki, le 28 octobre 1630, à l'âge de quarante ans.

Arizô, Pierre, Coréen, âgé de vingt-huit ans, ancien trésorier du prince, Confrère du Rosaire et Majordome à Yédo d'une confrérie du Cor-

don de Saint-François, fut arrêté pour avoir fait passer des fruits de primeur aux chrétiens prisonniers, et fut massacré dans sa maison, à Omoura, le 19 juillet 1619.

Arroyo (Alponse de), Prêtre de la Compagnie de Jésus, Italien, mort pour la foi, dans le nord du Japon, après avoir eu tous les membres sciés, vers le mois de juillet 1643.

Atchatcha, Sabine, brûlée vive et à feu lent pour la foi, à Goubota, en Dewa, le 18 juillet

àure, épouse du V. Jean Banzay Cansouyémon, décapitée pour la foi, à Yonezawa, en Dewa le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Balthasard, cousin du V. Jacques Gangayama Faito, décapité pour la foi, à Figo, forteresse du Boungo, le 15 octobre 1619, à l'âge de quarante-sept ans. Il était né dans la forteresse de Tacazzouki, dans la province de Tsoun oc ou ni. Il avait dix ans lorsqu'il reçut le baptême des mains du P. Louis Froëz, Jésuite.

Il devint le collecteur des revenus du prince de Boungo, mais sous l'autorité de Yetsoundono, prince de Bougen. 11 était comme le père des autres chrétiens, et le protecteur principal de la Compagnie de Jésus. Exilé primitivement, il reçut enfin la sentence de mort. Il rendit grâce aux ministres et alla faire ses adieux à sa mère, à sa femme et à sa fille. Puis les ministres demandant avec respect : « Où Votre Seigneurie désire-t-elle mourir ? » il exprima le vœu d'imiter le Christ, son Rédempteur, qui, étant l'innocence même, voulut mourir hors de Jérusalem, en public, entre deux assassins infâmes ; et il sollicita les mômes humiliations. En signe d'allégresse, sa femme et sa fille lui lavèrent les pieds, au seuil de sa demeure. Jacques, son fils de quatre ans, embrassa ses genoux, et lui demanda la faveur de raccompagner et de mourir avec lui pour Jésus-Christ.

0 profondeur des desseins divins ! Le Père, ignorant l'arrêt qui comprenait son fils, lui permit de venir au lieu du supplice. Avant de mourir, il prononça de magnifiques paroles, et reçut la mort comme un prix de victoire. Le jeune enfant, s'a genoui liant devant la dépouille sacrée, alla rejoindre son bienheureux père.

Balthasard, né à Chimabara, fils du V. Paul

Outchibori Sacouyémon, net tout jeune encore, fut submergé avec une pierre au cou, pour l'amour de Jésus-Christ, à Chimabara, le 21 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Bahreto, Louis, Prêtre de la Compagnie de Jésus, né à Moura, en Portugal, exerçait depuis vingt et un ans les fonctions de missionnaire lorsqu'il fut envoyé de cette contrée à Macao pour y chercher du renfort; il s'embarqua ensuite dans cette ville pour retourner dans sa mission avec ses nouveaux confrères, mais, dans la rivière de Tchintchéou, le navire fut pris par une flotte chinoise, et tous les passagers furent massacrés. Le vénérable Père était âgé de soixante ans. C'était en 1611.

Barreto, Manuel, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Portugais, né à Terra-Feira, dans le diocèse de Porto, meurt de détresse, pour l'amour de Jésus-Christ, dans les environs de Yédo, le 6 mars 1620, à l'âge de cinquante-six ans, après un séjour de trente ans au Japon. Il avait été en 1603, compagnon de Mgr de Cerquiera, et, eu 1614, il avait été exilé à Macao.

Béatrice, épouse du V. Damien Isral Inde-

goutchi, née à Tachinofama, dans File Ikitsouki, est décapitée pour la foi, avec sa mère et ses quatre enfants, dans l'Ile Nacaye, dépendant de Firando, le 5 mars 1624.

Béatrice, lépreuse, décapitée pour la foi, en Omoura, le 29 juillet 1627. (Voir B. Bcltran, Louis.)

Béatrice, épouse du V. Dominique Courobioyé, est décapitée pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628.

Béatrice, épouse du V. Jean Sabioyé et Tertiaire de Saint-Dominique, décapitée pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628.

BenoIt, né eu Tsounocouni, charpentier de profession, mort pour la foi, en Boungo, le 6 avril 1614, à l'âge de quarante-sept ans.

Le Boungo fut grandement éprouvé en 1614. Après le départ des missionnaires, la persécution commença. Les premiers examinés furent deux maris avec leurs femmes et trois enfants : Benoit, sa femme Agathe, et leurs deux fils, Jean et Melchior : on n'a pas conservé le nom

des trois autres. On les dépouilla tous, et, dans leur nudité , on les promena dans la ville (probablement de Tacata). Benoit, durant tout le chemin, s'infligeait la discipline. Puis onlesenferma dans des sacs, et on les entassa les uns sur les autres dans une enceinte palissadée, le long du chemin public. Ils demeurèrent ainsi pendant un jour et une nuit. Benoit, reporté mourant dans sa maison, expira au bout de deux jours, le 6 avril. Son corps fut brûlé, et ses cendres furent jetées à la rivière. On put seulement recueillir quelques ossements à demi calcinés, que Ton fît revenir à la Maison de Tous-les-Saints, à Nangasaki.

BenoIt, de Cawatchi, fils de la veuve Marthe, de Cawatchi, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619 : il n'avait que deux ans. (Voir V. Tchiousacou.)

Benzayémon, Thomas, mort pour la foi, dans un étang glacé du district de Nambou , en Dewa, le 5 novembre 1624.

Boldrino, François, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Romain, mort de misère pour la foi,

dans le nord du Japon, le 8 décembre 1633, à l'âge de cinquante-sept ans.

Bonaventure, décapité pour la foi, le 24 avril 1612. Il était intendant chez le seigneur d'un bourg situé entre Méaco et Yédo : il avait été converti à la foi par les Franciscains, ainsi que son maître. Après la mort de celui-ci, sa veuve se montra hostile à la religion, et Bonaventure ayant renversé des idoles, cette femme ordonna qu'il fût mis à mort, s'il ne reniait la foi. 11 eut la tête tranchée.

Borges, Manuel, Prêtre delà Compagnie de Jésus, Portugais, naquit à Estrcmos, dans le diocèse d'Evora. Il était fils de Dominique Deçà et de Maria Lopez. Il entra dans la Compagnie de Jésus à Coïmbre, en 1601, à l'âge .de seize ans. Il passa en Orient en 1608, et au Japon en 1612. En 1614, il alla en exil à Macao. Il revint au Japon en 1621, déguisé en soldat. Il accomplit pendant les douze années qui suivirent d'émincnts travaux : il était le procureur des autres Pères cachés dans les montagnes. Il fut arrêté dans le Boungo et conduit à Nangasaki avec deux catéchistes qu'on avait pris avec lui. Le 16 août 1633, il expira, pour Jésus-Christ,

dans le supplice de la fosse. Il y avait été suspendu le 13, avec les FF. Joseph Réomouï et Jacques Chindo, novices reçus dans la prison parle Père, et trois autres Japonais, lesquels avaient expiré successivement.

Le supplice de la fosse nouvellement inventé, était le plus effroyable peut-être qui pût être mis en œuvre. On serrait très étroitement le corps de la victime avec des cordes, pour ralentir la circulation du sang, puis au-dessus d'une fosse de deux vares de profondeur et d'une vare de diamètre, on la suspendait et la faisait descendre vers le fond. Des tables échancrées vers leur centre, assujettissaient le corps et l'enclavaient par le milieu. De grosses pierres chargeaient les tables et rétrécissaient la clôture. Dans ce supplice, les martyrs distillaient le sang par la bouche, le nez et les oreilles. La mort ne vint pour plusieurs qu'au bout de deux, trois et même six jours. On avait soin de saigner les patients aux tempes, afin d'éviter la congestion trop rapide et de prolonger la peine.

Boto, François Diaz, Portugais, né à Lisbonne, pilote de navire, décapité pour la foi, à Nangasakî, le 3 août 1640, à l'âge de cinquantecinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

BoufioyH;, Matthieu, d'Yanaï, en Dewa, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.

Bougendono, Melchior Coumagayé, décapité pour la foi, à Amangoutchi, le 16 août 1603.

Melchior Bougendono naquit au Japon en 1555 ; il descendait d'un fameux capitaine des temps anciens, nommé Coumagayé, et il devint lui-même un grand homme de guerre. Il était seigneur de Fiki dans la province d'Aki. C'est à l'âge de trente-quatre ans qu'il reçut le baptême : bientôt il convertit à la foi un grand nombre de ses compatriotes, et fit bâtir une église dans son propre domaine.

Quand Morindono, prince de Nangato et de Souwo, commença à persécuter les chrétiens, c'était en 1602, Melchior qui était l'un de ses principaux officiers ne se laissa pas du tout intimider par ses menaces ; il demeura, comme il avait été auparavant, le miroir et l'exemple de ses frères, et montra bien qu'il n'avait qu'un désir, c'était de procurer la gloire divine, soit par sa vie, soit par sa mort.

Il fit preuve, en 1604, d'une énergie singulière vis-à-vis de Sachendono, gouverneur général des Etats de Morindono. Ce, seigneur

se trouvant un jour à la table de Melchior, lui parla défavorablement de la religion chrétienne, disant que nul seigneur considérable ne voulait la professer, et qu'elle avait toujours été fatale à ceux qui s'étaient attachés à elle, comme à Augustin Tsoucamidono, grand amiral, à Constantin Yôchimouné, prince deBoungo, et à plusieurs autres. Melchior prit la défense de sa loi, et opposa aux exemples cités, celui de Morindono, que sa dévotion aux Camis n'avait pu préserver de la perte de plusieurs provinces, et ceux du bonze Àncosoudgi, du gouverneur Gibounochio et d'une infinité d'autres, qui, après avoir persécuté les chrétiens, avaient fait une fin malheureuse. Sachendono lui ayant répondu dans des termes peu mesurés, Melchior ne put s'empêcher de porter la main à son poignard. Sachendono, se levant alors de table, allait se retirer, et il en serait résulte quelque malheur, quand Melchior courut s'excuser à lui de son action trop vive ; mais afin de lui prouver qu'il n'abandonnait rien de ses convictions chrétiennes, il ajouta : « Cependant il vous est libre de m'ôter la vie, au titre de chrétien; » et il tendit intrépidement le cou. Sachendono s'apaisa, et promit de ne plus inquiéter Melchior sur le sujet de la religion.

Quelque temps après, Morindono revint de la cour impériale, et sentant renaître ses fureurs

contre la loi de Jésus-Christ, il voulut encore exterminer le nom chrétien dans ses domaines, et résolut de commencer par Melchior, comme le chef et le soutien de tous les autres. Il lui fit enjoindre de renoncer à sa religion, et à revenir à celle de ses ancêtres. Melchior fit répondre qu'en toute autre chose il rendrait obéissance au prince ; mais qu'il donnerait sa vie plutôt que d'abondonner sa foi ; que si le prince voulait l'envoyer au supplice, il demandait d'être promené d'abord avec ignominie, à trois reprises différentes, à travers toutes les rues d'Amangoutchi, sous la conduite d'un écorcheur d'animaux, c'est-à-dire d'un des derniers du peuple, tandis qu'on proclamerait que ce châtiment lui était infligé à titre de chrétien. Et afin que sa résolution fût rapportée fidèlement, il écrivit à ses amis une très belle lettre, les imitant à la communiquer au prince. Voici cette lettre :

« Dans le cours de cet hiver, j'ai entendu parler par des personnes graves des dispositions de mon seigneur à l'égard de ma religion, et je veux ici vous manifester toute ma pensée, en vous priant instamment d'en faire part au même seigneur dans l'occasion la plus prochaine. — Il y a près de quinze ans qu'étant dans la province de Bougen, et d'après les conseils de Dgiosouï, je me suis fait chrétien, et quoique, dans ma jeunesse, je sois demeuré

tiède et sans zèle, néanmoins depuis quatre ou cinq ans la dévotion et la ferveur se sont développées en moi par la grâce divine, et je reconnais de plus en plus que le salut de l'âme est plus essentiel que tout le reste. J'ai pris connaissance de la plupart des sectes japonaises, et j'ai constaté qu'aucune d'elles n'enseigne la voie du salut : bien au contraire elles sont toutes unanimes à déclarer que toute chose finit avec le corps, et qu'elle se résout dans le néant.

« On ne peut parler de même de la loi chrétienne, que je professe, et qui prescrit d'adorer un seul Dieu, créateur de l'univers, de respecter le prince et lesparents, et de leur obéir, et d'aimer tous les autres hommes à l'égal de nousmêmes ; elle nous commande encore d'autres choses, renfermées dans dix commandements; et comme, en tout le reste, je ne m'écarterai jamais de ce que mon seigneur et maître voudra m'ordonner, je prie ce seigneur de me laisser vivre selon ma loi : j'estimerai cette grâce au-dessus de la rente la plus considérable.

« Quant à ce qui est dit que nous détruisons les Camis et les Fotokes, il est vrai que des jeunes gens, émus d'un zèle et d'une ardeur indiscrets, ont pu commettre à cet égard quelques violences; mais on ne doit pas attribuer aux chrétiens en particulier ce que font un si grand

nombre de gentils, et principalement les sectaires Fotkéchous et Itcoehous, qui renversent avec fureur et qui mettent en pièces toutes les idoles, ce qui est un fait connu de tout le monde.

« Quand, nous autres chrétiens, nous faisons serment, nous faisons serment par le nom du Seigneur du ciel, alors même qu'on nous taillerait en pièces, ou bien qu'on nous offrirait des monceaux d'or et de pierreries, nous ne voudrions jamais offenser la Majesté divine : c'est pourquoi, si mon seigneur me dit que je dois abandonner ma loi, sous peine de perdre la vie, il peut m'arraclier cette vie, et ce sera mon bonheur; le privilège de mourir pour la confession de Jésus-Christ comblera tous mes vœux. Je vous prie donc de dire à mon seigneur que s'il commande que je sois mis à mort à titre de chrétien, je promets de n'opposer aucune résistance, de me laisser lier avec une corde et entraîner au lieu du supplice, et enfin d'y recevoir l'espèce de mort qu'il lui conviendra de m'infliger : par le Seigneur du ciel et par le salut éternel de mon âme, je jure de ne point manquer à ma parole. »

Morindono fit encore quelques tentatives pour vaincre Melchior, puis il finit par le laisser en paix.

Mais cette paix ne devait pas être de longue

durée, car Tannée suivante, Morindono s'attaqua de nouveau au généreux chrétien dont il devait faire un martyr.

Depuis longtemps déjà, Bougendonone ne

doutait pas que les combats auxquels il avait été

en butte ne dussent finir par la mort; il s'y pré-

paraitdonc avec zèle, et s'infligeait tous les jours

la discipline. Morindono saisit le prétexte d'une

dispute entre le gendre de Melchior, Aman

Goroyémon, avec un seigneur idolâtre, nommé

Masounda Guembara, au sujet des ouvrages

d'une forteresse bâtie par le prince à Fanghi,

sa principale cité. Melchior avait réconcilié les

deux adversaires, à l'admiration de tous; mais

pendant le dissentiment, les travaux avaient été

interrompus ; et Melchior, ayant reçu l'ordre de

suppléer les deux officiers, s'était excusé par de

justes causes d'obéir à l'heure même.

Le jour de l'Assomption de la sainte Vierge, Morindono envoya mille hommes pour assiéger la maison de Melchior : deux officiers principaux, Yanaghisava Sanzayémon et le bonze Meogonjo, entrèrent dans la maison et dirent à Melchior, au nom du prince, qu'il eût à donner des otages : on ne dit rien qui fût relatif à la sentence de mort, car on voulait prévenir toute résistance.

En effet, c'est la coutume au Japon, que si celui qui doit mourir résiste ou s'évade, les

otages sont mis à mort; que s'il ne fuit pas, et ne résiste pas, la vie des otages se trouve respectée. Mclchior livra son plus jeune fils François Inosouké, et son petit-fils Manuel Yosambouro, ce dernier allié à Morindono.

Melchior, en donnant ces otages, présumait avoir le temps de confesser la foi devant Morindono. Mais la maison continua d'être assiégée, et à cette vue, Melchior connut l'imminence du moment suprême, et passa toute la nuit à se préparer à la mort. 11 avait eu d'abord la pensée de se défendre, et s'était armé d'une hallebarde. Mais il y avait pieusement renoncé.

Le 16 août au matin, les deux officiers entrèrent avec des soldats. Melchior tenait d'une main son chapelet et de l'autre une corde, pour servir à le lier. Les officiers lui annoncèrent deux griefs en raison desquels Morindono le condamnait à mort. Ces griefs étaient d'avoir pris une part à la querelle de son gendre, et d'être chrétien malgré les ordres réitérés du prince. 11 lui était ordonné de s'ouvrir le ventre. Melchior consentit à subir la mort, mais refusa de commettre un suicide.

Il présenta aux deux envoyés la corde qu'il tenait en ses mains et les pria de le conduire étroitement lié vers Morindono pour être mis à mort, en sa présence, et avec ignominie. Ils n'y consentirent point. Melchior se retira dans

l'appartement intérieur, s'y revêtit de ses plus beaux habits, et rentra dans la salle. Il s'agenouilla devant une petite image et fit oraison durant quelque temps, puis tendit le cou à l'exécuteur. Ce fut un soldat nommé Chichimo qui lui trancha la tête. On porta ce trophée à Morindono. Celui-ci commanda que la femme, les enfants et les petits-enfants de Melchior, excepté le jeune otage qui lui était allié par le sang, fussent mis à mort, ainsi que les principaux serviteurs, et que tous les corps fussent réduits en cendres : le gendre chrétien fut compris dans la sentence, et l'on compta plus de cent victimes. 11 est à remarquer, au sujet du gendre, que lorsqu'au Japon on fait mourir des seigneurs pour le motif de querelle, les deux parties doivent périr ensemble : ici l'on épargna l'adversaire. Melchior Bougendono Coumagayé était âgé de cinquante ans.

BouifCHOUBO, Pierre, ancien bonze Yamabouchi du mont Corozan, mort lapidé pour Jésus- Christ, à Yanagawa, en Tchicoungo, le 26 novembre 1617, à l'âge de vingt-quatre ans. Après l'avoir placé dans une fosse à mi-corps, les bonzes avaient fait pleuvoir sur lui une grêle de pierres.

Bounoyémon Math i as, mort crucifie pour la foi, à Yédo, Je 29 décembre 1623. (Voir V. Takéya, Marie.)

Bounyémon, Paul Acazawa, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Bouyémon, Manuel, brûlé vif pour la foi, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Àngelis.)

Cabé, François, brûlé vif pour la foi, fc Yédo, le 29 décembre 1623. (Voir V. Takéya, Marie.)

Cacosouré, Pierre, mort pour la foi, à Sourounga, le 2 novembre 1614.

Au mois d'octobre 1614, sept chrétiens, enfermés depuis le 27 mars dans la prison de Sourounga, comparurent devant le juge Coufioye. Celui-ci, doux naturellement, mais effrayé d'apprendre que toute la prison devenait chrétienne et ne voulant pas être compromis auprès du souverain, lit un rapport sur ces conversions nombreuses. Le tyran condamna les confesseurs à

avoir les doigts coupés et une croix imprimée au /iront. Coufioye reçut à regret cet ordre sanguinaire et prescrivit à un magistrat de l'accomplir en sa place; et, en même temps craignant, ainsi qu'il le disait lui-même, un châtiment du Ciel, il défendit à ses officiers de prendre part à l'exécution. On commença par imprimer le signe de la croix. La chair était brûlée jusqu'à la boite osseuse. Puis on promena les victimes par les principales rues. Pierre entonna le Laudate Dominum, omnes génies j et les autres lui répondirent. C'étaient comme les vêpres de l'éternité, dans laquelle ils croyaient entrer. On les conduisit au bord de la rivière « Abé », près d'un temple d'idoles, et on leur coupa les doigts des mains tout au ras, en six coups, trois pour chaque main; puis on les jeta à plat ventre, et on leur énerva les jarrets. On les laissa ainsi gisants sur la terre, avec défense à qui que ce fût de leur donner asile, ou seulement de panser leurs blessures. Cependant, à la nuit, les chrétiens recueillirent ces glorieux confesseurs, les portèrent à des cabanes de lépreux, et y lavèrent et pansèrent leurs plaies. Jean Dôjou expira dans la nuit même, et Pierre Cacosouké, le lendemain : c'était le 2 novembre, au lever du jour. Quatre autres, Pierre Sokiou, Joachim Soukécouro, Jean Chojiro et Jacques Chéyasur, vécurent*

Pierre Cacosouké, fils de parents chrétiens, était né à Nangasaki. Désireux du martyre, il alla en Fingo, où Casouyédono persécutait les fidèles. Voyant que ce seigneur ne sévissait que contre ses vassaux, il passa au Garni et de là à Sourounga, où il rencontra ce qu'il avait si passionnément désiré. Il avait eu la part principale dans la conversion des prisonniers.

Cacounay, Thomas Mazzouchiha, chef de village, décapité pour la foi, à Arima, le 23 novembre 1614, à l'âge de trente-six ans. (Voir V. Àcafochi.)

Cacouzayémon, Jacques, officier du prince Morindono, décapité pour Ja foi, à Fanghi, métropole du Nangato, le 20 avril 1618.

Cacouzayémon, Laurent, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Cadgichî, Laurent, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Cafioté, Marc, né à Omoura, en Wôchou, ■brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Chendal, le 1er février 1624. (Voir B. Jacques Carvalho.)

Cafoucou, Louis, d'Arima, Frère de la Compagnie de Jésus, compagnon du V. Benoit Fernandez, brûlé vif pour la foi, à Cocoura, vers le 29 septembre 1633.

Camon, André, brûlé vif pour la foi, à Chendaï, vers le 4 février 1624. (Voir B. Jacques Carvalho.)

Canchitchi, Jean Araki, de Conga, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627, à l'âge de trente-quatre ans. (VoirSacouyémon, Paul.)

Canda (ou Kibioté), Thomas, décapité pour la foi à Touchai, près de Yédo, le 16 août 1613.

Canda, Luc (ou Inouïs), décapité pour la foi, à Touchât, près de Yédo, le 16 août 1613.

Candida, épouse du V. Jules Ando Yafioyé, brûlée vive et à feu lent, pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.

Candide, surnommé Bozou, et parent du V. Alexis Choyémoné, décapité pour la foi, à Fanawaza, près d'Yonezawa, en Dewa, le 12 janvier 1629, à l'âge de quatorze ans.

En 1628, Noucayama, à une lieue de Yonczawa, en Dewa, était presque entièrement habitée par des serviteurs du Tono, faisant partie de sa suite dans ses longs voyages. Ceux d'entre eux qui étaient chrétiens avaient reçu le baptême cette année môme, après avoir été instruits par Antoine Anazava Fayémon. Le gouverneur Maicounoki Tacoumi ayant reçu Tordre de commencer la persécution, plusieurs furent chargés de chaînes, présentant euxmêmes leurs mains aux soldats, et joyeux de revêtir la livrée du Sauveur. Les femmes enviaient le sort de leurs maris ; et, quand arriva l'ordre de les saisir elles-mêmes, les deux derniers fils de l'un des chrétiens, enfants de six et douze ans, sur l'invitation de leur père, vinrent aussi s'offrir aux satellites : les cordes ayant manqué pour les attacher, ils suivirent sans liens.

Les hommes devaient mourir à Wocousambara, lieu de la justice, auprès d'Yonezawa ; un deux Jean Ariyé Kiyémoné,' qui n'avait pas reçu sa condamnation, demanda vainement trois fois d'être réuni aux autres. Enfin il obtint la permission de suivre; car il présumait trouver en chemin le messager fatal. Les femmes devaient mourir dçms le village de Noucayama. On se sépara dans une sainte allégresse, et dans l'espérance de se retrouver au ciel, où le lien nuptial est à jamais sanctifié dans la charité de Jésus-Christ, et où les âmes, régénérées dans le sang de l'Agneau, régnent dans la gloire au delà des temps et pour l'éternité.

Madeleine, épouse de Jean Kiyémoné, saintement jalouse du martyre, aurait voulu recevoir des chaînes, et être réunie aux autres femmes. Elle se retira dans son aparté ment pour faire oraison, languissant après sa condamnation. Une cour intérieure de la maison d'Ignace Soyémoné fut choisie pour le martyre des trois femmes et des trois enfants. Ces victimes subirent la mort avec un admirable courage.

A la même heure, les autres martyrs étaient conduitsà Wocousambara. Jean Ariyé Kiyémon se recommandait à Dieu, pour ne pas être exclu de la compagnie sainte. Bientôt le message espéré survint, le mettant au rang des martyrs.

Les hommes au nombre de huit, moururent par Fépée à Wocousambara. Bientôt après, la femme de Jean reçut la nouvelle de sa condamnation et de celle de son mari, et alla recevoir la mort au lieu que ses compagnes venaient d'arroser de leur sang.

Ghidogadaï, village à une demie-lieue de Yonezawa, envoya le même jour (12 janvier 1629) huit martyrs à Wocousambara. Fanawaza, village contigu à Ghidogadaï, eut aussi ses martyrs : Alexis Choyémené, qui était allé devant le gouverneur pour démentir les paroles de quelques amis, ou plutôt ennemis, qui l'avaient dit apostat; et son parent Candide, surnommé Bozou. En allant à la mort, Candide vit son cousin Alexis, qui était chargé de liens, tandis que lui-môme était libre. Les soldats n'ayant pas de cordes, Candide ramassa sur le sol quelques bouts épars, les réunit, et obtint d'en être attaché. Sur le lieu du supplice, ils s'encouragèrent mutuellement à donner leur vie pour le Seigneur, qui les avait affranchis de l'éternelle mort, au prix de tout son sang. On les sollicita encore d'abandonner la foi. *< Jamais, dit Candide, je ne trahirai mon âme immortelle pour l'amour de la vie terrestre. » Alexis avait alors vingt-six ans, et Candide quatorze. Tous deux avaient reçu le baptême un an auparavant.

Le lendemain 13 janvier, Ignace, enfant d'un an, neveu de Candide, fut décapité.

On exposa dans trois lieux différents les têtes de tous ces martyrs ; vingt à Wocousambara, sur le chemin qui conduit au district de Mogarni, et les autres sur deux voies principales avec des inscriptions ainsi conçues : « Tous ces individus ont été justiciés, le 18 de la 12e lune, pour avoir été chrétiens, contre les lois du Japon. »

Caniy, Jaochim, décapité, pour la foi, à Gocoura, le 29 juillet 1618.

Canyêmon, Léon Takendomi, officier de la principauté d'Arima, brûlé vif pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613.

L'an 1613, Safioyé, gouverneur de Nangasaki, et le boute feu des païens, s'ennuyant de voir les chrétiens de la principauté d'Arima respirer encore, après tous les combats qu'on leur avait livrés, et d'un autre côté, voulant engager Michel ou plutôt Sayemondono, leur prince apostat, à faire quelque fausse démarche qui attirât sa ruine, lit semblant qu'il avait reçu de la cour impériale, des lettres par lesquelles on lui mandait que l'empereur était

mécontent du prince Michel, parce que celui-ci avait trop d'indulgence pour les chrétiens, qu'il souffrait les religieux d'Europe dans ses Etats, et qu'on le soupçonnait même d'être retourné à leur foi.

Le jeune prince prit feu à cette nouvelle, et, sans s'informer davantage de la vérité, il résolut sur l'heure de détruire cette calomnie par la persécution la plus sanglante qu'on eût jamais vue en Arima. C'est pourquoi le 1er octobre, il fit comparaître en sa présence huit de ses principaux officiers, qui étaient chrétiens et de la première noblesse du pays, et, leur ayant parlé des lettres de Safioyé, il leur représenta la nécessité où il se voyait réduit d'obéir à Daïfousama qui le menaçait de le perdre, s'il ne ramenait ses sujets à la religion de l'empire; il ajouta qu'il ne leur demandait ni leur sang, ni leurs biens, ni même qu'ils quittassent leurs croyances, mais seulement qu'il les dissimulassent pour un temps, et que, s'ils lui donnaient cette marque de leur amitié, il ne les considérerait plus comme des sujets, mais comme de vrais amis à qui il serait redevable de sa for* tune et de sa vie ; il termina toutefois en leur disant que, s'ils lui refusaient cette satisfaction, il serait obligé de leur faire sentir les effets les plus redoutables de sa colère.

Ces paroles qu'il accompagna de prières et de

larmes, firent une telle impression sur le cœur de ces officiers que, de huit qu'ils étaient, cinq prirent le parti de dissimuler pour ne pas perdre leur prince dont ils croyaient la ruine inévitable. Les trois autres tinrent bon et répondirent au prince qu'ils ne pouvaient trahir leur conscience. La joie, qu'eut alors Michel d'avoir gagné cinq de ces officiers, l'empêchade s'emporter contre les trois autres; il renvoya donc ceux-ci, en disant qu'il leur donnait encore un peu de temps pour penser à ce qu'ils devaient faire, et (pie, s'ils étaient sages, ils ne s'exposeraient pas à périr misérablement avec toute leur famille. Après les avoir congédiés, il écrivit aussitôt au gouverneur de Nangasaki pour l'informer de ce qui venait de se passer, mais Safioyé lui répondit aussitôt que, pour intimider les chrétiens, il était absolument nécessaire de condamner les trois rebelles à être brûlés vifs et à petit feu, eux, leurs femmes et leurs enfants.

Le prince d'Arima hésitait encore; mais sa femme ou plutôt sa concubine, petit-fille de Dalfousama et païenne fanatique, lui ayant représenté que s'il ne suivait pas les conseils de Safioyé, c'en était fait de lui et de sa principauté, il prononça la sentence de mort et chargea les gouverneurs d'Arima de l'exécuter au plus tôt

Cette sentence fut signifiée aux trois officiers

le 5 octobre, avec l'ordre de se rendre à une maison de la ville qui leur tiendrait lieu de prison. Le premier de ces illustres confesseurs se nommait Adrien Tafacachi Mondo ; le second, Léon Fayachida Soukéyémon, et le troisième Léon Takendomi Canyémon. Les gouverneurs firent en même temps conduire à la maison où ils étaient, Jeanne, femme d'Adrien et Marthe, femme de Léon Soukéyémon. Pour Monique, femme de, Léon Canyémon, elle fut donnée en garde avec sa fille à l'oncle du prince Michel, à qui ellc'avait rendu de grands services. Léon n'avait qu'un fils nommé Paul, âgé de vingtsept ans, qui fut condamné au feu comme son père et mené à la même maison. Adrien avait deux enfants, un fils qui n'avait que onze ans, nommé Jacques, et une fille appelée Madeleine qui en avait vingt. Elle avait fait vœu de virginité et vivait comme un ange sur la terre. Ils furent tous deux condamnés à être brûlés vifs, et menés à la prison où était leur père.

Monique étqjfc inconsolable de se voir séparée de son mari et privée de la couronne du martyre. Bile fit tous les efforts possibles pour se sauver du lieu où elle était enfermée, et quoiqu'elle eût été transportée dans un autre plus sûr, elle trouva le moyen de s'échapper et alla se jeter dans la maison où était sqp, mari avec les autres prisonniers,

mais on l'en retira aussitôt , et on lui sauva la vie, ce qui lui fat une peine plus insupportable que le feu et la mort.

Aussitôt que Ton sut à Nangasaki que huit chefs des principales familles d'Arima, qui étaient la fleur de la noblesse, devaient ou renoncer à la foi ou être brûlés vifs, le supérieur des religieux de la Compagnie de Jésus envoya l'un d'eux de Nangasaki à Arima pour s'unir au Père qui demeurait caché dans cette dernière ville, afin de consoler et d'encourager les chrétiens persécutés.

A la nouvelle de l'exécution qui allait avoir lieu, quatre des cinq officiers qui étaient tombés se relevèrent et allèrent au-devant du Père, qui les cherchait lui-même comme des brebis errantes; ces pauvres pécheurs étaient affamés du sacrement de Pénitence. Ne trouvant pas le Père, ils allèrent devant le juge et se déclarèrent chrétiens; puis ils revinrent pour faire inventaire de leurs biens mobiliers, afin de les consigner au fisc, et allèrent de nouveau solliciter la grAce d'être incarcérés. Rejetés des geôliers, ils adressèrent au bonze, qui était le grand ami du prince, leur protestation écrite. Enfin, n'obtenant rien des hommes, ils se rasèrent et se condamnèrent eux-mêmes à l'exil. Le cinquième s'était retiré sur ses terres.

Un grand concours de peuple entourait la

prison. On voulait voir mourir les illustres victimes. Il ne se trouva pas moins de quinze à vingt mille personnes. Un grand nombre étaient allés camper sur le lieu désigné pour le supplice : c'était un vaste emplacement choisi devant la forteresse, à la face du ciel et de la terre, comme pour célébrer un acte aussi solennel On y avait construit une sorte de maison remplie de bois et de fascines, et on l'avait entourée d'une forte palissade. Le matin du 7 octobre, on fît sortir les condamnés de leur prison. Ils avaient revêtu les habits de fête, envoyés par les chefs de la confrérie de la Sain te- Vierge; et ils furent liés les bras en croix, à l'exception de l'enfant. Chacun des martyrs s'avançait entre deux confrères, et tenait d'une main un cierge allumé et de l'autre un rosaire. Le premier en tête chantait les litanies de la Sainte Vierge. L'on passa en barque un ruisseau qui croisait la route; un noble chrétien voulait, par honneur, porter l'enfant sur ses épaules pour le faire traverser à gué, mais l'enfant s'y refusa modestement. Les chrétiens arrachaient les vêtements des confesseurs, les estimant déjà des reliques. Les bourreaux eux-mêmes demandèrent à l'avance le pardon de leurs victimes, et ceux-ci l'accordèrent avec joie. Quelqu'un ayant dit à l'enfant Jacques : « seigneur Jacques, seigneur Jacques,

souvenez-vous d'intercéder pour nous quand vous serez au ciel, » F enfant leur répondit : « Pas encore, pas encore, il n'est pas temps ; mais je vous prie tous de me recommander à Dieu. »

Léon Canyémon monta sur une éminence et prononça quelques paroles ; on put seulement entendre ceci : « Nous mourons pour la gloire de Dieu et en témoignage de la foi, vous tous, mes frères, demeurez fidèles. » Alors Gaspard Yctayou, président de toutes les confréries, éleva devant les martyrs une grande image de Notre-Seigneur attaché à la colonne, afin d'exciter leur courage ; pendant ce temps, tous les chrétiens chantaient le « Credo », le « Pater » et T * Ave ».

L'incendie fut allumé; sur ce char d'Elie, toutes ces âmes allaient s'élever triomphantes au ciel.

L'enfant, de qui les liens furent consumés d'abord, alla vers sa mère, qui vivait encore. Elle lui dit : « Regarde le ciel. » L'enfant se serra contre sa mère et expira.

L'admirable vierge Madeleine, ramassant des charbons ardents, se les posa sur la tête, comme si elle eût dit : « Je les mets sur ma tête, en signe de vénération; » elle les aimait et les adorait en reconnaissance de la faveur infinie que lui accordait le Seigneur. Et, reposant sa tête sur sa main droite, elle rendit l'âme.

Les chrétiens purent enlever les côfps. Une personne même ravit par piété les mains de Madeleine. Tous ces vénérables restes furent transportés à Nangasaki ; le corps de Madeleine, recueilli par les chrétiens de Cpnzoura, fut bientôt après réuni aux autres. On les enterra dans le cimetière de la Compagnie de Jésus, au pied de la Croix.

Les chrétiens vénéraient le lieu de ce martyre, et tous ceux qui y passaient à cheval mettaient pied à terre et y faisaient oraison.

Canzayémon, Jean, décapité pour la foi, à Omoura, le 8 septembre 1627.

Canzo, Dominique, jeune chrétien d'une noble famille, crucifié pour la foi, à Firochima, en Figen, le 26 novembre 1616.

CanzouIé, Cosme FaIachi, décapité pour la foij à Wacamatsou, chef-lieu d'Aitzou, Tuir des districts du Wôchou, le 25 janvier 1626.

Cosme était né dans le Congami qui forme un district du Wôchou. Il était au service de Sayetton Soukenoca, seigneur très hostile à la religion chrétienne. Ce seigneur voulut le* faire

apostasier, et, pour le punir, lui redemanda trois années de sa rente. Cosme répondit qu'il n'avait point d'argent, et offrit, non seulement le peu de biens qu'il avait en sa maison, mais son épée et son poignard, consentant, si son maître n'était pas satisfait, à se laisser vendre pour acquitter le reste. Le seigneur prit l'épée (ce qui était un affront considérable, selon les mœurs japonaises) et relégua Cosme dans une cabane au milieu des montagnes, avec une grosse chaîne aux pieds. Cosme demeura toute une année dans cet exil. Le seigneur, l'ayant fait rappeler et le trouvant inébranlable, le condamna à perdre la tête. Le corps du martyr fut brûlé, mais les chrétiens recueillirent les cendres.

Capèce, Antoine, Prêtre de la Compagnie de Jésus, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 25 mars 1643, à l'âge de trente-sept ans.

Antoine Capèce naquit à Naples, d'une famille noble, le 11 août 1606. Orphelin de père à-i'àge d'un an, il fut élevé par $on admirable mère, plus religieuse que séculière dans sa manière de vivre. Il en reçut le lait spirituel de la vertu. De ses deux /rères, l'un était Jésuite et déjà prêtre, et l'autre chevalier profès de l'Ordre de Malte. Antoine, avec la bénédiction

de sa mère, entra dans la Compagnie de Jésus, à l'âge de dix-huit ans, le 30 juillet, veille de Saint-Ignace, en 1624. Alors sa mère se dépouilla de tout, et la famille, étant riche, abandonna la moitié de son bien à la Compagnie et, avec l'autre moitié, fonda un grand monastère de Carmélites déchaussées où elle entra, pour y demeurer la plus humble de toutes, refusant le titre de fondatrice et toute supériorité.

Le jeune Antoine, ayant émis ses vœux, fut appliqué pendant un an aux lettres humaines, et pendant trois ans à la régence. Dans la dernière année, dix-huit de ses disciples entrèrent en diverses religions, et l'attribuèrent au P. Capèce. Le Père vint alors à Rome, pour étudier la théologie. A sa troisième année, il apprit le miracle opéré à Naples en faveur du. P. Mastrilli par l'intercession de saint François Xavier. En ce temps môme, à la pensée de celui pour lequel Dieu différait rentrée dans le Paradis, afin de lui faire perdre glorieusement la vie par le martyre, tous les désirs d'un grand nombre de religieux de la Compagnie étaient pour le Japon. Le Père général Vitelleschi rejetait la plupart de ces demandes. Capèce, qui avait pris pour sa médiatrice la très sainte Vierge, obtint d'être préféré. Alors arriva à Rome le P. Mastrilli. Les deux missionnaires devinrent inséparables. Ils partirent ensemble

de Lisbonne en 1635, et atteignirent Goa le 10 octobre de la même année. Voici le beau témoignage que le P. Mastrilli rendait en faveur du P. Capèce, dans une lettre qu'il adressait de Goa au P. François Capèce, frère du P. Antoine :

« Je me sens dans l'obligation de saluer en particulier mon cher Père François, tant en raison de mes obligations anciennes que de la fortune que j'aie eue d'être le compagnon inséparable de son ange de frère, le P. Antoine Capèce. Nous sommes allés ensemble de Rome en Espagne, où je suis resté quatre mois, tandis que Sa Révérence est passée en Portugal avec deux autres de mes compagnons. De Lisbonne à Goa, nous étions sur le même navire, et ici même, à Goa, nous sommes réunis dans la maison professe. Il m'est déjà désigné comme compagnon jusqu'à Macao, et finalement j'espère que nous achèverons ensemble le voyage de la vie, sans nous être séparés, et chacun sur sa croix. Je l'espère, d'après sa vertu très éminente, et par l'intercession de Votre Révérence. Je vous dirai que, sur le navire, il était le modèle de tous, tant de nos confrères que des séculiers. Il était si fervent qu'on devait le surveiller saris cesse, avec le commandement exprès de ne rien entreprendre sans une permission de ma part. Autrement les excès de son

àme, embrasée de l'amour divin, auraient gravement altéré sa santé. «

« Très mortifié dans toutes choses, il me mit dans le cas de lui prescrire de ne point pratiquer à mon insu de mortification extraordinaire, car il s'était réduit à une telle abstinence qtfç, durant tout le voyage, il ne voulait manger qu'une écuellée de riz à demi cuit, et il ne prenait rien autre de tout le jour, Il était très aimé et respecté de tous, et^n particulier des séculiers, et tenu dans la plus grande estime, pour son esprit religieux et pour sa science. Notre bon Dieu l'assista merveilleusement, car, durant tout le voyage de Rome jusqu'aux Indes, il a joui d'une santé parfaite. Enfin, « l'Esprit <Jp Seigneur est avec lui »; et Votre Révérence peut s'estimer bien heureuse de posséder en ces pays un si rare trésor, qui sera le complément et le sceau de toutes les grandeurs de sa maison. Que Notre-Seigneur vous bénisse. du haut du ciel. Adieu mille fois, mon Père, et priez pour moi. De Goa, le 26 février 1636. >

Cependant le P. Antoine Capèce prit de nouvelles forces spirituelles sur le tombeau de saint François Xavier. Quant au* forces corporelles, il semblait ne se conserver en vie que par l'attente du martyre. Capèce et Mastrilli partirent en avril 1636 pour la Chine, s'arrêtèrent à Malacca, et, pour éviter les Hollandais,

durent se diriger vers Manille, où ils passèrent l'hiver. Mastrilli accompagna le gouverneur général à Mindanao. Capèce, au mois d'octobre 1636, fit voile pour Macao, en compagnie d'autres Pères. Mais le bâtiment fit naufrage, et les religieux préservés de la mort, durent s'arrêter à Manille jusqu'au mois de mars 1637. À cette époque, le P. Capèce put se rendre à Macao avec le capitaine général D.* Dominique de Carnara de Noronha. Il présenta au P. Rubino, Visiteur, Tordre du Père géméral qui prescrivait de le faire passer ap Japon. En attendant une occasion favorable, il enseigna la théologie au cgliège de Macao, cette académie où Ton préparait des martyrs. Les Mflcaïstes appréhendaient que le zèle des missionnaires n'amenât l'extermination du faible reste des chrétiens du Japon et l'anéantissement du commerce. L'une des deux choses, disaient-ils, était dommageable au service de Dieu, et l'autre au service du roi.

Le P. Capèce apprit à Macao le martyre du P. Mastrilli, et se jeta aux pieds des supérieurs pour être envoyé au Japon, selon la volonté du Père général. Il fut alors dirigé par le Cambodge avec le P. Albert Mecinski, pour aller du Cambodge à Manille* et de Manille au Japon. Mais il fut #ctcnu trois ans au Cambodge, en vertu d'une décision nouvelle du Père Visiteur,

d'après les instances de la cité de Macao. Pendant ce long retard, le Père Antoine étudia profondément la langue japonaise. En arrivant à Manille, il écrivit à son frère une lettre d'adieux infiniment touchante. La voici :

« Je me dispose à cette heure pour passer au Japon. J'ai été deux fois sur le point de m'y rendre ; mais, les deux fois, par divers accidents qui survinrent, ou plutôt par l'effet de mes péchés, je n'ai pu voir se réaliser mes désirs. A présent, la bénignité de mon bien-aimé Seigneur, fermant les yeux sur mes imperfections et mes misères, et en vertu de sa miséricorde infinie, me permet de croire qu'il m'accordera enfin ce que j'ai désiré et que je désire depuis longtemps. Dans peu de mois (nous attendons seulement les vents favorables), je m'embarquerai avec plusieurs confrères ; et, s'il m'arrive une fois de mériter la mort, si désirée de moi, si longtemps invoquée, combien auront été bien employés mes travaux et mes voyages, mes sueurs, et tout ce que, jusqu'à cette heure, j'ai éprouvé et souffert! Ce ne sera plus rien.

« Mon cher Père François, je vous embrasse de tout mon cœur. Au revoir dans le Paradis, où nous nous embrasserons de nouveau, et où, après un si long pèlerinage, nous serons rapatriés ensemble.

« De nouveau, je vous salue et vous embrasse.

Mon Père, au revoir dans le ciel. De Manille, le 5 août 1641. »

Le P. RuBino qui était allé à Macao en septembre 1641, pour tout régler dans cette résidence, revint à Manille vers la fin d'avril 1642. Le gouverneur avait fait préparer un navire avec de très grands frais pour transporter des religieux au Japon.

Le P. Rubino divisa ses compagnons en deux bandes. La première était composée de luimême, et des PP. Marquez, Moralez, Capèce et Mecinski avec trois séculiers qui s'étaient offerts gratuitement pour ce périlleux voyage : Pascal Gorrea de Souza, Portugais, Thomas, Coréen, et Jean, Patanais.

Cinq autres Pères devaient partir l'année suivante : c'étaient les PP. Pierre Marquez, Àlfonse de Arroyo, François Cassola, Joseph Ghiara et le P. André Vieyra,,ce dernier Japonais.

Enfin d'autres étaient destinés à venir successivement. Mais ce plan héroïque ne put se réaliser. Le but principal du P. Visiteur était de tendre une main secourable au P. Ferrevra, ou du moins de réparer, par d'autres martyres, le scandale de l'apostasie d'un religieux et d'un supérieur, et de donner cette satisfaction à la chrétienté japonaise, à la cour de Rome et à la catholicité toute entière.

Les voyageurs se déguisèrent en Chinois et montèrent sur le vaisseau, dont la destination apparente était de porter du secours au fort de Kélang dans File Formose : ce fort se rendit en effet le 9 juillet. On ignora les circonstances de la navigation ; mais le navire vint échouer sur une petite lie du détroit de Satsouma, le 11 août 1642, jour même de la naissance du P. Capèce. Descendus sur le rivage, ils se promenèrent et baisèrent le sol. Ils se construisirent une cabane grossière , afin de se préserver des intempéries de l'air.

Peu de jours après, ils furent découverts et conduits àNangasaki ^où ilsarrivèrent le 21 août. Le gouverneur s'applaudit de sa capture, et les lit jeter dans un cachot obscur et infect. Le lendemain, il les lit comparaître en sa présence. L'apostat Ferreyra servait d'interprète. Le P. Visiteur répondit au nom de tous, et s'exprima très éloquemment sur la religion ; en môme temps, il adressa la parole en termes si «évères au malheureux Ferreyra, qu'il l'obligea de se retirer. Interrogé s'il ne connaissait pas les défenses de l'empereur, le Père répondit qu'il les connaissait; mais qu'avant tout il devait obéir à la loi divine, et s'efforcer d'arracher aux enfers tant de milliers d'àmes, et de sacrifier sa vie même pour le salut de ces âmes rachetées par le sang de Jésus-Christ,

Quelques jours après l'interrogatoire, les confesseurs furent mis à la torture, et d'abord éprouvés parle tourment de l'eau. Chose inouïe, ils l'endurèrent pendant sept mois, de deux jours l'un, ayant un jour de repos et un jour de peine, c'est-à-dire cent cinq fois. On les brûla par tout le corps avec des flambeaux et des fers rougis; et quand ils étaient sur le point d'expirer, on les ranimait par des remèdes, afin de les réserver pour de nouvelles peines.

On essaya pour le P. François Marquez, de le vaincre par les conseils et l'affection de ses parents. 11 fut inébranlable. Les bourreaux étaient dans l'admiration, ainsi que le Hollandais Elserak, surintendant de la loge commerciale et témoin obligé de ces supplices.

Le 16 mars 1643, eut lieu pour la dernière fois le tourment de l'eau, plus cruellement que jamais; et le 17 mars fut prononcée la sentence qui condamnait les confesseurs à la fosse. Ils s'agenouillèrent et rendirent grâce à Dieu. Le gouverneur, ne comprenant pas leur sainte allégresse, fit répéter la sentence, en ajoutant que c'était pour le jour et l'heure mêmes. Les confesseurs répondirent en langue japonaise qu'ils avaient parfaitement compris.

On les lia très étroitement, avec les mains croisées derrière le dos ; on leur rasa la moitié de la tète, et on la frotta de vermillon. Puis on leur

appliqua sur la bouche une plaque de fer, et on les mit sur de mauvais chevaux, avec cette inscription aux épaules : « L'empereur du Japon condamne ces gens à la mort, pour avoir prêché la foi romaine, depuis longtemps proscrite dans tous ses domaines. » Ils traversèrent dans ce misérable équipage les places principales de Nangasaki, donnés en spectacle aux hommes et aux anges.

Arrivés à peine au lieu de la justice, ils furent jetés violemment à terre, tirés les pieds en l'air, et leurs têtes glissèrent dans les fosses jusqu'à la ceinture. Puis on fit tourner les cordes, et on les laissa revenir, de façon à causer aux victimes un mouvement vertigineux, qui leur secouait la cervelle avec d'infinies douleurs. Des immondices pestilentielles avaient été répandues dans les fosses.

Les confesseurs demeurèrent suspendus durant plusieurs jours. Thomas, Coréen, le premier de tous, expira le 21 mars. Le P. Antoine Rubino succomba le 22; trois jours après le P. Albert Mecinski, et le même jour Jean le P a ta nais. On parla diversement du dernier qui parut aux bourreaux donner signe de faiblesse, et qui fut relevé, mais qui expira peu d'instants après, dans les sentiments les plus chrétiens. Pascal Correa mourut le 24. Les trois derniers vécurent neuf jours entiers. On alla dire au

gouverneur que la fratcheur de leur visage ne faisait pas présager une fin prochaine. Il ordonna de les retirer, et, liés comme ils étaient, de les décapiter : cet ordre fut exécuté le 25 mars, fête de l'Annonciation.

Les corps furent taillés en pièces et réduits en cendres; les cendres, ramassées dans des sacs de paille, furent semées en haute mer : « Comme si Dieu, dit le P. Pierre Marquez, qui écrivit la relation de ce martyre, et qui devait mourir pour Jésus-Christ quelques mois après, ne pouvait conserver au milieu de F abîme cette poignée de cendres, et comme si cette poussière ne rayonnait pas d'un immortel éclat à la vue du Paradis, et ne devait pas ressusciter au jour du Jugement afin de jouir de son Créateur, pour la foi duquel elle avait perdu la vie. »

Les bourreaux déterrèrent un corps, présumé celui d'un jésuite, inhumé depuis vingt-deux ans et le réduisirent en cendres avec les autres.

La nouvelle du martyre parvint à Macao le 8 décembre, et de grandes fêtes furent célébrées à cette occasion.

Cardoso, BenoIt, Portugais, né à Porto, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août

1640, à Tâge de 19 ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Carneiro, Antoine, né en Chine, matelote bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Carrion, François, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Espagnol, né à Médina del Campo, en Castille, empoisonné, en haine de la foi, dans le Firando, en mai 1590.

Carrion, Jean Henriquez, métis, né dans le diocèse de Cayan, aux Philippines, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-trois ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Carvalho (Georges de) , Prêtre de la Compagnie de Jésus, Portugais, empoisonné en haine de la foi, mort à Ikitsouki, en Firondo, le 5 mai

Carvalho (Gonzalez Montéiro de), né à Meiam-

frio, en Portugal , ambassadeur portugais , décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, àl'âge de cinquante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Casouyémon, Jean Banzat, éminent serviteur de Dieu, décapité pour la foi à Yonezawa, en Dewa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Cassola, François, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Portugais, néàMouram, dans Tarchidiocèse d'Evora, mort pour la foi, dans le nord du Japon, après avoir eu les membres sciés, vers le mois de juillet 1643. Il était alors âgé de soixante-huit ans, et avait cinquante et un ans de compagnie.

Casouï, Pierre, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, après d'alfreiix tourments, à Yédo, en juillet 1639, à l'âge de cinquante et un ans.

Il était d'Imi, dans le Boungo, et fils de Romain Chibé et de Marie Fa ta. Il fut élevé au séminaire de la Compagnie. Exilé en 1614 à Manille, il désira faire le voyage de Jérusalem

et y alla par les Indes et la Perse. De Jérusalem, il se rendit à Rome, où il entra plans la Compagnie de Jésus le 20 novembre 1620. Il passa ensuite en Portugal, acheva son noviciat à Montoliveto, et y prononça ses vœux. En 1623, il revint aux Indes, désireux de se consacrer au ministère dans sa patrie ; et, trouvant l'accès difficile, il vint à Siam, où il exerça pendant deux ans la profession de rameur, espérant ainsi dissimuler son caractère et entrer sur une jonque japonaise. N'ayant point réussi dans son dessein, il revint à Manille, y exerça pendant deux ans encore le même état, et finit par pénétrer au Japon, en 1629, ayant pris littéralement « la forme d'esclave ». Il s'était embarqué avec le P. Michel Matzouda, un de ses compatriotes sur un navire acheté par le supérieur. L'équipage était composé de chrétiens exilés, qui se dévouaieut non seulement aux difficultés de l'entreprise, mais aux chances du martyre. Le bâtiment se trouvait à la hauteur du Japon quand il fut assailli par une horrible tempête et vint se briser sur le rivage près de Chitchito. Les naufragés purent se procurer une barque du pays, sous la surveillance de soldats indigènes, et se rendirent à Bonotan. port du Satsouma. Conduits devant les magistrats, ils se firent passer pour des marchands et pénétrèrent ainsi dans la Tenca.

Catherine, épouse du V. André, contremaître de navire, affiliée au Saint-Rosaire, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.

Catherine, fille du V. Jean Fachimoto Tafioyé, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de treize ans. (Voir V. Tchiousacou.)

Catherine, veuve du V. Jean Yakinoura, née à Itchibou, décapitée pour la foi, en Firando, le 8 mars 1624, à l'âge de quarantehuit ans. Elle était noble de naissance et descendait des seigneurs du pays ; on fit d'incroyables efforts pour la faire apostasier. À la fin, sans égard pour sa naissance, on l'attacha nue à un arbre: elle, afin de souffrir davantage, se meurtrit si violemment contre l'arbre, que le sang ruisselait de toutes parts. Les gentils étanchèrent ce sang, de peur que les chrétiens ne le recueillissent comme relique. Condamnée enfin à être décapitée, elle reçut glorieusement la mort. Jean Yakinoura, son époux, avait été lui-même décapité pour Jésus- Christ le 26 juillet 1622.

Catherine, épouse du V. Tchiono Jofioyé, décapitée pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Catherine, épouse du V. Simon Oia Jozayémon, décapitée pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Catherine, Coréenne, épouse du V. Sixte Cazayémon, décapitée pour la foi à Coubota, le 4 août 1624.

Catherine, brûlée vive pour la foi, en Omoura, avec la créature dont elle était enceinte, le 19 septembre 1627.

Catherine, Tertiaire de Saint-Dominique, décapitée pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628.

Catherine, épouse du V. Thomas Sacoubioyé, décapitée, pour la foi, à Nangasaki, le 7 décembre 1629. (Voir V. Sacoubioyé Thomas.)

Catherine, servante de la V6 Marie Souzouké, décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août

Catherine, fille du V. Pierre d'Ikiriki, décapitée pour la foi, à Ikiriki, près Nangasaki, le 28 septembre 1630, à l'âge de huit ans.

Catherine, épouse du V. Martin Irobioyé, brûlée vive pour la foi, à Yénochima, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.

Catherine, épouse du V. Antoine Magosouké, affiliée à la confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Cawagami, Thomas, massacré pour la foi, à Arima, vers le mois de novembre 1613.

En 1613, le prince d'Arima, découragé par la victoire des serviteurs de Dieu, parut découragé de persécuter; néanmoins, et sous Finfluence de Safioyé, gouverneur de Nangasaki,

il fit encore une autre victime. Thomas Cawacami, qui résidait autrefois au Fingo, et qui en avait été exilé huit ans auparavant par le tyran Canzouyé, s'était retiré sur les terres d'Àrinia. Il avait été « Cambo » ou portier séculier de l'église de Woriki, appartenant à la Compagnie de Jésus. Il fut condamné à mort, et les sbires envoyés pour l'immoler, le surprirent pendant son sommeil ; ils lui abattirent la main droite et le frappèrent à grands coups de sabre, ]e laissant à demi mort ; puis, après peu de temps, ils revinrent et l'achevèrent. Ses reliques furent portées à Nangasaki et déposées dans la Maison de Tous-les-Saints.

CAYfaON, Léon, tué pour la foi, à Ozacca, le 7 juin 1612, à l'âge de trente-cinq ans.

Léon Cayémon, naturel du Figen et baptisé depuis dix ans à Facata, vint à Ozacca, où il se mit au service d'un païen nommé I manda Fanchiro qui le fit intendant de sa maison. Mais il arriva que la mère d'Imanda excita celui-ci contre Léon, afin de le faire apostasier. Léon, menacé de mort, comprit que la menace était sérieuse, et se prépara au martyre. En effet, le 7 juin 1612, Imanda répéta ses ordres, et, voyant Léon invincible, dégaina son sabre, et

abattit son serviteur à ses pieds, sans que Léon fit la moindre résistance.

Càyémon, Mitchicàvà, brûlé vif pour la foi, à Nifonmatchi, en Wôchou, le 8 février 1632.

Gazariya, Thomas, hôte du B. Antoine Icbida, mort de misère en prison, pour l'amour de Jésus-Christ, et probablement à Nangasaki, vers le mois d'août 1632.

Cazatémon, Sixte, Coréen, de Térazawa, en Chambocou, décapité pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.

Cazzouké, Pierre, du village de Firochima, batelier sur la mer et guide sur la terre du B. Vincent Carvalho, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Firochima, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Cécile, servante dans la famille du Y. Gabriel Itchinoché Chinchiro, née dans l'Ile Ikitsouki, décapitée pour la foi à Cochidomari, près Firaudo, le 3 mars 1624.

Chakitchï, Jacques Yamada, décapité pour la foi, à Wacamatsou, en Wôchou, le 8 février 1632.

Cheibioyé, Thomas, décapité pour la foi, à Wacamatsou, en Wôchou, le 12 février 1632.

Cheicouro, Thomas Bigen, d'Yanaï, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Cheikitchi, Jacques, fils du Vénérable Léon lzzoumo, décapité pour la foi, à Yonezawa, métropole de Dewa, le 13 janvier 1629.

Gheisouké, Alexis Sato, de Chidogadaï, décapité pour la foi, à Wocousombara, près d'Yonezawa,le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)

Cheiza, Nacagava (ou Anagava Zayémon), mort pour la foi, à Yédo, le 27 janvier 1630. Le 24 janvier 1630, Nacagava Cheiza, gen-

tilhomme du Chôgoun, qui avait renié la foi six ans auparavant, et qui s'était glorieusement repenti, fut enterre jusqu'à la poitrine, et eut le cou scié dans l'espace de trois jours, avec une scie de bambou. Fortifié par la grâce divine, il parut tellement supérieur à la souffrance, en vue de la couronne éternelle, qu'il était radieux de bonheur et comme enivré de la charité divine.

« Cheizayémon, DamiEiN Owahi, d'Y an aï, décapité

pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Cheizayémon, Simon, mort pour la foi, à Hagata, près d'Ariyc, en Arima, le 23 février

En 1627, dans H a gâta, village dépendant d'Ariye, demeurait Simon Chcizayémon, vieillard de soixante-douze ans et que ses vertus avaient faijt choisir pour être le prieur de sa Confrérie. Traduit devant Mondo, gouverneur d'Arima, il reçut l'ordre de s'étendre sur un brasier ardent, et il obéit sans hésiter; sur de nouveaux ordres, il se retourna plusieurs fois sur ce lit de feu. Renvoyé chez lui pour guérir ses plaies, il survécut seulement dix jours et alla le 23 février recevoir sa couronne. Ses

enfants et la fille de l'un d'eux, âgée de quatre ans, avaient été tourmentés de même et n'avaient point faibli.

Cheizo, Pierre Gawai, fils du Vénérable Jean Cawaï Tchiyémon, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (V. V. Ounémé.)

Gbekiyémon, Mathias, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Ange lis.)

Chensouké, Thomas, d'Ousouï, laboureur, décapité pour la foi, à Ousoul, en Chembocou, le 18 septembre 1624.

Chenzaï, Jean, mort de souffrance, pour la foi, avant l'heure du supplice, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 30 septembre 1619. Ce médecin, qui était vénérable par ses années, était devenu sourd, et n était plus attentif qu'à recueillir les inspirations célestes. « Mon crime serait trop énorme, dit-il à son juge, si dans ma vieillesse je reniais la foi qui m'a pris dans les langes. » Et dans la prison, il exaltait la

félicité réservée à ses derniers jours : « Après avoir été pendant tant d'années alimenté et soigné par mes frères, je me vois souffrant pour Jésus-Christ : que puis-je désirer de plus à cette heure suprême? » C'est ainsi que chargé d'années et orné de précieux mérites, il atteignit le terme de son épreuve et de ses ardents désirs.

Chéza, Couchifacbi, décapité "pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.

Chéza, Jacques (ou Souizayémon), décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.

Chian, Thomas, né en Boungo, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)

Chiara, Joseph, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Sicilien, mort pour la foi, dans le nord du Japon, après avoir eu les membres sciés, vers le mois de juillet 1643.

Ghibioyé, Thomas (ou Kitchibioyé) , décapité

pour la foi, à Ghimabara, le 31 mai 1630, à l'âge de cinquante-sept ans.

Boungondono, seigneur d'Àrima, troublé par la capture du P. Barthelérni Gutierrez et le retour d'un grand nombre d'apostats, envoya de Yédo, où il était allé, des ordres très cruels, en même temps qu'il recommandait de veiller à l'existence de ses prisonniers. Il voulait les trouver vivants et disposer d'eux à son propre gré. Revenu dans le mois de mai 1630, sur-lechamp il se mit à l'œuvre. Il fit d'abord saisir des chrétiens de Conga, pour vérifier les circonstances du retour du P. Gutierrez; mais sa principale affaire était d'arrêter le P. Matthieu de Couros, provincial de la Compagnie de Jésus.

On exigea de tous les gouverneurs la liste des chrétiens de leur district, et l'on ordonna de leur faire adorer les idoles. Quelques-uns seulement faiblirent, mais le plus grand nombre endura les tourments, et demeura constant dans la foi. L'un de ces fidèles, éprouvé parla question de l'eau, déclara qu'il ne ressentait aucune souffrance, ayant appliqué les forces de son àme & méditer la Passion du Seigneur Jésus.

En Ariye, dont la population avait été si fervente en 1627, la persécution fut terrible, et un grand nombre succombèrent. Le 19 mai,

on mena les chrétiens à la maison du bonze. Sûr deux cent quatre-vingts, cinquante seulement persévérèrent. On les conduisit à Chimabara, où les attendaient des tourments bien plus cruels. À plusieurs, on lia les membres avec des cordes fines, et Ton fit pénétrer ces cordes dans les chairs que Ton tranchait ainsi par segments. D'autres subirent le tourment de l'eau. Pour d'autres, on prit des bambous que l'on remplit de soufre et de matières fétides ; puis on appuya l'un des bouts aux narines du confesseur, en obligeant ce malheureux à fermer la bouche, et l'on inséra des charbons ardents à l'autre extrémité. Ce tourment faisait évanouir les victimes et leur faisait ulcérer le visage. Une autre peine fut inventée encore ; on perça les chairs avec des bambous aiguisés, comme avec des tarières, en pénétrant jusqu'aux os, et quelquefois on brisa les bambous dans la blessure. On appliqua encore des mèches allumées sur diverses parties du corps, ou bien on lia les victimes par les pieds et les mains, et, les suspendant, on les bâtonna violemment. Quelquefois on traçait un cercle, on y plaçait le confesseur debout avec les bras en croix, et on l'obligeait à retenir entre ses dents une solive longue de cinq à six palmes. Si le patient s'évanouissait, ou le ranimait pour recommencer plus tard. Une femme fut laissée pour morte.

Sa fille aînée nourrissait un jeune enfant; on saisit l'innocente créature, et avec sa tête, on frappa la mère au visage ; l'autre fille, âgée de treize ans, fut brûlée cruellement, eut les oreilles et les mains percées avec le bambou, et fut laissée comme inanimée.

Des enfants de dix et douze ans étaient torturés à la vue de leurs parents, afin d'émouvoir ces derniers et de les dompter par l'amour naturel. On vit de ces enfants recevoir des charbons ardents sur la main ouverte et les conserver sans faire un mouvement. Un enfant de six ans à peine eut le corps déchiré par des tenailles, et on lui trancha la lèvre; il fut inébranlable. Bien peu d'enfants faiblirent, et les seuls qui faiblirent ne cédèrent qu'à l'exemple de leurs parents.

Enfin parmi ces étoiles qui avaient répandu de si vives lumières dans les persécutions précédentes, une multitude était tombée; mais cinquante conservèrent tout leur éclat, rendu plus resplendissant encore par la dernière épreuve.

Le 23 mai, Boungondono fit conduire les cinquante à Chimabara, d'autres chrétiens devaient augmenter leur nombre.

Le 24 mai, sept des confesseurs furent conduits au martyre, à la vue de tous les autres ; c'étaient Thomas Chibioyé, Paul Nagata, vieil-

lard de quatre-vingt-trois ans, Léonard Sacouzayémon, Jean Gonzayémon, Denis Jénicho, Marie, veuve, renommée par sa charité, Claire, de quatre-vingts ans, épouse de Paul Nagata. Le tyran avait résolu de donner la mort aux quatre premiers, même s'ils apostasiaient.

On avait creusé sept fosses, profondes de trois palmes et larges d'autant. Boungondono présidait au supplice, et voulant punir Léonard d'avoir démenti la signature qu'on lui avait faussement attribuée, il commanda de lui scier le bras droit, ce qui fut exécuté. Puis on entreprit de scier le cou des condamnés, d'abord avec la scie de fer, afin d'ouvrir le sillon, et ensuite avec la scie de bois ou de bambous dentelés, pour agrandir la plaie en déchirant les chairs, de manière à rendre la mort plus douloureuse et plus lente. Le premier jour, on leur fit subir trois incisions, et deux, les six jours suivants; à chaque épreuve, on jetait du sel dans les plaies pour les envenimer. On ranimait les confesseurs quand ils s'évanouissaient ; mais ils furent laissés dans les fosses tout le temps, le jour et la nuit.

Le premier et le deuxième jour, on n'infligea pas de supplice aux autres confesseurs ; mais le troisième et le quatrième jour, on les tortura de mille manières : par l'eau, par les bambous creux, par les roseaux acérés, par les mèches

ardentes; enfin, et successivement, tous ceux-ci défaillirent, à l'exception de Michel, âgé de vingt-quatre ans, naturel de Conga.

Cinq des sept premiers cédèrent le cinquième et le sixième jour ; et la dernière nuit, le nona-* génaire Paul Nagata se rendit également.

Thomas Chibioyé était inébranlable comme la pierre vive, sur laquelle il avait fondé son courage et son espérance. Boungondono, malgré sa fureur de se sentir vaincu, ne put contenir son admiration, et s'écria que si dans tout l'empire un homme était digne d'être appelé vaillant, c'était celui-là.

Les gentils demandèrent à Thomas s'il n'éprouvait aucune douleur : « Je ne suis pas insensible, répondit-il, et je ressens de vives souffrances ; mais la grâce divine me console et m'encourage au plus fort de la peine, et me fait envisager la récompense, que le Seigneur garde à ses fidèles, en échange d'une vie sacrifiée pour son amour. »

Le 31 mai, vers le soir, Boungondono, voyant Thomas expirant, fit achever son supplice, et la tête fut détachée du corps.

Dieu permit que trois des tombés, Paul Nagata, Léonard Sacouzayémon et Jean Gonzayémon, après avoir été retirés de la fosse, en entendant l'arrêt de mort que le tyran prononça contre eux, pour le fait d'avoir recueilli et

d'avoir accompagné les prédicateurs, trouvassent leur salut dans cet arrêt même : ils se retractèrent et moururent en confessant Jésus- Christ. Ainsi furent récompensées leurs vertus anciennes, et la palme fut rendue à leur repentir.

Les têtes des martyrs demeurèrent exposées, et les cendres de leurs corps furent semées dans la mer.

L'octogénaire Claire ne survécut point à ses blessures. Elle mourut bientôt aliénée, d'esprit, et l'on a présumé qu'elle n'avait déjà plus conscience d'elle-même quand elle avait paru défaillir.

Michel de Conga, comme nous l'avons dit, avait résisté seul de ses compatriotes. Il avait demandé, mais sans l'obtenir, de remplacer l'un des six qui s'étaient rendus. Boungondono le réservait pour mourir à Conga, parle même supplice. On lui associa Gonzalez Magoyémon, son père, et Jean Magosouké : ces deux derniers avaient apostasie; mais, condamnés comme hôtes, ils se repentirent. Ils eurent le cou scié dans l'espace de quatre jours; leur tourment, commencé le 27 mai, s'acheva le 31. Michel, quand son père avait défailli, s'était écrié : « Je n'ai plus de père ! » Il eut la consolation de le voir mourir pénitent, ainsi que son compagnon. Les têtes furent exposées, puis jetées à la mer, ainsi que les corps.

Thomas Chibioyé avait mené une vie admirable : cette vie, d'ailleurs, était celle d'un grand nombre de chrétiens zélés qui, dans l'absence des missionnaires, étaient les précepteurs et les soutiens de leurs frères. Thomas, étant doué de grands talents naturels, les faisait servir au salut des fidèles. Très zélé lui-même pour son propre salut, il s'appliquait à mortifier ses inclinations, et, dominant sa nature impétueuse, il avait revêtu la douceur de l'agneau. Il avait réservé dans sa maison un appartement de neuf pièces, et l'avait consacré à Dieu. Là, demeuraient les missionnaires, et il les servait, comme s'il était à leurs gages. Il réunissait les chrétiens pour leur faire entendre les prédications, et les faire participer aux divins mystères. Plusieurs fois dans le jour, il faisait oraison devant le crucifix, et, après la récitation du chapelet, il lisait à sa famille quelqu'un des mystères de la vie et de la Passion de Jésus- Christ. 11 s'empressait auprès des malades, afin de leur procurer le bienfait des sacrements ; et quand les Pères étaient éloignés, il baptisait les nouveau-nés. Il enseignait à ses frères les mystères de la foi, selon la mesure de sa science; il réprimandait les pécheurs et encourageait les justes; et si quelqu'un avait le malheur d'abandonner la foi, toute sachante s'employait à le faire réconcilier. Il refusa plus d'une fois

des emplois considérables, craignant de s'attiédir dans le service de Dieu et de rencontrer des occasions d'altérer sa foi. En 1627, il avait été mis à la torture et avait survécu. Voilà comment cet admirable chrétien s'était préparé à conquérir la palme du martyre.

Chicàtchi. Jean, décapité pour la foi, en Omoura, le 9 octobre 1621, à l'âge de quarantequatre ans. Il était natif du Fingo ; lors de la persécution, il passa en Omoura. Il était préfet de la Congrégation de Saint-Ignace. Il avait affermi dans la foi de pieux martyrs, et les avait accompagnés au lieu de leur sacrifice.

Ghiri, Pierre, décapité pour la foi, à Cochinotsou, le 18 décembre 1625. Pierre, né de parents très nobles , était le seigneur de plusieurs places dans le Tchicoungo. Ses parents, ayant perdu leurs domaines lors de la guerre de Talcosama, Pierre s'était mis au service de Boungondono, seigneur d'Arima. Il s'était fait chrétien lorsqu'il était tout jeune encore, contre le gré de ses parents. Ayant refusé de prêter un serment idolâtrique, il s'exila et se réfugia & Gochinotsou.

Chikibou, PaulNichifori, personnage illustre, président des Confréries, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Chikimï, Martin, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Japonais, mort pour la foi, dans le nord du Japon, vers 1643.

Chikisouké, Michel (ou Chitchiyémon), du village de Miye, Tertiaire de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Chimanda, Jean Jifioté, décapité pour la foi, à Cocoura, capitale du Bougen, le 28 février

Chimayama, Paul, hôte des PP. de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Chimbioyê, Louis, brûlé vif pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627.

Chimosou, Joaciiim, d'Ousouï, en Chembocou, laboureur, décapité pour la foi, à Ousouï, le 18 septembre 1624.

Chinchiro, Thomas, de la province d'Yamachiro, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre lf»19. (Voir V. Tchiousacou.)

CniNCiiiRO, Gabriel Itchinoché, né en Firando, décapité pour la foi, à Ikitsouki, le 26 juillet 1622, à l'âge de vingt-trois ans. Gabriel, hôte des missionnaires et en dernier lieu du B. Augustin Ota, catéchiste du B. Costanzo, et Majordome majeur du Saint-Rosaire, avait été fait prisonnier dans sa demeure. Ayant appris que des chrétiens chancelaient dans la foi, il obtint de ses gardes la faculté de sortir le jour, promettant de revenir chaque soir. Il eut ainsi l'occasion d'encourager et d'affermir ses frères. Le 26 juillet, il fut condamné à mort. Conduit en barque à Ikitsouki, il prêcha pendant toute la route, et finit par ces paroles : « La religion chrétienne relèvera la tête en son temps, et se répandra dans tout le Japon. » Les gentils qui l'entendaient, touchés par son éloquence, promirent de se faire chrétiens. Agenouillé pour

mourir, il méditait les mystères du Saint- Rosaire.

Chincouro, Jean, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Chindé, Joachim, décapité pour la foi, àCocoura, le 15 mars 1614, & l'âge d'environ cinquante ans.

En 1614, à peine Tordre impérial de persécuter les chrétiens était-il publié que Yetsoundono, prince de Bougen, ordonna de sévir contre eux. Le 12 mars, on convoqua les chefs de famille de Cocoura qui habitaient la partie de cette capitale appelée « Foucouôca » et on les réunit dans une bonze rie. On leur présenta un registre pour y signer leurs noms. Quelques-uns cédèrent, mais il y en eut deux qui résistèrent avec énergie : c'étaient Thomas Watanabé Chozayémon et Joachim Chindé, ce dernier médecin des pauvres, et qui faisait l'office de catéchiste des PP. de la Compagnie de Jésus. Joachim était, de plus, le premier préfet de la Congrégation de Saint-Ignace, érigée en l'honneur de la Sainte Vierge. Ces deux confesseurs furent alors liés et jetés en prison. Les autres chrétiens furent renvoyés

sans examen, et Ton publia qu'ils avaient renié. Le lendemain, qui était un vendredi de carême, on conduisit Thomas et Joachim à un bois de pins situé hors de la ville, et on les suspendit par les pieds à un arbre, l'un au-dessus de l'autre. Dans cette situation, suspendus audessus de la terre, ou plutôt élevés vers le ciel, ils s'exhortaient mutuellement à la patience. Ils demeurèrent ainsi trois jours et deux nuits. Détachés, ils reçurent la sejitence qui les condamnait à avoir la tête tranchée. Ils furent conduits immédiatement au lieu du supplice et décapités. Joachim avait environ cinquante ans. Leurs têtes furent exposées, et les corps furent enterrés sur le lieu même. Mais, peu de jours après, les têtes furent recueillies par les chrétiens et envoyées à Nangasaki, et les corps furent ensevelis honorablement, en attendant une occasion favorable de les transférer. Le P. de Ruedo, Dominicain, avait confessé les deux martyrs quinze jours avant leur glorieux supplice.

CHnfDGmo, Jsàn, de Chitsou, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Chitsou, en

Chwdo, Jâcquis, d'Abits, Frère de la Compa-

gnie de Jésus, fils du Vénérable Adrien Fido Fanyémon, élève du séminaire, fut aussi l'auxiliaire des Pères. Exilé à Macao, il revint avec le P. Manuel Borges, et fut reçu novice dans la prison de Nangasaki, où on l'avait amené du Boungo, après son arrestation. 11 fut condamné au supplice de la fosse, et il y mourut pour Jésus-Christ, le 16 août 1633, après y avoir été suspendu pendant cinquante heures.

Chinga, Vincent (ou Ichizayémon), crucifié, pour la foi, la tête en bas, à Nacatsou, en Bougen, le 1er mars 1618.

Ciiingoro, Math i as, décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613.

Ciiingoro, Thomas, de Moki, en Fingo, frère du Vénérable Jacques Chitchibioyé, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627, à l'âge de cinquante-deux ans. (Voir V. Sacounyémon, Paul.)

Chingoro, Michel, fils du Vénérable Paul Na-

gâta, mort pour la foi à Àriye, le 20 septembre 1630, après avoir eu le cou scié en plusieurs jours avec la scie de bambou.

Chinkichi, Louis, hôte des PP. de la Compagnie de Jésus , décapité pour la foi , à Firochima, en Aki, le 16 février 1624.

Ciiinsouké, Léon (ou Dgiosouké), de Méaco, brûlé vif pour la foi, dans le Tsoungarôu où il était exilé, le 4 août 1617. (VoirChoan, Mathias.)

Ciiintaro, François Toyama, décapité pour la foi, à Firochima, en Aki, le 16 février 1624, à l'âge de vingt-quatre ans. François était né de parents nobles dans la province de Cay. 11 fut baptisé à seize ans. Il donna l'hospitalité aux missionnaires dans les provinces de Kinocouni et d'Aki, et il les accompagnait souvent dans leurs courses de nuit. Il était au service du prince d' Aki, quand pendant trente jours, il fut sollicité d'apostasier, mais ce fut en vain. Son beau-père l'ayant menacé de lui reprendre sa femme, il répondit « qu'il préférait la loi de Jésus-Christ à sa femme et à tout au monde. »

Les soldats envoyés pour le mettre à mort, l'invitèrent à s'ouvrir le ventre. Le chrétien refusa et présenta sa tête. « Qu'il soit fait selon votre désir, » reprirent les satellites. François se rendit auprès de sa mère et lui adressa ces belles paroles : Voici venue, madame et ma mère, l'heure si vivement désirée et si longtemps sollicitée en vain dans mes prières ; réjouissez-vous avec moi de ce que je vais mourir, et rendez grâces k la Majesté divine pour le bienfait infini qu'Elle m'accorde; enfin, pardonnez-moi toutes mes fautes de négligence ou toutes autres, et daignez me donner votre bénédiction. » À ces mots, le fils s'agenouilla; sa digne mère, tout inondée de larmes, le releva, et, reprenant son courage et sa sérénité : « Dieu vous bénisse, mon fils, et vous donne la fermeté que je vous désire et qui vous est nécessaire & cette heure ! Je ressens votre perte plus que tout au monde : vous êtes mon soutien et ma consolation; mais je suis toute heureuse de ce que vous mourez pour Jésus-Christ, de qui le nom soit à jamais béni , pour la grâce qu'il vous accorde, ainsi qu'à nous tous. »

François laissa comme adieu suprême à sa femme la sainte recommandation de conserver toujours Jésus en son cœur, et de tenir constamment son âme entre ses mains et d'être prête à mourir en témoignage de la foi divine.

CeiNTÉMON, Matthieu Foucouchima , décapité pour la foi, à Cotchinotsou, en Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante-sept ans, après avoir expiré dans les tourments.

En 1614, Safioyé , gouverneur de Nangasaki et Gonzayémon, fils de Souroungadono , commissaire impérial, après avoir ordonné les exécutions des martyrs d' Arima, passèrent à Cotchinotsou. Le 22 novembre, soixante-dix chrétiens comparurent volontairement au tribunal sur remplacement même de l'ancienne église de la Compagnie de Jésus, où Ton disait que devait avoir lieu le martyre . Un grand nombre d'entre eux avaient apporté des cordes, afin qu'on pût les lier. La place était environnée par trois rangs de soldats. Une garde occupait les abords du cimetière voisin, où se trouvaient les instruments de supplice.

Safioyé et Souroungadono se retirèrent sur les embarcations, Gonzayémon, assis sur un sépulcre de pierre, présida à l'enquête qui dura trois jours, du vendredi au dimanche. On fit venir au cimetière les chrétiens cinq par cinq. Arrivés au centre, chacun était saisi par deux satellites, et huit ou dix autres se précipitaient sur lui et l'accablaient de coups. Le sang leur ruisselait par les yeux, le nez et les oreilles.

On les mettait nus, et on les foulait aux pieds, en leur appliquant au visage des chaussures boueuses. Puis on les traînait devant le président. Un ou deux furent pendus à un arbre, ayant la téie en bas, les pieds et les mains relevés et une grosse pierre attachée sur le milieu du corps.

Le premier tourmenté fut Thomas Araki Cheyémon, l'un des principaux « Otonas » ou chefs de rue. Il survécut aux épreuves terribles qu'on lui fit subir.

A d'autres, on coupa les doigts des pieds et des mains, en commençant par le pouce et continuant par les autres doigts, réunis en faisceau et tranchés en huit fois. On appliquait sur le front de la plupart un fer en forme de croix, large de quatre doigts, qui était rougi au feu : tourment cruel, mais plein de consolation. A ceux qui répondaient en protestant de leur foi, on bâillonnait la bouche. Enfin on conduisait les victimes au pied des degrés, et on leur énervait les jarrets; et, comme la blessure était très profonde, plusieurs en moururent. Michel, pauvre laboureur coréen, expira sur la place. Jean Naraya roula au pied des degrés, et mourut peu d'instants après. D'autres furent ramenés à leurs demeures, et succombèrent au bout de quelque temps.

Ceux qui survécurent devinrent un grand

exemple d'édification. Quelques-uns dirent au P. Orfanel, Dominicain, qu'ils n'avaient point ressenti de douleur, quand on leur avait coupé tous les doigts; qu'ils n'avaient éprouvé qu'un léger attouchement à la superficie, et qu'à l'impression de la croix rougie, ils avaient entendu le frémissement du fer, qui brûlait leur chair, et senti quelque chaleur, mais qu'ils n'avaient pas réellement souffert.

George AcafochiTarobioyé donna une marque extraordinaire de respect à Paul Rioyeï Mottari qui avait été son serviteur. Celui-ci gisait énervé sur la terre. George, s'ad ressaut à lui par « Votre Grâce » au lieu de « Tu », se déchaussa devant lui, prenant d'une main ses sandales et posant l'autre main à terre, et passa en s'inclinant profondément ; ce qui ne se faisait jamais que devant le Très Saint-Sacrement ou devant un grand prince. Lui-même fut décapité le 23 novembre.

On compta*vingt-deux martyrs expirés sur la place ou qui succombèrent à leurs blessures. Le lieu de ce sacrifice devint un sanctuaire vénéré, dans la mesure de la liberté des temps. Les bourreaux déclaraient eux-mêmes que, s'il revenait au Japon de bons prédicateurs, ils s'empresseraient d'aller les entendre.

Des seigneurs et des officiers qui avaient été témoins des faits de Cotchinotsou, dirent: « Les Pères qui enseignent cette loi sont de merveil-

leux docteurs, et nous en sommes les témoins certains ; car nous-mêmes, afin d'acquérir de la gloire et des revenus, c'est-à-dire des biens visibles et palpables, nous estimons chose difficile de donner notre vie, tandis que ceux-ci l'exposent et la sacrifient sans la moindre peine, et endurent les tourments les plus excessifs pour le salut que les Pères enseignent, c'est-à-dire pour une chose que les yeux ne sauraient voir ni les sens pénétrer. » Gonzayémon, à qui plus tard on reprocha sa cruauté, dit : « J'ai agi à dessein; je ne voulais faire qu'un petit nombre de victimes; autrement, et si j'avais fait décapiter tout simplement les chrétiens, ce peuple tout entier aurait subi la mort. »

Matthieu Foucouchima Ghinyémon qui fut du nombre des martyrs, habitait Gotchinotsou, mais il était originaire de Ganzousa. Il mettait en parallèle sa voie douloureuse avec celle de Gethsémani, et se considérait comme accompagnant Notre-Seigneur, quand ce divin Sauveur allait répandre son sang précieux , et s'offrir au Père éternel en sacrifice pour tous, et pour lui, Matthieu en particulier ; et il exprimait sa confiance que ce Dieu, dont il suivait les traces, lui donnerait le courage et les forces nécessaires pour l'imiter jusqu'au bout. Dans son supplice, il eut la bouche meurtrie avec des pierres, parce qu'il ne cessait d'invoquer le nom

de Jésus. Il expira au milieu des tourments. On le décapita, et on mit son corps en pièces. (Voir V. Àcafochi.)

Chmyéxon, Léon Misaki, né à Todgi, en Boungo, massacré pour la foi, à Ousouki, en Boungo, le 28 mai 1624, à l'âge de soixante ans.

Au mois de mai 1624, Léon Misaki Chinyémon, qui, dans une persécution précédente, s'était montré faible, et qui s'était repenti, fut misa mort avec ses trois fils, André, Thomas et Jean. Ces derniers avaient été cruellement torturés; ils avaient subi l'épreuve de l'eau; ils avaient eu les mollets serrés entre des bambous, de sorte que la chair cédant à la pression, était comme sciée et que le sang ruisselait. Le père, au moment d'arriver au lieu du supplite, se déchaussa pour entrer avec plus de respect dans la place bénie où il devait donner sa vie pour Jésus-Christ.

Un jeune fils du prince Tachenaca, digne de son père, assistait à ce supplice. On bâillonna les martyrs pour les empêcher de parler. Le barbare jeune homme, voulant faire éprouver le tranchant de ses épées, en fit frapper les martyrs entre la gorge et l'épaule, et l'on divisa les corps jusqu'à l'autre côté, dans la forme en laquelle un diacre revêt l'étole.

. Ils moururent le 28 mai, par ordre d'Inaba Firocodono, seigneur d'Osouki, en«Boungo.

Chinyémon, Michel, hôte du Bienheureux Michel Canaya Nacachima , décapité pour la foi, en Omoura, le 9 septembre 1628.

Cuinyémon, Paul, du village de Miye, fils aine du Vénérable Louis Gonvémon, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de quatorze ans.

CiiiNZABOURO, Louis, de Cotchinotsou, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungcn, le 28 février 1627, à l'âge de vingt-six ans.

Chinzayémon, Jmn, Vosaki, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, en Wôchou, le 8 février

Chinzo, SaiNChe, commissaire de navire. Confrère du Saint-Rosaire, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.

C&inzo, Paul, décapité pour la foi, à Chendaï, au commencement de février 1624. Son corps fat taillé en pièces. (Voir B. Jacques Carvalho.)

Chiouyémon, Michel, Conganemarou, de Méaco, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Acafochi.)

Chirobioté, Lin Tomonanga, gouverneur d'Omoura, Confrère du Saint- Rosaire, mis à mort pour la foi, à Omoura, le 4 novembre 1617.

Ce fut au mois de mai de Tannée 1617 que le Chôgoun, pour accomplir Tune des principales volontés de Dalfousama, son père, le mit au rang des Camis Miôgin, c'est-à-dire des héros divinisés. Ayant appris trois mois après, par des rapports secrets, que Nangasaki renfermait encore de nombreux missionnaires, il fit adresser, par les régents de l'empire, de violents reproches à Mimboundono, prince d'Omoura : ce seigneur, qui avait été chargé de présider à leur départ pour l'exil, avait déclaré que tous les missionnaires étaient partis, et alors on lui

imputait de les avoir favorisés et d'avoir toléré le séjour de plusieurs d'entre eux, par connivence avec les chrétiens . Le malheureux Mimboundono, baptisé dans sa première enfance, et qui avait vu son père apostasier, sans en être ébranlé lui-même, avait fini par subir l'effet de ses mauvais exemples, et vaincu par l'intérêt politique, il s'était courbé sous la main de l'empereur, en devenant contre sa conscience, un persécuteur de l'Eglise.

Parmi ceux que Mimboundono employa particulièrement à la recherche et à la poursuite des missionnaires, se trouvait Lin Tomonanga Chirobioyé, gouverneur de Nangaye. Lin, fils de parents chrétiens et frère d'un prêtre de la Compagnie de Jésus, avait imité son maître dans l'apostasie. Chargé par le prince d'Omoura des fonctions du gouvernement, pendant un voyage que celui-ci faisait à* la cour impériale, Lin fit arrêter et mettre à mort le P. Jean-Baptiste de Machado, Jésuite, et le P. Pierre de l'Assomption, Franciscain. Mais la contemplation de leur martyre et les prières des victimes le ramenèrent à la foi. Non seulement il redevint chrétien, mais il employa tout son zèle à convertir les infidèles et à procurer le retour des apostats. Grâce à lui, les chrétiens eureut toute liberté d'entrer dans la prison, où étaient les PP. Zumarraga, Dominicain, et Apollinaire

Franco, Franciscain, pour se confesser; ces Pères pouvaient même y célébrer la sainte messe et y exercer les autres fonctions de leur ministère. Pour la confession seulement, ils étaient obligés d'attendre la nuit, à cause de la présence continuelle des gardes pendant le jour; ils écrivaient aux chrétiens pour les confirmer dans la foi, et accomplissaient un fécond apostolat.

Au retour du prince, les bonzes s'empressèrent de dénoncer le gouverneur, et Mimboundono fit demander à Lin si l'accusation était véritable : Lin lui fit répondre qu'elle l'était de tous points.

Trois jours après, le samedi 4 novembre, le prince le fit venir, et, s'étant adjoint comme assesseurs trois de ses principaux officiers, il lui réitéra les questions qu'on lui avait déjà posées. Lin répondit dans le même sens et parla avec une grande éloquence. Interrogé sur le fait de dire s'il était redevenu chrétien, il confessa hautement son retour.

Sur ces paroles, Mimboundono commanda à Feizo, l'un de ses officiers, de le tuer sur place, et lui-même sortit de la salle. Lin, sans opposer aucune résistance, fut mis immédiatement à mort à coups de cimeterre, tandis qu'il invoquait pieusement les noms sacrés de Jésus et de Marie.

Chirobioyé, Paul, décapité pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.

Chisabouro, Pierre, Catéchiste, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Chitchibioyé, Laurent Ozacca, d'Yanaï, en Chembocou, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Ciiitcdibioyé, Jacques, de Moki, en Fingo, précipité dans la mer avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'âge de cinquante-six ans. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Chitchirobioyé, Matiiias, décapité pour la foi à Akizzouki, le 15 mars 1614.

Mathias était l'un des plus anciens chrétiens convertis à l'époque où Michel Soyemondono, oncle de Thicougcndono ou Cainocami, avait appelé les Pères de la Compagnie de Jésus, et où, dans l'espace de deux ans, il y avait eu cinq à six mille baptêmes. Mathias s'instruisit

alors à fond des choses de la religion, et s'approcha souvent des divins sacrements. Sa ferveur était si vive qu'il en faisait ressentir la puissante influence à beaucoup de ses compatriotes et qu'il en convertit un grand nombre. Lors de l'examen juridique ordonné par Yetsoundono, en vertu du décret impérial, soixante-dix des principaux chrétiens d'Akizzouki souscrivirent une déclaration écrite qu'ils n'abandonneraient jamais leur religion. Le gouverneur, ému de cette fermeté, transmit le document à son maître, et, dans le même temps, envoya dix soldats chez Mathias, comme pour être le plus zélé de tous. Ces satellites arrachèrent à Mathias le chapelet pendu à son cou et mirent en pièces les images des saints exposées dans sa maison. Mathias en versa des larmes; mais, s'étant remis, il dit à ces larrons et profanateurs : « L'intégrité de la foi chrétienne ne consiste pas dans les images et dans les chapelets, mais dans la constance et dans la pureté de l'intention, privilèges dont aucun de vous ne saurait me priver. »

Le prince, à la réception du message, envoya trois cents soldats, afin de réduire les désobéissants ; mais l'appréhension de faire un carnage universel arrêta les gouverneurs. Mathias fut seul immolé. Vingt soldats allèrent le prendre à sa demeure et le conduisirent aux gouver-

ncurs, qui le condamnèrent à être décapite. Sur riieure môme, il fut conduit au lieu de la justice et mis à. mort. Le bourreau déclara que la tète séparée du tronc avait dit trois fois : « Jésus, Marie! » Les reliques du martyr furent transportées à Nangasaki dans la maison de Tous-les-Saints.

Chitchiroyémon, Michel, de la ville d'Yachchiro, en Fingo, l'un des chefs des chrétiens d'Arima, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de soixante-quatre ans. (Voir V. Acafochi.)

Chitchiroyémon, Pierre Iynda, mort en prison pour la foi, k Coumamoto, en Fingo, le 6 février 1632.

Chitchirozayémon, Pierre Goto, décapité pour la foi, à Arima, le 23 novembre 1614, à l'âge de cinquante-deux ans. (Voir V. Acafochi.) Il était Confrère du Saint-Rosaire.

Ciiitciiiyêmon, Léon, né à Jonay, en Satsouma, décapité pour la foi, à Firasa, en Satsouma, le 17 novembre 1608.

Dans le mois d'août 1608, le prince de Satsouma, mal disposé pour les chrétiens, fit dire

au P. François de Moralez, Dominicain, que le Coubo se plaignait de ne voir à sa cour aucun des missionnaires qu'il savait en Satsouma, et que l'un d'eux ferait bien de monter à Méaco. Le P. de Moralez se rendit aussitôt à la capitale, où il fut bien accueilli.

Pendant l'absence du Supérieur, étaient demeurés les PP. Hyacinthe Orfanel et Joseph de Saint-Hyacinthe. Le prince ordonna aux chrétiens de renier la foi : ceux qui refusèrent se virent exilés. Les deux Pères voulurent inutilement parer ce coup funeste. Le P. Orfanel visita le prince, mais il n'en obtint que des civilités.

Il fut fait défense à tous les chrétiens d'aller à l'église, défense de laisser sortir les Pères de leur demeure, défense de rien introduire chez eux, pas même des aliments. Un jeune lépreux, nommé Jean, par reconnaissance, continua d'assister les Pères, et, en sa qualité d'infirme, on le laissa libre d'aller et de venir, sans faire attention à lui.

Léon Chitchiyémon fut le premier martyr de la mission dominicaine. Le gouverneur de Firasa, Fongo Cangonocami, lui donna trois jours pour renoncer la foi. Léon répondit à ses parents et à ses amis qui tentaient de l'émouvoir : « Votre amitié est de cette vie, et mon devoir suprême est la vie éternelle. » Condamné à mort, il dit h sa femme infidèle : « Si vous

m'aimez, et si vous voulez me revoir dans la sainte union du Paradis, faites-vous baptiser. » 11 engagea son fils aine, âgé de seize ans, à suivre la même voie. Pour le plus jeune, Age de sept ans, baptisé sous le nom de Michel, il voulut le laisser à l'Eglise. Il visita le P. Orfanel, non par la nécessité de se confesser, car il n'en sentait pas le besoin, s'étant confessé tout récemment, mais pour apprendre à se conduire chrétiennement dans son dernier passage, dernier degré pour monter au ciel. Il fit grande fête aux huit soldats envoyés pour le mettre à mort ; mais il refusa de s'ouvrir les entrailles et de commettre un suicide. Il avait fait préparer son cercueil, et s'était baigné. Il s'habilla de blanc et ceignit ses deux sabres. Il aurait préféré, dit-il alors, mourir sur une place, à la croisière de deux rues, afin de faire un acte plus solennel de sa religion.

Arrivé au lieu de la justice, il livra ses deux sabres; et tenant d'une main le rosaire, de l'autre une toile sur laquelle était peinte la descente de Croix du Sauveur, il pria durant une demi-heure, puis sollicita le délai d'une autre demi-heure et pria encore. Puis il donna le signal, et eut la tête tranchée, un peu avant le lever du soleil, polir aller jouir de l'éternelle gloire, et de la vision bienheureuse de son rédempteur Jésus-Christ.

Son corps fut porté à Manille, et déposé dans la chapelle des reliques des PP. Dominicains.

Chitchiyémon, Ignace, de la province d'Omi, brûlé vif pour la foi, à Fouchimi, près Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de trente ans.

Chitchiyémon, Matthieu, était avec Louis Tarodgi, au service d'un seigneur nommé Tancabougem, à Yédo ; ils furent tous deux chassés par leur maître, qui les avertit en même temps de ne pas aller en Dewa. Désireux du martvr^Tils v allèrent, et furefft mis à mort le 8 février 1624, échangeant la condition de serviteurs contre celle d'affranchis de Jésus- Christ.

Chitchiyémon, Julien, décapité pour la foi, à Foucafori, port du Figen, le 7 novembre 1628.

Chitchiyémon, André, Yamamoto, de Noucayama, décapité pour la foi, à Wocousambara, près dTonczawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)

Chitchiza, Dominique, petit-fils du V. Julien

Chitchiyémon, décapité pour la foi, à Foucafori, le 7 novembre 1628.

Chitchizayémon, Mancie Nacawoca, décapité pour la foi, à Nangasoukki, près d'Yagami, village entre Fimi et Conga, clans le district d'Isafal, le 11 avril 1627, à l'âge de cinquante ans. Hôte ancien des missionnaires, il avait voulu dérober le corps d'un des martyrs de Conga, et avait mérité ainsi de devenir martyr lui-même.

Chitchizayémon, X., décapité pour la foi, à Wocpusambara, près dTonczawa, le ^janvier 1629. (Voir V. .Candide.)

Chiyémon, Dominique, fils du Vénérable Sixte Cliiyémon, brûlé vif et à feu lent pour la foi, en Omoura, le i septembre 1627.

Chiykmon, Piemie, fils du Vénérable Sixte C'nyémon, brûlé vif et à feu lent pour la foi, en Omoura, le i septembre 1627.

Chiykmon, Thomas, fils du Vénérable Sixte

Chiyémon, brûlé vif et à feu lent pour la foi, en Omoara, le 4 septembre 1627.

Chiyémon, Sixte, décapité pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1627.

Chizayémon, Mathias Ciiouarou, crucifié pour la foi, à Firochima, en Aki, le 17 février 1624, à l'âge de trente-sept ans. Il était né en Aki, et avait été baptisé sept ans auparavant. Il était au service d'un seigneur païen de Firochima* Il assistait avec zèle les prisonniers chrétiens et surtout les religieux. Par ses soins furent convertis plusieurs prisonniers infidèles. Ce fut par ordre du prince qu'il fut crucifié. En allant au supplice, il priait avec ferveur, et s'écriait : « Qui jamais aurait pensé que Nôtre-Seigneur dût appeler à lui le plus grand des pécheurs, par la voie la plus glorieuse, qui est celle de la croix! » Les gentils émerveillés se regardaient entre eux et disaient : « S'il existe un salut pour les hommes, en vérité nul ne sera sauvé, si cet homme ne l'est pas. » Mathias reprit, en regardant la croix : « Je te vénère de toute mon âme, ô croix sanctifiée par mon Seigneur Jésus- Christ! » Puis il fit une courte prière, et se livra aux bourreaux. Son corps fut détaché par les

chrétiens, au péril de leur vie, et porte à un Père de la Compagnie de Jésus, qui le déposa sous l'autel où il célébrait la sainte messe.

Cuoan, Mathias, brûlé vif pour la foi, dans le Tsoungarou, en Dewa, le 4 août 1617.

Le P. Jacques Youki, Japonais, avait pu, malgré la vigilance exercée aux passages, visiter les chrétiens exilés dans le Tsoungarou. 11 avait porté avec lui les ornements et les vases sacrés et fait participer les confesseurs aux sacrements de* l'Eglise. Ces chrétiens héroïques semblaient avoir réalisé la prophétie d'Isaïe : car ces soldats avaient changé leurs lances en socs de charrue, et leurs épées en faucilles, afin de moissonner de plus abondants mérites pour le ciel. Leur vie se passait, après les travaux de l'agriculture, en jeûnes, en disciplines et en oraisons : une partie des nuits était employée en de pieux entretiens sur la vie et la passion de Notre-Seigneur, et sur les moyens d'avancer dans la vertu. Le missionnaire avait pu recueillir en leur faveur, parmi les chrétiens de Méaco, et leur avait apporté une aumône d'environ trois cents ccus ; mais ce subside était bien minime pour assister cent personnes.

Le Père avait trouvé détenus au Tsoungarou cinq chrétiens, deux d'entre les exilés, et trois

de la contrée , nouvellement baptisés. Matbias Choan, médecin, l'un des exilés, avait converti un mari et sa femme, Léon Dotaï et Marie ; et Léon Chinsouké, l'autre exilé, avait converti un ouvrier en épées, son élève, qui s'appelait Michel Nifioyé. Le seigneur du Tsoungarou fit un rapport au Chôgoun, lequel ordonna de les mettre tous à mort ; et le seigneur décida qu'ils périraient par le feu, Mathias regrettait que sa femme Anne ne fût pas associée à son bonheur: il demanda cette grâce à la sainte Vierge, et l'obtint. Les satellites se souvinrent d'avoir oublié Anne, et ils la conduisirent à la prison. Le jour du supplice, on les lia très étroitement, et on leur fixa derrière les ép*iuies une banderole, indice de la condamnation capitale ; on les promena sur de mauvais chevaux à travers les rues de Tacawoca ; puis on les attacha à des pieux, et l'on disposa les bûchers à quelque distance, afin qu'ils ne fussent pas étouffés immédiatement, mais qu'ils se vissent rôtir à feu. lent. Leur martyre se prolongea de la vingtième à la vingt-deuxième heure, le 4 août 1617, jour dédié au glorieux patriarche saint Dominique. Mathias Choan, né à Méaco, avait été l'élève du Séminaire de la Compagnie de Jésus. Dans une lettre qu'il adressait à Antoine Réotchi, son ami, il disait qu'il avait vu deux fois en vision son âme s'envoler vers les neuf chœurs des

anges, et tous les matins Notre-Seigneur descendre dans la prison. Longtemps auparavant il avait prédit le jour de la semaine, où il serait martyr, à savoir le vendredi : ce qui eut lieu en

effet.

Choan, Léon Inaghiya, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Chobioyé, Cosme Tacaya, baptisé à Sanga, en Figen, par un Père de la Compagnie de Jésus, ayant été exilé, vint vivre à Nangasaki. Apprenant la persécution d'Arima, il accourut dans l'espoir d'être martyr : ses vœux furent exaucés, car il fut décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614. Il était confrère du Saint-Rosaire.

Chobioyé, X., fils du V. JeanSayémon, ayant été attaché à un pieu dans un étang glacé , y mourut pour la foi : c'était à Yédo, le 24 janvier

Chobo, Marine, domestique du Vénérable Louis Amagasou Yémoné. décapitée pour la foi, à Yonezawa , le 12janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Cuochibo, Dominique Yafanghi, du village d'Oyé, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente ans. (Voir V. Acafochi.)

Chocoubon, Màthiàs, tué pour la foi, à Arima, le 28 janvier 1613, h Vàge de vingt-huit ans.

Michel ou Saïanoun, le prince apostat d'Arima, partit en janvier 1613 pour la cour impériale ; il appréhendait d'y avoir été dénoncé par Safioyé, gouverneur de Nangasaki, comme favorable aux chrétiens, et dans le chemin, il éprouva des scrupules de n'avoir pas donné de gages impies à l'empereur : car ce malheureux apostat craignait sur toute chose de perdre son Etat temporel, et paraissait avoir oublié le salut de son âme et les intérêts de l'autre vie. Il envoya de Chimonochéki Tordre d'exiler son grandoncle Jean Tocouyen, afin de pouvoir chasser du pays les religieux qui demeuraient encore sous la protection de ce seigneur. Il avait aussi résolu de faire mettre à mort Thomas Féibioyé, Mathias Chocouron, son frère cadet, sa mère et ses deux fils.

Thomas, exilé déjà de deux autres provinces, avait parcouru pour ainsi dire tous les degrés qui mènent au martyre, et il finit par en obtenir la couronne. Averti de l'arrêt porté contre lui,

il ne voulut pas qu'où fit éloigner ses fils, désirant les voir associés à son bonheur. Un des gouverneurs le fit inviter à sa table, et, au milieu du repas, lui fit présenter une épée. Thomas comprit que son heure était venue, et prenant l'épée entre ses mains, la considéra, en loua le tranchant, puis la remit au gouverneur, en tenant la pointe dirigée vers lui-même. Alors le gouverneur, saisissant l'épée, en porta un coup terrible à Thomas, qui tomba mort à l'instant même. Mathias fut égorgé de la même manière.

Marthe, mère des deux frères, et les jeunes enfants de Thomas, Juste, âgé de onze ans, et Jacques de neuf, se disposaient à la mort. Quant à Jus ta, mère des deux enfants, elle s'affligeait de ne pas être martyre. « Mère, lui dirent ses fils, nous vous précéderons seulement, et vous nous suivrez ; nous vous attendrons au ciel, en compagnie de notre père. » Et l'admirable mère se mit à encourager ses fils et à les préparer, leur disant de se montrer joyeux à l'heure de la mort, et de bien découvrir et présenter leur cou à l'épée du bourreau, enfin de se montrer dignes filsdeleur père. Ils allèrent donc pleins d'allégresse et le sourire aux lèvres. L'aïeule prit aussi congé avec une sérénité parfaite, et exhorta sa belle-fille à supporter dignement les épreuves de la vie. Elle avait revêtu

des vêtements blancs, et les enfants étaient également en habits de fête. Marthe fut mise en une litière avec ses deux petits-fils. Au lieu de la justice, les enfants furent placés à genoux l'un vis-à-vis de l'autre. Jacques découvrit son cou et le présenta ; il eut le temps de prononcer trois fois Jésus, Marie, et sa tête tomba. Juste s'offrit à son tour, et, prononçant les mêmes paroles, reçut le coup suprême. Marthe ne se démentit pas ; ayant demandé de faire oraison, elle y demeura l'espace d'une heure, puis tendit le cou et eut la tête tranchée d'un seul coup. Ces exécutions eurent lieu le 28 janvier 1613.

Thomas avait quarante et un ans, Mathias vingt-huit, Marthe soixante et un, Juste onze et Jacques neuf. Gaspard Yatayou, président de la Confrérie du Martyre, recueillit les vénérables corps, et les fît transporter à Nangasaki dans la maison de Tous-les-Saints.

Chopatchi, Alexis, frère du Vénérable Viucent Fatchirozayémon, précipité pour la foi dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont- Oungen, le 28 février 1627, à l'âge de vingt-six ans. (Voir V.Sacouyémon, Paul.)

Chofàtchî, Gaspabd, fils du V. Mancie Nacawoca Chitchizayémon, décapité pour la foi, à

Tobo, près d'Isafaï, le 18 avril 1627, à l'âge de vingt-trois ans.

Choiano, Mathias, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Chendaï, en Wôchou le 22 février 1624. (Voir B. Jacques Carvalho.)

Choïchi, Joachim, ancien catéchiste des PP. Franciscains, fut décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonezawa, le 17 janvier 1629, à l'âge de trente ans. Ce catéchiste était aveugle; mais, dans la privation de la vue corporelle, il possédait les lumières de Fâme, et ses enseignements avaient fait de nombreux prosélytes.

Chojo, Antoine, fils du V. Dominique Moucaymango Sabouro, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Chokttchi, Ignace, fils du V. Joseph Takéya Matakitchi, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632, à l'âge de trois ans.

Chokitchiro, Paul, brûlé vif pour la foi, à Chimabara le 27 août 1633.

Chosouké, Dominique Ocoumoura, cousin de Thomas Ocoumoura Domi, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente ans. (VoirV. Acafochi.)

Chou, Jean (ou Taèaso), voisin solidaire des hôtes des missionnaires, décapité pour la foi, à Nangasaki le 22 (ou 12) février 1621.

Choubioyé, Michel, brûlé vif pour la foi, à Kibara, en Boungo, le 13 juillet 1614.

Vers les premiers jours d'avril 1614, trois chrétiens du bourg de Kibara, dans le district de Nagouni, en Boungo, Clément et ses fils, Michel Chobioyé et Lin Tarozayémon avaient été cités devant le juge et d'abord renvoyés libres. Plus tard le prince ayant expédié des ordres plus sévères, on les rappela. Clément faiblit et signa l'acte d'apostasie, non seulement pour lui-même, mais, à l'insu de ses fils, au nom de ces derniers. Ceux-ci l'ayant appris, coururent protester. Le juge les retint et envoya saisir le père, qu'il croyait d'accord avec eux, et qui se releva dans cette occasion. On fit en même temps prisonniers Mancia, femme de Clé-

ment, Maxence, femme de Michel et ses enfants, dont l'alné, Pierre, avait quatorze ans à peine. On mit dans des sacs Lin Tarozayémon, Maxence et le jeune Pierre. Lin, qui parlait avec éloquence sur les choses divines, fut étroitement bâillonné. Un des officiers, s'étant approché de Maxence, lui dit : « Vous êtes folle d'endurer ces épreuves, et aussi celles qui vous sont réservées, et qui ne finiront qu'à votre mort, pour une religion tout imaginaire. Qui vous garantit, si vous vivez selon cette loi, que vous serez sauvée? Quelqu'un aurait-il vu les choses de l'autre vie? » Maxence lui dit alors : « Les choses de l'autre vie ne se voient pas avec les yeux du corps, mais avec ceux de l'âme, éclairés par la foi, tandis que vous, qui n'avez pas la foi, vous vivez dans les ténèbres, et c'est de là que vient votre présent langage. »

Sept jours après leur capture, le 13 juillet, on condamna les deux frères Lin et Michel à être brûlés vifs. Maxence fut conduite avec eux au lieu des exécutions, afin que le spectacle abattit sa résistance. Quoiqu'elle fût de noble origine et accoutumée à une vie délicate, et qu'elle vint d'être pendant quatre jours liée dans un sac et délaissée sur le sol, elle eut néanmoins le courage de parcourir à pieds nus, avec son mari et son beau-frère, la distance d'une lieue et demie. Elle refusa des sandales

et dit que ce n'était pas le jour de marcher avec des chaussures.

Le lieu de l'exécution était un champ contigu au village de Kibara. On attacha les deux hommes aux colonnes, et on mit le feu à de grands amas de paille. Les deux confesseurs récitèrent le « Credo », et bientôt leurs âmes, purifiées par les ardeurs du divin amour, non moins que par l'élément du feu, allèrent jouir de Dieu. Maxence, combattue par les ministres de la justice, ne désirait rien autre que de courir au bûcher et d'expirer au milieu des flammes. Un des bourreaux la menaçant de lui trancher la tête, elle ramena vivement en avant ses cheveux qui flottaient sur ses épaules, et présenta son cou à l'épée. L'exécuteur, sur le moment même, la frappa mortellement. Son corps fut jeté sur le bûcher et réduit en cendres, avec ceux des deux autres martyrs. Les débris furent jetés au fleuve. Michel Choubioyé et Maxence avaient tous deux trente-neuf ans, et Lin Tarozayémon avait vingt-cinq ans et était nouvellement marié. On laissa en paix le reste de la famille.

Le lendemain 14 juillet, un chrétien recueillit quelques parties d'ossements.

Des prodiges divins suivirent ces martyres. Une lumière surnaturelle brilla pendant une année au-dessus de la place de l'exécution;

elle se divisait en trois flammes : Tune demeurant au lieu même, l'autre allant planer audessus de la prison, et la troisième sur la rivière ; puis toutes trois se réunissaient.

Chouccan, Michel, Frère de la Compagnie de Jésus, Japonais, né dans le Cami, mort de misère (ou peut-être brûlé vif) pour la foi, à Chimonochèki, vers la fin d'octobre 1628.

Chounzabo, Paul, lapidé pour la foi, à Yonagawa, en Tchicoungo, le 26 novembre 1617.

Pierre Bounchoubo et Paul Chounzabo, fils spirituels du V. Paul Sacaï Tarobioyé, le précédèrent au martyre, et moururent le 26 novembre 1617. C'étaient deux anciens bonzes Yamabouchis, du mont Corozan. On les livra au chef des Yamabouchis, qui se chargea de leur supplice : les bonzes des Etats voisins étaient accourus en foule, et des cris furieux accompagnèrent les victimes jusqu'au lieu de l'immolation. On les plaça dans des fosses, à mi-corps. Ils étaient agenouillés et récitaient des prières; les bonzes, leurs anciens collègues, firent pleuvoir sur eux une prêle de pierres, et ils expirèrent dans ce supplice. Paul Chounzabo était Âgé de vingt-deux ans.

Chouzàyémon, Simon Tacafachi, officier de la garde du prince, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yemonè, Louis.)

ChouzATÉMON, Mancie, magistrat d'Ariye, mis à mort pour la foi, à Ariye, en Arima, le 20 septembre 1630.

Le 20 septembre 1630, à Ariye, en Arima, neuf martyrs moururent en plusieurs jours, ayant le cou scié par la scie de bambou. Cinq d'entre eux avaient d'abord faibli, mais avaient été retenus comme hôtes; c'étaient d'abord Barthelémi Kinosouké, père de Thomas Kitchibioyé; Michel Chingoro, fils de Paul Nagata ; Louis Couranoyo, Mancie Chouzayémon et Mathias Kitchiyémon; ces trois derniers étaient des « Gholas » ou magistrats d' Ariye, saisis sous le prétexte qu'ayant la présidence du bourg, ils avaient dû connaître la présence et les errements du P. de Couros, Provincial de la Compagnie de Jésus; de Michel Yosouca, de Paul Yotchi et de Lucie, tous les trois de Foucaye. Enfin Ton impliqua dans la condamnation Jean Magosouké, faussement accusé d'avoir détourné des deniers ; mais cette accusation n'était qu'un prétexte : la vraie cause était l'hospitalité donnée

aux religieux. Les cinq premiers se repentirent à la persuasion de Paul de Foucaye; et les quatre autres, apprenant leur arrêt, se repentirent également.

Jean Magosouké devait être partagé en deux par le milieu du corps, et les autres suppliciés dans leur contrée par la scie de bambou.

Paul Yotchi et Lucie furent laissés à Foucaye; leur martyre commença le 17 et s'acheva le 20 septembre.

Les six destinés pour Ariyc, commencèrent à souffrir le 17 septembre, et moururent le même jour que les précédents.

Jean devait assister au supplice de ses compagnons, et mourir après eux le quatrième jour. Mais le matin de ce dernier jour, il confessa hautement qu'il avait commis le plus grand des crimes en abandonnant la loi divine et protesta qu'il était chrétien. Pour l'effrayer, on le menaça de faire expirer sous ses yeux sa femme et ses enfants. Jean parut comme insensible. « N'est-ce donc rien pour toi, lui dit le juge, que de voir ta famille immolée à ton occasion? C'est offenser la raison naturelle; et les animaux mêmes, dépourvus d'intelligence, ont encore l'amour de leur progéniture. Persiste donc dans ton apostasie. » Jean lui répondit : « L'amour de Dieu ne doit pas céder à l'amour naturel; vous pouvez immoler ma famille: je

suis chrétien, et chrétien je veux mourir. » Le président, plein de rage, commanda de lui scier le cou, contrairement à la sentence. Les bourreaux s'apprêtaient à creuser une fosse : « Point de fosse et point de retard, » s'écria le juge. Et deux bourreaux, un de chaque côté, se mirent à scier le cou, et retournèrent la victime pour scier tout à l'entour. Jean invoquait les noms sacrés de Jésus et de Marie; pour l'obliger au silence, on lui brûla la bouche et le visage avec un tison ardent; enfin, et sans achever de scier la tête, on le partagea en deux, pour revenir à la lettre de la sentence. Son corps fut brûlé avec les autres, et les têtes furent exposées, comme c'était l'usage, à Tégprd de ceux qui mouraient pour la loi divine.

Choyémon, Ignace, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Choyémon, Pierre, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. CVoir B. Jérôme de Angelis.)

Choyémon, Alexis, décapité pour la foi, & Fa-

nawasa, près d'Yonezawa, le 12 janvier 1629, à l'âge de vingt-six ans. (Voir V. Candide.)

Choyémon, Sébastien Kitayama, du village de Moghi, près Nangasaki, Frère du Tiers-Ordre de Saint-Augustin, décapité pour la foi, à Fonconofara, le 28 octobre 1630, à l'âge de quarantehuit ans. (Voir B. Chozambouro.)

Chozayémon, Thomas Wanatabé, décapité pour la foi, à Cocoura, le 15 mars 1614, après avoir été suspendu par les pieds à un arbre, pendant trois jours et deux nuits. (Voir V. Chindé.)

Chozayémon, Jean, sacristain, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Claire, épouse du V. Thomas Firanda, brûlée vive et à feu lent pour la foi, à Fanghi, dans le Nangato, le 10 avril 1618.

Claire, fille du V. Michel Yamanda Fiyémon, décapitée pour la foi, à Cotchi, en Firando, le 6 mars 1624, à l'âge de sept ans.

Claire, épouse du V. Paul, de Wôchou, Tertiaire de Saint-François, brûlée vive pour la foi, à Yanagatta, en Wôchou, le 10 jan,rier

Claire, épouse du V. François Sayémon, morte pour la foi, dans un étang glacé, où elle avait été fixée par un pieu, à Yédo, le 24 janvier 1630.

Claire, servante de la Ve Marie (Souzouké), décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août

Claire, épouse du V. Michel Risouké, Tertiaire de Saint-Augustin, brûlée vive pour la foi, à Courocouche, en Omoura, le 28 septembre

Claire, épouse du V. Paul Tacafacbi Fambioyé, brûlée vive pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.

Claire, épouse du V. MathiasFaraTambioyé, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632.

Coiémon, Alexis, décapité pour la foi, près Mizzousawa, en Wôchou, le 9 février 1624. Comme Alexis et son compagnon, Dominique Dosai, étaient d'un âge avancé et qu'ils ne pouvaient suivre le cortège des confesseurs, au nombre desquels était le P. Jacques de Carvalho, on les fît agenouiller, et on les exécuta sur place. Leur corps furent taillés en pièces pour éprouver les épées.

Goitchi, Mathias, égorgé pour la foi, à Ariye, le 26 juillet 1612, & l'âge d'environ trente ans.

En 1612, le prince d'Arima voulut immoler quelques chrétiens insignes pour n'être pas accusé lui-même devant le Coubo, comme leur étant favorable; il envoya donc à Ariye le renégat Canzayémon, et bientôt de glorieuses victimes réjouirent le ciel. Michel Ito et son frère Mathias Coïtchi, nés de parents honorables, étaient depuis leur conversion, d'une ferveur admirable. Michel, dans la gentilité même, avait observé de tout temps une continence absolue. Ses grandes pénitences avaient affaibli son tempérament. Laïque, il vivait comme un religieux. Depuis quinze ans, il avait été choisi par les Pères pour présider à treize ou quatorze confréries des alentours, dont chacune avait un

supérieur propre : Michel en était le supérieur général. Tous lui rendaient compte, et ses conseils étaient écoutés de tous ; car sa grande vertu était accompagnée de la douceur la plus attrayante, et sa pensée unique était de faire pratiquer universellement la loi divine.

Auprès de l'église des Pères jésuites était une autre petite église sous le titre de la Miséricorde, que cent chrétiens avaient bâtie à leurs frais, avec un cimetière contigu. Michel en était aussi le supérieur, et tous les jours il y faisait oraison, comme pour saluer la place où Dieu lui réservait le martvre.

Lorsque le Père, qui résidait à Ariye, se fut éloigné pour quelques jours, Michel réunit les chefs des confréries et les chargea de visiter tous leurs confrères et d'inscrire ceux qui se sentiraient disposés à mourir pour la foi. Luimême s'inscrivit le premier, et son frère Mathias, le second. La liste s'éleva bientôt à quinze cents, et Ton résolut de la présenter au juge : aussi Ganzayémon, instruit de ces faits, disait-il que tout était perdu, si Michel n'était mis à mort. Trois jours avant le supplice de celui-ci, les chrétiens de Soucawa, village assez voisin, réclamèrent contre leur omission sur le rôle.

Michel était aussi plein de zèle pour baptiser lea petits enfants et pour ensevelir les morts.

Cependant il fut dénoncé aux juges d'Arima,

et Yamato, le gouverneur général du Tacacou, obtint du prince une sentence de mort contre les deux frères : l'exécution fut confiée à deux principaux officiers, Itchiroyémon et Ghéki.

Le 25 juillet, jour de saint Jacques, le Père alla secrètement à la maison de Michel, et lui donna la sainte communion, ainsi qu'à plusieurs autres; il le fit de même, le jour de sainte Anne et se retira dans son asile.

Itchiroyémon commit un de ses serviteurs, et Ghéki deux des siens, avec ordre de tuer en trahison les deux frères. Les exécuteurs arrivèrent le 26 juillet, jour de sainte Anne, sous prétexte de faire mesurer le cimetière; on y attira Michel, et on lui déclara qu'il allait mourir. Il accueillit la nouvelle avec joie, se mit à genoux au lieu où avait été la croix et y pria quelque temps. Puis l'exécuteur lui dit que cette place était trop directement en face de l'entrée, et il alla s'agenouiller un peu plus loin. Le bourreau, qui était chrétien, s'excusa d'obéir au prince et pria Michel, puisqu'il mourait martyr, de lui obtenir le pardon de ce péché. Michel lui promit de prier pour lui? et le bourreau, d'un seul coup, lui abattit la tête. Michel avait environ cinquante ans.

A l'instant où tomba la tête du martyr, le bourreau jeta son sabre, et, se mettant à genoux, prit respectueusement la tête entre ses

deux mains, et la posa sur sa propre tête, ainsi que les Japonais ont la coutume de faire, en signe de vénération très profonde; et de plus il prit son chapelet, et lui coupa des cheveux comme relique.

Les deux. autres qui devaient donner la mort à Mathias allèrent à sa maison, et lui demandèrent un peu de tabac à fumer, et, tandis qu'il le préparait, ils l'assaillirent par derrière à grands coups de sabre. Mathias proféra seulement les noms de Jésus et de Marie. Il avait reçu quatre coups violents sur les épaules, et on le croyait mort. Cependant il respirait encore, et un des soldats, étant revenu sur ses pas, lui coupa la gorge : il avait environ trente ans. Le bourreau qui avait décapité Michel vint auprès du corps de Mathias, et pria quelque temps ; écartant la natte étendue sur lui, il s'agenouilla, découvrit les pieds et y posa la main droite, puis il se la mit par trois fois sur la tête, donnant ainsi à connaître sa vénération pour le à martyr.

Il se fit un concours immense auprès des saints corps pour les vénérer, et recueillir des débris de leurs vêtements et de la terre imprégnée de sang. Plusieurs prenaient du sang qui découlait encore, et se signaient au front avec ce sang précieux : d'autres y trempèrent leurs mains : et tous regrettaient qu'aucun bourreau

ne fût député pour les immoler eux-mêmes et les rendre martyrs.

A trois heures de nuit, le Père ordonna de mettre les deux corps dans des cercueils à la façon du Japon, et les fit ensevelir dans le cimetière de la Miséricorde; puis à minuit, il les fit déterrer, et les envoya à Nangasaki. Le Père Provincial aurait désiré les recevoir avec solennité ; mais à cause de l'impie gouverneur Safioyéetdu prince apostat d'Arima, il les fit déposer sans appareil dans la maison de Tousles-Saints, réservant la solennité pour des temps meilleurs.

Les persécuteurs avaient espéré que ces exemples intimideraient les chrétiens ; mais il en fut tout autrement, et les tièdes eux-mêmes reprirent du courage et se déclarèrent hautement. Les jeunes gens se mirent les chapelets au cou, par-dessus leurs vêtements, afin de manifester leur résolution. On finit par laisser libres tous ces fidèles.

CoItchi, Jacques, né à Ouracami, laboureur de profession, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 5 novembre 1624, à l'âge de quarante ans. Après sa conversion, il s'était mis au service des Religieux, et était devenu l'hôte des Pères Dominicains.

Coïtchi, Louis (ou Mancie Canchitchi), fils du V. Mancie Nacawoca Chitchizayémon, décapité pour la foi, à Tobo, près d'Isafaï, le 18 avril 1627, à l'âge de vingt-six ans.

Coïtchitchi, Louis, du village de Coye, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif, pour la foi, à Coye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Cokitchi, Candide, fils du V. Paul Tacafachi Fambioyé, décapité pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632, à l'âge de dixhuit ans.

Couou, Jean, brûlé vif pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.

Coniki, Mancie, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Japonais, mort pour la foi, au Japon, en 1643.

Constantin, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 13 août 1633.

Conzouké, Marc (ou Sacousouké), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613.

Correa, Edouard, Portugais, capitaine de navire, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Omoura, au mois d'août 1639. Il était prisonnier depuis deux ans, et il avait subi de cruelles tortures. Ayant assisté à plusieurs martyres, il avait paru comme témoin dans les enquêtes apostoliques.

Gorrea, Augustin, Ganarin, né à Nérul, dans Me de Bardés, près Goa, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Cosaca, Jean, fils du V. Jean Sabioyé, Tertiaire de Saint-Dominique, décapité pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628.

Gosme, de Yamachiro, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V, Tchiousacou.)

Cosme, d'Owari, brûlé vif pour la foi, à Itchinomia, en Owari, probablement en 1631.

Costa (Jean de), Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 8 octobre 1633. Il y fut suspendu depuis le mercredi à minuit jusqu'au samedi soir suivant.

Ce vénérable Père était né à Azeytam, siège des ducs d'Aveiro, dans le diocèse de Lisbonne. Il arriva au Japon, en 1609. En 1614, il fut exilé à Macao, et y fit la profession du quatrième vœu, en 1616. Il revint par Manille, déguisé en pilote. Il fut une fois caché pendant neuf jours dans un trou très profond, ne recevant que tous les trois jours un peu de riz, qu'on descendait au moyen d'une corde. Souvent il était errant dans les montagnes pour échapper aux recherches incessantes des persécuteurs. Enfin il fut arrêté dans le Souwo, le 24 septembre 1633, et conduit à Nangasaki.

Lorsqu'il allait à la fosse, un chrétien lui demanda un don. L'humble religieux refusa. Le chrétien, par un zèle sauvage, lui coupa le bout de l'oreille. Cette sainte relique fut donnée plus tard par celui qui l'avait coupée, à Lopo

Sarmiento de Carvalho, commandant de la flotte portugaise.

Le P. Jean de Costa avait cinquante-huit ans, et quarante-deux ans de Compagnie.

Cotenda, André, Japonais, compagnon du V. Marcel François Mastrilli, mort pour Jésus- Christ dans le supplice de la fosse, vers le 6 octobre 1637.

Couacha, X. , Fanzabouro, brûlé vif pour la foi, à Yédo le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Coufioté, Lucas, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.

Coufioté, Jean Yananghia, mis à mort pour la foi, en Iyo, le 14 février 1624, après un an de captivité, pendant lequel il avait converti et baptisé cinq infidèles. Il était né dans cette même province d'Iyo et avait été baptisé trente ans auparavant par un Père de la Compagnie de Jésus, lorsqu'il était au service de l'amiral Augustin Tsoucamidono . Il accompagnait les Pères dans leurs courses. 11 avait été exilé en

1612, et gracié, puis recherché de nouveau en 1615 et en 1622. Il fut condamné à mort par les ordres de Cata Somonosouke, seigneur de la plus grande partie de l'Etat. Il subit le supplice « Ikida Méchi ». Dépouillé nu, et étendu sur la terre, il fût divisé par le milieu du corps.

Coufioyé, Dominique Yetchigenco, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624. Il était d'Yanaï.

Coufioyé, Pierre, crucifié pour la foi, au Foccoco u, le 5 août 1630.

Coufioyé, Dominique, de Nangata, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Nangata, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Coufioyé, Jacques Nacachimi, hôte du B. Antoine Ichida, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 29 octobre 1630.

Coundo, Soter, de la province de Boungo, Frère de la Compagnie de Jésus, mort pour la

foi, à Cotchinotsou, en Arima,le 22 novembre 1614, à l'âge de cinquante-deux ans.

Il avait été élevé dans la Compagnie de Jésus, et s'appelait d'abord Paul. A la confirmation, il prit le nom de Soter. Le B. Charles Spinola fait observer, à cette occasion, que les trois caractères chinois qui expriment le nom Soter (Soterou dans le japonais) signifient : « Ressuscité, je réside au ciel » : c'était comme une prophétie de son heureux sort. Il fut un excellent catéchiste, et travailla sept ans dans le Goto, puis alla à Amacousa et Chiki, et enfin en Saitzou et ses environs, Il fut admis comme Frère et demeura dans la Compagnie pendant plusieurs années. Il avait dans ses missions ramené cinq cents apostats et converti un grand nombre d'infidèles , parmi lesquels était la femme du gouverneur de Saitzou. Sa santé l'ayant obligé de sortir de la Compagnie, il continua à se rendre utile. Dans son supplice, il eut la bouche meurtrie avec des pierres, parce qu'il ne cessait d'invoquer le nom de Jésus. Il expira au milieu des tourments. On le décapita, et on mit son corps en pièces. (Voir V. Chinyémon Matthieu.)

Courafioyé, Joàxhim Cabacoubo, né à Sacaima, dans l'Ile Ikitsouki, marinier, décapité pour la

foi, dans Vile Ikinochima, le 3 juin 1622, à l'âge de quarante-sept ans. Il avait d'abord été relégué dans la citadelle d'Yamanda, aune lieue de Sacaima, pour y mourir de faim. Etroitement lié, Joachim travaillait et chantait de joie. Voici le sens des paroles qu'il chantait : « Le poids de mes péchés me tiendrait exilé du ciel, si, m'appuyant sur la croix, je ne m'élevais au ciel. » En allant à la mort, il faisait oraison sur les mystères du Rosaire. Ses reliques furent jetées à la mer.

Couranojo, François, fils du V. Ignace Kiyémon, brûlé vif pour la foi, à Chimabara, le 27 août 1633.

Couranoyo, Louis, magistrat d'Ariye, mort pour la foi, à Ariye, après avoir eu le cou scié, en plusieurs jours avec une scie de bambou. (Voir V. Chouzayémon, Mancie.)

CoimoBiOYÉ, André, marinier, Confrère du Saint-Rosaire, décapité pourla foi, à Nangasaki, le 2 octobre 1622, à l'âge de quarante-sept ans. On l'appelait aussi le Coréen. Il était l'un des matelots de la* barque destinée à sauver le B. Louis Florès. (Voir B. Louis Florès.)

Courobioyé, Mancie, de la province de Figcn, marinier, Confrère du Saint-Rosaire, Tan des matelots de la barque destinée à sauver le B. Louis Florès, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 octobre 1622. (Voir B. Louis Florès.)

Courobioyé, Laurent, Canga, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Courobioyé, Dominique, Tertiaire profès de Saint-Dominique et Majordome du Saint- Rosaire, ancien hôte des religieux, brûlé vif pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628.

Courobioyé, Léon, Tertiaire profès de Saint- François, mis à mort pour la foi, probablement à Nangasaki, en 1628.

Courosabouro , Manuel , de la province de Tâmba, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)

Couroyémon, Joachim, crucifié pour la foi, à

Firochima. en Aki, le 8 mars 1624. Il était no dans la province d'Iyo, et avait été baptisé seize ans auparavant par un Père de la Compagnie de Jésus. Il était âgé de soixante ans.

Couroyémon, Jean.CacouraI, brûlé vif pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. ( Voir V. Ounémé.)

Couroyémon, Piehiie. Sacaï, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Courtet, Guillaume, Prêtre de l'Ordre des Frères- Prêcheurs, Français, décapité pour la foi, au Mont-Sacré, près de Nangasaki, après avoir subi le supplice de la fosse, le 29 septembre 1637.

En novembre 1634, les PP. Jourdain de Saint-Etienne et Thomas de Saint-Hyacinthe. les derniers survivants de l'Ordre des Frères- Prêcheurs au Japon, étaient morts pour la foi, et leur martvre avait enflammé le zèle des Dominicainsde Manille. Tous sollVaient à l'onvi, et la province dominicaine eût été dépeupler, si l'on eût accueilli tous les dévouements. Dans le courant de Tannée 1636, quatre Pères avaient

été choisis pour passer au Japon : c'étaient les PP. Antoine Gonçalez, lecteur de théologie, désigné comme supérieur; Guillaume Courtet qui avait pris aux Philippines le nom de P. Thomas de Saint- Dominique, également lecteur en théologie ; Michel de Ozaraza et Vincent de la Croix, ce dernier Japonais.

Des obstacles de tout genre, et pour ainsi dire invincibles, s'opposaient à l'expédition. Non seulement les ports japonais étaient fermés rigoureusement, mais le gouvernement séculier des Philippines avait défendu, sous les peines les plus graves, rembarquement des religieux pour le Japon ou la Chine. Enfin les gens de mer demandaient un prix exorbitant pour courir l'aventure.

Il était arrivé, Tannée 1634, que des Espagnols séculiers, jetés parles vents sur les rivages des Rioû Kioû, s'étaient vus examinés par les magistrats, quidésiraient savoir s'ils n'étaient point des prêtres. Après s'être assuré qu'ils ne Tétaient point, on les avait laissés libres. Pendant le séjour de ces Espagnols, un grand nombre d'indigènes venaient secrètement vers eux, demandant, s'ils étaient prêtres, à se confesser à eux, et leur exposant les besoins de l'Eglise japonaise, presque entièrement dépourvue de missionnaires.

D'après le récit de ces Espagnols, il parut

aux Dominicains que le P. Vincent de la Croix et un autre Japonais séculier pourraient introduire, par la voie des Rioû Kioù, quelques-uns de leurs frères. Un premier bâtiment, construit en vue de l'expédition, fut signalé au gouverneur de Manille, qui le fit réduire en cendres, et établit des sentinelles dans les baies voisines. Mais la divine Providence aplanit tous les obstacles, fit trouver un autre bâtiment et un pilote, et aveugla les gardes. A peine avait-on pris la mer, qu'une tempête, s'élevant, obligea de rentrer à Bolinào pour se réparer. On repartit définitivement, et Ton aborda aux Rioù Kioù le 10 juillet 1636. Avec les quatre Pères, ci-dessus nommés, étaient deux séculiers, un Japonais lépreux, né à Méaco, et précédemment exilé pour la foi, et un métis chinois des Philippines, du bourg de Binondoc, nommé Laurent Ruiz. A peine débarqués, les saints voyageurs, vêtus en séculiers, se rendirent à la prochaine ville, déclarant qu'ils étaient venus par mer, et que leurs compagnons les avaient laissés au rivage.

On ignore quelles furent leurs aventures dans ces lies ; car aucune nouvelle n'en parvint ni par eux-mêmes, ni par d'autres. Toutefois on a présumé que, arrêtés sur-le-champ, ils furent gardés prisonniers pour être envoyés au Japon.

Après être ainsi restés près d'un an, ils furent amenés au Satsouma, dont le prince était suzerain des Rioù Kioù, et du Satsouma à Nangasaki, le 13 septembre 1637. Dans une première barque étaient les PP. Courtet, Ozaraza et Vincent, vêtus en séculiers, et ayant les mains liées. Ils furent jetés dans un cachot très étroit, et gardés avec la rigueur la plus excessive, comme des criminels de la pire espèce. Bientôt le gouverneur les fit comparaître. Ils se déclarèrent tous les trois des religieux de Saint- Dominique, et faisant partie de leur Ordre, les deux premiers comme Pères, depuis longues années, et le P. Vincent comme simple novice, reçu quelques jours seulement avant de quitter Manille. Le P. Courtet, qui n'était pas Espagnol, et de qui la nationalité n'était point connue des Japonais, fut soupçonné d'être venu dans le but de s'insinuer auprès des Hollandais et de les convertir. Interrogé sur ce point, il répondit qu'il était venu pour les Japonais seuls. On demanda s'il existait à Manille un séminaire où on enseignât la langue japonaise aux missionnaires; si beaucoup de Japonais étaient ordonnés prêtres, et si des religieux étaient récemment passés au Japon par la voie de la Chine. Les* confesseurs répondirent que le séminaire avait été commencé, mais n'était pas achevé ; que jusqu'à ce jour des

Japonais en petit nombre avaient été ordonnés, et qu'eux-mêmes ignoraient si d'autres missionnaires étaient venus par la Chine.

Dans le prétoire était le prêtre renégat Thomas Araki, qui adressa la parole eu latin au P. Ozaraza. Ce dernier lui répondit : « Vous parlez la langue latine, et vous devez être un renégat. Vous avez bien parlé quant à la langue, et mal quant à la doctrine. » Thomas, profondément troublé, s'éloigna.

Les trois religieux furent soumis au tourment de l'eau, d-une façon terrible. Deux cents vases d'eau furent infusés à chacun d'eux, chaque vase contenant environ deux litres. On emplissait les patients avec un entonnoir, comme on fait d'un baril. Alternativement on leur faisait expirer l'eau, et on les remplissait encore. On les étendait sur le sol, et plaçant sur eux une planche, on les foulait aux pieds. Ils rendaient l'eau par toutes les issues, par la bouche, le nez, les yeux et les oreilles ; et le sang distillait avec l'eau. Dieu conserva la vie à ses confesseurs, contre toute prévision humaine.

Le lendemain, on recommença, depuis le matin jusqu'à la nuit. A ce tourment, l'on en ajouta un autre. On fit asseoir les martyrs, et on les attacha fortement en leur croisant les bras. Puis on fit pénétrer des aiguilles de 'cuivre sous tous leurs ongles, jusqu'au milieu des doigts :

il en coula des ruisseaux de sang, radieux de gloire à la vue des anges.

Ozaraza, tressaillant de joie, s'écria : « Roses merveilleuses, pluie de fleurs divines, répandues, ô mon Dieu ! pour votre amour ! Mais que sont ces offrandes, au regard de votre Passion, subie pour nous, misérables pécheurs! » Les bourreaux l'entendaient et versaient des larmes ; et ils lui dirent : « O malheureux ! pourquoi donc êtes-vous venu chercher cette mort? » Le P. Courtct recourut à un interprète : « Ecoutez, dit-il, mes paroles, et répétez-les aux juges. Nous ne sommes pas venus au Japon pour mourir, mais pour annoncer la Foi divine; pour prêcher Jésus-Christ, le seul Dieu véritable, et pour enseigner aux Japonais la voie du salut : et nous sacrifions de grand cœur notre vie en témoignage. »

Les deux prêtres offraient à Dieu leurs souffrances, et lui demandaient de les accepter, à compte sur les infinies douleurs de la Passion divine.

Cependant Vincent, le novice indigène, avait défailli dans l'épreuve : on continuait k le torturer, non plus comme un chrétien, mais afin d'en obtenir des révélations. Il endurait mal ses souffrances, et il fallut trente hommes pour le contenir, dans le tourment des aiguilles.

Le P. Courtet, toujours héroïque, présentait

ses mains aux bourreaux. Les juges, irrités de ce qu'il paraissait ne point souffrir, ordonnèrent qu'avec les aiguilles, fixées dans une main, Ton raclât les aiguilles de l'autre main, comme les musiciens japonais, avec une griffe, égratignent leur guitare.

Après tant de souffrances, les vénérables confesseurs, brisés de douleur et comme anéantis, furent portés à la prison, et on leur prodigua les remèdes, afin de les conserver et de renouveler leur martyre. Ils ne se ranimaient que pour protester de leur foi.

Dans la geôle, ils n'étaient séparés du novice que par une cloison légère; et, après avoir beaucoup prié le divin Maître, ils le firent relever.

Le lendemain, les trois furent soumis au tourment de l'eau; puis on les plongea, la tête en bas, dans des cuves, à plusieurs reprises. Ils s'évanouirent dans cette épreuve.

Les interprètes avaient cessé de les interroger, et disaient : « C'est inutile. La réponse est certaine. Et c'est les ressusciter que de leur adresser la parole. »

Depuis trois jours, ils n'avaient point goûté d'aliments.

Le 21 septembre, vers deux heures du soir, arriva l'autre barque, ayant à son bord le P. Gonçalez et les deux séculiers. Le Père sauta

vivement à terre, et se signa du signe de la croix. Il était d'une taille imposante et attirait tous les yeux. Conduit devant le juge, il trouva dans le prétoire, le P. Ferreyra et d'autres clercs japonais, également apostats: Il se déclara le supérieur des autres religieux, et interrogé s'il apportait quelque lettre, il répondit : « J'en apporte une, adressée par triple voie. Elle est pour un prêtre apostat, lequel n'est point de mon Ordre, et pour qui j'éprouve une compassion profonde. » En effet, il avait écrit de sa propre main au P. Ferreyra. Ce dernier, interpellé par le juge, dut confesser que la lettre était à son adresse, et en parut comme atterré.

Le P. Gonzalez et ses deux compagnons subirent le tourment de l'eau ; puis, en leur présence, on fit fouler aux pieds, par les ministres les images, de la très sainte Vierge et de saint Dominique.

Le Japonais c6da misérablement; mais le métis Laurent Ruiz, timide en apparence, persista par la grâce divine. Le Père et Laurent furent envoyés en prison : le P. Gonçalez, meurtri par les tortures, était porté à bras. Dans la prison, les confesseurs s'encouragèrent mutuellement dans leur vocation sublime, et ils eurent la consolation de faire relever le Japonais.

Le 23 septembre, le P. Gonçalez et ses deux compagnons furent soumis au tourment de Feau. Le P. Gonçalez, en rejetant l'eau, vomit des torrents de sang.

Rapporté dans la prison, le vénérable Père but un peu de vin, qui le fit durer jusqu'au lever du jour. Se sentant défaillir, il dit un adieu suprême à ses confrères, et le soleil du 24 septembre le trouva mort. Son corps fut porté sur le lieu des exécutions, et réduit en cendres. Les cendres et la terre même furent semées dans les flots, près des lies « Cavallos ».

Le 27, on conduisit les survivants au supplice, Ils étaient liés et bâillonnés, et placés sur des chevaux : le premier était le Japonais lépreux ; le second, le métis Laurent ; venaient ensuite le P. Vincent de la Croix, puis le P. Guillaume Courtct, languissant de corps, puissant de cœur, et ayant les yeux et les pensées dirigés vers le ciel ; enfin le P . Michel de Ozaraza. Ce dernier salua les Portugais par une inclination de tête, au lieu des paroles que le bâillon empêchait. Les Portugais lui répondirent, en entonnant le premier psaume de David : Beatus vir.

Les martyrs avaient la moitié de la tête rasée, et la partie gauche du visage souillée d'ocre rouge.

Au lieu des ravissants cantiques, chantés par

les enfants, dans les précédents martyrs, on n'entendait que blasphèmes et imprécations; tant cette ville était dévoyée et tournée contre Dieu par l'apostasie !

Au Mont-Sacré, l'un des lieux les plus insignes de l'univers catholique , se trouvaient préparées des fosses. On y suspendit les martyrs, qui y demeurèrent tout le jour ainsi que le suivant, récitant les louanges divines, et s'encourageant continuellement en langues latine et espagnole. Après deux jours, les juges, impatients de quitter la place, ordonnèrent d'achever le supplice, en décapitant les victimes. Déjà les deux séculiers avaient expiré. Le P. Vincent, trop débile pour demeurera genoux, tomba sur la terre et fut ainsi décapité. Les deux autres attendirent à genoux le coup de la mort, et le P. Michel dit au P. Guillaume : « Ce que j'omets dans nos derniers adieux, je le réserve pour le ciel, quand nous nous reverrons devant Dieu. »

A peine tous étaient-ils morts que leurs reliques furent brûlées, et, ainsi que la terre sanctifiée parleur sang, répandues dans la mer, à trois lieues du rivage.

Le vénérable P. Guillaume Gourtet était de Béziers, en Languedoc. Ses parents étaient nobles et riches. Il avait conçu dès sa jeunesse le saint désir d'être missionnaire et martyr au Japon. 11 prit l'habit dominicain à Toulouse,

des mains du P. Sébastien Michaêlis, supérieur de la réforme en France. Il fit profession à Albi, puis enseigna la théologie à Toulouse, à Saint- Maximin, et à Avignon, où il fut en même temps prieur, et où il introduisit la réforme. Ayant obtenu la mission du Japon, il passa en Espagne et de là aux Philippines, Il ne demeura qu'une année à Manille : il y enseigna la théologie, en attendant la mission, objet de tous ses vœux et qu'il obtint, comme nous l'avons vu plus haut.

Cousouriya, Michel, Proviseur ou surintendant de l'Œuvre de la Miséricorde, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 28 juillet 1633. Au milieu des flammes, il chantait le Laudate Dominum, omnes gentes.

Gouyéhon, BenoIt, décapité pour la foi, à Nacatsou, près de Cocoura, le 28 février 1618.

Couyémon, Callixte, né en Fiounga, avait été baptisé au Boungo, à l'Age de quatorze ans. Il fut catéchiste des PP. Jésuites pendant environ

trente ans. Il demeurait à Wacamatsou, où il remplissait les fonctions de Cambô de l'église et de précepteur des autres chrétiens . Il fut tué pour la foi, aune lieue de cette place, à Tabout, le 19 avril 1624, à l'âge de cinquante-sept ans.

Couyémon, Antoine, décapité pour la foi, en Omoura, le 19 mai 1628.

Gouzayémon, Jacques Motchizzoutchi, décapité pour la foi, à. Coubota, le 26 juillet 1624.

Couzo, Michel Izzounocouni, décapilé pour la foi, à. Coubota, le 26 juillet 1624.

Goyananghi, Thomas , décapité pour la foi, à Nangasaki, le 19 août 1622. (Voir B. Florès.)

Cozacou, Thomas, Confrère du Saint- Rosaire, serviteur du V. Pierre Arizo, décapité pour la foi, à Omoura, le 19 juillet 1619.

Crescencia , épouse du V. Antoine Anazava Fayémon, décapitée pour la foi, à Noucayama, le 12 janvier 1622.

Cunha (Dominique de), né à Macao, matelot, décapité pour la foi, àNangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco Louis.)

Daïcou, Léon (ou Fausaki), décapité pour la foi, à Touchai, près de Yédo, le 16 août 1613. (Voir B. Apollinaire Franco.)

Daïgacou, Pierre Nacano, brûlé vifpourlafoi, à Coubota le 18 juillet 1624. (Voir. V. Ounémé.)

Daïgacou, Joachim Chembocou, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Damien, décapité pour la foi, à Amangoutchi, en Nanguto, le 19 août 1605, à l'âge de quarante-cinq ans.

Les chrétiens de Nangato, après la mort de l'illustre Melchior Bougendono, prévirent immédiatement celle de Damien. C'était un pauvre aveugle qui vivait d'aumônes en jouant de la Viole et en chantant d'anciennes histoires. Il était naturel de Sacal et avait été baptisé dans Àmangoutchi, à l'âge de vingt-cinq ans. Il était marié. Damien était doué d'un esprit très vif et d'un très grand cœur, et la grâce du saint baptême avait développé ses facultés naturelles, de manière qu'il acquit en peu de temps une merveilleuse compréhension des choses divines. Ancien auxiliaire du Père d'Amangoutchi, il le suppléait depuis son départ : il baptisait les nouveau-nés, catéchisait les ignorant?, donnait la sépulture aux morts: enfin il chassi souvent les démons du corps des possédés. Si par l'autorité, Melchior Bougendono était l.i tête, Damien l'était par la doctrine. Les Père? Jésuites, afin que Damien vaquât uniquement aux choses divines, lui avaient assigné une aumône annuelle pour le faire subsister, et on lui avait fait bâtir une petite maison où il demeurait avec sa femme, et où il avait un oratoire.

Quatre jours après le supplice de Melchior, Morindono, le prince persécuteur, envoya de Fanghi, sa capitale, deux officiers chargés de séquestrer les biens du martyr. Les deux offi-

ciers firent appeler Damien. C'était le 19 août. Damien prévit le motif de l'appel, et, avant d'aller se livrer, fit sa préparation* à la mort. Il se lava, mit ses plus beaux habits et partit accompagné de deux bons chrétiens. Les officiers le combattirent de paroles, mais il répondit avec une admirable éloquence. Les officiers, voyant qu'ils n'en obtenaient rien, résolurent de le mettre à mort. Mais ils ne voulaient pas le faire en public, à cause des chrétiens. On renvoya sans bruit les deux compagnons de Damien, et vers minuit, on le mit sur un cheval. On se rendit, à la lueur des torches, au lieu de la justice d'Amangoutchi, appelé « Ippon Matsou », où l'on mettait à mort les malfaiteurs. Etant descendu de cheval, Damien fit une courte oraison et tendit le cou à l'exécuteur. Son corps fut taillé en mille pièces et jeté, partie à la rivière, et partie dans la forêt voisine. La tête et le bras gauche, oubliés par les bourreaux, furent recueillis par les chrétiens.

Danyémon, Michel, Tertiaire profès de Saint- Dominique, décapité pour la foi, à Yagami, près IsafaX, le 19 mai 1627, à l'âge de quarante ans.

Denis, fils du V. Alexis Yenyémon, décapité pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de cinq ans.

Denyémon, X., décapite pour la foi, au Foccocou, le 3 août 1630.

Dknzo, Jean, décapité pour la foi, à Gocoura, le 25 juillet 1618.

Denzo, Léonard Matzouda, né à Ariye, décapité pour la foi, à Ghimabara, le 13 décembre 1627, à l'âge de quarante-quatre ans. Il était fils de deux chrétiens respectables, Cosme et Lucie. Bientôt orphelin de père, il fut élevé par un excellent chrétien, hôte des religieux. Il épousa Madeleine, fille de Thomas Kitchibioyé Yafaghi et de Jeanne, chrétiens principaux d'Ariye. Il avait trois frères et une sœur, Catherine, qui fut martyre. Léonard avait été soupçonné d'avoir dénoncé le P. Jean-Baptiste Zola. Il avait aussi été accusé d'avoir dérobé de l'argent. Il se jus-

tifia, mais il fut arrêté pour sa religion, ainsi que sa femme : tous deux furent inébranlables.

Celle-ci le précéda dans la gloire, le 26 mars de la même année. Avant d'être décapité, Léonard subit d'affreuses tortures. Le prince Boungodono lui-même lui martela les doigts. Il fut soumis ensuite à trois, supplices différents, celui de l'eau, la dislocation des pieds et des mains, et un troisième tourment, de nature immonde. Il souffrit ainsi pendant plusieurs heures. Dans la prison, sa vertu fut admirable; une fois il resta vingt-quatre heures dans une oraison continuelle. Il convertit et baptisa plusieurs païens prisonniers. Ses disciplines étaient si rigoureuses qu'il avait les épaules couvertes de plaies, et si profondément déchirées qu'il s'y engendrait des vers.

Pendant le supplice, il forma trois vœux : l'un de cent rosaires à Notre-Seigneur, afin d'obtenir par les mérites de la Passion divine, de résister aux tourments; le second de cinquante rosaires à la sainte Vierge et aux Anges ; le troisième de cinquante, à l'apôtre saint Pierre, ces deux derniers vœux aux mêmes fins que le premier. On raconte qu'il eut une vision d'un vénérable vieillard, à la gauche duquel était Madeleine, et tous deux l'encourageaient en lui disant : « Ayez confiance, Léonard; ayez confiance! »

Après son martyre, sa tête fut exposée, et son corps fut réduit en cendres.

Denzo, Alexis, fils du V. Jean Vosaki Chinzayémon, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Dgiasodadgio, Paul (ou Yasodayou), originaire du Farima, tué pour la foi, à Coumamoto, en Fingo, le 25 janvier 1615, à l'âge de cinquante-deux ans.

Canzouyédono, prince du Fingo et persécuteur, mourut vers la fin de Tannée 1614, et Ton présuma qu'il s'était empoisonné. L'héritier de ses domaines et de sa haine contre les chrétiens était Torasoudgidono, jeune homme de quinze ans, persécuteur dès son avènement, et qui fit un martyr. Paul Dgiasodadgio, charpentier habile et chef des travaux de la citadelle, était depuis un an en prison pour la foi. Vers la nouvelle année, temps où les seigneurs évacuent les prisons par le supplice des uns et par l'amnistie des autres, le sanguinaire enfant commanda d'essayer son sabre par le supplice de Paul ; et, le 25 janvier, jour de la conversion de l'apôtre, son glorieux patron, Paul fut divisé

par le milieu du corps, de la région du cœur à Faisselle opposée. On dit <!jue la partie supérieure répéta par trois fois les noms sacrés de Jésus et de Marie.

On avait fait tenir Paul par son fils adoptif , alors renégat, et par un de ses parents. Mais le martyr avait fait l'admiration de tous les assistants et du bourreau lui-même, qui, rendant son sabre à son maître, lui dit : « La trempe en est admirable; mais plus admirable et plus finement trempé s'est montré le courage de Paul, héroïque devant la mort et dans la mort même. »

Dgusotémon, Romain, décapité pour la foi, à Cocoura, le 18 mars 1615.

Le 18 mars 1615, au Bougen, dont Yetsoundono était le seigneur, ainsi que d'une partie du Boungo, Romain Dgiasoyémon, originaire du Boungo et domicilié à Cocoura en Bougen, après huit mois de prison, fut mené au supplice avec la hart au cou. Il cheminait à pied, à l'imitation du Sauveur et arrosait ses pas de son sang ; et néanmoins, il avançait sans faiblir et tout absorbé en Dieu. Après son supplice, son corps fut enterré par les chrétiens, et plus tard transféré à Nangasaki.

Dginchiro, Laurent Farima, d'Yanaï, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Dochincha, Grégoire, serviteur et catéchiste des PP. Franciscains, décapité pour la foi, près de Yédo, le 7 septembre 1613.

Dojou, Jean (ou Gourobioyé), torturé et mort pour la foi, à Sourounga,le lcp novembre 1615, à l'âge de cinquante ans.

Il était de la province dTamachiro et de bonne naissance. Dans sa jeunesse, il était très attaché à la secte Icochou, dont il possédait toute la science, et dont il était le principal membre à Fouchimi. Eclairé par la prédication des missionnaires, il se consacra dès lors à la conversion de ses compatriotes. Il devint le président et le majordome des confréries de Fouchimi, de Souroungaet des régions voisines. Il fut exilé plusieurs fois et privé d'une partie considérable de ses biens. Lorsque le missionnaire de Sourounga fut exilé, ce religieux confia à Jean, qui était de retour, le soin d'encourager et de maintenir les chrétiens. Jean veilla sur

ceux dont il avait la garde. Son vœu le plus ardent était de donner sa vie pour Jésus-Christ et il fut exaucé. (Voir V. Gacosouké.)

Domi, Thomas Ocoumoura, de Chimabara, l'un des chefs des chrétiens, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de soixantesept ans. (Voir V. Acafochi.)

Dominica, épouse du V. Amagasou Tayémon, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le ^janvier 1629, à l'âge de vingt-trois ans. (Voir V. Louis Yemoné.)

Dominique, fils du V. Mathias Matayémon, brûlé vif pour la foi, à Yangami, distant d'une lieue et demie de Nangasaki, le 23 septembre

Dominique, père du V. Thomas Sisto, décapité pour la foi, à Cambachinoura, en Omoura, le 26 juin 1625.

Dominique, fils du V. Michel Magozayémon, décapité pour la foi, & Sazoco, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Dominique, fils du V. Michel Racouzayémon, décapité pour la foi, à Sazoco, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de sept ans.

Dominique, hôte des PP. Augustins, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 11 décembre 1632.

Dominique, Japonais, décapité pour la foi, probablement à Nangasaki, le 27 mars 1633.

Dominique, Japonais, catéchiste des PP. Jésuites, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 22 juillet 1633.

Dominique, Japonais, catéchiste des PP. Jésuites (un second), brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 22 juillet 1633.

Dominique, hôte du V. frère Jésuite Thomas Nichifori, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 22 juillet 1633.

Dominique, Bengalais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Dominique, Chinois, serviteur à bord d un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Dominique, Malais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Pachéco Louis.)

Dosaï, Dominique, décapité pour la foi, avec Alexis Coiémon, près de Mizzousawa, en W6chou, le 9 février 1624. Dominique était avancé en âge. (Voir B. Jacques de Carvalho.)

Dotaï, Léon, brûlé vif pour la foi, dans le Tsoungarou, district de Dewa, le 4 août 1616, (Voir V. Choan, Mathias.)

Dot, Laurent, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Àngelis. )

Elisabeth, épouse du V. Jean Nodéra, de la Confrérie du Saint-Rosaire, brûlée vive pour la foi, avec la créature qu'elle portait dans son sein, à Nangasaki, le 29 novembre 1618.

Elisabeth, épouse du V. Simon Tchicoutchi Jimbioyé, brûlée vive pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.

Elisabeth, morte de misère pour la foi, dans la prison de Coubota, le 21 août 1624.

Erquicia (Dominique de), Prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, mort pour Jésus-Christ dans

le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 1er septembre 1633, à l'âge de trente-neuf ans. Il était né à Saint-Sébastien, en Espagne, et fils d'habit du couvent de Saint-Elme de ladite ville. Il était éminent aux Philippines comme professeur etcomme prédicateur, lorsqu'il fut désigné, avec les PP. Pierre de Ribéra, Lucas du Saint-Esprit et Louis Beltran, pour passer au Japon, où ils arrivèrent le 19 juin 1623. Dix ans après, il y était supérieur de son Ordre et vénéré des chrétiens comme uii apôtre, lorsqu'il tomba aux mains des persécuteurs. Les satellites le cherchaient avec ardeur. Son portrait se trouvait répandu partout. Enfin, l'un de ses hôtes, vaincu par les tourments, le dénonça. Le Père fut arrêté et conduit devant le juge. Celui-ci lui offrit dix mille taëls de rente annuelle et la protection spéciale de l'empereur, s'il apostasiait. Le Père méprisa ces discours et fut conduit au supplice. Suspendu dans la fosse le 29 août, il expira le 1er septembre. C'était à Nangasaki, en 1633.

Esquivel (Hyacinthe de), Prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, mis à mort, en haine de la foi, en 1633, à bord de la jonque chinoise sur laquelle il se rendait au Japon.

Il était de la Biscaye et de naissance noble.

Il prit Thabit au couvent de Saint-Dominique de Victoria. Il était novice, quand la présence du P. Aduarte, revenant, Tan 1611, du Chapitre général de Paris, fit naître en lui le désir des missions. Il fut envoyé à Manille en 1625. Il étudia la langue japonaise sous le P. Jacques de Sainte-Marie, naturel du Japon, et avec son aide, il fit imprimer un vocabulaire japonais et espagnol.

Ayant longtemps demandé la mission du Japon, il l'obtint enfin de son supérieur, et fut envoyé d'abord à Formose, cette voie paraissant la plus sûre, mais avec Tordre d'y demeurer, s'il ne pouvait passer au Japon. Il construisit une église au village de Taparri, peuplé de pirates et de mécréants de la pire espèce, et une seconde, à peu de distance, pour la eolonié chinoise. Il en érigea plusieurs autres en différents lieux. Il pratiquait envers lui-même des rigueurs extraordinaires, et, au sortir de ses disciplines, il prêchait avec l'éloquence d'un second Elie. Dans ses loisirs, il apprenait à fond la langue indigène (Tanchuy), et il en composa la grammaire et le vocabulaire ; puis il traduisit la doctrine chrétienne en cette langue. Appelé à San-Salvador, forteresse principale des Espagnols, il y renouvclla l'esprit religieux. Il érigea la Confrérie de la Miséricorde, pour remédier aux nécessités tant corporelles que spirituelles des chrétiens.

Au bout de deux ans, il obtint de son supérieur la permission de passer au Japon, et s'embarqua sur une jonque chinoise, avec un Père Franciscain dont le nom est demeuré inconnu. Au bout de quelques jours de navigation, le capitaine chinois les fit mettre à mort. Puis il leur fit couper le nez et les oreilles, qu'il fit saler, et, débarquant à Nangasaki, présenta ces hideux débris aux gouverneurs. Il en reçut un salaire considérable; mais cet argent ne lui profita point; car, s'étant mis à jouer, il perdit tout , et fut bientôt emporté par un flux de sang. Tout le monde y reconnut un châtiment du ciel. Mais les vénérables missionnaires, immolés dans leur course, étaient devenus de glorieux martyrs.

Pachiro, Matthieu, Araki, torturé et décapité pour la foi, à Gotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de soixante-dix ans. (Voir V. Chinyémon, Matthieu. )

Paito, Jacques Cangatama, décapité pour la foi, près de Cocoura, le 15 octobre 1619, à l'âge de cinquante-quatre ans.

En 1614, Yetsoundono, prince du Bougen et d'une partie du Boungo, écrivit d'Yédo à ses

gouverneurs d'avoir à exécuter rigoureusement les ordres impériaux contre les chrétiens. A Cocoura, la capitale, qui en comptait un grand nombre, on brûla la chapelle, érigée hors des murs dans le cimetière des PP. Jésuites. Beaucoup de chrétiens défaillirent, et surtout des femmes, devant la menace de se voir enfermées dans des lieux infâmes. On dissimula vis-à-vis de ceux qui avaient résisté. Jacques Cangayama Faito, le plus ferme appui de cette Eglise, et en même temps le plus renommé capitaine de la province, était alors employé à Yédo, où il était l'un de» directeurs des travaux de la forteresse. Le jeune Chôgoun n'essaya même pas de Fébranler. Agathe, femme de Jacques, lui écrivait pour l'encourager. Leur gendre, Ongazawara Yosambouro, fut combattu par les gouverneurs et résista courageusement. Yetsoundono commanda de lui faire grâce en raison de sa famille.

Cependant, en 1618, le prince de Bougen devenu par intérêt persécuteur acharné de la religion, relégua Jacques et tous les siens dans une misérable cabane, et le vaillant guerrier comprit qu'il n'avait plus qu'à se préparer au martyre. Il avait dit un jour au prince : « Vous ne voudriez pas que j'allasse en enfer. » — « Pourquoi, répondit Yetsoundono, si j'y vais, n'y viendriez -vous pas avec moi? Faites -le

comme un bon serviteur et pour l'amour de moi. »

Yetsoundono avait demandé et attendait pour agir les ordres du Chôgoun. En revenant de la cour, après le grand martyre qui venait de faire à Méaco cinquante -deux victimes, il envoya vers Faito, pour lui signifier la sentence capitale, avec treize articles ou motifs de condamnation : le dernier seul était sérieux ; c'était la qualité de chrétien, et les messagers déclarèrent à Jacques que cette cause était la principale et Tunique à redouter ; sa grâce dépendait de l'apostasie.

Jacques les remercia,fit venir sa femme et sa fille, et leur donna de suprêmes et saints enseignements. Puis il se prosterna au pied du crucifix, se recommandant au Sauveur du monde et à sa très sainte Mère ; il se revêtit d'un habit d'Europe, don précieux de son maître spirituel, le P. Grégoire de Cespédez, et d'un manteau magnifique, et monta sur la barque pour aller au supplice. On descendit à un mille de Gocoura, chef-lieu de la province. A l'arrivée, Jacques se dépouilla de son manteau et en fit aumône à un chrétien qui l'avait suivi, puis, déposant sa chaussure, il voulut gravir la colline pieds nus. Enfin il s'offrit aux bourreaux et reçut le coup mortel, le 15 octobre 1619, à l'âge de cinquantequatre ans.

Le vénérable Jacques Cangayama Faito était né dans la forteresse de Tacazzouki, dans la province de Tsounocouni. À dix ans, il avait reçu le baptême des mains du P. Louis Froëz. Il était comme le père des autres chrétiens, et le protecteur principal de la Compagnie de Jésus.

Marie, sa femme, envieuse de son sort, écrivait oe regret au P. Provincial, et elle cita le proverbe japonais : « Celui qui descend d'une montagne de joyaux, avec les mains vides, a mérité de mendier sa vie. »

Fakiro, Louis (ou Louis de Saint-Michel), Frère de l'Ordre de Saint-Augustin, mis à mort pour la foi, à Kiro, en Omoura, le 28 septembre 1630. Il était originaire du village de Kiro, et avait soixante ans.

Fambioyé, Paul Tacafacbi, hôte des PP. Jésuites, brûlé vif pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.

Fansouki, Louis, hôte d'un Frère de la Compagnie de Jésus, et qui l'avait fait évader, déca-

pi té, pour la foi, à Coubara, en Omoura, le 20 juin 1621.

Fànyémon, Adrien Kido, décapité pour la foi, à Soucaye, près d' Ariye, en Arima, le 23 novembre 1614 à l'âge de soixante et un an.

En 1614, à Ariye en Arima, Adrien Kido Fànyémon comparut devant Matsoucbiro, chargé par Safioyé de poursuivre les chrétiens. Comme il refusait énergiquement d'apostasier, on lui coupa d'abord un doigt de la main droite, puis deux de la gauche, à deux reprises, lentement et en les sciant ; on lui coupa le nez, puis on le dépouilla de tous ses vêtements, et on le promena honteusement jusqu'à Soucaye, à un quart de lieue d' Ariye. On le déposa dans une cabane, et on lui rendit quelques vêtements, à cause du froid excessif; mais on lui refusa à boire, de peur que ses blessures ne perdissent du sang en plus grande abondance. Pendant tout le chemin, il avait, quoique illettré, prêché très éloquemment aux soldats. Le lendemain, on le ramena à Ariye, et on le promena dans les villages d'alentour ; on lui ût faire un si long trajet que, épuisé par la fatigue, par ses blessures et par l'âge , il tomba trois fois à terre ; on le reconduisit à Soucaye. Pendant la route, il se recommandait à Dieu et poussait de pro-

fonds soupirs ; on l'attribua au manque de courage, et on le lui dit : « Il parait bien, dit le confesseur, que vous ne voyez pas mon cœur. Je ne crains pas la mort ; je la désire au contraire plus que d'autres ne désirent la vie ; mais je soupire à la vue des bienfaits divins, et de celui surtout que Dieu m'accorde en ce jour, en me permettant de souffrir pour sa gloire. » Matsouchiro donna Tordre de le décapiter ; cet ordre fut exécuté le dimanche soir, 23 novembre 1614. Son corps fut mis en pièces ; les chrétiens recueillirent ses précieux débris.

Fanyémon, Barthelêmi, torturé et mort pour la foi, au Mont-Oungen, et puis précipité dans l'abîme,, le 17 mai 1627, à l'âge de cinquantetrois ans. (Voir V. Impcy et V. Soukeyémon, Louis.)

Fanzabouro , Antoine , décapité pour la foi v près de Yédo, le 17 août 1613. (Voir B. Franco.)

Fanzaï, François (ou Fampei), de noble naissance, hôte ordinaire des Religieux, Confrère du Saint-Rosaire et du Cordon de Saint-Fran-

çois, massacré pour la foi, dans la citadelle de Coubara, en Omoura, le 20 juin 1621. Il mit ses bras en croix pour recevoir le coup mortel. Sa femme alla s'agenouiller devant son corps et lui lava le visage. Ses reliques furent déterrées et enlevées par les chrétiens.

Faramondo, Jean, ancien capitaine des arquebusiers impériaux, proche parent du Chôgoun, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. Dans la persécution de 1615, Dalfousama lui avait fait couper tous les doigts des mains et des pieds et imprimer sur le front le signe de la croix. Faramondo avait survécu à ce supplice, offrant aux chrétiens l'exemple d'une infirmité sans égale, supportée avec la patience la plus héroïque. (VoirB. Jérôme de Angelis.)

Fatchicouan, Joachim, chef de Confrérie, hôte des PP. Franciscains, décapité pour la foi, à Tonchaï, près de Yédo, le 16 août 1613. (Voir B. Franco.)

Fatchirodono, Salvador Firawo, né à Tchindgiwa, mort pour la foi, près d'Obama, en Arima, le 1er décembre 1614, à l'âge de vingt-deux ans.

En 1614, le capitaine de Firando, chargé par le persécuteur Safioyé, d'examiner les districts de Chindgiwa et d'Obama, et d'y poursuivre les chrétiens, fit mettre à la torture quatre serviteurs nobles du prince d'Arima, que celui-ci, avant de passer au Fiouiga, avait fait fléchir, mais qui s'étaient rétractés, et qui s'étaient exilés dans les montagnes d'Obama, errant à l'aventure avec leurs femmes et leurs enfants; ils avaient fini par se réfugier dans un grotte naturelle. Ils furent mis à la torture le 28 novembre 1614, devant l'emplacement où avait été trouvée la croix miraculeuse d'Obama ; ils avaient consenti à être liés, quoiqu'ils fussent nobles. Ils eurent les doigts et le nez coupés, et reçurent l'empreinte de la croix. Deux moururent dans les tourments, et deux survécurent. Les deux martyrs étaient deux frères, Jean Firawo Fayemondono, d'Obama, âgé de trentecinq ans, et Salvador Firawo Fotchirodono, de Tchindgiwa, âgé de vingt-deux ans. Après la torture, Jean resta toute la nuit sur la plage, dans un fossé, au milieu des pierres, privé même d'eau pour boire. Il tenait ses bras croisés sur la poitrine, et se recommandait à Dieu. Cependant tout son sang s'écoulait, et il était glacé de froid. Au matin, on le trouva mort. Salvador expira deux jours après. Celuici avait dit : « J'offre à Dieu les vingt doigts de

mes mains et de mes pieds, et aussi mes narines, comme je lui ai offert, dans ces derniers mois, ma pauvreté et tout mon être. »

Les PP. Dominicains envoyèrent un homme de confiance pour ravir les reliques des deux martyrs. Cet émissaire put seulement séparer une des têtes, celle de Jean, et la rapporta : une femme recueillit un peu de paille qui avait enveloppé cette tête : au bout de quinze jours on ouvrit la bourse qui avait contenu la paille, et Ton trouva que celle-ci avait germé, et qu'elle avait produit un épi vert. Tel est le témoignage du P. Hyacinthe Orfanel, Dominicain, citant l'autorité du P. Charles Spinola, Jésuite, qui possédait l'épi.

Fatchirotémon , Martin Càinoïjma , décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Fàtchirozàyémon, Vincent Soughi, d'Amacousa, torturé et submergé , pour la foi avec une pierre au cou, à Chimabara, le 21 février 1627. {Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Fatchizo, André, décapité pour la foi, en Dcwa, le 18 août 1624.

Fatchizo, Thomas, hôte des missionnaires, décapité pour la foi, à Cambachinoura, en Onioura, le 26 juin 1625.

Fayachi, Matijias, Frère de l'Ordre de Saint- François, Catéchiste du B. Apollinaire Franco, brûlé vif pour la foi, à Omoura, le 12 septembre 1622. (Voir B. Franco.)

Fayé, Antoine (ou Youfioyé), décapité pour la foi, à Tonchaï, près de Yédo, le 16 août 1613.

Fayémondono, Jean Firawo, officier du prince d'Arima, torturé et mort pour la foi, à Obama, en A ri ma, le 29 novembre 1614, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Fatchirodono.)

Fayémoné, Antoine Anazava, de Noucayama, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonczawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)

Feibioyé, Thomas, tué d'un coup d'épée, pour la foi, à Arima, le 28 janvier 1613, à l'âge de quarante et un ans. (Voir V. Chocouron.)

Feibioyé, Lucas Mori, né dans File Ikitsouki, hôte du bienheureux Camille Gostanzo, décapité pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de soixante-seize ans.

Et 1621, trente-huit chrétiens furent mis àmort dans Firando et son district. Massoura Figendono, seigneur de la province, ambitieux de la faveur impériale et désirant sur toutes choses garder son Etat, persécuta violemment et fit de nombreux martyrs . Ses premières fureurs s'exercèrent contre les enfants et les femmes des chrétiens que deux ans auparavant il avait mis à mort pour obéir au Chôgoun. Nul ne fut épargné, pas même les servantes et les enfants en bas âge.

La famille de Gabriel Itchinoché Chinchiro, hôte du bienheureux Camille Costanzo, et qui avait été martyrisé en 1622, avait été comprise dans la cause, et tenue prisonnière sous la garde des voisins; elle fut, cette année, tout entière condamnée à mort. A minuit, la justice envahit la maison, et confisqua tout, laissant à peine

aux femmes quelques hardes pour se couvrir. Celles-ci priaient à haute voix; les satellites voulant leur imposer silence, elles leur répondirent : « Vous nous enlevez les biens temporels. Au moins, laissez-nous les biens spirituels, seuls trésors de nos âmes. »

Marie, aïeule de Gabriel, avait dépassé quatre-vingt-dix ans; Gracia, sa femme, était âgée de cinquante ans; Lin, son fils, avait vingt et un ans, ses filles, deux Marie, dix-huit et onze ans; Marie, femme de Lin, dix-neuf ans; Cécile, servante, était d'âge inconnu, et son fils Michel avait trois ans; une autre servante appelée Marie, vingt-deux ans.

On les attacha tous, excepté la vénérable aïeule et l'enfant de la servante ; ce dernier fut porté dans les bras par un des satellites ; puis on monta sur des barques pour aller au lieu du martyre , appelé Cotchidomari. Au départ, Gracia détacha son rosaire, et en fit don à une autre de ses filles, venue avec son mari pour lui adresser ses adieux; et, lui montrant un crucifix, elle ajouta : « Ce seul objet me suffit, » et elle l'adora et baisa avec révérence.

L'aïeule mourut la première, décapitée par un de ses parents, selon les mœurs japonaises, afin que nul de condition inférieure ne lui donnât la mort. Lin et ses deux sœurs furent également décapités par des gentils d'un rang élevé. Gra-

cia les suivit, heureuse d'avoir vu son fils entrer dans l'héritage éternel, et ses deux jeunes filles fiancées à l'époux véritable des âmes, à Notrc- Seigneur Jésus-Christ. Et bientôt les autres victimes complétèrent le sacrifice.

Les corps furent recouverts, puis enveloppés de nattes, chargés de pierres, et submergés en pleine mer. Ce martyre eut lieu le 3 mars.

Le 3 mars et les jours suivants, à Ousoucca, toute une famille périt par l'épée. Le chef de la famille, Lucas Mori Feibioyé, âgé de soixanteseize ans, avait été l'hôte du P. de Costa nzo. Marie, sa femme, de soixante-douze ans, absente le jour de la mort de son mari, accourut et obtint la même couronne. Leur fils et leurs petits enfants furent immolés avec eux, ainsi qu'un vieillard de quatre-vingt-six ans, Antoine Girobioy'é.

Le 5 mars, la famille de Damien Israï Indegoutchi, martyr en 1622, fut toute mise à mort. C'étaient sa vieille mère, Isabelle, de oixantequatorze ans; Béatrice sa femme, et ses quatre enfants. Isabelle avait obtenu d'être la dernière, afin de voir, avant de mourir, tous les siens délivrés des périls de l'âme et du corps, et parvenus à l'éternelle vie.

Quand on les conduisit en barque à l'Ile de Nacaye, arrivait aussi la famille de Jean Tcncamoto, qui allait elle-même au martyre. Ils se

saluèrent avec amour et se donnèrent rendezvous au ciel.

La famille de Damien fut suppliciée au lieu appelé Dgigocou, dans l'île de Nacaye. Les compagnons de ces victimes étaient Marie, veuve de Jean Tencamoto Zayémon, mis à mort le 19 mai 1622, et ses quatre enfants. Marie et Pierre son fils, de dix ans, assistèrent au supplice des précédents et furent immolés ensuite. Les trois autres fils, jeunes gens de vingt-cinq, vingt-trois et vingt et un ans, furent conduits en pleine mer, et liés dans des sacs de paille, ayant la tôte enveloppée d'un autre sac. Avant d'être précipités, ils demandèrent la grâce d'être liés tous ensemble; et ces frères, unis à la fois par les liens naturels de la naissance et par les liens surnaturels de la charité de Jésus-Christ, ne furent séparés ni dans la mort, ni après la mort, et parvinrent ensemble à l'éternelle gloire.

Le 6 mars, périrent à Cotchi, en Firando, Michel Yamada Fiyémon, sa femme Ursule et leurs trois enfants. Ursule, après avoir vu mourir son mari et deux de ses enfants, levant au ciel des yeux pleins de larmes, remercia Notre-Seigneur, et offrit en sacrifice sa vie et celle de son dernier enfant, la petite Madeleine, âgée de deux ans.

Le 8 mars périt Catherine, veuve de Jean

Yakinoura, autre martyr de 1622. D'autres encore subirent isolément le martyre.

Cette persécution de Firando fut extraordinaire, et dura deux mois et demi; les renégats même ne furent pas épargnés.

Feizacou, Jean, d'Ariye, torturé et puis submergé dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 24 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Feizacou, Michel, de Miye, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Fernandez, BenoIt, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, après avoir enduré pendant vingt-six heures le supplice de la fosse, a Nangasaki, le 2 octobre 1633.

Il naquit à Villa de Borba, près Villaviciosa, dans Tarchidiocèsc d'Evora, de parents nobles, Michel Fernandez et Isabelle Alfonso. Il eut dans la Compagnie de Jésus un frère des mêmes nom et prénom. Son frère fut auteur d'une exposition de la Genèse. Celui-ci, dont le

vénérable P. Vasco Pircz avait, dès l'année 1587, prédit le martyre, entra dans la Compagnie de Jésus le 22 mai 1596, à l'âge de dix-sept ans. Il partit pour les Indes en 1602. dans la mémorable expédition que conduisait le P. Albert Laercio, il acheva ses études de philosophie et de théologie à Goa. En 1606, il passa au Japon, et son zèle pour cette mission était si ardent qu'il voulut en prendre un surnom, et se fît appeler Benoit Fernandez le Japonais.

Il y avait vingt-sept ans que le vénérable Père exerçait sur les chrétiens du Japon une autorité sans bornes et inspirait aux païens euxmêmes une admiration profonde, lorsqu'il fut ' recherché partout avec une véritable fureur : on voulait s'en emparer à tout prix. Mais le fugitif de Jésus-Christ s'était retiré parmi les bois, mettant en sûreté sa vie, de laquelle dépendait le salut de tant d'âmes, Cependant le 30 juillet 1633, cet admirable Père fut pris dans le Nangato, et conduit sur un mauvais cheval à Nangasaki, au milieu d'un concours infini de peuple. Les gouverneurs l'attendaient à leur tribunal. Le Père les salua d'un air si noble et si aimable, qu'il émut le cœur de tous. On le trouvait plus grand que sa renommée. Les gouverneurs lui dirent qu'étant si magnanime en cette occasion suprême, il devait être

le fils d'un très grand seigneur d'Europe. Fernandez répondit en souriant qu'en effet il paraissait bien qu'il fût un grand seigneur, à voir l'imposant cortège qui l'environnait.

Les juges essayèrent de le séduire ; mais alors il prit une autorité sévère au lieu de la grâce aimable qu'il montrait d'abord, et discourut très éloquemment sur la loi de Jésus- Christ; en concluant, il produisit un mémorial, rédigé par écrit, des principales vérités de la religion, ajoutant qu'il était prêt à mourir en témoignage de ces vérités.

Les gouverneurs le laissèrent deux mois dans les fers, espérant toujours pouvoir l'épargner; à la fin, et pour obéir à l'ordre impérial, mais contre leur conscience, ils le condamnèrent à la fosse, en même temps que le P. Paul Saito, Japonais, aussi de la Compagnie de Jésus, son ami le plus tendre et le compagnon de ses courses apostoliques. Ce dernier Père, dans le temps de son exil, avait été prêcher l'Evangile dans la Gochinchine et au Tonkin. Tous deux furent mis dans la fosse le 25 septembre 1633. Le P. Fernandez, après y être demeuré vingtsix heures, en fut retiré par ordre des juges, profondément affligés de lui donner la mort et qui voulaient encore essayer de le fléchir. On le transporta dans la maison des gardes, et on l'y fit soigner par des médecins. Le P. Saito

demeura dans la fosse pendant sept jours entiers; au milieu de son supplice, il prédit qu'il ne devait expirer qu'au jour et à l'heure où mourrait le P. Fernandez. Il demeura les sept jours sans aliments, à la vive admiration des satellites. Enfin il rendit l'âme, et Ton en porta la nouvelle au P. Fernandez : « J'attendais Paul, » dit le Père : et il expira. C'était le 2 octobre. Les deux corps furent hachés à coups de sabre et jetés au feu pour y être consumés.

On dit qu'à peine les deux corps se touchèrent dans le brasier, ils s'adressèrent la parole en langue portugaise, et se saluèrent en portugais et en japonais. D'autres ont raconté qu'ils se levèrent debout au milieu des flammes, s'embrassèrent, et qu'après s'être salués ils se recouchèrent.

Le vénérable P. Benoit Fernandez avait cinquante-quatre ans, trente-huit de Compagnie et vingt-sept de Japon. Il était profès des quatre vœux.

Fernandez, Dominique, Chinois, né à Macao, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de cinquante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Fernandez, Jacques, Portugais, né à Be m posta, dans le diocèse de Coïmbrc, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-huit ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Feyémon, X., décapité pour la foi, en Déwa, le 17 février 1623.

Fialho, Louis Barreto, Portugais, né à Ormuz, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Ficondayou, Paul Yamamoto, hôte des PP. de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Ozacca, le 13 janvier 1632.

Ficosambouro, Thomas Ousoui, de Canzousa, torturé et décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'Age de cinquante-trois ans. Sa femme lui adressa ces belles paroles au moment de son supplice : « Mon^frère, ne

regardez pas vos compagnons pendant qu'on les torture, afin qu'il ne vous survienne pas de crainte ni d'horreur; mais contemplez le ciel, d'où le secours doit vous provenir, et ou vous devez recevoir la récompense éternelle. »

Ficosouke, Mathias, serviteur du V. Louis Araagasou Yémoné, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Ficoyémon, Simon, décapité pour la foi, à Joyoma, en Wôchou, vers le 12 février 1624. Il avait été l'hôte du P. Jacques de Carvalho.

Ficoyémon, Joachim Yetchigo, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.

Ficoyémon, Jean, d'Ikéchima, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Ikéchima, en Omoura, le 28 septembre

Ficozayémon, Sïmon, décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613. (Voir B. Franco.)

Les vénérables 183

Ficozayémon, Jacques, deCourosaki, Confrère de la Courroie de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Courosaki, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Ficozo, X., fils du V. Jean Comou, décapité pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.

Finyêmon, Dominique, deTégouma, Confrère de la Courroie de Saint- Augustin, décapité pour la foi, à Tégouma, en Omoura, le 28 septembre

Fiongo, Dominique MAzzouTAKÉ,d'Oyé, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de cinquante ans. (Voir V. Acafochi.)

Fioyémon, Jean (ou Fiozaimon), décapité pour la foi, à Méaco, le 26 décembre 1614, à l'âge de quarante ans.

Fouchimi vit en 1614 le supplice d'un guerrier illustre, Jean Fioyémon ou Fiozaimon. Cet

officier, originaire de Tacaya, dans la province d'Aki, s'était couvert de gloire dans les anciennes guerres entre Morindono et Daïfousama. Plus tard il était allé à Sourounga, et s'était mis au service du Chôgoun, sous les ordres immédiats d'un des principaux généraux. 11 avait été converti à la foi par les prédications du Frère Paul Héodgin, Jésuite, et avait reçu le baptême à l'âge de trente-quatre ans. Marie, sa femme, avait été baptisée avec lui. Depuis ce jour, il n'avait plus eu d'autre affaire que le service de Dieu et le soin de sa propre âme, et il avait laissé bien loin derrière lui beaucoup de chrétiens plus anciens. Tous les jours il entendait la sainte messe, et retournait deux ou trois fois à l'église pour faire oraison, sans compter les longues prières qu'il faisait dans sa demeure. Il prenait à peine l'aliment nécessaire pour maintenir la vie dans un être humain. Lorsque l'affaire de Dalfatchi, chrétien intrigant, devint pour Daïfousama l'occasion de persécuter les fidèles, les princes imitèrent le souverain, et Jean, qui était le cousin de Dalfatchi, fut exilé par son général. Il alla vivre & Fouchimi.

Dans la persécution de 1614, au mois de février, il se déclara chrétien avec sa femme et ses enfants, et fut inscrit l'un des premiers pour venir confesser la foi. Jean et sa femme furent mis nus dans des sacs de paille et exposés à la

TFTOaUS 1*E

honte pendant deux jours entier?, *^r ir y. zr appelé le p3nt de M»*aco. Pis c- les r*- t : y * -i^z* leur demeure. Sur les i^-un !-rs d^ rir:^ t* des voisins qui le priaient de s^IL-Tj*?. J-^tx s'absenta de Fouchinû. a^r-s *"-~.r* n^ >** cheveux et la barbe, en si-^e d'i^i^: .z> *..;nplet du monde. Il se retira ive* ,* i+z^-j-t ici.* un villa ç e , où il se j ounia de ox :l ; is . cl! j - ^z^lx adonné à l'oraison et à la pé:i:te:xe-

Mais, apprenant que ses deix varies I Yr%S*r;Lt fait passer pour apostit. au rrki.i *\\z.i\l* i*?* chrétiens. Jean retourna a F .:.lL~L et il-a faire sa profession de foi devait 2* ;'.;r»>r:r.: Celui-ci s'irrita violemment et Lt vil^lr J^-iii et sa femme. On les enferma dirtiii \i^z\ \wt±„ dans une enceÎLte pili>>alée et d ~r.e é>i.i;.e de douze palmes sur neuf, en bve a;i \^^,:upéries de l'air et ne recevant de u^irrAzT^ '; vt par onces. Il écrivit alors, en forcée de Vrv*a ws.*^\„ une lettre à son père, païen, pour le o:,J *.**:r d'entendre le catéchisme, et d'eir.bra-v:r la f'„i chrétienne, qu'il lui déclarait être la <*e/.e v,> du salut. On délivra la femme, et J**:;. Cepouillé de tout vêtement, les main* lié** derrière le dos et la hart au cou. fut promené «Jal> les rues; puis on le fit asseoir au tu\\\*:i dj chemin; on lui attacha les br«* et \t* r:.>/.:$% par derrière à un poteau: on lui ht er'^vrf Je* pieds à la manière des Japonaî<» qna&d il* %'a*-

soient, et on les lia en trois endroits; puis on attacha de même tout le corps et le cou au même poteau avec de fortes cordes et des roseaux fendus en forme d'arc, de sorte que tous les membres avaient leur douleur; et au-dessus de lui, Ton érigea une tablette avec cette sentence : « Cet homme est ainsi torturé, pour s'être fait de nouveau chrétien, contrairement au décret impérial, après avoir cessé de l'être. »

Tout le moude venait le considérer, et beaucoup l'insultaient. Mais Jean demeurait ferme. C'était alors le temps de la canicule, et le confesseur demeurait au soleil sans rafraîchissement et sans une goutte d'eau. Il demeura six jours à l'abandon et sans recevoir d'aliment. Le troisième jour, il plut un peu, ce qui rafraîchit le serviteur de Dieu ; mais quand le soleil revint, les souffrances furent bien plus vives, car Jean était assis dans la boue, et avait de l'eau jusqu'à la ceinture. On le remit enfin dans la prison publique, et il y passa plusieurs mois, ne recevant pour toute nouriture qu'un peu de riz. assez pour ne pas mourir. Dans la prison, il baptisa trois de ses gardiens.

Le bruit s'étant répandu qu'il allait être mis à mort, Marie, sa généreuse épouse, envoya vers lui pour le faire encourager, et pour lui demander son reliquaire et quelques-uns de ses cheveux. Jean lui répondit par une lettre admirable,

tout embaumée d'humilité chrétienne et de sainte affection. Voici la lettre que Marie adressa à son époux en cette occasion et la réponse de Jean.

Lettre de Marie : « Le bruit s'est répandu que vous êtes condamné à mort, et je vous prie de m'envoyer en souvenir votre reliquaire et quelques-uns de vos cheveux. Et je vous recommande, 6 Jean, mon seigneur, de vous souvenir, dans la si grave affaire de votre mort, des vertus d'humilité et de résignation chrétienne : car vous devez avoir pour témoins une grande multitude, non seulement de chrétiens de Mécao et de Fouchimi, mais encore d'infidèles : ayez toujours devant les yeux l'honneur et la gloire de Dieu, pour l'amour de qui vous allez donner votre vie. Pour moi, quoique remplie, et, pour ainsi dire, comblée de péchés, j'espère néanmoins, s'il plaît au Seigneur, me trouver présente à votre immolation , et pouvoir vous donner et recevoir de vous le suprême adieu. »

Jean lui répondit : « J'ai été grandement surpris, 6 Marie, ma chère épouse, du bruit qui s'est répandu et que vous m'annoncez, que je suis jugé digne de la part de Dieu d'être couronné par le martyre. Je le confesse, un sort aussi sublime est infiniment au-dessus de mes mérites. Ces grands serviteurs de Dieu qui ont eu les doigts'tranchés à Sourounga n'avalent-

ils pas accompli pour Notre -Seigneur des actions héroïques ? Aussi les a-t-il jugés dignes d'un si grand honneur. Tandis que moi, pécheur, j'appréhende qu'il ne survienne quelque révolution dans l'empire, et qu'on ne me renvoie libre et avec les mains vides, après que je me suis vu pour ainsi dire inondé et rassasié de bien jusqu'aux lèvres, et je ne m'estime pas assez heureux pour devenir un martyr. Plaise au moins à Notre-Seigneur de me faire la grâce quej 'aie pour son amour les doigts coupés comme les confesseurs de Sourounga ; et alors vous et moi, faisant profession de la sainte pauvreté, nous aurons la consolation d'aller mendier de porte en porte. J'échangerai volontiers avec le vôtre le reliquaire que vous me demandez, mais ne me parlez pas des cheveux. Si par la grâce de Dieu je suis mis à mort, ayez confiance en Dieu qui nous permettra le dernier salut ; et vous recevrez alors le don suprême que vous réclamez de moi. »

Le martyre de Jean eut lieu le 26 décembre 1614, jour de saint Etienne, au bas du pont de Méaco, sur la rive de l'Oudgi qui fait face à la ville. Il eut la tête tranchée. Marie, sa femme et quelques chrétiens [déguisés en lépreux, purent être présents. Trois autres condamnés furent mis à mort avec Jean. L'un d'eux était un prisonnier converti et baptisé par lui, le jour même de l'exécution.

Le vénérable Jean Fioyémon avait quarante ans. Son corps fut mis en pièces et jeté dans un lieu profond de la rivière. Les chrétiens purent le retirer.

Fioyémon, Thomas Coudo, de Moki, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627, à l'âge de soixante-quatre ans. (Voir V. Sacouyém on, Paul.)

Fioyémon, Paul, brûlé vif pour la foi, à Itchinomia, place d'Owari, en 1631.

Fiozo, François, du Tchoungorou,mort, pour la foi, de misère et de souffrances, avant l'heure du sacrifice, dans la prison infecte et pestilentielle de Méaco, le 4 août 1619.

Firanda, Thomas, brûlé vif et à feu lent, pour la foi, à Fanghi, dans le Nangato, le 10 avril

Firobioyé, Timothée Vobasava, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yemoné, Louis.)

Fiyé, Jean Tacouchma, né à Yanoura, près Firando, décapité pour la foi, en Firando, le 18 août 1624.

Fitémon, MicHEL Yamanda, de la province de Yamato, décapité pour la foi, & Cotchi, en Firando, le 6 mars 1624, à l'âge de trente-sept ans.

Fiyémon, Simon, laboureur d'Ousouï, fils du V. Joachim Chimosou, décapité pour la foi, à Ousoul, en Chembocou, le 18 septembre 1624.

Fizazoumi, Louis, de Ghetaca, en Tchicoungo, cruellement torturé pour la foi, à Cotchinotsou, le 23 novembre 1614, et mort des suites de ses blessures, le 8 janvier 1615, à l'âge de soixantequatre anSi (Voir V. Ghinyémon, Matthieu.)

Fochiro, Jean (ou Tochiro), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613.

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Foocôc3»a, Motl, noble de miiiihu, chef de Confrérie, décapité pour la foi* à Souzouta. en Omoura, le 7 octobre 1621. à Tà^e de trentesept ans. Ayant reçu Taris de sa condamnation, il donna un banquet, prit congé de son vieux père, se revêtit de ses plus beaux habits, et marcha au supplice. Son corps fut enseveli avec honneur.

Foy, Simon, mort pour la foi, sous les coups des satellites d'une prison où il était allé pour consoler des chrétiens, à Nangasaki, le 14 août

Franco, Damien, Portugais, né à Santa-Ovaya, dans l'archidiocèse de Braga, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de cinquante ans. (Voir V. Pachcco Louis.)

Franco, Dominique, Portugais, né à Lisbonne, capitaine de navire , décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de cinquante ans (Voir V. Pachéco, Louis.)

Franco, Manuel Alvarez, Portugais, né à Lisbonne, maître de navire, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-trois ans.

François, fils de Protais, prince d'Arima et de la pieuse Justa, sa deuxième épouse, égorgé, en haine de la foi, à A rima, en 1613. François avait huit ans.

LES TÉrâLAW* 1-<J

En 1613. Michel oa pîntM Saye^ci::! n.. prince apostat d'Arima. ori.-u-% -* ^ -r; ie *es deux jeunes frères. Fraii".»:-. a-:ê de L-;î è^.*. et Matthieu de six, nés de J-^a. la de~x>iLe femme de son père. Ces deux ir.:.->cei,îs prîiices furentenfermésriiroureuseinerJ d-rau «r^àrai.:* jours. Dans la prison, ils pratiquaient de* oraisons, des jeûnes et des pénitence proporii jUa^s à leur âge, comme s'ils prévoyaient k-ar *ort ou plutôt par une inspiration da divin Esprit. La veille de leur dernier jvur. leurp^e. I^ace. les encourageant dans leurs pieux exercices. leur adressa d'adinirabk^pïi-vl es. Ver* iuiiJit. un soldat pénétra dans la prison: il traversa d'un coupdépée lecrurde Matthieu, et frappa François à la gorge; ces victime* bienheureuses ne sentirent point l'effet de la mort terrestre, et entrèrent comme naturellement dans la jouissance des biens célestes et dans la véritable vie.

Fbasçois, lépreux, hôte de Confesseurs de la foi, décapité pour la foi, à Sourounga, le 24 novembre 1615.

François, fils du vénérable Antoine Itchivara Magoyémon, tué pour la foi, à Tamacatsou, en

Sanouki, le 2 juillet 1617, & l'âge de quatre ans.

Antoine Itchivara Magoyémon venait d'être mis à mort pour Jésus-Christ, lorsque, François, son jeune fils, qu'il élevait admirablement, et à qui, nous pouvons pieusement le croire, il avait mérité la palme du martyre, fut arraché des bras de sa mère, pour être porté au lieu de l'injustice. L'enfant, se voyant dans les mains du satellite, se prit à pleurer et appela son père et sa mère ; un païen, ami d'Antoine, se trouvait présent, et dit à l'enfant : « N'es-tu pas le fils d'Antoine, et ne sais-tu pas que bientôt tu seras au ciel et que tu reverras ton père? » L'enfant leva les yeux au ciel et cessa de pleurer. Bientôt il s'endormit. Le satellite le posa doucement à terre. Le bourreau s'apprêtait à remplir le cruel office dont il avait été chargé, mais son cœur s'y refusa, et les yeux pleins de larmes, il s'éloigna; un autre païen, tirant son poignard, le plongea par trois reprises dans le cœur de l'enfant.

François, fils du vénérable Jean Fachimoto Tafioyé, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de huit ans. (V. Voir Tchiousacou.)

Méaco, le 7 octobre 1619. T :cr V. T -iiir.fisae-.iL.

Fbajçob, fils du V. Frarencs » M*»: . i vif pour la foi, à Méaco. le T :<r«:&c* KI> (Voir Y. Tehiousacoe.

Fhakçois de Conra . A?caph^ p:cr !a 5;L à Conga, le 26 février 1621.

Fra5çois, fils do bienheureux Martin G:

Japonais, décapité pour la foi. à > 27 août 1627, à l'âge de cinq

Fbahçois, le Cingalais, mort pour la foi. à Obama, le 5 août 1629.

François était naturel de 111e de Ceylan. Tout enfant, il avait été Tendu et conduit au Cambodge. Il reçut le baptême et. demeurant esclave, acquit la liberté spirituelle. Il fut emmené par un marchand japonais, et donné à un habitant de Nangasaki. François servit celui-ci

pendant plusieurs années : il se maria à Nangasaki et vécut toujours d'une façog. édifiante. Comprissurlerôlcdu persécuteur Cavatchidono, gouverneur de Nangasaki, il ne voulut pas s'éloigner, déclarant que son plus sûr asile était la confession de Jésus-Christ et la mort pour son amour. Ounémé qui bientôt succéda à Cavatchidono le comprit parmi les confesseurs qui furent envoyés à Oungen.

Il fut emmené, le 5 août 1629, et, avec douze autres, mis en barque à Monghi. Déjà malade, en arrivant au milieu de la montagne , il fut atteint d'une apoplexie ; il s'appuya contre une pierre, et, proférant les noms sacrés de Jésus et de Marie, il expira. Bienheureux étranger, venu de sa patrie lointaine, par des voies extraordinaires, afin de mourir pour Jésus-Christ ! Son corps, enterré sur la place même, à Obama, fut trois jours plus tard retiré de la sépulture et jeté à la mer. Mais les chrétiens stationnèrent avec des barques, à l'endroit où on l'avait submergé, et le 3 septembre, une grande lumière leur apparut sur les flots; ils jetèrent leurs filets et recueillirent le saint corps, auquel ils donnèrent une sépulture honorable.

François, fils du vénérable Thomas Cheibioyé,

décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632, à lTàge de cinq ans.

François, fils du vénérable Jacques Yendo Rocouzayémon, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février, 1632, à l'âge d'un an.

François, Japonais, décapité % pour la foi, à Nangasaki, le 22 juillet 1633.

François, Frère de l'Ordre de Saint-Augustin, Japonais, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, vers le 17 août 1633. Il y avait été suspendu le 15.

François, Prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, le 1er septembre 1633.

François, Frère de l'Ordre de Saint-Dominique, Japonais, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, le 20 octobre 1633.

François, Frère de l'Ordre des Franciscains, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Yédo, vers le 8 juin 1634.

François, né en Chine, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-trois ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

François, Cafre, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Fûrnaletti, Joseph, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Vénitien, mort empoisonné en haine de la foi, à A ri ma, en avril 1593. Il avait travaillé avec beaucoup de succès dans l'Ile de Goto, en 1589.

Gabriel (d'Owari), brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. Il avait quitté le ser-

vice d'un prince et de grands revenus, afin de mener une vie de misère et de se nourri» du pain des douleurs, pour l'amour de Jésus- Christ, son nouveau maître. (Voir V. Tchiousacou.)

Gallego, Alfonse, Espagnol, né à Villa-Raza, dans l'archidiocèse de Se ville, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'Age de quarante-trois ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Gaspard, Japonais et lépreux, hôte des confesseurs de Jésus-Christ décapité pour la foi, à Sourounga, le 24 novembre 1615.

Ghenchiro, Louis, fils du vénérable Jean Gorozayémon, brûlé vif pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627.

Ghengoro, Matthieu, décapité pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.

G h en y É mon, Jean, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Yédo, le 24 janvier 1630.

Ghenzayémon, Thomas, parrain du vénérable Léon Soukézayémon, décapité pour la foi, à Omoura, le 12 septembre 1622. Thomas, ayant appris que son fils, par le baptême, allait être martyr, accourut charitablement, en vrai père spirituel, pour l'aider à mourir. Les gardes lui ayant demandé ce qu'il venait faire : « Je suis chrétien, dit-il , Léon est mon filleul , et ce n'est point l'heure de l'abandonner. »" Saisi dans le même instant, il fut décapité sur la place. Notre-Seigneur lui payait au comptant son grand zèle et l'accomplissement de son devoir.

Ghesoure, Joachim. (ou Ouenai), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613. (Voir. B. Franco.)

GhioItchi, André, de la province d'Owari, mort pour la foi, de misère et de souffrances, dans la prison pestilentielle de Méaco, avant l'heure du supplice, le 21 octobre 1619.

André, quoique aveugle, était préfet de la Congrégation de l'Annonciation, érigée sous le vocable de saint François Xavier. Ses avis pleins d'éloquence embrasaient tous les cœurs.

Les fidèles vriHiiçx: r*ar i#.eLiHTr sec j* -*su?rable avenue. 3ik5* T*-zr* ~ 7 * zh-t «*• •! i» .-,- ^ i** voulant compr —■•: — ^* T»*rs -.i^ ^*- i- • o.duire à un p>~-zA •:•- -*** ,rtr:H*f 1 L??*.''*-Tt'i\ A l'audience, prests*" -i* ^ijet. I t'jT--^ «* in sourd. Dans la pcis.:c- il i^r: i-io^r^-f* ul ilr«**t de sa parole, et ree *e£I i i =*tïT*C mais à la fin consul de zlîî*?».:L à sa couronne, et jorô de là :,:: ±rt sus* et sans terme.

Gu5505i. JAo;^TS-Ayr:-3L Prêtre 2* I* C:cpagnie de Jésus, mort p:or J^-^>r> ^^4 dans le supplice de la fcsse. 01 u d<r^>ETiFa suspendu vingt-quatre heures, à CLii^kbara. le 28 août 1633?

Ce Père était d'une antienne et îZ astre famille de Bitonto. dans le royaume de Xaples. Après avoir passé son enfance dans une pureté de mœurs et une innocence de vie des pi os singulières, il se consacra à Dieu dans la Compagnie de Jésus. Il eut bien de la peine à en obtenir le consentement de son père qui voulait lui faire épouser une jeune personne de Xaples. fort riche et de bonne maison. Mais il surmonta tous les obstacles et fit son sacrifice, n'ayant pas encore atteint l'âge de dix-neuf ans. Dès qu'il fut dans la maison du Seigneur, il se sentit

202 LE MARTYROLOGE DU JAfrÔN

transporté d'un si grand désir du martyre et de la mission du Japon, qu'il semblait que cette passion avait absorbé en lui toutes les autres. On en jugera par quelques fragments de ses lettres qui nous sont restés. « Nous allons étendre la Foi catholique, écrivait-il à un de ses frères, fasse le Ciel que pour confirmer les vérités que nous prêcherons, nous ayons le bonheur d'être mis en pièces; je n'ai plus d'autre ambition que celle-là, c'est Tunique prière que je fais à Dieu, et que je souhaite qu'on fasse pour moi. » — « Je ne demande point à être mis en croix, dit-il dans une autre lettre, je n'aspire point à un si grand honneur; mais ce que je désire, c'est qu'on me mette en mille pièces pour l'amour de mon Dieu et de sa sainte loi. » Il arriva au Japon, dans ces sentiments, en 1609, et travailla vingt-quatre ans, presque toujours dans le pays d'Arima. Après avoir été arrêté, lui et son compagnon, le frère Jean Kidéra, ils furent mis sur des ânes et traînés dans tous les temples, pour la terreur des fidèles. Le vénérable Père et Jean Kidéra, suspendus dans la fosse le 27, périrent les 28 et 29 août 1633, à Ghimabara. Il avait été amené à Nangasaki, puis reconduit en Arima, par ordre de Nangatodono, lieutenant-gouverneur de Nangasaki.

Girobioyé, Antoine, né dans File Ikitsonki, hôte du B. Camille Costanzo, décapité pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de quatre-vingt-six ans. ( Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Gofioté, Simon Takenda, originaire de la province de Yamato, officier de Canzouyédono, prince de Fingo, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 9 décembre 1603, à l'âge de trentecinq ans.

Quoique le décret de l'empereur Taïcosama, qui défendait aux seigneurs japonais d'embrasser la foi chrétienne ne fût pas officiellement abrogé, Daïfousama, devenu Goubosama, fermait les yeux, laissant les chrétiens libres dans leurs croyances. Mais s'il n'y avait de sa part aucune persécution, il y en eut toutefois quelques-unes d'isolées de la part des seigneurs, indépendants et absolus chez eux.

Au Fingo, le prince Canzouyédono renouvela la persécution dans la ville de Coumamoto, sa capitale. Il y existait de nombreux chrétiens, et le tyran devait y trouver des biens à envahir et du sang & répandre. Ses premiers ordres prescrivirent le massacre universel des officiers

chrétiens; mais il s'arrêta devant l'infamie d'un pareil acte aux yeux de tout l'empire, et devant le péril qui en résulterait pour lui-même vis-àvis de la cour impériale, où tant d'illustres personnages professaient la foi chrétienne : il eut recours à des industries plus lentes et non moins scélérates. Déjà, pendant six mois, il avait exercé les chrétiens par la misère et les maux corporels, confisquant tous leurs biens et les obligeant à sortir de la ville et à vivre en rase campagne, sous des toits de paille, avec interdiction à leurs compagnons d'avoir avec eux aucun commerce et de les assister d'aucune manière, La patience des confesseurs avait été supérieure à l'épreuve, et avait fatigué le prince, qui les avait laissé s'exiler. Ces nouveaux messagers apostoliques portèrent en différents lieux le témoignage de leur fidélité : leur prédication vivante fut efficace pour la conversion d'un grand nombre.

Néanmoins Canzouyédono devait faire des martyrs. Au mois d'octobre 1603, il entreprit la visite de ses principales places qui étaient, avec Coumamoto, sa capitale, Yachchiro et Outo. Il se rendit d'abord à Yachchiro, cité très populeuse et florissante par son commerce. Dans la citadelle, appelée Fommatchi, qui se trouvait en dehors de la ville, résidaient plusieurs officiers chrétiens. Canzouyédono donna

l'ordre aux trois gouverneurs du district et spécialement à Cacouzaiémon, commandant de la citadelle, de réduire ces officiers hommes liges de leur prince, sans s'occuper ni des marchands ni des artisans, afin de ne pas dépeupler la cité ; et il continua son voyage.

Un bonze de la secte Fokkei, professée par le seigneur, eut mission d'imposer le livre Fokkechou, ou la fleur de la loi, sur la tête des nobles. Ce bonze appelé Fomméochi, arriva le 23 novembre à Yachchiro. Tous les officiers furent avertis qu'ils devaient venir entendre la prédication du bonze. Par déférence envers leur seigneur dans ce qui n'impliquait à leurs yeux rien de criminel, les officiers convinrent d'assister aux discours du bonze, étant bien résolus à refuser l'imposition du livre. Cette imprudence devait être funeste à un certain nombre et les conduire à l'apostasie formelle. Le 26 novembre, on se rendit chez le bonze, et 'celui-ci discourut de sa doctrine, mais ne parla pas de la cérémonie. Le lendemain, l'ordre fut proclamé d'aller recevoir l'imposition du livre. Quelques-uns téméraires ou déjà séduits allèrent chez le bonze et naufrage rent misérablement. Plusieurs d'entre eux étaient des néophytes, mal affermis encore : ils retinrent la foi dans leur cœur, mais ils lu renièrent dans le for extérieur et perdirent leur àme. Quatorze

refusèrent d'obéir, sous l'influence de Jean Minami Gorozayémon et de Simon Takenda Gofioyé. Simon était un chrétien admirable : baptisé depuis dix ans, il avait, avec le baptême, reçu des lumières si éminentes et une si rare intelligence des vérités divines, que dans les lieux où il avait résidé, tout le monde le considérait comme un modèle incomparable de toutes les vertus.

Les gouverneurs, par excès de zèle, avaient essayé de faire apostasier les personnes vulgaires. Trois hommes parmi le peuple étaient alors l'objet du ressentiment de ces officiers : c'étaient Joachim Vatanabbé Tirozimoné, Jean Fattori Tingoro et Michel Mizzouichi Ficoyémon. Ils étaient « Jifiaques », c'est-à-dire officiers de charité, et lors de la persécution de 1601 et de l'exil des missionnaires, ils avaient été choisis pour diriger l'église de leur contrée. Leur sagesse, leur science et leur charité les avaient fait préférer, quoiqu'ils fussent du peuple, à d'autres chrétiens plus élevés parla naissance. Mais l'esprit divin était véritablement avec eux, et l'on ne saurait exprimer tout le bien spirituel qu'ils accomplirent : ils maintenaient dans la foi la population chrétienne, la faisaient croître dans la dévotion, et la disposaient au martyre. Ils s' étaient partagé les quartiers d'Yachchiro, et remplissaient à l'é-

gard des fidèles l'office de pasteurs, à l'exception des ministères sacramentels. Pendant le cours de Tannée, ils se rendaient à Arima, pour y rendre compte aux missionnaires de leurs œuvres, et pour se retremper eux-mêmes dans les eaux de la Pénitence.

Ces trois vaillants chrétiens notifièrent, d'un commun accord, aux autres fidèles que Ton ne devait pas aller entendre, même par compliment, le discours du bonze. On se réunit alors dans la maison de Tirozimoné, et Von fit l'oraison des quarante heures, pour demander au Seigneur qu'il daignât conduire ses enfants par la main et leur donner les forces pour persévérer jusqu'à la fin. Ces chrétiens étaient environ mille. Les gouverneurs, s'inquiétant d'un pareil concours, n'insistèrent plus à l'égard du peuple et le laissèrent libre dans sa foi. Cet exemple encouragea les tombés, qui se relevèrent presque tous, dans Outo, Coumamoto et Yachchiro, les trois principales cités du Fingo.

Mais des quatorze nobles, douze faillirent encore , et il ne demeura que les deux héros Jean Minami et Simon Takenda, qui furent inébranlables.

Cacouzaiémon, spécialement chargé de l'œuvre diabolique, était l'ami très intime de Simon Gofioyé. Désespérant de le vaincre, il se rendit à Coumamoto pour informer Canzouyé-

dono de l'état des choses. Pendant ce temps, Jean Minami fit appeler Tingoro, le Jifiaque, afin que ce dernier vint lire avec lui dans le saint Evangile la capture de Nôtre-Seigneur Jésus-Christ. Tingoro se rendit avec ses collègues auprès du confesseur de la foi. La lecture étant terminée, Minami fit de tendres adieux aux trois Jifiaques. Bientôt en effet, des satellites envoyés par le gouverneur, vinrent s'emparer de lui et le portèrent comme une masse inerte et comme un véritable cadavre à la maison du bonze, afin de lui faire imposer le livre.

A la vue des soldats, Madeleine, femme de Minami, lui adressa d'admirables paroles : « Prenez garde, mon seigneur, s'écria-t-elle, de ne point consentir, dans la maison du bonze, à ce que le livre soit mis sur votre tête ; en un tel cas, je m'exilerais sur l'heure et me séparerais de vous, en vous désavouant à jamais pour mon mari. » Mais Minami n'avait pas besoin de ces encouragements, et il consola sa digne épouse; bientôt, lui-même fit paraître au grand jour les sentiments qui débordaient de son cœur. A la porte du bonze, un des gouverneurs nommé Yasouda-Jensouke lui conseilla de ne pas manquer de respect au bonze. Il répondit qu'il préférerait cent fois souiller d'excréments sa tête que d'y souffrir le livre idolàtrique. Dans la

maison, il refusa de s'approcher du bonze ; et celui-ci s'étant avancé par deux fois, Jean Mina mi cracha sur le livre. Alors le magistrat fît emporter le confesseur de la foi.

Minami écrivit à un officier de Canzouyédono pour protester de sa constance, et aux Pères de la Compagnie de Jésus pour les informer de sa résolution de persévérer.

Tirozimoné le Jifiaque lui apporta une lettre adressée par l'évêque aux douze officiers fidèles, lorsque tel était, en effet, leur nombre. Il vénéra la lettre en la posant sur sa tête et s'en montra grandement consolé.

Or, Cacouzaiémon avait reçu Tordre de faire décapiter Jean Minami et son collègue et de crucifier les personnes de leurs familles.

La sentence était ainsi conçue : « Ceux-ci, Minami Gorozayémon et TakendaGofioyé, après avoir fait le serment par écrit de cesser d'être chrétiens et d'embrasser une des autres sectes, n'ont point accompli leur serment et sont demeurés chrétiens comme auparavant. Pour l'exemple général, ils seront justiciés avec leurs familles, par ordre de Canzouyédono. Décrété le septième jour de la onzième lune. »

Gofioyé n'avait rien signé, mais lors de la première persécution en 1601, à son insu, l'on avait signé pour lui. Gorozayémon avait, àcette époque, signé par défaillance, ainsi qu'avaient

fait d'autres, pour sauver sa vie et celle de sa famille, mais il s'était repenti le premier de tous.

Les deux chefs de famille devaient être conduits à Coumamoto pour y être suppliciés, et les autres personnes devaient être mises à mort à Yachchiro.

Cacouzaiémon fit venir Jean Minami à Coumamoto, mais il obtint que Simon Gofioyé, son ami, subirait sa peine à Yachchiro, en le représentant au prince comme un vaillant guerrier, qui, d'après les mœurs, aurait pu se défendre dans sa maison et tuer plusieurs soldats avant de périr lui-même, mais en réalité pour lui éviter l'affront d'une exécution publique.

Il fit auprès de Jean de nouveaux efforts, et pour conclure, il l'invita à souper avec lui. Puis il le quitta et alla rendre compte à Gorozayéraon , gouverneur suprême de tout le Fingo.

On appela Jean chez Gorozayémon, qui essaya sur lui de dernières et inutiles supplications, et alors cinq hommes lui dirent cette parole : « Toy, » c'est-à-dire : « Tel est Tordre souverain, » et en même temps ils le frappèrent. Jean tendit le cou en prononçant les noms de Jésus et de Marie, et expira : c'était le 8 décembre 1603, fête de la Conception de Notre-Dame.

Le soir du même jour, Cacouzaiémon partit pour Yachchiro, afin de faire exécuter la sen-

tcncc de mort contre son ancien ami. Il essaya tous les moyens pour le vaincre directement ; il pleura même devant lui ; puis il essaya de faire agir Jeanne, mère de Simon. Mais celle-ci, loin de condescendre à ce dessein, sollicita la faveur de mourir avec son fils. Gacouzaiémon dit alors à Jeanne : « Femme, qui donc êtes-vous? Etesvous un démon, ou bien une bête fauve ; dites-lemoi, qui êtes-vous? » Et il la menaça de la rendre esclave. Elle s'écria : « Plût à Dieu que je fusse pendant ma vie entière au service des pauvres, employée à laver les plaies des lépreux pour l'amour de Jésus-Christ ! » Inès, femme de Simon, tint un pareil langage.

Gacouzaiémon finit par engager son ami à fuir secrètement de la province, se chargeant d'assurer son départ, lui offrant l'argent nécessaire au voyage, et lui promettant de faire émigrer sûrement sa mère et sa femme. Simon refusa, car il avait, dit-il, pris la résolution de demeurer jusqu'à la fin, quoique de s'exiler ne fût point un péché. Mais il s'estimait heureux de mourir pour la religion et pour la gloire divine. Le gouverneur versa encore des larmes, et Simon, voyant cette affection si tendre, ne put lui-même contenir son émotion. Cependant Cacouzaicmon retourna à Coumamoto pour rendre compte de ses derniers efforts, et, malgré sa conviction de l'innocence de Simon, il n'osa,

comme Pilate, s'opposer à la mort du juste, par politique, et afin de ne point perdre sa situation. Simon fortifiait son âme par la pieuse conversation des Jifiaques. Cacouzaiémon revint à minuit, écrivit un billet à l'adresse de Simon et le remit à Itchicava Jofioyé, l'un de ses officiers, qu'il chargea d'aller décapiter Simon dans sa demeure.

Simon veillait et priait. La vue d'Itchicava le remplit de joie. Il prit la lettre, et, l'ayant lue, remercia le messager; puis il entra dans son oratoire et se prosterna devant un Ecce Homo pour rendre grâce au divin Crucifié, et il se releva pour aller réveiller sa mère et sa femme. Elles apprêtèrent le bain, selon l'usage japonais, qui est de se purifier préalablement à tout acte solennel.

Simon fit dresser l'inventaire de tout son mobilier, en vue de la confiscation légale, et afin d'éviter à ses serviteurs tout soupçon et toute recherche.

Il écrivit quelques lettres d'adieux, prit le bain et se revêtit de ses habits les plus riches, se parant ainsi pour les noces du ciel.

Il prit alors congé de sa mère, de sa femme et de ses serviteurs, leur demandant pardon de toute offense, encourageant ses serviteurs chrétiens àla persévérance, à l'exemple de lui-même, et faisant à chacun un léger présent. Inès sup-

plia son mari de lui couper les cheveux, ce qui, de la part des femmes japonaises, est un signe d'abandon du monde et de renonciation à de nouvelles noces. Simon répondit que ce n'était pas nécessaire. Sa mère insista, et il consentit à donner à sa femme cette pieuse consolation.

Il envoya de nouveau chercher les trois Jifiaques, et leur dit qu'étant un homme sans mérite, il avait obtenu la grâce du martyre ; qu'il n'avait plus rien à faire en ce monde, et que, pour s'apprêter & passer en paradis, il désirait être assisté de leurs suffrages. Puis, tous ensemble, Simon, et les Jifiaques, les deux femmes et les serviteurs récitèrent la confession générale, trois Pater et trois Ave. Simon pria seul encore un instant. Cependant on alluma des cierges, et l'on prit une croix de procession, pour aller solennellement à la salle du martyre.

Alors Simon prit la main d'Inès et lui dit : « C'est à cette heure la séparation terrestre; je vais devant vous et vous montre le chemin par lequel vous devez vous-même aller au paradis ; je vais prier Dieu pour vous, et j'espère que vous viendrez sur mes traces, et que ce sera sans un long retard. » Il répéta plusieurs fois ces paroles, sans que jusqu'alors on eût entendu dire que Canzouyédono avait ordonné lamort des deux femmes. Michel Mizzouitchi, Jifiaque, s'avançait au premier rang, portant l'image du

Sauveur, Joachim Tirozimonc et Jean Tingoro l'accompagnaient avec des cierges. Le martyr suivait, tenant par la main sa femme et sa mère. Puis venaient l'exécuteur, les trois autres satellites et les serviteurs de la maison.

Dans la salle était suspendue l'image de YEcce Homo, objet de la dévotion particulière de Simon. Celui-ci se prosterna devant l'image; Michel se plaça vis-à-vis de lui avec le crucifix, Jean et Joachim, avec leurs cierges, se mirent aux deux côtés, et les deux femmes un peu. en arrière. Tous avec Simon récitèrent à genoux « la confession générale », trois Pater noster et trois Ave Maria. A ce moment, un soldat noble qui avait renié sa foi vint saluer le martyr, et celui-ci en obtint la promesse de faire pénitence. Simon donna son reliquaire à Jeanne, et son chapelet à Inès. Après une dernière et fervente oraison, il abaissa son collet, et découvrant son cou, s'offrit à l'exécuteur. Joachim, vers qui roula la tête, la prit avec respect et la posa sur sa propre tête.

Les deux femmes, la mère et l'épouse, contemplaient ce spectacle de sang avec un courage et une foi surnaturels, sans larmes, et sans perdre de vue ce chef vénérable qui vivait tout à l'heure et qui était devenu la relique d'un martyr.

La mère, plaçant la main sur la tête de son

fils, lui caressa le visage et lui adressa tendrement ces paroles : « 0 mon bienheureux fils, vous avez été digne de donner votre vie pour le service de Dieu : combien je suis heureuse, moi pécheresse, d'être la mère d'un martyr, et d'offrir à Dieu en holocauste ce fils unique, que j'ai soigné pendant tant d'années avec un si grand amour. » Inès, s'avançant à son tour, vénéra cet objet sacré, et ne se montra pas moins héroïque que Jeanne. Ce martyre avait eu lieu un peu avant le jour, le 9 décembre 1603.

La tête fut envoyée à Conmamoto, selon l'ordre de Canzouycdono, pour être exposée avec celle de Jean dans un endroit public, avec la sentence arborée au-dessus. Le corps fut enterré sur-le-champ, et transporté peu après à Nangasaki, où il fut déposé dans l'église de Tous-les-Saints , dans la maison de ppobation de la Compagnie.

Jeanne et Inès espéraient le martyre , mais sans en avoir encore obtenu l'assurance. Les trois Jifiaques se rendirent auprès d'elles, et elles leur demandèrent leurs suffrages. Elles se prosternèrent avec eux devant une image de Notre-Dame et récitèrent les litanies. A leur apparence et à leurs discours, on voyait bien que l'Esprit-Saint habitait en elles et parlait par leur bouche . Les soldats eux-mêmes étaient dans l'admiration de ce divin langage, et con-

fessaient qu'il était évident qu'en la loi des chrétiens résidait le salut.

Inès pria l'un des Jifiaques de lire quelques pages d'un livre des Martyrs écrit en japonais. Elle en fut toute consolée et remplie de ferveur, désirant et espérant elle-même d'être mise en leur nombre. « On nous fait grandement languir, s'écria-t-elle, une seule heure me parait un long retard. »

Les trois Jifiaques, voyant les sentiments admirables de ces deux héroïnes, étaient sans aucune inquiétude à leur égard, mais ils se demandaient si Madeleine, femme de Jean Minami Gorazayémon, était dans des dispositions aussi parfaites. Us voulaient aller la visiter, mais les gardes ne le permirent pas. Alors Jeanne écrivit à Cacouzaiémon et lui demanda si elle, Inès et Madeleine devaient toutes trois mourir, et que, dans ce cas, il daignât les réunir en un même endroit, afin qu'elles pussent être immolées ensemble. Le gouverneur consentit de bonne grâce et envoya chercher Madeleine.

Les soldats qui avaient failli vinrent prendre congé de Jeanne et d'Inès. Jeanne les encouragea à se relever, donna quelques pieux souvenirs à ceux qui le lui promirent, et leur fît entendre les avis les plus touchants. Inès fit de même, et leur dit ces belles paroles :

« Vous devez penser que je parle beaucoup,

et vous avez en partie raison. En effet, je suis une femme. Mais je l'affirme, il n'est pas en mon pouvoir de garder le silence, car c'est Dieu qui m'inspire et qui m'oblige à parler : et quand je le voudrais, je ne pourrais contenir l'allégresse que je ressens en mon àme; elle est si immense qu' elle déborde en moi-même. »

Tous ces discours s'exhalaient de ces lèvres saintes avec les expressions les plus pénétrantes. Aussi les soldats pleins de repentir conjuraient les saintes femmes de se souvenir d'eux dans le ciel, afin qu'ils eussent l'énergie de se relever : et elles le promirent. Elles prirent congé des femmes de leur maison, et se préparèrent à la mort par l'oraison et par des prières vocales. A la nuit, Madeleine fut amené avec Louis, jeune enfant de sept à huit ans, fils de son frère et adopté par son mari et par elle. L'enfant se trouvait compris dans la sentence.

« Vous êtes la bienvenue » , lui dirent Jeanne et Inès, car d'ici nous monterons ensemble au Paradis. » — « Et moi, dit Madeleine, je me félicite également. Jamais en ce monde nous ne nous étions vues ; mais il importait peu, et d'esprit comme de cœur nous étions rassemblées et unies en Jésus-Christ. J'étais en prières dans ma demeure, et je me préparais à la mort ; mais je vous rends grâce pour le zèle officieux qui vous a fait désirer de me réunir à vous. »

Madeleine était elle-même dans une grande sérénité; mais on voyait que son âme était pénétrée d'allégresse. Les trois femmes s'entretinrent saintement ensemble en vue du dernier passage , rendant grâce à Dieu et attribuant la faveur imméritée dont elles étaient l'objet à l'intercession des deux martyrs.

A la nuit close, vint Tordre de se rendre au lieu du supplice. Les martyres s'agenouillèrent devant une sainte image, et récitèrent à haute voix la confession générale, le Credo et le Salve Regina.

Jeanne fit un discours ou colloque qui remplit d'admiration tous les assistants, témoins de la puissance de l'esprit divin qui faisait parler cette femme. Elle commença' par demander à Dieu le pardon de ses péchés, et conjura les assistants de ne pas ressentir de compassion en la voyant ainsi mourir : car cette mort était pour elle une faveur signalée de Dieu et un grand sujet de consolation et de joie. Et s'adressant à Dieu lui-même, elle ajouta : « Je ne sais, Seigneur, ce que vous avez considéré en moi, ni comment vous m'avez fait une aussi grande grâce, et moins encore comment je pourrai vous témoigner ma reconnaissance; mais, Seigneur, je vous ai aujourd'hui même offert en sacrifice l'unique fils que je possédais : je vous offre présentement ma propre personne, et je vous

conjure de daigner accepter le sacrifice absolu de mon âme et de mon corps. Je vous supplie également d'accorder à ceux qui sont en péché mortel la grâce de se repentir et de rentrer en votre faveur, et d'ordonner aux gentils qui ne vous connaissent point de devenir chrétiens. Et je vous recommande particulièrement Canzouyédono, contre lequel je n'élève aucune plainte. Mais je lui suis très reconnaissante pour le bon office qu'il me rend, en me faisant crucifier pour votre sainte Foi : mon unique désir est que lui-même et toute sa postérité soient heureux, qu'ils possèdent et gouvernent dans la paix cette province du Fingo; que tout l'Etat se fasse chrétien; que ceux qui ont défailli pendant la persécution se relèvent : et à cette intention, dit-elle aux assistants, « récitons ensemble le Miserere ; » elle le commença, et tous les chrétiens présents le récitèrent avec elle, ainsi que trois Pater nos ter et trois Ave Maria. Ce discours avait duré longtemps, et il se faisait tard : les gens de la justice avaient hâte. Jeanne et les autres femmes leur envoyèrent dire que, malgré que ce fût pour eux un inconvénient d'attendre, elle les priait, puisqu'il s'agissait de se préparer à la mort, de vouloir bien lui faire la grâce d'attendre encore un peu. Et avec une sérénité parfaite, elle entonna les litanies que tous récitèrent avec elle, et prononça quelques

autres prières ; les ayant achevées, elle dit avec une vivacité singulière : a A présent, allons, allons ! »

Et ces vertueuses femmes se mirent en chemin avec une telle allégresse qu'à travers leur visage, comme à travers un cristal, on voyait resplendir la flamme de leur cœur, et ainsi que le déclarèrent les témoins oculaires, elles paraissaient de véritables anges et des créatures saintes allant, non pas à des gibets et à des croix terrestres, mais, ainsi que c'était en réalité, aux noces et aux fêtes du Paradis.

Elles firent porter avec elles l'image de VEcce Homo, devant laquelle Simon Gofioyé, était mort, et un vase d'eau bénite. Trois norimons ou litières avaient été préparés par les soins du gouverneur Gacouzaiémon ; car elles étaient nobles et le gouverneur était leur ami. L'enfant devait partager le norimonde sa mère.

Madeleine, avant de partir, engagea les Jiiiaques à être miséricordieux envers les chrétiens tombés, « qui, dit-elle, se relèveront sans doute à leur heure. Ils n'ont point perdu la foi, quoiqu'ils aient défailli et péché : qu'ils ne soient pas exclus de l'espérance du pardon ! »

Jeanne demandait^ marcher à pied pour imiter la voie douloureuse du Sauveur dans les rues de Jérusalem, mais les ministres n'y consentirent point. Les Jifiaques accompagnaient le cortège,

l'un d'eux marchant à côté de chaque norimon. Le peuple était innombrable; les chrétiens s'approchaient des norimons et priaient les martyres de se souvenir deux en Paradis. Elles demandèrent leurs noms de baptême et promirent de prier pour eux. Après être descendues, elles adorèrent le crucifix et ÏEcce Homo, les cierges étant allumés.

La première martyrisée fut Jeanne. Elle récita la confession générale, trois Pater et trois Ave Maria, et s'offrit aux exécuteurs, à l'imitation du Sauveur, priant seulement de laisser le coù un peu libre, afin qu'elle pût parler et prier. Elle but quelques gouttes d'eau bénite : et étant élevée en croix, elle dit à haute voix au peuple : « Ecoutez, vous tous, ô peuple ici présent ! vous voyez cette lune et ces étoiles : désormais elles seront bien au-dessous de mes pieds. Considérez tous qu'il n'y a pas d'autre loi dans laquelle les hommes puissent être sauvés, si ce n'est la loi chrétienne. Toutes les autres ne sont que ténèbres et aveuglement. Aussi je désire infiniment et je demande avec instance que tous ceux d'entre vous qui sont païens deviennent chrétiens; et en le devenant, ils comprendront la vérité de mes paroles. Et vous qui êles tombés, je vous adjure de vous repentir et de vous relever. Quant à vous qui avez une foi solide, fortifiez-vous de plus en plus en elle, jetant de

profondes racines et persévérant jusqu'à la mort! »

Tandis qu'elle parlait ainsi, et qu'elle adressait au peuple cette prédication angélique, l'exécuteur la frappa de sa lance, mais le coup était mal dirigé, et la lance ne pénétra point. Alors la martyre dit à deux reprises : « La lance ne pénètre pas, » et prononça par deux fois : :< Jésus ! Marie ! »

Un second coup la transperça du flanc gauche à l'épaule droite. Et répétant jusqu'à la fin les noms sacrés de Jésus et de Marie, elle remit son àme entre les mains de Jésus et de Marie.

Elle était du royaume d'Ije et âgée de cinquante-cinq ans.

Ensuite vint le tour de Madeleine et de son fils Louis. Madeleine fit les mômes prières que Jeanne, et fut attachée à la croix très cruellement : elle en bénit Dieu. L'enfant n'éprouvait pas d'émotion visible : attaché rudement, il demanda seulement d'être un peu desserré. Le bourreau en versa des larmes et desserra les liens. L'enfant se trouvait tourné vers sa mère. Tous deux, alternativement, prononçaient les noms de Jésus et de Marie, ainsi qu'ils avaient fait pendant le chemin : délicieuses matines et prémices de Y Alléluia divin qu'ils allaient chanter dans l'éternité. Louis fut le premier frappé ; mais la lance ne pénétra pas. L'enfant

demeura immobile : un second coup acheva son martyre. On frappa la mère, et le coup porté vers le sein gauche ne pénétra pas d'abord et dut causer une vive douleur; Madeleine continuait d'invoquer Jésus. Dans ce moment, sa coiffe lui couvrit les yeux, et elle s'écria : « Je ne puis voirie ciel, » mais bientôt elle expira et entra dans la vision béatifique et dans le ciel des cieux, réunie à Jean Minami, son époux dont elle avait partagé les épreuves terrestres et la mort par ce martyre. Elle était du royaume de Tsounocouni, et âgée de trente-trois ans. Le jeune Louis était de la province de Yamachiro, et âgé de sept à huit ans.

En dernier lieu vint le tour d'Inès d'être attachée à ce bois sanctifié par la mort d'un Dieu. Elle récita ses prières et se plaça d'elle-même sur la croix; mais les bourreaux, émus parles précédents martyres, refusèrent leur ministère. D'autres gentils s'offrirent et élevèrent la victime : ils commencèrent à la frapper à plusieurs reprises, mais les bras inhabiles firent souffrir à Inès de cruelles tortures : sa coiffe tomba sur ses yeux et lui déroba aussi la vue du ciel, jusqu'au moment où elle expira. Elle avait trente ans et était de la province d'Ije.

Ce martyre eut lieu le 9 décembre 1603.

Les Jifiaques, après être restés aux côtés des martyrs, comme aurait fait la mère la plus tendre,

fermèrent les yeux de ces saintes femmes, leur couvrirent le visage, composèrent décemment les corps sur les croix et se retirèrent dans leurs demeures.

Les gentils eux-mêmes étaient pleins d'admiration, et, malgré les soldats, les chrétiens s'empressèrent de recueillir le sang avec des linges, du papier, avec leurs vêtements même, et le lendemain ils vinrent enlever la terre imbibée de sang.

Les gardes, qui étaient au nombre de trente environ, affirmèrent que lors du martyre de Simon Gofioyé, une merveilleuse lumière avait paru au-dessus de sa maison, et des témoins affirmèrent qu'un semblable prodige avait eu lieu pour les trois crucifiés et qu'une vive lumière avait resplendi sur leur croix.

L'évêque Louis de Gerqueira fit dresser un sommaire qu'il adressa au Saint-Père et au roi Philippe III.

Canzouyédono me permit pas durant une année entière de détacher les reliques des martyres. On les recueillit à mesure qu'elles tombaient; on les mit dans quatre cercueils disposés à l'avance, et on les porta à Nangasaki, où elles furent déposées dans le collège de la Compagnie de Jésus. Mais on ne put obtenir les têtes de Simon Takenda Gofioyé et de Jean Minami Gorozayémon,

Le martyre avait été prédit par Gofioyé, et l'évêque attesta que, lorsqu'il confirma Simon, se souvenant de la prédiction, il crut confia mer un martyr et le voir revêtu de Fonction de son propre sang.

Gofioyé, Jean, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.

Gopioyé, Jean, de Miye, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en

Gomez, Louis, Prêtre de l'Ordre de Saint- François. 11 était né à Andujar, dans le diocèse de Jaën, en Espagne, et fils de Louis Palomino et de dona Maria Gobo. Après avoir étudié le droit à Osuna, il prit l'habit franciscain chez les Récollets de Santa-Olalla de Marchena, et fut ordonné prêtre, et passa aux Philippines. En 1598, il se rendit au Japon avec le P. Jérôme de Jésus, il accompagna celui-ci dans plusieurs de ses voyages, et dans son retour à Manille, qu'il quitta de nouveau avec lui pour revenir au Japon en 1602. Il ne s'éloigna pas du pays, dans la persécution de 1714, pour prendre le

chemin de l'exil, mais il demeura secrètement dans le Cami avec le P. Jean de Saint-François. Pendant les années qui suivirent, le P. Louis Gomez s'employa avec un zèle admirable à toutes les fonctions du ministère apostolique, sans que l'âge ralentit en rien son ardeur. Il devait en être récompensé par le martyre II mourut pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Yédo, le 8 juin 1634. Il était octogénaire.

Gomoyo, Jean Famasaki, de Miye, en Omoura, Frère du Tiers-Ordre de Saint- Augustin , décapité pour la foi, à Fonconofara, près Nangasaki, le 28 octobre 1630, à l'âge de quarante-neuf ans.

Gonchiro, Alexis, fils du vénérable Valentin Nacamaki Mondo, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, en Wôchou, le 8 février 1632.

Gonochichi, Léon Takeya (ou Gonchiki), hôte du bienheureux Jérôme de Angelis, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 5 décembre 1623. (Voir le B. Jérôme de Angelis.)

Gonyémon, Romain y brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir le B. Jérôme de Àngelis. )

Gonyémon, Léon, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Chendaï, le 22 février 1624. (Voir le B. Carvalho, Jacques.)

Gonyémon, Louis, de Miye, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Gonza, Thomas, brûlé vif pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627.

Gonzalez, Joseph, né à Nangaye, patron de barque, décapité pour la foi, à Mossouyama, en Omoura, le 10 juillet 1624, à l'âge de soixantequatre ans.

Gonzalez, Antoine, Prêtre de l'Ordre des

Frères-Prêcheurs, mort pour la foi, en prison, après avoir rendu des torrents de sang dans le tourment de l'eau, à Nangasaki, le 24 septembre 1687.

Le vénérable Père était de la cité de Léon, en Espagne. Il y prit l'habit dominicain et y fit profession. Il enseigna la théologie à Piedrahita, dans la même province. Il excellait dans la poésie, mais il se corrigea bientôt de cette exubérance, qui d'elle-même n'est point un péché, mais qui met souvent obstacle à la perfection. Il pratiquait de grandes mortifications, voyageant souvent à pieds nus, à l'exemple du patriarche saint Dominique. Sa pensée constante et son vœu le plus fréquent étaient de mourir pour Jésus-Christ, et il l'obtint par l'intercession de saint Pierre martyr, qu'il avait choisi pour son protecteur et son avocat aux fins de cette grâce. Il arriva de Manille au Japon, avec les Pères Guillaume Courtct, Michel de Ozaraza, et Vincent de la Croix, et à Nangasaki, le 13 septembre 1687. (Voir V. Courtet, Guillaume.)

Gonzalez, X., Bengalais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-trois ans. (Voir V, Pachéco, Louis.)

Gonzalez, X., Malabare, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Gonzayémon, André, égorgé pour la foi, en Omoura, le 22 septembre' 1627.

Gonzayémon , Jean , hôte et compagnon des missionnaires, mis à mort pour la foi, à Chimabara, le 31 mai 1630. (Voir V. Chibioyé, Thomas.)

Gorobioté, Jean, agent comptable des Hollandais, décapité pour la foi, à Yangami, vers le 30 septembre 1622. (Voir B. Florès.)

Gorobioté, Jean, hôte du V. Louis Yemoné, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629.

Gorofacou, Balthasard, fils du V. Ignace Kiyémon, brûlé vif pour la foi, à Ghimabara, le 27 août 1633.

Gorosouké, Laurent Aiga, décapité pour la foi, enOmoura, le 7 octobre 1621, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Il était de Couromatchi, petit château en Omoura, et avait été baptisé par le P. de Torrez. Il était supérieur de la Confrérie de Saint-Ignace. Il dit à ceux qui venaient pour le tuer : « Vous devez vous tromper, et vous en cherchez un autre, car il n'est pas possible que je sois jugé digne d'un si grand honneur. » Et sur l'affirmation des satellites, le bon vieillard se livra à la joie, revêtit son plus bel habit, tendit le cou à Tépée. Sa femme, nommée Marine, qui espérait le même sort, se vit différée.

Goroyémon, Aman, gendre du V. Melchior Bougendono, mis à mort pour la foi, à Fanghi, en Nangato, le 16 août 1605. (Voir V. Bougendono.)

Goroyémon, Léon Yetchigen, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Gorozayémon, Jean Minami, né à Méaco, dans

le Yamachiro, officier de Canzouyédono , prince de Fingo, décapité pour la foi, à Coumamoto, le 8 décembre 1603, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Gofioyé, Simon.)

Gorozà yémon , Dominique Yàgàmi, né à Cotchinotsou, torturé, puis décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de soixante-quatorze ans.

C'était un très ancien chrétien, baptisé par le P. de Torrez, et qui était comme le père des autres fidèles. On lui demanda si les chrétiens haïssaient leurs persécuteurs : « Bien loin de là, répondit-il, et nous leur avons une infinie reconnaissance; en effet, par la persécution, moi-même, et toutes les personnes de ma condition et de mon état, c'est-à-dire les plébéiens, nous obtiendrons la couronne du martyre, qui est le suprême honneur qui puisse exister, et en comparaison duquel la gloire des rois de la terre n'est qu'un pur néant : de plus, notre loi nous commande de ne point haïr nos persécuteurs, mais de leur faire du bien et de prier Dieu pour eux. » On rapporte un miracle qui aurait suivi sa mort : sa tête se serait réunie au corps et aurait levé les yeux vers le ciel. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)

Gorozâyémon, Jean , brûlé vif pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627.

Gounzabouro, Thomas, fils du V. Lin Sacamoto Jinyémon, décapité pour la foi, à Chizacawa, eu Wôchou, le 31 janvier 1632.

Goyémon, André, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.

Gozayémon, Léon Sourounga, d'Yanal, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Gozéymon, Louis, de Miyé, Confrère de la

Courroie de Saint- Augustin, décapité pour la

• foi, à Miyé, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Gracia, née en Firando, veuve du V. Gabriel Chinchiro, décapitée pour la foi à Cotchidomari, le 3 mars 1624, à l'âge de cinquante ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Gracia, née à Cotchinotsou, épouse du V. Thomas Sochin, submergée dans la mer, avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, après avoir eu les doigts des mains coupés, à Chimabara, le 21 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Gracia, épouse du V. Simon Yofioyé, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Gracia (François de), Prêtre de l'Ordre de Saint- Augustin, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 16 août

Il était né à Alemquer, en Portugal, de parents nobles. Conduit lorsqu'il était enfant dans Tlnde orientale, il prit l'habit au couvent Augustin de Go a. Le P. Christophe du Saint- Esprit l'emmena avec dix autres novices au couvent de Tanas. François y fît profession en 1613, et revint à Goa où il fut ordonné prêtre. Il se sentit dans l'àme le désir du Japon, et ne fut pas infidèle à sa vocation. Avec la permission de son supérieur, il partit pour Macao.

Trouvant le passage fermé de Macao vers le Japon, il se rendit aux Philippines, regardées comme une voie moins difficile. Il arriva à Manille en 1632 et de là partit pour le Japon où il aborda le 12 août de la même année. Il se retira aussitôt dans la montagne pour étudier la langue.

L'année suivante, au commencement d'août, tandis que le vénérable Père produisait de grands fruits dans les montagnes deNangasaki, les satellites le saisirent et l'emmenèrent à la ville. Dans la prison, il retrouva le P. Jacques de Sainte-Marie, avec lequel il était venu de Manille, et dix autres confesseurs pris dans les jours précédents. Parmi ces derniers, quatre étaient catéchistes, et ils reçurent alors l'habit religieux, deux dans l'Ordre dominicain et deux dans l'Ordre augustin : et tous firent profession la veille du martyre. Les Augustins se nommaient François et Jean, et les Dominicains, Michel Kibioyé et Jean Yofioyé. La sentence, notifiée le 13, ne fut exécutée que le 15. Les chrétiens, pendant tout le chemin, chantaient les louanges de Dieu. Les gibets étaient disposés, et les fosses ouvertes. Après de tendres adieux, les six religieux furent suspendus dans les fosses. Cinq des autres Japonais furent brûlés vifs, et un fut décapité. Quoique Michel Kibioyé eût décelé le P. Jacques de Sainte-

Marie, son maître, il demeura ferme dans la foi, et obtint la grâce du martyre.

Le P. François de Gracia, suspendu le premier, fut saigné à la tête, au front et aux tempes, afin qu'il pût vivre plus longtemps; son supplice dura trente heures. Le P. Jacques de Sainte-Marie souffrit cinquante heures; trois autres des confesseurs subsistèrent plus ou moins longtemps, et le dernier ne vit s'achever ses douleurs qu'après trois jours et trois nuits. Dieu les assista jusqu'à la fin dans le combat, selon qu'il est écrit au livre de la Sagesse : « Il est descendu avec le juste dans la fosse, et il ne l'a pas délaissé dans sa captivité, et lui a donné la gloire éternelle. » Ils avaient rendu à Dieu leurs âmes les 17, 18 et 19 août 1633.

Guerrâ, Jean, Pampanga des Philippines, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-six ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Hélène, épouse du V. François de Conga, décapitée avec lui pour la foi, à Conga, le 25 février 1621.

Hélène, épouse du V. François Kisouké Wo-

moghi, décapitée pour la foi, à Conga, le 23 février 1627, à l'âge de quarante-trois ans.

Hélène, morte en prison pour la foi, en Omoura, le 3 décembre 1627.

Hilmre, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 13 août 1633.

Ican, Simon, né en Gawatchi, baptisé à l'âge de treize ans, exilé en 1612, et décapité pour la foi, à Gotchinotsou, le 18 décembre 1625.

Ichégan, Thomas, du Foccocou, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou Jean.)

Ichida, Michel, de Canzaki, village voisin de Sanga, dans la province de Figen, torturé pour la foi, et mort des suites de ses blessures, à Gotchinotsou, le 12 janvier 1615, à l'âge de soixante-deux ans. Le P. Spinola raconte que,

pendant ses derniers jours, il eut une vision de

deux enfants qui lui offrirent une liqueur céleste qui lui ôta tout désir d'aliment. Depuis lors, il fermait constamment les yeux, disant qu'il ne désirait plus voir aucune chose du monde. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)

Ichizo, Jérôme, décapité pour la foi, àFirando, le 18 août 1624, à l'âge de vingt-cinq ans. Né à Yanoura et habitant de Firando, il avait paru faiblir. Son beau-père, excellent chrétien, lui retira son épouse. Ichizo se réveilla de son erreur et témoigna son repentir. Le gouverneur fut informé du fait et le condamna à mort.

Icozayémon, Jean Inouyé, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Ifioyé, Simon Siwami, d'Yanaï, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Ifioyé, Jean, de Foucaye, fils du V. Paul Chinzo, précipité dans la mer avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Chitoa-

bara, le 21 février 1627. On lui avait coupé auparavant tous les doigts des mains.

Ifioté, Michel, de Cachiyama, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Cachiyama, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Ignace, fils du V. Paul Outchibouri Sacouyémon, précipité dans la mer avec une pierre au cou, en haine de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'âge de cinq ans. On lui avait coupé auparavant l'index de chaque main. (Voir Sacouyémon, Paul.)

Ignace, enfant d'un an et neveu du V. Candide, décapité en haine de la foi, à Fanawaza, le 13 janvier 1629.

Ignace, fils du V. Jacques Nacachimi Coufioyé, décapité en haine de la foi, à Nangasaki, le 2 novembre 1630, à l'âge de deux ans.

Ignace, fils du V. Paul Yamamoto Ficondayou,

décapité pour la foi, à Ozacca, le 13 janvier 1632, à l'âge de onze ans.

Ikizayémon, Michel, de Nicoumiganachi, brûlé vif pour la foi, à Nicoumiganachi, en Omoura, le 28 septembre 1630. Il était Confrère de la Courroie de Saint-Augustin.

Ikizo, Michel, de Foucaye, après avoir eu les doigts des mains coupés, fut précipité dans la mer, avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Impet, Jean Indo, né à Ariye, fils du V. Thomas Sochin, mort pour la foi, à Foucaye, près Chimabara, le 5 mars 1627.

En 1627, le seigneur Boungodono ayant résolu de faire persécuter les chrétiens dans son domaine immédiat du Tacacou, on commença par Foucaye, territoire à une lieue et demie de Chimabara. Les deux* chrétiens les plus fervents du pays étaient Thomas Sochin, vieillard de soixante-huit ans, ancien hôte des

Pères Jésuites et notamment du P. de Fonseca, et qui exerçait la médecine par charité, et Jean Indo Impey, son fils, collecteur du prince. Tanaca Tobioyé, l'un des trois gouverneurs de Chimabara, fit de vains efforts pour vaincre leur vertu. Le vieillard, renvoyé chez lui, se confessa au P. Matthieu de Couros, caché dans sa maison, et fut, cinq jours après, rappelé avec son fils.

Outre ces deux, plusieurs persévérèrent au milieu des terreurs et de l'apostasie des autres. C'étaient Gracia, femme de Thomas Sochin; Barthélemi Baba F an y é mon, Claire, sa femme, et leurs quatre enfants ; Léon Nacaïme Socon ; Paul Kiouzo et Jean Jiûoyé, son fils ; Jean Kisal ; Denis Saiki Tenca et Louis Kizo, son fils; Damien Itchiyata et Michel Tchizo, ces deux derniers frères, et cousins de Denis; enfin Lucie, femme de Damien, tous ces confesseurs furent menés à Chimabara.

On fit subir à Thomas et à son fils le supplice du feu, de la manière suivante : sur une barre placée en travers, au-dessus d'une grande quantité de charbons ardents, fut étendu le vieillard Thomas ; deux satellites le tenaient par les pieds, et deux autres par les bras, afin de le pouvoir retourner et rôtira leur gré, le présentant au feu, tantôt la face dirigée en bas, tantôt par les côtés et tantôt la face regardant le ciel. Il était déjà rôti dans tout son corps, et sa peau

se fendait de toutes parts ; néanmoins il demeura fidèle et rendit gloire à Dieu.

Jean, son fils, le remplaça, et, par sa constance, fit l'admiration des païens eux-mêmes.

Tous deux avaient tellement souffert, le feu ayant pénétré jusqu'à leur intérieur, qu'il s'exhalait de leur bouche une fumée obscure.

Ensuite les deux confesseurs furent liés à deux colonnes, et on leur trancha les oreilles, et si près de la tête qu'au fils on enleva la moitié d'une joue. Tous deux reçurent l'empreinte de la croix sur le front, et ils furent abandonnés sur le sol pendant tout un jour, sans qu'il fût permis de panser leurs plaies.

Un des gouverneurs prit alors la parole : « Quel est celui, dit-il, dont le tour est venu? » Barthélemi Fanyémon, se levant, courut vers la fournaise. Mondo, gouverneur d'Arima, furieux, se répandit en blasphèmes et frappa violemment les confesseurs avec un bâton. Alors il ordonna d'exposer nus tous les confesseurs. Ils restèrent ainsi pendant tout un jour, excepté deux des femmes, Claire, femme de Fanyémon et Lucie, femme d'Itchiyata, qui furent emmenées dans une salle intérieure. On fit subir à celles-ci des tourments secrets, et qu'on n'ose redire. Le matin du lendemain, on tourmenta les enfants sous les yeux de leurs parents. Aucun de ces enfants ne défaillit, mais on les renvoyait dans

leurs familles , en publiant qu'ils avaient apostasie .

Thomas Sochin, qui était près d'expirer, eut quatre doigts coupés ; et, pour en finir avec lui, Mondo lui fit attacher une pierre au cou et le fit précipiter dans la mer. De telle sorte que le saint martyr pouvait s'écrier avec le prophète : « Béni soyez, ô Seigneur, qui m'avez fait passer par l'eau et le feu pour m'introduire dans le rafraîchissement éternel. » C'était le 11 février 1627.

Afin d'effrayer les habitants d'Ariye, on y conduisit cinq des confesseurs, Jean Impey dans une litière, les autres à pied. On exposa les quatre. Léon Socan et Denis Saiki eurent un doigt de chaque main coupé. A Gracia, femme de Sochin et àBarthélemi Fanyémon, on brûla tout le corps avec des flambeaux.

Cinquante chrétiens d'Ariye demeurèrent constants, malgré ce spectacle. Parmi ces derniers, Paul Guennai Soukéyemon, vieillard de soixante-dix ans, et Louis, son fils, furent mis à la torture. Le vieillard fut tourmenté, jusqu'au 21 février, où il fut martyr.

Louis, au milieu de ses souffrances, chantait le cantique « Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël » et le Gloria Patrù

Suzanne, femme de Louis, fut également torturée; on jeta dans le feu leur petite fille de

trois ans, et on la retira défigurée et mourante.

Jean Feisacou et Marie, sa femme, furent frappés avec le bâton, exposés nus et brûlés par tout le corps. Leur enfant de trois ans fut torturé sous leurs yeux.

Gaspard Kitchisouke et Lucie, sa femme, endurèrent les mêmes supplices. Leur fils de treize ans, appelé Pierre, leur fut associé dans la souffrance. On lui commanda de tenir avec sa main un vase de porcelaine rougi au feu. L'enfant le prit dans les deux mains et le conserva longtemps. Tous les gentils étaient dans l'admiration.

André, jeune homme de seize ans, se tint au milieu d'un brasier pendant l'intervalle de vingt Ave Maria. L'orgueilleux Mondo, ne pouvant souffrir cet acte héroïque , frappa le jeune André avec son bâton et le renversa par terre. Mais Dieu avait manifesté sa puissance, carie jeune homme affirma qu'il n'avait point ressentie de douleur, et qu'il lui semblait seulement que ses pieds s'étaient engourdis.

Mondo fit agenouiller deux autres chrétiens sur les charbons ardents. Mais enfin ce tyran et les autres gouverneurs, éperdus danft leur esprit, et ne voulant pas condamner à mort tant de laboureurs d'une seule place, les renvoyèrent libres et retournèrent à la ville, emmenant seulement Paul Ghennal Soukeyémon, Louis,

son fils et Jean Feissacou Suzanne, femme de Louis et Marie, femme de Jean, furent constituées prisonnières chez des voisins.

Les gouverneurs se dirigèrent vers Arima, conduisant cinq de leurs prisonniers.

Le 21 février, un grand nombre de confesseurs qui se trouvaient dans la prison de Ghimabara furent torturés. Le dernier fut Jean Impey, qui • eut quatre doigts coupés, et qui supporta vaillamment ce nouveau supplice, quoiqu'il fût très languissant et affaibli. Enfin il expira le 5 mars à Foucaye. Depuis qu'il avait été rôti devant un brasier, son corps n'était qu'une plaie, et ses chairs tombaient en putréfaction. 11 n'exprimait qu'un vœu, celui de mourir avec ses compagnons, dans les eaux pestilentielles d'Oungen. Mais Notre-Seigneur ne différa pas sa récompense. Son cadavre fut crucifié la tête en bas, au milieu de la voie publique, à l'entrée de la ville et y demeura plusieurs mois.

Indégoutchi, Damien Israï, patron de barque, décapité pour la foi , à Nécayéchima, en Firando, le 27 mai 1622, à l'âge de quarante-deux ans. (Voir B. Camille Costanzo.)

Inès, de la province d'Ije, épouse de V. Si-

mon Takenda Gofioyé, crucifiée et mise à mort pour la foi, à Yaehchiro, le 9 décembre 1643. (Voir V. Gofioyé, Simon.

Inès (de Conga \ décapitée pour la foi, à Conga, le 26 septembre 1621.

bis, fille do V. Joseph Iyzayémon, décapitée pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 16 janvier 1629, à l'âge de trois ans. (Voir V. Mino, Joa-

chim.)

Inès, épouse du V. Thomas Josaxéyémon, submergée vivante dans les flots, pour la confession de la foi, à Chiki, en Amacousa, le 12 février 1632.

Inosouké, François, petit-fils du V. Melchior Bougendono, mis à mort tout jenne, par ordre du prince Morindono, à Fanghi, le 16 août 1605

Inosouké, Ignace, fils du V. Paul Chimayama,

décapité pourla foi, à Wacamatsou, en Wôchou, le 8 février 1632.

Inyémon, Louis, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629, à l'âge de quatrevingts ans.

Louis Inyémon, âgé de quatre-vingts ans, était sénateur d'un seigneur du plus haut rang, et Anne, sa femme, était presque du même âge que lui. Louis, baptisé depuis quelques mois, avait été violemment combattu par son maître ; loin de fléchir, il avait converti et fait baptiser Anne, sa femme. En allant avec elle à la mort à laquelle ils avaient été condamnés tous deux pour Jésus-Christ, le vieillard octogénaire se hâtait et courait ; sa femme ne pouvait le suivre : « Attendez-moi, » s'écria-t-elle. — « Déjà nos compagnons sont arrivés, répondit le vieillard, je ne dois pas me faire attendre. » La sainte femme, s'attachant à la corde qui liait son mari, et dont l'extrémité traînait, avança de son mieux, et parvint toute haletante au lieu du supplice. Ces heureux vieillards n'avaient vécu dans la foi de Jésus-Christ, qu'une seule année depuis leur baptême.

Inyémon, Michel, fils du V. Martin Irobioyé,

décapité pour la foi, à Yénochima, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.

Irobioyê, Martin, de Yénochima, Confrère de la Courroie de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Yénochima, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.

Isabelle, mère du Y. Damien Indégoutchi, lequel fut martyr en 1622, décapitée pour la foi, dans File de Nacaye, en Firando, le 5 mars 1624, à l'âge de soixante-quatorze ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Isabelle , fille du V. Damien Indégoutchi, lequel fut martyr en 1622, tuée à coups d'épée, pour Jésus-Christ, sur le corps sanglant de sa mère, dans l'Ile Nacaye, en Firando, le 5 mars 1624, à l'âge de sept ans. (VoirV. Feibioyé, Lucas.)

Isabelle, de Cotchinotsou, épouse du Y. Gaspard Sosan, précipitée dans la mer, avec une pierre au cou, pour la confession de la foi, à Ghimabara, le 21 février 1627. Elle avait eu les

doigts des mains coupés. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Isabelle, épouse du V.#Gomez Mon Yochibioyé, de Moki, précipitée dans la mer avec une pierre au cou , pour la confession de la foi, après avoir eu les doigts des mains coupés, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'âge de quarante-sept ans. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Isabelle, épouse du V. Jean, Cambo des PP. Jésuites, décapitée pour la foi, en Omoura, le 13 mai 1628.

Isabelle, épousé du V. Jean, Cosaca, Tertiaire de Saint-Dominique, décapitée pour la foi, en

Isabelle, fille du V. Alexis Sato Gheisouké, de Chidogadaï, décapitée pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonezawa, le 12 janvier 1629, à l'âge de trois ans.

Isabelle, de Chidogadaï, fille du V. X. Chit-

chizayémon, décapitée pour la foi, à Wocousambara, le 12 janvier 1629, à l'âge de trois ans.

Isabelle, de Nicoumiganachi, épouse du V. Michel Ikizayémon, affiliée à la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Nicoumiganachi, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Isabelle, épouse du V. Jean Vosaki Chinzayémon, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Isabelle, épouse du V. Thomas Matsouyama, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Itacoura, Laurent, de famille noble, disciple des PP. Franciscains, prédicateur insigne et hôte des religieux, mort consumé de lèpre, pour la foi, dans la prison de Yédo, après quatre ans de captivité, vers le 10m ars 1617.

11 était fils de Soucouan Tchino, médecin de l'empereur. Il avait été converti par le B. So-

télo : lui-môme convertit à son tour sa femme, qui était païenne. Les deux époux firent vœu de continence. La femme alla demeurer avec les religieuses Tertiaires ; Laurent se fit l'infirmier des lépreux et des autres malades de l'hôpital. En 1613, il fut arrêté avec les vingt-six lépreux d'Asacousa, près de Yédo. Condamné avec eux, il fut épargné en considération de son père; mais il refusa de sortir de prison sous la condition de ne plus prêcher, se réputant plus libre dans la prison, où il souffrait pour Jésus-Christ et prêchant à son prochain, que dans sa maison et ne prêchant plus. Quand il rendit sa sainte âme à Dieu, il avait converti un grand nombre de prisonniers.

Itchibioté, Paul Comazzou, fils du V. Luc Comazzou Taroubioyé, brûlé vif pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.

Itchibioté, Vincent Couragane, fils du V. Louis Yemoné, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629, à l'âge de dix-sept ans. (Voir V. Louis Yemonée.)

Itghigata, Damien, de Foucaye, précipité pour

la foi , dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)

Itchinoté, Gabriel, hôte du B. Augustin Ota, décapité pour la foi, près de Firando, le 26 juillet 1621, à l'âge de vingt-trois ans. Etant prisonnier, il avait obtenu de sortir pendant le jour, et il allait encourager les chrétiens et rentrait la nuit. Il fut conduit en barque au lieu du supplice, et il prêcha si efficacement durant le chemin, que les gentils qui l'entouraient promirent de se faire chrétiens, aussitôt qu'ils le pourraient. Son corps fut enveloppé d'une natte et jeté à la mer.

Itchirobioyé, Mathias Gheudaï, d'Yanaï, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.

Itchitémon, Jacques, du Tchoungocou, mort de misère et de souffrances, pour la foi, avant l'heure du supplice, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 19 octobre 1619.

Itchiyémon, André, décapité pour la foi, à Chendaï, vers le 5 février 1624.

Itchiyémon, Gaspard, décapité pour la foi, à Ousoukino, en Wôchou, vers le 5 février 1624.

Ito, Michel, frère du V. Mathias Coïtchi, chef de Confréries, en A rima, décapité pour la foi, à Ariye, le 26 juillet 1612, à l'âge de cinquante ans. (Voir V. Coïtchi, Mathias.)

Ito, Jean, voisin solidaire des hôtes des missionnaires, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 22 février 1621.

Ito, Marie, servante de la Ve Dominica, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629.

Iwami, Jean Sandayou, préfet de la Congrégation, décapité pour la foi, à Coubota le 26 juillet 1624. Il était d'Yanaï.

Iwananga, Mancir Coufioyé, fil s du V. Ghenzayémon, Thomas, décapité pour la foi, à Nangaye, le 13 septembre 1622

Iybouzayémon, Michel, submergé dans la mer, pour la foi, à Cawatchinoura, prèsd'Amacousa, le 20 décembre 1630, à l'Âge de soixante-dix ans.

Iyozàyémon, Thomas, fils du V. Joachim Coudgirawoca Niyémon, brûlé vif pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.

Iyozàyémon, M an ci e, de Noucayama, deuxième fils du V. Antoine Fayémoné, décapité pour la foi, à Noucayama, le 12 janvier 1620, & l'âge de quatorze ans.

Iyozàyémon, Michel, de Noucayama, troisième fils du V. Antoine Fayémoné, décapité pour la foi, à Noucayama, le 12 janvier 1629, à l'âge de onze ans.

Iyzayémon, Joseph, crucifié pour la foi, à Foyo

en Dewa, le 16 janvier 1629. (Voir V. Mino, Jean. )

Izzoumi, Joachim Aratchi, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624. Il était d'Yanaï.

Izzoumo, Léon, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 13 janvier 1629.

Jacques, fils du V. Thomas Chocouron, décapité pour la foi, en Arima, le 28 janvier 1613, à l'âge de neuf ans. (Voir V. Chocouron.)

Jacques, fils du V. Léon Fayachida Soukeyémon, brûlé vif pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613, à l'âge de dix ans. Cet enfant de qui les liens furent consumés d'abord, alla vers sa mère, dévorée par les flammes et qui vivait encore. Elle lui dit : « Regarde le ciel. » L'enfant se serra contre sa mère et expira.

Jacques, fils du V. Balthasard, deTacazzouki, décapité pour la foi, à Figo, forteresse du

Boungo, le 15 octobre 1619, à l'âge de quatre ans. (Voir V. Balthasard de Tacazzouki.)

Jacques, fils du Vénérable André Toan Mourayama, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 24 juillet 1620, à l'âge de quinze ans.

Jacques, lépreux, mort pour la foi, de faim et de misère dans la prison de Yédo, vers le mois de février 1627.

Jacques de Sainte-Marie, Prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, Japonais, mort pour Jésus- Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 18 août 1633 ; il y avait été suspendu pendant cinquante heures.

Le vénérable Père était né de parents chrétiens et avait été élevé dans le collège de la Compagnie de Jésus. Il était très éloquent dans sa langue et très aimé des seigneurs. Après plusieurs années consacrées à la prédication, il passa à Manille avec le désir d'être religieux, et demanda d'être admis dans l'Ordre de Saint- Augustin. Il le sollicita une année sans pouvoir l'obtenir. Il avait enfin résolu de se faire ermite

sur une montagne auprès de Manille, lorsqu'il apprit que dans le couvent des Dominicains on consentait adonner l'habit religieux à des Japonais : il fut admis en effet par le P. Mançano, prieur, en 1624. Il se montra novice patient et humble, chose rare chez un Japonais. Il fut profès en 1625, et prêtre le 15 août 1626. Parti de Manille, en 1632, avec les PP. Saitoet Goniki, jésuites, il finit par aborder avec eux en Satsouma, où il demeura jusqu'en mars 1633. Leur voyage avait duré cinq mois au lieu de vingt jours, avec des accidents sans nombre, et le P. Jacques avait vu ses cheveux blanchir dans cet intervalle. Quatre mois après son arrivée, il était dénoncé par son serviteur qui avait été mis à la torture, et arrêté le 4 juillet; on le retint à Omoura jusqu'au 14, et de là , il était transféré à Nangasaki où l'attendait la couronne du martyre.

Jacques des Saints, Portugais, né au Gap de Luna-Cascals, dans l'archidiocèse de Lisbonne, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis:)

Jean, fils du Vénérable Jean Nodéra , brûlé

vif pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.

Jean d'Omoura, Frère de l'Ordre de Saint-Dominique, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 10 septembre 1622, jour du Grand-Martyre.

Jean d'Ikenda, Tertiaire profès de l'Ordre de Saint-François, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 12 septembre 1622. Il avait été ermite.

Jean, tils du Vénérable Damien Indégoutchi, décapité dans File Nacaye, en Firando; le 5 mars 1624, à l'âge de neuf ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Jean, fils du Vénérable Michel Yamanda Fiyémon, décapité pour la foi, à Cotchi, en Firando, le 6 mars 1624, à l'âge de treize ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Jean, né à Todgi, en Boungo, fils du Vénérable Léon Misaki Chinyémon, massacré, pour la foi, à Ousouki, en Boungo, le 28 mai 1624, à l'âge de vingt ans.

Jean, lépreux, mort de faim etde misère, pour Jésus-Christ, dans la prison de Yédo, vers le mois de février 1627.

Jean, fils du Bienheureux Michel Kizayémon, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 17 août 1627, à l'âge de trois ans.

Jean, fils du Bienheureux Louis Madzouwo Soyémon, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 17 août 1627, à l'âge de trois ans.

Jean, frère du Vénérable Math ias Youyémon, décapité pour la foi, en Omoura, le 19 septembre

Jean, Gambô des Pères Jésuites, décapité pour la foi, en Omoura, le 13 mai 1628.

Jean, fils tout jeune du Vénérable Thomas, Thôte du Bienheureux Antoine de Saint-Bonaventure, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.

Jean (de Nangasaki) décapité pour la foi, à Nangasaki, le 10 septembre 1628.

Jean de Saint-Thomas, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 10 septembre 1628.

Jean, compagnon du Bienheureux Michel Nacachima, mort pour la foi, dévoré par l'eau sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, puis précipité dans l'abime, le 25 décembre 1628.

Jean, fils du Vénérable Antoine Magosouki, décapité pour la foi à Miyé (ou à Coyé), en Omoura, le 28 septembre 1630.

Jean, fils du Vénérable Simon Yofioyé, décapité pour la foi, à. Miyé, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de sept ans.

Jean, fils du Vénérable Jacques Nacachima Confioyé, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 novembre 1630, & l'âge de neuf ans.

Jean, serviteur du Vénérable Thomas Josazéyémon, submergé vivant dans les flots, pour la confession de la foi, à Cbiki, en Amacousa, le 12 février 1632.

Jean, hôte des Pères Melchior de Saint-Augustin et Martin de Saint-Nicolas, Augustins, décapité pour la foi àNangasaki, le 11 décembre

Jean, X., brûlé vif pour la foi à Nangasaki, le 15 août 1633, en même temps que le Vénérable Jean, Coréen.

Jean, Coréen, hôte du Vénérable Jacques de Sainte-Marie, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 15 août 1633.

Jean, Frère de l'Ordre de Saint- Augustin, Japonais, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, vers le 18 août 1633, il y avait été suspendu le 15.

Jean , Malabare, serviteur du Vénérable Do-

mioique Franco, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Jean, Malabare, serviteur à bord d'un vaisseau portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-huit ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Jean, Nayre du Malabar, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingtquatre ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Jean le Patanais, mort pour Jésus-Christ du supplice de la fosse, le 25 mars 1643 : il y avait été suspendu pendant huit jours, et durant une captivité de sept mois et demi, il avait enduré cent cinq fois le tourment de l'eau. (Voir V. Cape ce, Antoine.)

Jeanne, de la province d'Ijé, mère du V. Simon Takenda Gofioyé, crucifiée pour la foi, à Yachchiro, le 9 décembre 1603, à l'âge de cinquante-cinq ans, (Voir V. Simon Gofioyé.)

Jeanne, épouse du V. Adrien Tacafachi Mondo, brûlée vive pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613. (Voir V. Canyémon, Léon.)

Jeanne, lépreuse, décapitée pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627. (Voir B. Beltran.)

Jeanne, épouse du V. Louis Chimbioyé, brûlée vive pour la foi, à Omoura, le 29 juillet

Jeanne, vierge, née au Figen, décapitée pour la foi, à Nangasaki, le 26 juillet 1628.

Jeanne, de la Confrérie de la Courroie de Saint-Augustin, épouse du V. Jean Chindgiro, brûlée vive pour la foi, à Chitsou, en Omoura, le 28 septembre 1630.

Jembioyé, Paul, Tertiaire de Saint-Dominique, et probablement aussi de Saint-Augustin, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 mai 1628.

LES YÉNÉRABLE8 963

Jempo, Vincent, catéchiste des PP. Jésuites/ brûlé vif et à feu lent, pour la foi, à Fanghi, dans le Nangato, le 10 avril 1618.

J en y É mon, Louis Mazzouchima, d'Arima, décapité pour la foi, à A rima, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente-huit ans. (Voir V. Acafochi.)

Jényémon, Thomas Fanga, brûlé vif et à feu lent, pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (VoirV. Ounémé.)

Jébou, lépreux, décapité pour la foi, à Yédo, vers le 29 juin 1615.

Dans le courant d'avril 1615, on alla détruire la maison et l'oratoire des lépreux, situés & un mille et demi de Yédo. Les lépreux, au nombre d'environ cinquante, étaient sous la direction de l'un d'entre eux, de naissance assez distinguée. Ils furent tous faits prisonniers comme chrétiens, mais Jérôme seul fut combattu devant le juge, et l'on n'eut aucun souci des autres. Jérôme, admirable de vertu, s'était toujours estimé indigne de donner sa vie pour Jésus*

Christ. Conversant un jour avec un Père, il lui dit : « Je ne suis pas digne d'obtenir un bien si parfait. Avant tout, je suis un trop grand pécheur, et, de plus, la lèpre dont je suis atteint doit nécessairement me priver du martyre, car les gentils sont sujets au dégoût, et ils ne voudront pas infecter leur épée au contact de mon corps pourri. » Le Père le consola, disant que, si Dieu l'avait prédestiné pour le martyre, ni sa lèpre ni autre chose ne seraient un motif de le lui faire perdre, et que, s'il n'était pas martyr par l'épée, il lui suffirait de l'être de désir, et de continuer à vivre dans la grâce et dans la faveur de Dieu. Jérôme se sentit merveilleusement consolé par ces paroles.

Deux mois après, ayant été accusé de prosélytisme dans la prison, il reçut sa condamnation. Mais, afin de lui enlever la gloire du martyre, on avait inséré faussement dans la sentence que Jérôme était condamné pour avoir logé un incendiaire, lequel serait venu pour mettre le feu à la capitale. Jérôme fut décapité vers la fin de juin.

Jérôme, Louis, Portugais séculier, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 7 avril 1636. On avait trouvé sur lui la lettre qu'un prêtre de

Macao adressait à un personnage considérable du Japon, pour inviter ce dernier à recevoir le baptême.

Jérôme, Bengalais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt ans.

Jéroyémon, Léon, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.

Jifioyé, Mathias, hôte du B. Jacques de Carvalho, mort pour la foi, après avoir été plongé pendant trois heures dans un étang glacé, à Chendaï, le 18 février 1624. (Voir B. Jacques Carvalho.)

Jifioyé, Léon Tchiono, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Jimbioyé, Simon Tchicoutchi, brûlé vif pour la foi à Coubota, le 10 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)

Jinchiro, André Yaconsou, de Founaï, en Boungo, décapité pour la foi, à Àrima, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Acafochi.)

Jingo, Pierre Ariyé, de Noucayama, fils du V. Jean Ariyé Kiyémon, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)

Jinojo, Michel Sori, décapité pour la foi, à Goto, le 19 avril 1624, à l'âgeide soixante-douze ans. Il avait été baptisé dans son enfance à Wotchica.

Jinyémon, Gaspard, décapité pour la foi, à Sourounga, en 1624.

Jimzambouro, Mathias Araki, cruellement tourmenté, puis décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante-deux ans. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)

Jirobioyé, Jean Acachi, né à Tendgindgiama, en Bigen, décapité pour la foi, à Facata, capitale du Tchicougen, le t9 mars 1617, à l'âge de quarante ans.

Le 19 mars eut lieu à Facata, la capitale du Tchicougen, le martyre de Jean Acachi Jirobioyé, vaillant homme de guerre. Il s'était fait chrétien d'après les conseils de son parent, Jean Acachicamon, l'un des trois généraux du prince Findeyori, fils de Taïcosama, et avait reçu le baptême, à l'âge de vingt-trois ans, à Cocoura, en Bougon. Cainocami, prince du Tchicougen, dont il était un des officiers, le fit citer devant lui, et le somma d'apostasier. 11 demeura ferme, comme recueil au milieu des flots, et fut alors laissé libre. Sa femme Catherine l'encourageait dans sa constance. Cependant il multipliait ses prières, fréquentait les sacrements et secourait les chrétiens. En 1616, Couranodgio, lieutenant de Cainocami, écrivit à ce seigneur, qui se trouvait à Yédo, que Ton ne pouvait surmonter la résistance de Jean. Le prince répondit qu'il fallait l'obliger d'apostasier, ou lui faire trancher la tète Mais c'était l'époque du nouvel an japonais, où non seulement l'on n'exécute point de sentence capitale, mais où Ton ne prononce même pas le mot de mort, et où les bonzes qui

font l'office de porteurs de cadavres n'osent pas sortir de leurs demeures; et Ton dut surseoira l'exécution de Jean.

Ce ne fut que le deuxième jour de la lune, répondant au 19 mars, que le vaillant guerrier apprit sa condamnation. La nouvelle lui en fut donnée par un chrétien, son ami, appelé François Nacamoura Gongémon, lequel avait, à son grand péril, recueilli, pour les remettre aux missionnaires, plusieurs corps de martyrs, et qui se trouvait de passage au Cami. Jean fut ravi de joie et se déclara indigne d'un si grand bonheur. Catherine était présente : « Et moi> ditelle, ai-je aussi ma sentence? » Alors, s'écriant, elle dit à, son mari : « J'ai toujours craint de ne point partager votre heureux sort ; mes péchés en sont la cause : que la volonté de Dieu soit bénie! >» Elle se jeta aux pieds de Jean, lui demanda pardon de toute offense, et réclama son intercession auprès de Dieu. Jean, à son tour, lui demanda pardon. Puis il rentra dans son cabinet, et se disciplina pendant une demi-heure. Il alla ensuite à la rencontre du bourreau et le pria de rendre grâces au lieutenant du prince de ce que cet officier lui procurait la mort à titre de chrétien. Il prit son image de Jésus crucifié et son rosaire, les suspendit au mur, s'agenouilla, récita les litanies avec ferveur, et tendit son cou à Tépée. Sou intrépide épouse,

voyant rouler sa tête, la releva et la posa respectueusement sur sa propre tête, témoignant ainsi d'une façon virile et sensible que « l'homme est le chef de la femme ». François Nacamoura obtint secrètement le corps, et remit aux satellites un cercueil rempli de terre pour être enterré selon Tordre du prince. Les saintes reliques furent envoyées à Nangasaki.

Des miracles accompagnèrent et suivirent cette mort. Un peu auparavant l'on avait vu un globe de feu s'élever de terre devant la maison et monter vers le ciel. On vit aussi des étoiles planer au même lieu.

Quant à la vertueuse Catherine, elle fut dépouillée de tout, réduite à l'aumône, et laissée incessamment sous le coup de la sentence.

Jirobioyé, François, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1621.

Jiroyémon, Jean, décapité pour la foi, à l'Ile Nécayenochima, en Firando, le 8 juin 1622, à l'âge de quarante-sept ans. Il était né à Ikitsouki, d'une noble famille. Il avait refusé de boire le « Foù », breuvage idolàtrique, en signe d'apostasie, ce qui le fit condamner à mort. Il

s'y prépara par une longue discipline. Mis en barque pour aller à l'Ile Nécayénochima, il disait en approchant de File : « D'ici le ciel n'est plus très éloigné. » Ses reliques furent jetées à la mer.

Jiroyémon, Jacques CacouraI, fils du V. Jean Cacoural Couroyémon, brûlé vif pour la foi, à Coubotale 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)

Jirozayémon, Grégoire Acayawa, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Jirozayémon, Gaspard Couanto, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.

Jiyémon, Louis Goto, chef d'un village voisin d' A rima, décapité pour la foi, à A rima, le 23 novembre 1614, à l'âge de quarante-deux ans. Il était frère de Pierre Goto Chitchirozayémon. (Voir V. Acafochi.)

Jiyémon, Julien, mort pour la foi, après avoir

été plongé pendant trois heures dans les eaux glacées du fleuve, à Chendaï, le 18 février 1624. Au moment d'expirer, levant les yeux au ciel, il s'était écrié , comme s'il voyait une apparition : « Quel est ce Seigneur? » et, sur ces paroles, il avait rendu l'âme. (Voir B. Jacques de Carvalho.)

Jitémon, Simon, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.

Jitémon, Thomas, fils du V. Julien Chitchiyémon, décapité -pour la foi, à Foucafori, à deux lieues de Nangasaki, le 7 novembre 1628.

Jitémon, Lin Sacamoto, brûlé vif pour la foi, k Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.

Joachim (de Nocen), égorgé pour la foi, à Nocen, en Boungo, au mois d'août 1589.

Il y avait à Nocen un chrétien, nommé Joachim, qui avait dans sa maison un oratoire où les fidèles s'assemblaient pour faire leurs prières, et depuis le renvoi des missionnaires,

Joachim avait converti et baptisé plus de trente personnes. Yôchimoune, l'indigne fils et successeur de Civandono, en ayant été averti, ordonna qu'il fût mis à mort. Ceux qui avaient été chargés de le faire périr, le menèrent donc hors de la ville sous quelque autre prétexte, et l'ayant conduit dans une forêt, ils se jetèrent sur lui et regorgèrent. C'était quelques jours après le martyre du V. Joram Macama.

Joachim, d'Yourino-Chonaï, en Dewa, décapité pour la foi, à Mizzousawa, en Wôchou, le 6 novembre 1620 à l'âge de soixante-six ans.

Le vendredi 6 novembre 1620, à Mizzousawa, place du Wôchou, parles ordres de Tadgimadono, officier de Daigendono, lequel était le lieutenant du prince Massamoune, six chrétiens furent décapités : Joachim, qui avait été baptisé deux ans auparavant par le P. de Angelis, et sa femme Anne, deux chrétiens du nom de Thomas, et deux autres dont les noms sont demeurés inconnus.

Joachim, conduit à Chendaï, la métropole, qui se trouvait à trois journées de distance, y fut interrogé par le juge et futinébranlable. Dans cette ville, le P. de Angelis put le confesser . Ramené à Mizzousawa , il fut condamné d'abord à demeurer neuf jours sans

aliments, mais il reçut quelques secours furtifs, grâce à la charitable industrie des chrétiens. Conduit au supplice, il tressaillait de bonheur à la vue de ses chaines, saintes livrées qui l'assimilaient au Sauveur du monde. Sa femme, qui avait été baptisée avec lui, et sa digne émule de vertu, lui fut encore unie dans le martyre. Plus de cinq cents chrétiens les accompagnèrent 'au lieu de la mort, tous vêtus de soie, sans épée ni poignard, mais ayant des reliquaires suspendus au cou et des rosaires entre les mains, formés en procession régulière, et priant à, haute voix pendant toute la route. Joachim et Anne furent décapités, ainsi que les quatres autres. Leurs tètes furent exposées avec cette inscription : « Le mari et la femme, pour n'avoir pas voulu abjurer la foi de Jésus- Christ, ont été décapités le deuxième jour du mois. » Leurs corps purent être recueillis et furent ensevelis par les chrétiens.

Joàchim, de Terazawa, en Chembocou, mort de misère en prison pour l'amour de Jésus- Christ, vers le 13 juillet 1624, à Coubota, en Dewa.

Joachim, brûlé vif pour la foi, à Mogami, en Wôchou, le 10 janvier 1630.

Joàchim, Tertiaire profès de Saint-François, brûlé vif pour la foi, à Yanagatta, en Wôchou, le 10 janvier 1630, à l'âge de soixante-dix ans.

Jofioté, Jean Yenogoura, de Sanga, en Figen, hôte des PP. de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 29 octobre 1630. à l'âge de trente-six ans. Ses cendres furent jetées à la mer.

Josazéyémon, Thomas, mort pour la foi, ayant été submergé vivant dans les flots, à Chiki en Omoura, le 12 février 1632.

Joseph, né en Chine, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt ans.

Josobioyé, Joachim, deTamba, mort de misère et de souffrances, pour la foi, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 14 août 1619.

Jougouo, Jean, fils du V. Thomas Matsouyama, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Jourdain de Saint-Etienne, Prêtre de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, le 11 novembre 1634.

Il était né en Sicile et y avait pris l'habit dominicain. L'ambition du martyre lui fit demander de passer en Espagne, et il alla terminer ses études au couvent de Truxillo. Le roi ayant, en 1625, permis d'expédier à ses propres frais aux Philippines vingt religieux dominicains, le P. Jourdain, mettant son humilité sainte au service de son zèle , demanda d'être envové comme serviteur de ses frères. Il alla à pied de Truxillo à Séville, et de Mexico à Acapulco, et fut un modèle entre tous dans les deux voyages de mer. Aux Philippines , il fut employé dans le ministère des Chinois, dont il apprit la langue et les caractères. Il étudia aussi la langue des Indiens d« la Nouvelle-Ségovie et la langue japonaise. Il fut longtemps attaché à l'hôpital des pauvres Chinois. Mais en tout, il envisageait l'acheminement vers le Japon. Ses vœux les plus chers devaient être réalisés. Il fut

envoyé au Japon, où, après bien des accidents fâcheux, il aborda le 4 août 1632. La persécution ' rendait le saint ministère presque impossible, les poursuites contre les chrétiens et contre les religieux étaient incessantes, et Ton achetait au prix de mille taëls (ou mille ducats d'Espagne) la capture d'un missionnaire.

Ces difficultés n'arrêtèrent point le Vénérable Père dont le zèle sans bornes produisit les fruits les plus abondants de salut. Cependant sa santé s'altéra, et réputé malade à mourir, il dut revenir dans Nangasaki pour y recevoir des soins ; mais bientôt rétabli miraculeusement, il se remit à l'œuvre. 11 avait retrouvé à Nangasaki le P. Thomas de Saint-Hyacinthe. C'étaient les seuls de leur Ordre au Japon, et le P. Jourdain était le prélat des deux.

Les deux religieux se proposaient de se rendre en Omoura pour y célébrer la fête de saint Dominique. Mais les perquisitions rigoureuses faites pour découvrir le P. Michel de Saint- Joseph, Augustin japonais, les empêchèrent de s'y rendre et causèrent leur capture. On déplaçait pour ainsi dire, toutes les pierres de la contrée, afin de s'emparer des religieux. Les deux Pères fuirent de la ville et se cachèrent dans un lieu appelé Misougoura. Ce fut là qu'ils furent arrêtés, le 4 août 1634, fête de leur saint patriarche On les chargea de liens, on leur

passa un lacet au cou, et on les ramena vers la ville. Les juges leur demandèrent qui les avait introduits dans l'empire. Le P. Jourdain répondit que c'était Dieu lui-même. Et au sujet de leur résidence, il ajouta que sur cette terre les missionnaires n'avaient pas de demeure permanente, et n'avaient en vue que la patrie du ciel. On les renvoya dans la prison, les séparant des autres chrétiens, afin qu'ils ne pussent les instruire et les encourager, et afin que les faibles tombassent.

Leur prison ressemblait aune cage, et était formée de gros pieux plantés en ligne, sur huit brasses de côté, sans division aucune, afin que les prisonniers fussent toujours en vue. La nourriture était suffisaute à peine pour ne pas mourir: un peu de riz, quelques raves salées, et très rarement une sardine à demi pourrie. Le lieu ne permettait pas de célébrer la messe, et les gardiens, d'ailleurs, ne l'eussent point souffert. Mais le Seigneur suppléait aux saints exercices et à la réception des sacrements, et imputait aux prisonniers, comme œuvres saintes, leurs ardents désirs ; en effet, jamais la malice des hommes n'a vaincu la bonté divine.

Les deux religieux demeurèrent dans leur prison quatre mois et sept jours. Pendant cet espace, ils eurent à subir de nombreux interrogatoires. Au premier, on essaya de les séduire,

et on leur fit des offres magnifiques. Puis on fit comparaître de malheureux apostats, anciens interprètes des Portugais, et on jeta par terre une image de Notre-Dame, en leur enjoignant de la fouler aux pieds. Ils allaient obéir quand le P. Jourdain, malgré ses liens, se prosterna sur la sainte image et la couvrit de ses baisers, en s' écriant : « Foulez-moi aux pieds, mais respectez l'image. » Son compagnon voulait l'imiter, mais on les éloigna violemment et on les accabla de coups.

À la deuxième fois, on les menaça de les faire bouillir dans l'huile ou rôtir sur le gril. On fit même préparer des grils. Cependant on les soumit au tourment de l'eau, et l'on fit avaler au P. Jourdain soixante seaux, à de nombreuses reprises, et un peu moins au P. Thomas. On les reconduisit à demi morts dans la prison, afin de leur donner du repos, en vue de tourments plus cruels encore.

A la troisième épreuve, on leur fit pénétrer sous les ongles des bambous aigus et durcis au feu, leur battant les mains à terre pour faire pénétrer les pointes. Puis on leur transperça les parties naturelles avec d'autres bambous. Les saints martyrs éprouvaient une pudeur infinie, et plus vive que la douleur. On les renvoya dans la prison, où les chrétiens accoururent tout éplorés, demandant à leur baiser les mains.

Mais les confesseurs s'appliquaient à refuser ces mains sanctifiées et les cachaient sous leur scapulaire.

Enfin le samedi, 11 novembre, on fit sortir de la prison soixante-neuf personnes, destinées ù être décapitées ou brûlées vives, à l'exception des deux religieux, réservés à la fosse, comme plus criminels. Les deux Pères précédaient à cheval, les mains liées derrière le dos et la hart au cou. La banderole de la sentence dépassait leurs épaules, et des crieurs proclamaient la même sentence. Les juges avaient voulu présider à l'exécution, en raison de la qualité des missionnaires et du nombre de leurs compagnons. A la Sainte-Montagne, une estacade environnait le lieu du martyre ; les épées et les tables, les amas de bois, les potences et les fosses, tout était préparé ; un concours de peuple immense environnait l'enceinte. On immola par le fer un grand nombre de victimes, et on mit le feu aux bûchers. Bientôt on renversa les deux prêtres sur le sol; puis on les lia fortement, et on les suspendit par les pieds ; ensuite on les plongea dans la fosse, et l'on chargea les tables avec de grosses pierres. Les deux Pères vécurent dans ce supplice, sans prendre aucun aliment, le P. Jourdain pendant sept jours, et le P. Thomas quelques heures de moins.

Jouyémon Adrien OcouMNURA,d'Arima, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente et un ans. (Voir V. Acafochi.)

Jozayémon, Simon Oia, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624 .

Jules, naturel d'Omi, ancien catéchiste des Pères Jésuites, noyé vivant pour la foi, après avoir été combattu pendant quatre mois, près de Tlle de Chiki, le 29 novembre 1629, à l'âge de quatre-vingt-deux ans. On lui avait attaché de grosses pierres au cou .

Julie, épouse du V. Mancie Yochino Sayémoné, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629.

Julien (ou Jean), fils du V. Juste Nacamoura, décapité pour la foi, à Gocoura, le 25 février 1618, à l'âge de quinze ans.

Julien (ou François), fils du V. Louis Gonyémon, décapité pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de sept ans.

Justà, mère du V. Pierre Ara souki, décapitée pour la foi, à Omoura, le 9 octobre 1621 , à 1 âge de quarante-six ans. (Voir V. Arasouki.)

Justa, fille du Y. Michel Amagasou Tayémon, encore dans l'âge d'innocence, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné, Louis.)

Juste, fils du V. MathiasChocouron, décapité pour la foi, en Arima, le 28 janvier 1613, & l'âge de onze ans. (Voir V. Ghocouron.)

Kendo, Joaghim (ou Michel), mort pour la foi, sous les effusions de l'eau sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 25 décembre 1628. Son corps, tombant en dissolution, fut ensuite précipité dans le gouffre, (Voir Bt Nacachima.)

282 Lï MARTYROLOGE PU JAPON

Kibioté, Michel, Frère de l'Ordre de Saint-Dominique, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, vers le 18 août 1633 : il y avait été suspendu le 15. (Voir V. Gracia (François de).

Kidéra, Jean, de Firando, Frère delà Compagnie de Jésus, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Chimabara, le 29 août 1633 : il y était demeuré quarante-huit heures.

Kifey, Christophe, transpercée d'une lance pour la foi, àChato, près Nangasaki, le 28 septembre 1630, à Page de quinze ans.

Kiiro, Louis, d'Ikiriki, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Ikiriki, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.

Kimoura, Paul, hôte des Pères Jésuites, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Fanghi, dans le Nangato, le 10 avril 1618.

KiMonu, Michel, mort en croix pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.

Kinosouké, Barthelémi, mort pour la foi, à Ariye, le 20 septembre 1630, après avoir eu le cou scié en plusieurs jours avec la scie de bambou. Il était père du V. Thomas Kibioyé.

KrasouKÉy Thomas, décapité pour la foi, à Nacatsou, le 28 février 1618.

KinzaImon, Pierre Ichida, fils du V. Michel Ichida, torturé, puis décapité pour la foi, h Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à Tape de vingt-neuf ans. (VoirV. Chinyémon, Matthieu.)

Kinzayémon, Paul, décapité pour la foi, en Goto, au mois d'avril 1624.

Kiouca, Michel, massacré pour la foi, à Nnngasaki, le 6 septembre 1627.

Kiouchitcbi, X., brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Kioudayou, Bon aventure, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Kioupatchi, Pierre Gabacrima, duTchicoungo, mis à mort pour la foi, à Cotchinotsou, le 23 novembre 1614, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)

Kioufatchi, Paul Kiza, précipité pour la foi dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, à l'âge de soixante-quatorze ans. (Voir V. Soukeyémon, Louis.)

Kiouwàn, Pierre, d'Oumémoto, en Kinocouni, décapité pour la foi, à Àrima, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante-huit ans.

Kiouwan était un ancien bonze, converti

dans la maison de l'amiral Augustin Tsoucaroi-

don g, et devenu plein d'ardeur pour convertir ses anciens confrères et enseigner les chrétiens. 11 avait été chargé par un missionnaire du soin de plusieurs églises. Dépouillé de ses biens et exilé, il était allé avec sa femme et ses enfants à Nangasaki. Les gouverneurs de la province le chassèrent. La femme de Pierre eut alors une vision d'une dame pleine de majesté et environnée de nombreux enfants; celle-ci lui montra le chemin d'Arima et lui dit : « Voici la bonne voie pour vous. » Pierre alla se présenter aux juges, et leur dit : « Je n'ai plus de propriétés & perdre, car on m'a tout ôté ; j'offre seulement à Dieu ce qui m'est resté, ma femme et mes enfants; et du s se -je attendre longtemps encore avant de mourir pour l'amour de Dieu, ce sera dorénavant mon seul but, et je ne détournerai plus mes regards vers les demeures de la terre. » A la fin de l'interrogatoire, il ajouta : « Je ne saurais renier mon Dieu, qui est ici présent et qui m'aide à souffrir avec tant de joie. » En allant au supplice, il ne cessait de rendre gloire à Dieu. A la même heure, ses petits enfants jouaient ensemble. L'alné, âgé de huit ans, se prit à pleurer; l'autre, de deux ans, suspendu au cou de sa mère, dit joyeusement à celle-ci : « Mon père est allé au ciel. » (Voir V. Acafochi.)

Kiouzayémon, Jean Tacaya, du Yamato, Catéchiste du P. Alfonse de Mena, Dominicain, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614. (Voir V. Acafochi.)

Kiouzo, Paul, de Foucaye, fils du V. Léon Nacaymé Socan, précipité pour la foi dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont- Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.

Kirocou, Michel (ou Acoubioyé), massacre pour la foi, à Omangari, près d'Omoura, le 7 octobre 1621, à l'âge de cinquante-sept ans. Il était domicilié à Nangaye, en Omoura, il avait été baptisé à l'âge de quinze ans. Il était Thôte des PP. Jésuites. Il refusa de se défendre contre les satellites et fut massacré par surprise. Son corps fut taillé en pièces.

Kisacou, X., décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.

Kitano, Louis, hôte du V. P. Louis Gomez, Franciscain, décapité pour la foi, enOmoura, le 26 juillet 1618.

Kitaro, Louis, fils du V. Mathias Rocoubioye, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1624.

Kitchiro, Louis, du village d'Ikiriki, Frère de l'Ordre de Saint- Augustin, mis à mort pour la foi, à Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de trente-quatre ans.

Kitchiyémom, Mathias, magistrat d'Ariye, mort pour la foi, à Ariye le 20 septembre 1630, après avoir eu le cou scié en plusieurs jours avec une scie de bambou.

Kitchizatémon, Raphaël, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Ange lis.)

Km, André Tsouda, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.

KiYÉMON, Thomas, décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613.

Kiyémon, Pierre, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Kiyémon, Thomas, décapité pour la foi, & Cocoura, le 1er décembre 1624. Il était de noble naissance et avait servi plusieurs princes; il vivait exilé à Coconra. Dénoncé comme étant chrétien par les parents de sa femme idolâtre, il fut vivement sollicité par les juges, mais en en vain, de renier la foi. Ceux-ci en référèrent au prince qui était alors absent. Après quatre mois, arriva la réponse, ordonnant de mettre Thomas à mort. Il fut décapité le 1er décembre 1624, parles ordres de Yetsoundono Fosocawa, tyran contre sa conscience et par intérêt politique.

Kiyémon, Jean Ariye, de Noucayama, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonezawa, le 12 janvier 1625. (Voir V. Candide.)

Kiyémon, Jean Vomori, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Kiyémon, Ignace, hôte des missionnaires , brûlé vif pour la foi, à Ghimabara, le 27 août

Kizabouro, X., brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)

Kizaki, Jean, de Foucaye, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627.

Kizatémon, Léon Kita, massacré pour la foi, à Arima, le 22 août 1612, à l'âge de cinquante

ans.

Vers la fin de juillet 1612, Arimandono, pour obéir à l'impie Safioyé, gouverneur de Nangasaki, s'attaqua à Léon Kita Kizayémon, d'Arima. Léon était né à Tchindgiwa, bourg à trois lieues d' Arima, et issu de noble famille. Baptisé dans son enfance, il profita grandement

de la présence des missionnaires, à l'époque où leur collège se trouva transféré du Boungo à Tchindgiwa, c'est-à-dire en 1588. Il était plein de zèle, et quoique sévère d'apparence, il était plein de miséricorde envers les pauvres, et s'employait aussi à ensevelir les morts. Léon, connaissant les dispositions d'Arimandono, résolut d'aller au-devant de l'épreuve, et fit dire au prince qu'il était prêt à le servir, mais qu'il demandait à vivre en chrétien ; après cette protestation, il se tint prêt à mourir, et redoubla de ferveur. En même temps, il allait de tous côtés, encourageant ses frères, et semblait devenu prédicateur plutôt que soldat. Il déposa même son sabre, afin d'éviter la tentation de se défendre, au cas où il serait attaqué par des satellites. Un chrétien étant mort et ses voisins n'osant l'ensevelir, à cause des défenses du prince apostat, Léon alla lui rendre ce dernier devoir, et récita les prières de la sépulture. Il visitait les confesseurs dispersés dans les bois, et voulait aussi consoler les exilés du Fingo, et leur porter une somme d'argent reçue d'un de ses amis enrichi à Siam. Huit jours avant sa propre mort, il alla se confesser à un Père qui résidait à Canayama, ville des Etats d'Arimandono.

Au moment où l'on exerçait l'enquête la plus rigoureuse sur les chrétiens, il allait à Arima

avec le chapelet au cou, et avait cessé de faire son service au palais, attendant l'issue de sa demande.

Gamon, l'oncle du prince, le fit appeler. Léon lui reprocha son apostasie, après l'éducation que ce personnage avait reçue par les soins du P. Provincial Gaspard Coelho. Camon, exaspéré, lui répondit : « Cessez ces discours de traître, car, si le prince doit aller en enfer, j'ai résolu de l'y accompagner. » JLéon lui répondit que le devoir du vassal ne dépassait pas le terme de la vie, car aucun prince n'a de juridiction dans l'autre monde. Les commissaires Gonzayémon et Yamato le combattirent de même, et toujours sans succès. Yamato l'accusa formellement auprès du prince, et ce dernier se décida à sacrifier Léon.

Le matin de l'octave de l'Assomption (22 août), Léon, s'attendant à être cité devant Arimandono, ceignit de nouveau son sabre, prêt aie déposer s'il était attaqué ; en effet, cette vraie brebis du Seigneur avait un plus vif désir de donner sa vie pour Dieu, que les commissaires, ces loups infernaux, de la lui ravir.

Le gouverneur Itchiroyémon reçut l'ordre d'exécuter la sentence par voie de surprise, et désigna pour cet office deux gentilshommes, amis de Léon, Jambourobioyé etKimpatchi. Us l'appelèrent à la forteresse de la part du prince *

et dans le chemin, l'un d'eux , le tirant à part, lui dit : « Veillez & votre salut. » — « J'ai donné la mort à beaucoup d'ennemis dans la guerre de Corée et ailleurs, dit Léon, mais aujourd'hui je connais que tout est vanité, si ce n'est le salut éternel. » Plus loin, dans un passage étroit, on le fit passer en avant, et l'un des officiers lui déchargea sur l'épaule, du côté droit, un coup terrible qui partagea le corps jusqu'à la poitrine. Léon dit : « Jésus, Jésus! »et, avec la main gauche, détacha son sabre et le jeta loin de lui ; puis, essayant de faire le signe de la croix avec la même main, il tomba raide mort. Il était âgé de cinquante ans.

Les chrétiens accoururent pour recevoir son corps et recueillir ses reliques. Tocouyen, oncle d'Arimandono et un autre seigneur, tous deux excellentschrétiens,rensevelirentpourquelques heures, dans un cimetière voisin de la citadelle; on le retira dans la nuit pour le transporter à Nangasaki. Le P. Provincial lui fit donner la sépulture dans la maison de Tous-les-Saints, sans aucun appareil .

Kizayêmqn, Joachim (ou Gonzayémon), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613. (Voir B. Franco.)

Kizo, Louis, de Foucaye, fils du V. Denis Saiki Tenca, précipité, pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont- Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouycmon, Paul.)

Kizouké, Dominique, égorgé, pour la foi, en Omoura, le 22 septembre 1627.

Lazare, né en Chine, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de dix-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Leitao, François, né en Chine, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)

Léon, fils d'un hôte des missionnaires, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki; le 25 novembre 1618, à l'âge de dix ans.

Léon, fils du V. Jacques Nacachima Coufioyé, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 novembre 1630. Il n'avait encore qu'un an.

Lin, fils du V. Gabriel Itchinoché Chinchiro, décapité pour la foi, à Cotchidomari, le 3 mars 1624, à l'âge de vingt et un ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)

Louis, fils du V. Jean Minami Gorozayémon, né dans le Yamachiro, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 9 décembre 1603, à l'âge de sept ans. (Voir V. Gofioyé, Simon.)

Louis, Japonais, lépreux, décapité pour la foi, à Yédo, le 4 février 1617. 11 fut arrêté le 4 avril 1615, à Yédo, avec le P. Jacques de Saint-François, et jeté dans la prison où il devait rester près de deux années. Il avait été le Catéchiste des Pères Jésuites, avant d'être celui des Pères Franciscains. Con/lamné par Cambioyé, il fut attaché,* promené honteusement et décapité.

Son corps fut mis en pièces pour éprouver les épées. Ses reliques furent recueillies.

Louis, Japonais, décapité pour la foi, à Fi rando, le 15 septembre 1622.

Louis, Japonais, décapité pour la foi, près de Tokitsou, en Firando, dans un village des montagnes, le 15 septembre 1622.

Louis, serviteur du V. André Itchiyémon, décapité pour la foi, à Chendaï, le 12 février 1624, après avoir été torturé par le feu.

Louis, né à Cangami, près Yachchiro, serviteur du V. Louis Rocouyémon, décapité pour la foi, dans l'Ile Oyano, le 7 octobre 1624, à 1 âge de dix-huit ans

Louis* Japonais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 10 septembre 1628, le môme jourque le B. Jacques Fayachida.

Louis, fils du V. Antoine Magosouké, décapité pour la foi, à Miye (ou à Coyé), en Omoura, le 28 septembre 1630.

Louis, fils du Y. BarthelémiNacamoura, décapité pour la foi, à Goumamoto, le 8 août 1632.

Louis, Japonais, Frère de la Compagnie de Jésus, compagnon du V. Jean de Costa, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, après y avoir été suspendu pendant six jours, à Nangasaki, le 10 octobre 1633.

Louise, épouse du V. Thomas, l'hôte du B. Antoine de Saint-Bonaventure, décapitée pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.

Luc, né à Yénoura, fils du V. Jean Tacouchiraa Fiyé, décapité pour la foi, enFirando, le 18 août 1624.

Lucas, lépreux, hôte des confesseurs de la foi, décapité pour Jésus-Christ, à Sourounga, le 24 novembre 1615.

Lucas du Saint-Esprit, Prêtre de l'Ordre du Frères-Prêcheurs, né en Espagne en 1594, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, après y avoir été suspendu pendant neuf jours, à Nangasaki, le 27 octobre 1633. Voici la lettre qu'il écrivait deux jours avant d'être mis dans la fosse :

« Pour moi, depuis le mois de février, j'ai parcouru les contrées les plus éloignées du Japon, de rOricnt, pour ainsi dire, au Couchant, à savoir : Izzoumo, Inaba, Mimasaca, Tajima, Yetchou, Noto, Yetchingo et même Wôchou, et quoique voyageant au temps des moissons et parmi de nombreux passagers, je n'ai jamais été reconnu.

« Le 14 août, j'étais près de Méaco, et le lendemain à Méaco même ; je suis allé de là à Bosowa, où je suis demeuré jusqu'au 6 septembre, époque où Ton nous avertit que l'on venait pour nous prendre. Je sortis de la maison en plein jour avec deux serviteurs, et j'allai dans un e bourg. Peu <J$ temps après, survint dans

la même maison un Père de la Compagnie, appelé Antoine de Sousa. Voyant qu'il était impossible de nous échapper, parce que Ton saisissait et torturait les chrétiens, afin qu'ils nous découvrissent, nous résolûmes de ne pas nous séparer, et, cherchant une embarcation, nous y entrâmes, et nous nous tînmes au milieu d'Ozacca jusque vers le midi, le jeudi, jour de la Nativité de Notre-Dame, où les satellites vinrent nous prendre avec quelques serviteurs que nous voulions renvoyer, mais qui n'avaient pas voulu s'éloigner; car, instruits par l' Esprit-Saint, ils préféraient mourir librement et spontanément pour Jésus-Christ plutôt que de vivre dans un monde sujet à tant de misères, en présence des épreuves et des persécutions endurées parleurs compatriotes, et par les saints que chaque jour ils voyaient mettre en pièces et réduire en cendres. L'un des miens se nomme Dominique Cacosouke; c'est un ancien serviteur de l'Ordre; et l'autre, Matthieu Cofioyé, âgé de dix-huit ans, est à mon service depuis un an à peine. Je l'avais laissé pour entreprendre mes lointains voyages; mais aussitôt que je fus revenu à Méaco, il se mit à ma recherche, et voulut rester avec moi. Je lui ai donné l'habit de l'Ordre, sous le nom de frère Matthieu du Rosaire.

Après mon arrestation, je revêtis un habit de coton, que je tenais préparé d'avance, et quand

on me lia, je me mis à genoux, bien qu'il plût alors et qu'il y eût beaucoup de boue. On attacha l'autre Père ainsi que moi, légèrement par le cou et les poignets, et les serviteurs avec plus de rigueur ; puis on nous emmena. Dans le trajet, mon compagnon parlait aux gardes, et je chantais le « Te Deum ». On nous conduisit à une maison où l'on nous détacha, nous les deux religieux, mais non les serviteurs. Sur le chemin, un chrétien se présenta, disant qu'il était le frère de mon serviteur, et qu'il était chrétien. On le saisit, et il demeura comme étant mon serviteur, sans l'être en effet : tel est le désir du martyre parmi les fidèles, quand ils voient les religieux souffrir.

«... Les gardes nous dirent que nous n'étions pas coupables, et que si ce n'était point défendu par l'empereur, eux-mêmes se feraient chrétiens. Trois Bounghios et juges, les chefs de ceux qui nous avaient pris, soupèrent avec nous.

A la nuit, on nous attacha de nouveau, et l'on nous conduisit dans des barques jusqu'à la prison. Nous avions les pieds souillés de boue, pour avoir traversé à pied une ou deux rues ; on nous apporta de l'eau, et l'on voulut nous laver les pieds. Mais je pris les devants, et je lavai les pieds de mon compagnon et les baisai. Les Bounghios nous en demandèrent le motif,

et nous leur dîmes, leur expliquant comment le Seigneur, ayant lavé les pieds de ses disciples, leur commanda, et à nous-mêmes, de suivre son exemple, en nous lavant humblement les pieds les uns des autres : ils trouvèrent cette leçon très belle.

«... Le jour de la Sainte-Croix, on nous tourmenta, avec d'autres, par le supplice de l'eau, d'abord le P. Sousa, puis moi-même. Et après la torture, comme je demeurais tremblant de froid, on me plaça au soleil, et on me fit avaler de l'eau chaude et salée, pour me faire vomir. Les Bounghios versaient des larmes, et un vieux geôlier s'indigna contre les chrétiens, parce qu'ils ne dénonçaient pas Rocousayémon (le P. Thomas de Saint-Hyacinthe) ; mais je les engageais à demeurer fermes.

« ... Le 2 octobre, on nous envoya, par ordre de l'empereur, d'Ozacca à Nangasaki, puis à Fiobo, et en traversant un très grand nombre de villages. Nous prêchions et chantions pendant tout le chemin, et depuis vingt ans, la foi n'avait pas été annoncée aussi publiquement aux Japonais infidèles. Tous ceux-ci rendaient hommage à notre loi, et publiaient que nous n'étions pas coupables, et qu'en mourant nous allions devenir Fotoques, c'est-à-dire Dieux ou Saints. De Cocoura, nous passâmes en Bougen, Tchicougen, Figen et Isafaï, et le

24 septembre, nous fûmes de retour à Nangasaki.

«... On nous mit alors dans une prison neuve, où se trouvaient déjà trois Pères de la Compagnie, Christophe Ferreira, Jean Matthieu (Adami), et Julien (Nacaura), Japonais : d'autres religieux en étaient sortis les jours précédents pour aller au martyre.

« ... Si je meurs le jour de saint Luc, il y aura trente-neuf ans que je suis né, et en 1610, j'ai pris l'habit, le lundi de la Pentecôte, à Saint- Dominique de Benavente ; l'année suivante, le jour du Saint-Sacrement, j'ai fait profession ; je suis allé étudier à Trianos, et de là à Valladolid, d'où je suis parti le jour de saint Marc 1617 pour les Philippines. J'ai été ordonné prêtre la même année, le premier dimanche de l'Avent, à Saint-Hyacinthe de Mexico; j'ai été ministre à la Nouvelle-Ségovie, et je suis venu à Manille même, et enfin, en 1623, au Japon où j'ai demeuré jusqu'à cette heure.

« Le 16 octobre 1633, en la prison de Nangasaki.

« Frère Lucas du Saint-Esprit, ministre indigne dt l'Ordre des Frères-Prêcheurs. »

Lucie, décapitée pour la foi, à Ozacca, en

LES TfccÉEAUS 303

Lucie, fille de la Y. Mencia d'Omi. brûlée vive pour la foi à Méaco, le 7 octobre 1619. à l'âge de trois ans. «Voir Y. Tchiousacou.)

Lucie, épouse du V. Jérôme Sirocou, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir. V. Tchiousacou. )

Lucie, fille du V. Jean Fachimoto Tafioyé, brûlée vive pour la foi, à Méaco le 7 octobre 1619, à l'âge de trois ans. (Voir V. Tchiousacou. )

Lucie, d'Owari, épouse du V. Thomas Toyémon, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)

Lucie, épouse du V. Organtino Tanchou, brûlée vive pour la foi, à Founaï, en Boungo, le 1er septembre 1624. Elle était sexagénaire. (Voir V. Tanchou.)

Lucie, épouse du V. Alexis Sato Cheisouké, décapitée pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629. Elle était enceinte. (VoirV. Candide.)

Lucie, fille du V. Vincent Courougane Itchibioyé, décapitée pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629. Elle était encore dans l'âge d'innocence. (Voir V. Yemoné, Louis.)

Lucie, fille du V. Timothée Vobasava Firobioyé, décapitée pour la foi> à Yonezawa, le 12 janvier 1629 (Voir V. Yemoné, Louis.)

Lucie, de Noucayama, épouse du V. Ignace Inda Soyémoné, décapitée pour la foi, à Noucayama, à une lieue d'Yonézawa, le 12 janvier 1629. (VoirV. Candide.)

Lucie, épouse du V. Joachim (de Mogami), brûlée vive pour la foi, à Mogami, en Wôchou, le 10 janvier 1630.

LU TXXÎ2i&M25 ^l

Lxol. épouse ci V. Nb^ fefiv* CLeîn. orne pour la f«>;. dkxts m éta£if rla^é. à Yt*io, le 24 janvier 16J0.

Ixœ, de F«>u*aye. m >rte p:»TU la f »i. à Ariye. le 20 septembre 1630. après av.>ir eu le cou scié en plusieurs j^urs par lu seie de bambou. {Voir Y. Chouzayém« :n. Mancio.

Ixas, épouse du Y. Dominique Moucaymango Sabouro, brûlée vire pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.

Macama. Jobjlm. officier japonais, décapité pour la foi, au Boungo, le 27 juillet 1589 : c'était dans la ville de Founal. Il y avait, en 1589, à Founal, capitale du Boungo, un sage vieillard, nommé Joram Macama. 11 était né à Tacata, ville de cette province, et de brave soldat qu'il s'était montré en bien des rencontres, il avait embrassé la foi, grâce au zèle et aux exhortations du pieux Civandono, prince de Boungo. Il avait depuis converti toute sa famille, et dans l'absence des missionnaires que l'indigne Yôclri-

m ou ne, fils de Civandono, avait chassé de ses domaines, il baptisait les enfants, visitait les malades, enterrait les morts et passait une grande partie de la nuit à instruire les païens et à consoler les chrétiens. L'apostat Yôchimoune, ayant appris ce qui se passait, donna ordre à trois de ses officiers de le faire mourir. Ces officiers partirent aussitôt pour Founaï, et comme ils appréhendaient la valeur de Joram, qui s'était signalé tant de fois dans les combats, ils emmenèrent avec eux une compagnie de cent soldats. Ayant appris le jour où ils devaient arriver, Joram envoya dans un autre quartier de la ville, sa femme et ses enfants, sans leur dire le motif de sa conduite, et une ois seul dans sa maison, il ne songea plus qu'à se préparer à mourir. 11 ne voulut pas même garder son épée, avec laquelle il avait fait de si belles actions, afin qu'on ne s'imaginât pas qu'il avait l'intention de se défendre. La nuit, où l'on devait venir pour lui arracher la vie, il demeura en prières devant uji crucifix. Vers minuit, les soldats arrivèrent et s'approchèrent sans bruit de la salle où se trouvait le vieillard, pour voir s'il n'était point là, tout en armes avec ses amis, comme font les braves au Japon, en pareille circonstance; mais n'entendant rien, ils enfoncèrent la porte en criant que Joram avait pris la fuite. Mais le saint vieillard alla aussitôt

au-devant d'eux, en leur disant qu'il les attendait : il était revêtu du surplis qu'il portait lorsqu'il enterrait les morts ; il avait en outre son chapelet au cou et une croix en main. Grand fut l'étonnement des satellites de le voir se présenter en cet état, mais leur étonnement fut plus grand encore lorsqu'ils le virent s'agenouiller pour remercier Dieu de la grâce qu'il lui faisait de verser son sang pour sa gloire, et bien plus les remercier eux-mêmes du bonheur qu'ils allaient lui procurer. Alors le saint vieillard récita la formule de confession générale, et quand il eut frappé par trois fois sa poitrine, il présenta le cou aux bourreaux, en prononçant les noms sacrés de Jésus et de Marie, et au troisième coup de sabre, sa tête tomba : c'était le 27 jour de juillet de Tan 1589. Lé martyr avait alors soixante-dix ans.

Machimourà, Pierre, noble, décapité pour la foi, à FangHi, en Nangato, le 13 avril 1618.

Magouzâ, Jean, submergé vivant dans les flots, pour l'amour de Jésus-Christ, à Firando, le 12 février 1632.

Madeleine, née dans le Tsounocouni, épouse du V. Jean Minami Gorozayémon, crucifiée pour la foi, & Yachchiro, le 9 décembre 1603, à l'âge de trente-trois ans. (Voir V. Gofioyé, Simon.)

Madeleine, fille du V. Léon Fayachida Soukéyémon, brûlée vive pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613, & l'âge de dix-huit à vingt ans. (Voir V. Canyémon, Léon.)

Madeleine, fille d'un hôte des missionnaires, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618, à l'âge de quatre ans.

Madeleine, Japonaise, reléguée dans l'Ile Fatchidgio, y fut convertie à la foi, par Julie, compagne de son exil; mais celle-ci ne connaissant pas la forme du baptême, Madeleine en reçut seulement son nom de chrétienne; mais une sainte mort scella pour elle le baptême de désir. Persécutée pour la chasteté, Madeleine eut le nez et les oreilles coupés, et peu après, elle fut décapitée ; c'était vers Tan 1619.

Madelehe, d'Owari, brûlée vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. - Voir V. Tchiousa-

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