COQ
Madeleine, épouse du V. Jean Tchiousacou, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre
Madeleine, fille du Y. Damien Indégoutchi, décapitée pour la foi, dans File Nacaye, en Firando, le 5 mars 1624, à l'âge de treize ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)
Madeleine, fille du V. Michel Yamada Fiyémon, décapitée pour la foi, à Gotchi, en Fi rando, le 6 mars 1624. Elle n'avait encore que deux ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)
Madeleine, épouse du V. Jacques Sasatchi Sansouké, brûlée vive pour la foi, & Coubota, le 18 juillet 1624.
Madeleine, épouse du V. Jacques Motchizzoutchi Couzayémon, décapitée pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Madeleine, épouse du V. Jean Oumal Rocouzayémon, de férazawa, en Ghembocou, décapitée pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.
Madeleine, décapitée pour la foi, à Morioca, dans le Nambou, le 18 décembre 1624, à l'âge de cinquante ans.
Le 18 décembre, à Morioca, Mathias et un autre chrétien, dont le nom est demeuré inconnu, et une femme nommée Madeleine, furent mis à mort. Madeleine avait cinquante ans. L'ayant fait étendre à plat ventre, on lui coupa, à quatre reprises, des morceaux de chair. La trouvant invincible, on finit par lui trancher la tête. On présenta les débris de son corps en pâture à un tigre qui les respecta.
Madeleine, lépreuse, morte de faim et de misère, pour l'amour de Jésus-Christ, dans la prison de Yédo* vers le mois de février. 1627.
Madeleine, épouse du V. Vincent Soughi Fatcliirozayémon, submergée vivante dans les flots, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'âge de cinquante-sept ans. On lui avait coupé auparavant tous les doigts des mains. (Voir Sacouyémon, Paul.)
Madeleine, épouse du V. Léonard Matzouda Denzo, submergée vivante dans les flots, pour la confession de la foi, à Chimabara, le 26 mars
Au mois de mars 1627, Bougoundono, seigneur d'Arima, se souvenant des femmes chrétiennes, négligées dans les précédentes enquêtes, voulut les combattre à leur tour. Madeleine, d'Ariye, fut mise en prison, dix femmes d'Arima et d'Ariye furent exposées nues, des jeunes tilles furent plongées dans des eaux glacées. Toutes persistèrent, et furent renvoyées libres. Mais la vertueuse Madeleine, qui, bien loin de vouloir signer, avait jeté le livre où se trouvait inscrit le nom de Bougoundono (grande irrévérence au point de vue japonais), fut retenue seule.
Le 21 mars, on la conduisit dans la prison où se trouvait déjà son mari, Léonard Matzouda
Denzo. Le gouverneur Sancourodono la soumit & mille épreuves, et finit par la faire conduire au bord de la mer, le vendredi 26 mars. Madeleine, ayant refusé de se jeter elle-même, fut plongée à plusieurs reprises; après la quatrième, elle put encore commencer le Laudate Dominum, omnes gentes, et, rejetée avec une pierre énorme, elle expira dans les flots.
Madeleine, épouse du V. Louis Soca, morte pour la foi, au Mont-Oungen, après avoir été, pendant six heures, arrosée tour à tour d'eau bouillante et d'eau froide, le 17 mai 1627, à l'âge de soixante-huit ans. Son corps fut précipité dans l'abîme. (Voir. V. Soukéyémon, Louis.)
Madeleine, épouse du V. Thomas Gonza, brûlée vive pour la foi, en Omoura, le 29 juillet 1627.
Madeleine, épouse du V. Simon KiotaSanchitchi, Tertiaire de Saint- Dominique, décapitée pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628. Elle avait prononcé entre les mains du V. Père Castellet, les trois vœux de pauvreté, chasteté et obéissance.
Madeleine, épouse du V. X. Chitchizayémon, décapitée pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)
Madeleine, épouse du V. Jean Kiyémon, décapitée pour la foi, à Noucayama, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Madeleine, épouse du V. Joseph Iysayémon, crucifiée pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 16 janvier 1629. (Voir V. Mino, JoachinO
Madeleine, épouse du V. Jean Sayémon, morte pour la foi, dans un étang glacé, à Yédo. le 24 janvier 1630.
Madeleine, épouse du V. Pierre d'Ikiriki, affiliée à la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, décapitée pour la foi, à Ikiriki, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.
Madeleine, épouse du V. Pierre Yachikiro, Tertiaire de Saint-Augustin, brûlée vive pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630. Elle était enceinte.
Madeleine, épouse du V. Dominique Yofioyé, affiliée à la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Ikiriki, le 28 septembre 1630.
Madeleine, fille du V. Paul Yamamoto Ficondayou, décapitée pour la foi, à Ozacca, le 13 janvier 1632, à l'Age de six ans.
Madeleine, Japonaise, veuve d'un hùtc des Religieux, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Mafioyê, Paul Iwami, d'Yanaï,. décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624*
Magosouké, Jean, précipite, pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du cratère du Mont-Oungcn, le 2 octobre 1628.
Magosouké, Jean, mort pour la foi, à Gonga, le 31 mai 1630, après avoir eu le cou scié dans l'espace de quatre jours.
Magosouké, Jean, mort pour la foi, à Ariye, en Arima, le 20 septembre 1630, après avoir eu la tête fendue en deux. (Voir V. Chouzayémon, Mancic.)
Magosouké, Antoine, de Miye, Tertiaire de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Magotémon, Martin Tacaya, d' Arima, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante ans.
Peu de mois avant la persécution de 1614, il
était allé vivre à Nangasaki; apprenant les épreuves d'Arima, il revint afin d'y avoir part. Etant lié très durement dans la prison, il laissait paraître sa douleur : par compassion, on voulut desserrer les cordes, il ne le permit pas, ne voulant d'autre soulagement à sa douleur que celui du ciel, et estimant que cette épreuve était envoyée de Dieu. (Voir V. Acafochi.)
Magoyémon, Antoine Iguivara, mis à mort pour la foi, à Tacamatsou, capitale du Sanouki, le 16 juillet 1617.
Il était né dans le Figen; d'abord, il fut soldat, puis il se fit marchand, et vint se fixer à Tacamatsou. Il faisait nuit, lorsqu'on le mena au supplice : un satellite avait dit : « Eclairez, afin qu'il ne tombe pas. » Antoine reprit : « Je vous remercie, ô mon Dieu, de ce que vous ne m'avez pas laissé tomber de la foi, et j'espère que vous me soutiendrez, afin que je ne tombe pas à l'avenir. » Un gentil lui fit observer, comme il était tourné vers le midi, que c'était contraire à la coutume du Japon, qui est de mourir tourné vers l'occident. •< Vraiment, dit Antoine, votre paradis est donc à l'occident! »
Magoyémon, Paul, mort pour la foi, au Mont-
US TÔDLUUS 317
Oungen, après avoir subi pendant six heures l'action dévorante des eaux sulfureuses, le 17 mai 1627. Son corps fut précipité dans l'abîme. (Voir V. Soukévémon. Louis/»
Màgotémon, Michel, décapité pour la foi, en Omoura, le 20 juillet 1627.
Magotémoj, Jea3, crucifié pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 16 janvier 1629. (Voir Y. Mino.)
Magoyémon, Gonzalês, décapité pour la foi, à Conga, le 31 mai 1630, après avoir eu le cou scié peu à peu dans l'espace de quatre jours. (Voir V. Chibioyé, Thomas.)
Magoza, François, décapité pour la foi, à Ghendal, le 18 décembre 1624.
Magoza y 6mon, Miohkl, de Sazoco, Confrère do la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif pour la
foi, à Sazoco, en Omoura, le 28 septembre
Mancie, fils du V. Jacques Cheikitchi, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 13 janvier 1629, à l'âge de dix ans.
Mancie, arrêté dans le Boungo, avec le P. Manuel Borges, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 13 août 1633.
Mangobioyé, Paul, page d'un seigneur, décapité pour la foi, près de Yédo, le 7 septembre
Mangobioyé, Matthieu, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Chendaï, le 22 février 1624. (Voir B. Jacques de Carvalho.)
Mangochitcho, Dominique, du Fiounga, Frère de rOrdre.de Saint-Dominique, Catéchiste du B. Thomas Zumarraga, brûlé vif pour la foi, en Omoura, le 12 septembre 1622.
Mamgodgioubo, Thomas, décapité pour la foi, à Coubota, le 4 août 1621.
Mangoso, Thomas Yetchigo, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624. Il était d'Yanal.
Mangosouré, Thomas, né àNangaye, laboureur, décapité pour la foi, à Mossouyama, en Omoura, le 10 juillet 1624, à l'âge d'environ soixantequatre ans.
Mangozacou, Dominique, mort pour la foi, à Firando, le 15 septembre 1622. 11 avait été divisé en deux pour éprouver une épce. ~
Mangozayémon, Paul Mori, submergé vivant, pour la foi, & l'Ile Ikinochima, le 2 juin 1622, à Tàge de quatre-vingt-cinq ans.
Le 2 juin, à l'Ile d'Ikinochima, dépendant de Firando, Paul Mori Mangozayémon, vieillard de quatre-vingt-cinq ans, gardien d'une église
de la Compagnie de Jésus, en Firando, eut les pieds liés ensemble et enfermés dans un sac, et la tête enveloppée dans un autre sac ; puis il fut foulé aux pieds, digne vendange de Jésus- Christ; enfin on l'attacha à deux énormes pierres, et on l'ensevelit vivant dans la mer. Une heure après son martyre, les chrétiens qui étaient sur les barques virent bouillonner les flots, et à la surface apparurent la tête et une partie du corps de Paul ; et on entendit prononcer distinctement les noms sacrés de Jésus et de Marie. On discerna aussi les pierres. Mais on ne put recueillir le corps, qui s'enfonça de nouveau.
Mamjozayémon, H il a ire, iiôte du B. François Galvès, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. ( Voir B. Jérôme de Ângelis.)
Mankitchi, Mancie, fils de la Ve Madeleine, veuve d'un hôte des religieux, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Mantklks, Théodose, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Flamand, mort pour la foi, à Malacca,
en 1593. Il y avait trois ans qu'il s'était réfugié dans cette ville, venant du Japon où le prince de Firando l'avait fait empoisonner, pour s'en débarrasser sans bruit. Depuis ce moment, le vénérable Père était tombé dans un état de langueur accompagnée des douleurs les plus aiguës.
Manuel, fils du V. André Toan, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 24 juillet 1620, à l'âge de vingt-quatre ans.
Manuel, fils du B. Madzouwo Soyémon, Louis, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 27 août 1627, à l'âge de cinq ans.
Manuel, né en Chine, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Manuel, Bengalais, serviteur du V. Franco, Dominique, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente et un ans.
Manuel, né en Bengale, serviteur du V. Louis Pa£z Pachéco, décapité pour la foi, S Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Marc, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 février 1618, à l'âge de six ans. »
Marguerite, épouse du V. Grégoire Rocouzayémon, affiliée à la Confrérie de la Courroie de Saint-Augustin, brûlée vive pour la foi, à Sazoco, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marianne, fille du V. Jacques Cheikitchi, décapitée pour la foi, à Yonézawa, le 14 janvier 1529, à l'âge de sept ans.
Marie, décapitée pour la foi, à Firando, en 1557. Ce fut elle qui, la première, versa son sang pour Jésus-Christ dans l'empire du Japon. Quoiqu'elle fût de condition servile, elle avait plus de noblesse d'âme que les rois qui sont
esclaves de leurs passions. Après le départ du P. Viléla, les chrétiens de Firando, se voyant persécutés par les bonzes qui avaient détruit leurs églises, plantèrent une grande croix sur une colline, hors de la ville, et allaient là tous les matins pour faire leurs dévotions. Or, Marie ne manquait pas de s'y rendre de très bonne heurte pour prier au pied de cette croix. Son maître qui était idolâtre, l'ayant appris, menaça Marie de la tuer, si elle osait bien y retourner; mais la servante de Dieu lui répondit fièrement que si elle s'était faite chrétienne, ce n'était pas pour craindre la mort. Le maître fut très irrité de cette réponse, et comme bientôt on vint lui dire que Marie s'était encore absentée pour aller à l'assemblée des chrétiens, il sortit furieux de sa maison, et la voyant revenir, il courut à elle, l'épée à la main. La sainte femme, l'ayant aperçu, se mit aussitôt à genoux, leva les mains, et les yeux au ciel et présenta le cou à ce barbare qui, d'un coup de son sabre, lui trancha la tête. Les chrétiens ne tardèrent pas à enlever son corps et l'enterrèrent avec toute la solennité possible, remerciant Dieu de la constance qu'il lui avait donnée, et s'encourageant mutuellement à imiter son exemple.
Marie, épouse du V. Léon Dotaï, brûlée vive pour la foi, dans le Tsoungarou, en-Dewa, vers le mois d'août 1616. (Voir V. Choan, Mathias.)
Marie, fille du V. André, contremaître de navire, affiliée à la Confrérie du Saint-Rosaire, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618, à l'Age de seize ans.
Marie, fille d'un hôte des missionnaires, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618, à l'âge de sept ans.
Marie, de Tahba, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Marie, de Tamba (une autre), brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Marie, de Yamachiro, épouse du V. Thomas Chinchiro, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Marie, de Yamachiro, aïeule de Monique de Yamachiro, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Marie, du Tchougocou, épouse du V. Léon Rifioyé, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Marie, sœur du V. Pierre Àrasouki, décapitée pour la foi, à Omoura, le 9 octobre 1621 , à l'âge de quatorze ans. (Voir V. Arasouki.)
Marie, épouse du V. Léon Soukazéyémon, décapitée pour la foi, à Omoura, le 12 septembre 1622.
Marie, épouse du V. Mathias Matayémon* brûlée vive pour la foi, à Yangami, le 23 septembre 1622.
Marie, mère du V. Mathias M a ta y é mon, décapitée pour la foi, à Y an g ami, le 23 septembre
Marie, épouse du V. Marc Cafioyé, brûlée vive et à feu lent, pour la foi, & Chendaï, le 1er février 1624. Marie, au milieu des flammes, versait d'abondantes larmes , parce que, disaitelle, Dieu lui avait fait la grâce de mourir pour sa gloire. Et, dans cette effusion de reconnaissance, elle expira. Elle était d'Omoura en Wôchou. Elle avait été exposée nue durant tout un jour, puis promenée honteusement, avant de subir le martyre.
Marie, fille aînée du V. Itcliinoché Chinchiro, décapitée pour la foi, à Cotchidomari, près de Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de dixhuit ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)
Marie, fille cadette du V. Gabriel Itchinoché Chinchîro, décapitée pour la foi, à Cotchidomari, près de Firando, le 3 mars 1624.
LES VÉNÉRAMJ» &2?
Marie, «lente du V. Gabrtel liebrnocbé Chincbiro, née * Firrado, décapitée pour la foi , à Cotchidomari, près de Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de quatre-vingt-dix ans.
Marie, née à Chichi, épouse du V. Lin, fils du V. Gabriel Itchïnoché Ghinchiro, décapitée pour k foi, à Gotehidoto&rf , près de Firando, le 3 mars 1624, à l'âgé (te dLraeuf sus.
Marie, née dans l'Ile Ikitsouki, domestique dans la famille Gabriel Itchïnotché Ghinchiro, décapitée pour la foi, à Cotchidomarï, près de Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de vingtdeux ans.
Marie, épouse du V. Lucas Mori Feibioyé, décapitée pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de soixante-douoe ans.
Marie, veuve du V. Jean Tencamoto Zayémon, martyr en 1622, mise à mort pour la foi, à l'Ile Nacaye, le 5 mars 1624. (Voir V. Feibioyé,
Lucas.)
Maris, épouse du V. Paul Comazzou Itchibioyé, brûlée vive pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
Maris, épouse du V. Jean Gatta Ounémi, brûlée vive pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
Marie, épouse du Y. Joachim Fayachi, Taroyémon, décapitée pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.
Marie, épouse du V. Simon Inamiyémon, décapitée pour la foi, en Dewa, le 18 août 1624.
Marie, épouse du V. Louis Rocouyémon, décapitée pour la [foi, dans l'Ile Oyano, le
7 octobre 1624. Elle était de Cangami, près d'Yachchiro, en Fingo.
Marie, épouse du V. Sixte Rocouzo, morte de froid pour Jésus-Christ, dans les montagnes de Dewa, en 1624.
Marie, lépreuse, morte, pour la foi, de faim et de misère dans la prison de Yédo, vers le mois de février 1627.
Marie, épouse du Y. Jacques Chitchibioyé, morte, pour la foi, ayant été submergée dans la mer, avec une pierre au cou, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'Age de cinquante et un ans. On lui avait coupé auparavant les doigts des mains. (Voir V.Sacouyémon, Louis.)
Marie, de Chimbara, épouse du V. Joachim Miné Souyendayou, précipitée pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)
Marie, épouse du V. Michel Fioyémon, morte pour la foi, au Mont-Oungen, après avoir été tour à tour plongée dans la bourbe sulfureuse du cratère et inondé» d'eau froide, U 17 mai 1627, à l'âge de trente-fti* ans. Son corps fut submergé dans l'abîme. (Voir V. Soukéyémon, Louis.)
Marii, épouse du V. Maneie Nocawoca Chitchizayémon, décapitée pour la foi, dans le district disafal, le 20 mai 1627, à l'Age de quarante-cinq ans. Elle avait été tourmentée, avant son martyre, pendant un mois entier.
MAME(d'Omoura), mèredu V. André(d'Omoura), décapitée pour la foi, en Omoura, le 30 août 1627.
Marie, fille aînée du Y. André Gonzayémon, décapitée pour la foi, en Omoura, le 15 octobre 1627.
Marii, fille cadette du V, André Gonzayémon, décapitée pour la foi, en Omoura, le 15 octobre 1627,
LKS VÉNÉRABLE8 331
Marie, Japonaise et veuve, décapitée pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628.
Marii, de Noucayama, épouse du V. André Yamamoto Chitchiyémon, décapitée pour la foi, à Noucayama, le 12 janvier 1629. (Voir V. Candide.)
Marie, épouse du V. Jacques Cheikitchi, décapitée pour la foi, en Yonézawa, le 13 janvier 1629. (Voir V. Candide.)
Marie, de Conga, morte pour la foi, dans la prison de Chimabara, le 22 février 1630.
Marie, épouse du V. Jacques Souzouki, décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Maris, de Firochima, épouse du V. Pierre Cazzouki, et Tertiaire de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Firochima (ou à Miye), en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marie, de la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, épouse du V. Jacques Ficozayémon, brûlée vive pour la foi, à Courosaki, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marie, de la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, épouse du V. Michel Magozayémon, brûlée vive pour la foi, à Sazoco, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marie, fille du V. Pierre d'Ikiriki, décapitée pour la foi, à Ikiriki, près Nangasaki, le 18 septembre 1630, à l'âge de douze ans.
Marie, née à Machiay, en Fingo, mère du V. Jacques Nacachimi Coufioyé, décapitée pour la foi, à Nangasaki, le 29 octobre 1630, à l'âge de soixante-cinq ans.
Marie, épouse du V. Paul Yamamoto Ficondayou, décapitée pour la foi, à Ozacca, le 13 janvier 1632.
Marie, épouse du V. Jean Mitchicava, brûlée vive et à feu lent, pour la foi, à Yédo, le 13 janvier 1632.
Marie, épouse du V. Jean Comou, brûlée vive pour la foi, à Ghizacawa, en Wôchou, le 13 janvier 1632.
Marie, épouse du V. Paul Chimayama, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Marie, épouse du V. Pierre Ninomya, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Marie, épouse duV. Jacques Sasaki Sobioyé, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Marie, épouse du V. Joseph Firoché Tazayémon, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Marii, épouse du V. Jacques Yendo Rooouzayémon, brûlée vive pour la foi, à Waoamatsou, le 12 février 1632.
Marii, Japonaise, V°, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632.
Maris, Japonaise, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 13 août 1633.
Marie, épouse du V. Gaspard Yokitchiro, brûlée vive pour la foi, à Chimabara, le 27 août 1633.
Marie-Madeleine, Tertiaire de l'Ordre de Saint- Augustin, morte pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, vers le 15 octobre 1634.
Marie-Madeleine, née à Nangasaki, de parents nobles et vertueux, était, dès l'enfance, un prodige de ferveur et de science religieuse. La lecture des livres pieux, écrits dans les deux langues japonaise et portugaise, la rendit sa-
vante dans les mystères de la foi. Son oraison était continuelle et ses pratiques très austères.
Elle demandait sans cesse à Dieu de la faire servir au salut de ses compatriotes, de tant d'aveugles qui périssaient chaque jour; elle brûlait de les sauver, d'autant plus qu'elle voyait diminuer le nombre des ministres de Jésus-Christ.
Son père, sa mère et ses frères étaient morts martyrs ; mais elle ne se considérait pas comme orpheline, ayant Dieu pour père. Elle voulut consacrer à Dieu sa virginité. Le P. François de Jésus lui donna l'habit de Tertiaire, ou « Mantelata », de la religion augustine, et plus tard elle fit profession. Elle portait aussi par dévotion le scapulaire de Saint-Dominique. Cette jeune fille, de quinze ans à peine, travailla dès lors, sans interruption, à la conversion des infidèles. Sa parole était d'une efficacité merveilleuse. Elle enseignait, et elle baptisait. Dans la persécution, elle se retira sur les montagnes avec d'autres chrétiens, qui tous la regardaient comme une sainte. Lorsque les PP. François de Jésus et Vincent Carvalho, Àugustins, visitaient ces chrétiens, Marie-Madeleine, leur fille spirituelle, était leur coadjutrice dans le ministère évangélique. Elle écoutait avec amour les enseignements de ses maîtres, contemplant, comme l'autre Madeleine
aux pieds du Sauveur, les profonds mystères de la foi, et bientôt après, à l'exemple de Marthe, elle dispensait à autrui l'aliment de la doctrine.
En apprenant la capture de ses maîtres spirituels, elle eut la pensée de se présenter aux juges; mais Dieu la retint. Elle continua son ministère et ses œuvres saintes pendant la captivité des Pères, et deux années encore après leur martyre. Elle se sanctifiait ellemême, pour le sacrifice, par les maux de l'exil et les austérités de la pénitence. Enfin, désolée des apostasies que le gouverneur Ounémé venait d'obtenir, elle alla se présenter à son audience, et réprimanda le tyran avec des paroles tellement efficaces., que celui-ci, profondément ému par la force des raisons, ne s'indigna pas, et essaya de convaincre Madeleine, ajoutant qu'elle était digne, en raison de sa naissance, de sa jeunesse et de sa beauté, de devenir l'épouse d'un très grand prince et de l'empereur lui-même. Madeleine répondit que son seul titre de noblesse était le sang des martyrs, c'est-à-dire de ses parents immolés pour la foi; que la beauté de son âme dans l'éternité lui était plus précieuse que la beauté du corps dans cette vie terrestre, beauté fragile comme la fleur des champs; et enfin, que son seul époux était Jésus-Christ.
Envoyée à la prison, elle chant*1** A~ w allant,
les louanges du Seigneur. Bientôt commença son martyre. Elle était âgée seulement de dixhuit ans. On la suspendit d'abord par les bras. Elle sentit qu'elle allait tomber, et elle en avertit. On la laissa tomber en effet, et elle eut les bras disloqués. On prit alors des roseaux pointus et durcis au feu, et on les inséra dans ses ongles, battant les doigts contre terre afin de faire pénétrer les pointes i Madeleine dit alors : « De quels rubis, ô mon Seigneur, avez-vous orné mes mains ! » Et se tournant vers le juge et ses ministres, elle les exhorta vivement à ne point perdre le fruit de la Rédemption divine. On lui infligea le tourment de l'eau, la suspendant ensuite par les pieds, et puis la déposant à terre et la chargeant de grosses pierres. Puis on la suspendit encore par les pieds au-dessus d'une cuve, l'y plongeant, et quand elle étouffait, la retirant pour recommencer bientôt.
Elle fut remise en prison, et y demeura depuis le 1er septembre jusqu'au commencement d'octobre 1634. A cette époque, elle fut condamnée, avec dix chrétiens, à périr dans la fosse. Madeleine fut conduite à cheval, avec l'écriteau de chrétienne. Elle prêcha au peuple pendant tout le chemin. Les dix autres martyrs expirèrent en peu de temps. Cependant on ensevelit Madeleine dans la fosse jusqu'à la
moitié du corps. Elle y resta treize jours et demi, sans recevoir aucun aliment et sans proférer aucun gémissement, disant seulement qu'elle avait soif comme Jésus sur la croix. Elle appela les bourreaux, et leur donna trois petits lingots d'argent : acte suprême de pauvreté volontaire.
Le juge lui demanda ce qui la soutenait. Elle répondit : « Ne soyez pas surpris si je n'expire pas dans ce supplice; le Seigneur que j'adore me conserve et me soutient; je sens une main paternelle qui touche mon visage, et mon corps en est tout allégé, de manière à ne point souffrir. » On la surveilla de près, et trois fois on la trouva détachée et assise auprès de la fosse. D'autres fois, elle avait les mains déliées et récitait son rosaire. On voulut, pour ne point sembler épargner ses jours, en finir avec elle, et on la laissa tomber dans la fosse, & moitié remplie d'eau par l'effet des pluies. La martyre y expira noyée.
Par ce courage héroïque de Madeleine, la divine Providence dissipa, dit un auteur, l'horreur et l'épouvante qu'inspirait aux chrétiens l'infernal tourment de la fosse.
Le corps de Marie-Madeleine fut réduit en cendres, et les cendres furent jetées à la mer.
Marim, Maub, né eu Chine, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Marins, de la Confrérie de la Courroie de Saint-Augustin, épouse du V. Dominique Coufioyé, brûlée vive pour la foi, à Nangata, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Mabine, de la Confrérie de la Courroie de Saint-Augustin, épouse du V. Michel Ifioyé, brûlée vive pour la foi, à Cacbiyama, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marine, Tertiaire de Saint-Dominique, brûlée vive pour la foi, à Nangasaki, le 11 novembre 1634, après avoir été promenée nue dans toute la contrée df Omoura.
Marquez, François, Prêtre de la Compagnie de Jésus, né à Nangasaki. Il était fils de Vincent Marquez t noble portugais, et de Sabine Voghi, Japonaise, issue de François Civandono,
prince de Boungo. Orphelin de bonne heure et recueilli d'abord par ses parents maternels, il fut demandé k ceux-ci par un noble portugais, Mathias de Siïva, grand ami de son père, qui voulut l'élever comme son propre fils. François suivit les cours du collège de Macao. Admis dans la Congrégation de l'Annonciation, il s'exerçait à prêcher aux poissons et aux oiseaux. Il sollicita pendant trois ans et demi son admission dans la Compagnie de Jésus. Il étudiait la théologie, lorsqu'on novembre 1640, le P. Antoine Rubino s'embarqua avec lui pour Manille. Les vents contraires les rejetèrent en Cochinchine, où ils durent demeurer six mois. En avril 1641, ils se rendirent à Manille. Le métropolitain étant mort, François Marquez alla recevoir les ordres sacrés à Zébut, à quatre-vingts lieues de Manille et revint dans cette ville. Il refusa d'aller & Macao pour embrasser ses parents. Ayant été désigné pour la mission du Japon, il écrivait à son frère, en juillet de la même année, la lettre suivante :
« Cecidit sors super Mathiam (le sort tomba sur Mathias). Dans ma première lettre, je vous exprimais le doute que je dusse être envoyé au Japon. A présent, c'est-à-dire un jour avant le départ, il a été décidé que j'accompagnerais les Pères que je vous ai nommés. Je rends à Dieu des grâces infinies, pour m'avoir admis
dans les rangs de ses soldats d'élite. Vous aussi, mon bien cher, rendez à Dieu les mêmes grâces de ce que vous avez un frère désigné pour le martyre. Je dois m'embarquer avec le serviteur chinois des Pères. Plaise à Dieu, dans son infinie miséricorde, que je suive leurs traces jusqu'à la fin. Le temps me manque. Mes larmes surabondent à ce point de ne pas me laisser écrire. Cependant je vous dis, confiant en la divine miséricorde, que je vais le premier au ciel, afin de vous attendre. Je ne cesserai jamais de prier le Seigneur pour vous. Demandez ardemment au même Seigneur qu'il ne considère pas mes péchés et mes misères, mais bien son infinie miséricorde, et qu'il me fasse participer à sa Passion sacrée, et qu'il m'accorde le courage et les forces pour triompher de tous les tourments inventés par le tyran, et procurer sa plus grande gloire. »
Cependant ce ne fut que le 11 août 1642 que le P. François Marquez arriva au Japon, avec les PP. Antoine Rubino, Jacques de Moralez, Antoine Capèce et Albert Mecinski. Quelques jours après, ils étaient découverts et conduits à Nangasaki, où ils arrivèrent le 21 août. Après une captivité de sept mois et demi, pendant laquelle il fut torturé et subit cent cinq fois le tourment de l'eau, le P. Marquez, qui était demeuré inébranlable, fut suspendu dans la fosse ;
et comme au bout de huit jours, il était encore vivant, on lui trancha la tête. C'était à. Nangagaki, le 25 mars 1643. Le vénérable Père avait alors trente-deux ans. (Voir V. Capèce, Antoine.)
Marquez, Pierre, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le nord du Japon, vers le mois de juillet 1643, après avoir eu tous les membres sciés. Né en 1592, & Malaga, il était entré dans la province d'Andalousie, en 1610. Il passa aux Philippines, en 1621, il y fut maître de philosophie et recteur de Cavité.
Marthe (de Goto), tuée d'un coup d'épée pour la foi, dans l'Ile de Goto, en 1589.
«Marthe, d'Arima, mère des VV. Thomas Feibioyé et Mathias Chocouron, décapitée pour la foi, en A rima, le 28 janvier 1613, à l'Age de soixante et un ans. (Voir V. Chocouron.)
Marthe, épouse du V. Léon Fayachida Soukéyémon, brûlée vive pour la foi, à A rima, le 7 octobre 1613. (Voir V. Canyémon, Léon.)
LE* VfrrflUBLES ***
MifiTHt, épouse du V, Léon Rizal, décapitée pour la foi, à Cocoura, le 28 février 1618.
Mabthe, fille du V. André, contremaître de navire, veuve et affiliée à la Confrérie du Saint- Rosaire, brûlée vive pour la foi, & Nangasaki, le 28 novembre 1618.
Marthe, de la province de Cawatchi, brûlée vive pour la foi, àMéaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiouaacou.)
Maithx, d'Owari, fille de la V* Rufine, d'Owari, brûlée vive pour la foi, à Méaco, Je 7 octobre 1619.
Marthi, d'Owari, épouse du Y. Lée» Tehicuv *ouke, brûlée vive pour la foi, à Néae». le 7 octobre 1619.
Marthe, mère do V, J-*Je» A*frv ;«&i"~ brûlée vive pour la Un. k Ox&wl. * ;* mU let 1624.
Marthe, vieille chrétienne de l'Ile de Cotchi, en Firando, fut chassée par son gendre païen, et expira de froid dans la campagne, pour l'amour de Jésus-Christ; c'était en 1624.
Marthe. Tertiaire de Saint-Dominique et Supérieure des lépreuses, décapitée pour la foi, en Omoura, le 29 juillet 1627.
Marthe, épouse du V. André Goyémon, décapitée pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.
Marthe, fille du V. Paul Sandgiouro, décapitée pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629, à l'âge d'un an.
Marthe, mère du V. Jean Magoyémon, crucifiée pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 16 janvier 1629. (Voir V. Mino, Joachim.)
Marthe, servante de Marie, l'épouse du V. Jacques Sou sou ké, décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Marthe, servante de Marie, l'épouse du V. Jacques Sousouké (une deuxième), décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Marthe, servante de Marie, l'épouse du V. Jacques Sousouké (une troisième), décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Marthe, épouse du V. Michel Ghikisouké, Tertiaire de Saint-Augustin, brûlée vive pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Marthe, mère du V. Joseph Sanjouro, brûlée vive pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Martin, fils de la Ve Madeleine, la veuve d'un hôte des religieux, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Martin de Saint-Nicolas, Prêtre de l'Ordre de Saint-Augustin. Il naquit en 1592, à Saragosse,
346 LE MÀftTTIKFlOGE D€ JAPON
de nobles parents, Lazare Lumbreras et Anne Yrrierte-el-Peralta. Il prit l'habit de Saint-Augustin au couvent de Borja et ût profession à Saragosse en 1610. Il passa à Mexico éù 1622, et de là aux Philippines en 1623t. Il fut supérieur et maître des novices au couvent de Manille» Ses vertus, et sa vie comme perdue en Dieu, le faisaient envisager comme tm homme céleste. Il arriva a« Japon en août 1632, avec lé P. Sfel* chior de Saint- Augustin. Mafcf bientôt, eesdéux religieux, Àugustins déchaussés, furent arrêtés à Nangasaki le 1er novembre, et mis dans la prison publique. Prévoyant, d'après les foreurs du gouverneur Ounémé, que leur procès serait abrégé, les deux vénérables Père» se préparèrent au martyre.
Ils n'attendirent pas longtemps. Ounémé leur fit dénoncer que s'ils voulaient éviter le supplice, ils le pouvaient encore, mais que tout était disposé pour l'exécution. Ils répondirent qu'ils ne désiraient que la mort, et Tordre vint de les conduire au supplice.
Deux colonnes étaient érigées à lai cittiédu Mont-des-Martyrs. On y mena lés Pérès lé 11 décembre (1632)', en litières fermées; mais afin que le motif de la condamnation fût connu de tous, chaque litière était surmontée d'une banderole avec l'inscription : « Ces hommes sont condamnés au feu pottr avoir prêché la loi
L2S VÉAÉBÀB&XS 347
de Jésus-Christ. » Plus de vingt mille personnes assistèrent à ce supplice.
On avait attaché seulement un doigt des victimes, afin que, si la nature leur occasionnait quelques frémissement» au contact de la flamme, Ton pût accuser leur constance et proclamer qu'ils avaient défailli* Mais ils demeurèrent immobiles jusqu'à la fin. Le P. Melchior expira bientôt, enveloppé parles flammes; le P. Martin, se trouvant plus éloigné, souffrit pendant dix-huit heures (12 décembre).
Mais il parut que la prolongation de ce martyre venait d'une providence toute spéciale de Dieu, car elle fut le salut de plusieurs. Un des assistants, touché de repentir, ayant lait un signe, comme s'il désirait se confesser, le serviteur de Dieu traversa les flammes, et, après avoir accompli son* ministère charitable, retourna vers sa colonne ; il la quitta deux fois encore pour confesser d'autres personnes.
Manille célébra de grandes fêtes à l'occasion de ces martyres, et Ton attribua des effets miraculeux & des reliques et mémoriaux des victimes.
Martine*, Gaspak*, Portugais, né à Viana de Carminba, dans l'archi diocèse de Braga, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le. 3 aotH
1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Mastrilli, Marcel François, Prêtre de la Compagnie de Jésus, décapité pour la foi, à Nangasaki, après avoir subi pendant quatre jours le supplice delà fosse, le 17 octobre 1637, à l'âge de trente-quatre ans.
L'apostasie du P. Ferreira, connue en Europe, y causa d'immenses douleurs dans la Compagnie de Jésus, et parmi les autres Ordres. Les religieux de la Compagnie demandaient tous à l'envi d'être envoyés au Japon, afin de laver dans leur sang le crime de leur frère. En 1635, trente-trois Pères de la Compagnie s'embarquèrent à Lisbonne. Il se trouvait dans le nombre dix-huit Italiens, dix Portugais et deux Allemands. Us avaient pour supérieur le P. Marcel François Mastrilli.
Ce Père naquit à Naples le 14 septembre, vendredi et fête de la Sainte-Croix, en Tannée 1603. Son père don Jérôme Mastrilli, marquis de San-Marzano, était d'une illustre famille de Nola, et sa mère dona Béatrice Carraciolo, appartenait & l'une des principales familles du royaume. 11 reçut au baptême le nom de Marcel
fm ^ a .. ,*. Ai«d *. h ,.-
mier; plus tard il prit les deux.
Venu au monde'par l'intercession de la Reine des Anges, aussitôt après son baptême, il fut offert à la Compagnie de Jésus. Dès sa plus tendre jeunesse, il était très dévot à la sainte Vierge, charitable envers les pauvres, serviteur des infirmes et zélé pour les missions. Sa joie la plus vive était de penser qu'il pourrait donner sa vie pour Dieu, et, en effet, il eut la révélation de son futur martyre.
À quatorze ans, il se sentit appelé à l'état religieux, vocation qu'il attribuait aux vertus de sa mère et à l'intercession de la sainte Vierge, par une ravissante alliance de la mère selon la nature avec la mère du divin Sauveur, et en lui de tous les chrétiens. Son père s'opposa d'abord à son désir, et le vertueux jeune homme s'enfuit en 1618 et alla s'offrir au noviciat de Naples. Son père finit par se rendre. La vie religieuse, qui change les bons en parfaits, fit, du novice déjà parfait, un exemplaire de vertus sublimes. Bientôt dans une extase, il vit le ciel ouvert, et il conçut un si ardent amour des souffrances, qu'il désira dans le moment même d'être appelé aux Indes, pour y souffrir et y mourir pour Dieu. Dans l'ardeur de son zèle, il choisit pour médiateurs de sa vocation aux Indes le glorieux martyr saint Eustache et l'apôtre des Indes saint François Xavier. Il passa huit années parmi les écoliers les plus jeunes, race difficile
s'il en fut jamais, ot, pendant ce long intervalle, il donna l'exemple des vertus les plus é m inentes. Souvent dès cette époque, saint François Xavier lui apparaissait sous la forme d'un cavalier, vêtu d'un habit blanc, et qui tenait, d'une main le bourdon de pèlerin et de l'autre un cierge allumé. Le saint lui dit plusieurs fois : « Marcel, choisis le bourdon ou le cierge, » etlui expliqua le sens mystérieux de ces deux objets, le voyage des Indes ou la mort par maladie. Mastrilli répondit toujours : « Je choisis le plus conforme à la volonté divine. »
La fête de l'Immaculée-Conception de la sainte Vierge avait été célébrée solennellement le 8 décembre dans le palais du cardinal Brancaccio à Naples. Le 11 du même mois, quand on détachait les tentures, un ouvrier laissa tomber du haut de la coupole un marteau très pesant sur la tôte du P. Mastrilli. Le Père, baigné dans son sang et privé de connaissance, fut emporté dans sa demeure. 11 fut saisi d'une fièvre ardente accompagnée de délire, et les médecins désespérèrent de sa vie.
Dans le cours de cette agonie, Marcel vit plusieurs fois saint François Xavier lui apparaître, vôtu d'un manteau blanc, avec une croix rouge au milieu de la poitrine, tantôt seul et tantôt suivi de nombreux compagnons ; le saint l'encourageait souvent par de tendres paroles. L'a-
pôtre des Indes dit un jour au malade : « 0 Marcel! Quelle grâce du Paradis est l'objet de ton désir? Considère en effet qu'au Paradis je ne suis pas sans pouvoir. » Marcel répondit que son unique désir était la volonté divine, et il demanda quels étaient les compagnons du saint, et si c'étaient des martyrs japonais ou des âmes du Purgatoire. Xavier lui dit : « Ce sont tes amis, et ils prient pour toi. »
Cependant le mal empirait, et le 21 décembre, Marcel fut à l'extrémité . Le P. Charles de Sangro, Provincial, lui ayant rendu visite, le moribond prit congé de lui pour le Paradis et lui demanda, non afin de vivre, mais afin de mourir avec plus de mérite, la permission d'émettre le vœu de se consacrer aux Indes. Ayant obtenu cette permission, il écrivit le vœu ; mais songeant plus à la mort qu'au voyage des Indes, et voulant mourir dans le baiser de son bien-aimé Père saint François Xavier, il demanda l'image du saint. Il reçut les saintes huiles; mais le sacré Viatique lui fut refusé, car aucune substance ne pouvait plus passer. Il invoqua saint François Xavier, appliqua sur sa gorge une relique de l'apôtre, et, après une nuit d'aspirations saintes, demanda le pain des anges, et l'avala sans aucune peine. Vers le soir, il s'entendit appeler : « Marcel ! Marcel !» et il vit saint François Xavier lui apparaître en habit de
pèlerin, mais différent de l'image, et d'un aspect glorieux. Le saint lui fit renouveler son vœu, lui dicta la formule, et, à la fin des paroles, dit au malade : « Vous êtes guéri : baisez en action de grâces les plaies sacrées du Crucifix ! » Il lui dit de s'appliquer une relique de la sainte Croix vers la base du crâne, en arrière, et lui fit prononcer une consécration à la Croix divine, et une renonciation à toute chose du monde en vue des Indes et du salut des infidèles. Alors le saint disparut. Marcel, complètement guéri, se leva sur l'heure même, rendit compte à son supérieur du miracle et de son vœu, et, le lendemain, célébra la messe en action de grâces.
Dès lors, le P. Mastrilli sollicita du Père général la permission de partir, et celui-ci lui répondit : « Vous n'avez plus à me demander une permission que saint François lui-même vous a donnée. »
En quittant Naples, le P. Mastrilli, au lieu du seul nom de Marcel, prit le double nom de Marcel François. Tous ses discours et toutes ses lettres ne respiraient que le martyre. Ne devant s'embarquer qu'au bout de quelques mois, il obtint de visiter les grandes villes et les principaux sanctuaires d'Italie, et d'y augmenter la gloire de saint François Xavier, gloire dont il était le vivant témoin. A Rome, il vénéra le bras droit du saint, et il commença à recueillir d'à-
bondantes aumônes pour les frais de la bulle de canonisation, non encore expédiée, par suite de la mort du pape Grégoire XV. En Espagne, le roi Philippe IV voulut le vpir et entendre de sa bouche le récit du miracle, et se recommanda à ses prières, ainsi que sa maison et son royaume, le regardant, avec tout le monde, comme un futur martyr, dignité sans égale dans l'Eglise de Jésus-Christ. Pour lui complaire, sa Majesté lui permit d'emmener quarante religieux de la Compagnie de Jésus, aux frais de la couronne. Plusieurs miracles signalèrent le séjour de Mastrilli à Madrid. Le vénérable Père arriva à Lisbonne le vendredi de la Passion, pour s'embarquer le Jeudi-Saint. Mais le départ n'eut lieu que le Samedi-Saint 7 avril 1635. Le nombre de quarante religieux fut réduit à trente-trois par la parcimonie des trésoriers royaux. Parmi les partants était le P. Antoine Capèce qui devait être martyr au Japon. Le P. Mastrilli, supérieur de tous, et neuf Pères étaient sur la Capitane, et vingt-trois autres Pères sur YAmirale.
Après une longue navigation, pendant laquelle d'éclatants prodiges rendirent manifeste la protection de saint François Xavier et l'éminente vertu de son serviteur, on atteignit Goa le 8 décembre. On voulait retenir le P. Mastrilli à Goa, mais il était appelé par Dieu, et il voulait obéir à la voix divine par le chemin le plus
direct et le plus rapide. Des miracles sans nombre furent alors accomplis par saint François Xavier. La Croix de Saint-Thomas, dans les temps anciens , distillait de l'eau en abondance au jour consacré à cet apôtre. On vit ce fait merveilleux se renouveler. Sur ces entrefaites, parvint à Goa la nouvelle du martyre de vingtquatre religieux de la Compagnie, qui avait eu lieu l'année précédente. Cette nouvelle embrasa plus vivement -encore l'âme de Mastrilli. Pendant son séjour à Goa, il employait de longues heures à prier au tombeau de son bien-aimé patron. Il avait reçu le. privilège d'ouvrir ce tombeau pour revêtir le saint de la chasuble magnifique envoyée par la reine d'Espagne, et il put accomplir son précieux message et s'enivrer de consolation et d'amour à la vue des saintes reliques. Le Père provincial lui permit de réserver un mouchoir imprégné de sang, et une petite boite qui avait enfermé les entrailles. Il déposa dans la main de l'apôtre une lettre signée de son propre sang.
De Goa, le P. Mastrilli se rendit à Macao, dans l'espérance d'un accès plus facile au Japon. Mais les marchands et les mariniers n'osèrent point prêter leur concours. Le gouverneur de Macao, sur l'ordre du vice-roi, tenta tous les moyens, mais inutilement. Le Père dut alors se diriger sur Manille. Il y arriva le 3 juillet 1636.
Le gouverneur des Philippines, D. Sébastien Hurtado de Corcuera, l'accueillit avec empressement et lui promit de le faire passer au Japon. Mastrilli lui déclara qu'il était envoyé par saint François Xavier pour réparer la chute du P. Ferreira. Le gouverneur voulait envoyer tous les Pères ; mais les Espagnols s'y opposèrent par des intérêts humains, et tous, à l'exception du P. Mastrilli, retournèrent à Macao. Le gouverneur avait résolu d'accomplir rengagement solennel qu'il avait pris à l'égard du vénérable Père. Mais, étant près d'entre^ prendre une expédition périlleuse contre les corsaires de Mindanao, barbares de la pire espèce et qui infestaient tout l'archipel, il supplia le missionnaire de l'accompagner. Inspiré d'en haut, Mastrilli consentit, pour la plus grande gloire de Dieu, et donna pour bannières à l'armée espagnole l'image de saint François Xavier et une image de Notre-Seigneur en croix, que les Mores avaient maltraitée furieusement et criblée de coups. On partit le 2 février, fête de la Purification, en 1637. Au moment de la bataille, le Père adressa aux troupes d'admirables paroles au nom de la religion outragée et des Indiens en proie aux incursions des barbares. L'armée combattit héroïquement. Au milieu de la mêlée, le P. Mastrilli fut touché au flanc par un biscaïen, qui
ne lui fit aucune offense, et qui retomba sur la terre à ses pieds. La victoire fut éclatante, et la prise du fort ennemi termina l'expédition. De nombreux prodiges et la guéri son de nombreux blessés signalèrent encore dans cette occasion la puissance de saint François Xavier et la gloriense entremise du P. Mastrilli.
En vain le gouverneur supplia le Père de le suivre à l'expédition dirigée contre Jolo. Mastrilli, fidèle à sa vocation, refusa, mais il en promit le succès, chèrement acheté, mais non moins décisif que celui de Mindanao.
Dès ce moment, et jusqu'à son départ vers le Japon, le P. Mastrilli se consacra tout entier aux exilés japonais, et commença à apprendre leur langue. Plusieurs d'entre eux, enflammés par ses paroles, se dévouèrent à raccompagner. Le père fit fabriquer une barque japonaise appelé « Foune », et, l'ayant fait démonter, la fit charger sur un bâtiment chinois, afin de la reconstruire en vue du Japon , et d'aborder sous une apparence japonaise. 11 fit un accord avec des Chinois , en apparence pour se rendre à Macao, et se cacha dans la demeure de l'amiral D. François Ezquerra, pour le temps des' derniers préparatifs. Le gouverneur et un grand nombre d'Espagnols avaient contribué généreusement à l'entreprise. Les dames offrirent dans cette occasion leurs belles chaînes, leurs colliers
de perle et les boutons d'or de leur parure. Cependant le gouverneur alla dire adieu au Père, tenant une lettre à la main. Il avait exprimé tous ses sentiments dans cette lettre, appréhendant l'excès de son émotion, et il ne put que s'écrier : « Marcel ! » Le religieux lui dit : « Seigneur gouverneur, je ne suis plus Marcel, mais François de la Croix. J'ai pris ce nom pour être moins connu, et pour me souvenir plus encore de mon bien-aimé saint, et aussi des souffrances qui me sont réservées. » Le gouverneur ne put proférer aucune parole, et s'éloigna plein de douleur. Dans sa lettre, il offrait au Père de donner six mille écus pour posséder son corps, et se proposait de faire quatre parts avec ces reliques, pour Rome, Madrid, Naples et pour son propre domaine patrimonial, qu'il voulait ériger en collège de la Compagnie de Jésus.
C'est alors que le pieux gouverneur fit grâce à un pilote condamné à mort, pour avoir, l'année précédente, conduit un Père Dominicain au Japon, afin qu'il conduisit le P. Mastri lli vers la destination que celui-ci aurait choisie.
Enfin le Père s'embarqua dans un profond secret, sur un navire espagnol, lequel avait à son bord, plusieurs matelots païens. Le charpentier du navire, qui menaçait de trahir, fut
puni sur l'heure même : une convulsion soudaine disloqua sa bouche. Le Père toucha la bouche et le guérit.
Une tempête assaillit le navire à la hauteur de Formose : le Père apaisa les flots en faisant , avec son reliquaire, le signe de la croix sur la mer. « C'était, disait-il, un bon noviciat pour le Japon, » et se comparant à Jonas, il dit à ses compagnons qu'après l'avoir jeté au rivage, ils auraient un beau temps. En même temps, il leur prédit un heureux retour.
Le bois et l'eau vinrent à manquer; mais la Providence y pourvut miraculeusement.
Le 3 août, à minuit, le Père découvrit la première terre japonaise, l'Ile principale des Kioû-Kioû.
Le vent ne permit pas d'atterrir à cette Ue, dont le prince était un violent persécuteur, et détenait prisonniers des Pères franciscains. L'équipage, en effet, n'aurait jamais pu s'échapper de ses mains.
La barque japonaise n'étant point en état, l'on trouva moyen d'en acheter une autre ; le Père descendit sur celle-ci le 5 août, disant adieu au navire et à ses compagnons, et les consolant avec un visage de paradis. Tous le pleuraient, comme auraient fait des fils séparés de leur père.
Alors il conjura les Japonais, qui avaient
LES^VÉXÉRABLES 339
voulu le suivre, de retourner à Manille, leur rappelant les supplices qui les attendaient, et prédisant leur faiblesse, qui lui causerait à lui-même une infinie douleur. Mais ils persistèrent à ne point l'abandonner.
Le 19 septembre, il prit terre à Satsouma. Son dessein était alors d'aller vers l'empereur et de lui annoncer les grandes vérités de la religion. Côtoyant le Fiounga, il toucha au port de Chokizo, pour faire réparer son embarcation, et de là vint atterrir au port de Couso. Découvert dans ce port, il se délivra par argent, et pénétra dans l'intérieur du pays avec un seul Japonais. Ses autres compagnons allèrent avec la barque au long du rivage : ils ne tardèrent pas à être saisis.
Bientôt reconnus pour être chrétiens, ils confessèrent , dans le premier moment, qu'ils avaient avec eux un religieux Franciscain; mais, à la fin, ils désignèrent* leur saint compagnon.
Le Père était dans les bois depuis plusieurs jours. Les anges seuls ont connu ses épreuves. Les satellites entrevirent un peu de fumée , et accoururent à leur proie ; mais en apercevant le confesseur à genoux et en prières, les bras en croix, avec une apparence angélique, ils s'arrêtèrent et voulurent l'adorer. Mastrilli, tournant ses regards vers eux, les salua et leur dit : « Mes fils, venez et saisissez-moi. » Les
360 LE MABTTBOLOGE Dr JAP05
satellites s'approchèrent et le lièrent avec un grand respect. En ce moment, le sol trembla.
On conduisit le Père à Nangasaki, distant de plusieurs centaines de milles ; deux cents soldats l'escortaient. Le voyage dura plus d'un mois. Le 5 octobre, il comparut devant les juges; et les assistants virent avec une émotion profonde une grande lumière qui environnait sa tète. On lui adressa diverses demandes auxquelles il répondit d'une manière apostolique; et il ajouta qu'il était venu pour parler à Tempereur, pour lui rendre la santé, s'il vivait encore ,. et pour lui enseigner la loi de Jésus- Christ : car il était envové dans ce but, comme ambassadeur de son ciorieux Père saint François Xavier. * Quel est, dirent les juges, ce saiut François Xavier ? » Mastrilli leur répondit que c était le premier Père de la Compagnie de Jésus qui fù» eutre au Japon et qu'il avait converti à Jesus-Christ le prince François Civan- «lono de Bouugo. avec tous ses vassaux. « Mais s'il est mort depuis si longtemps, reprirent les J u^ces. comment vous a-4-U envové comme am- - A^sadeur? v „ U est. dit le serviteur de Dieu, oct vUus U vie ptV!i<Xit<, mjds a vi| eternelle.
- JSrut11*,-!* c*u et- ett temo^e de ce q»e
-"^ttvT" nm* Kaatt U vie *"* Ucité de
- T l. l%rU JLlot* "«*«ott d exposer les
.^n^Uu^s. ^ ^ su<riactt miraculeuse.
Les gouverneurs admirèrent son attitude et ses paroles, et ils déclarèrent qu'ils l'estimaient saint ; mais ils déclarèrent aussi qu'ils devaient obéir à leur souverain, et ils prescrivirent de lui infliger le tourment de l'eau.
Les deux premiers jours, le P. Mastrilli subit les deux tourments de l'eau et de l'échelle, avec cette différence que le second jour on ne fit point usage de l'entonnoir, mais qu'on lui versa sur le visage jusqu'à quatre cents cocos d'eau, lentement et sans interruption.
11 s'évanouit à cette épreuve. Ayant repris ses sens, il dit à ses juges : « Ne soyez pas surpris, si je m'évanouis. Je suis religieux, il est vrai, et les douceurs de la vie me sont peu familières, mais j'éprouve les sensations naturelles à l'homme; toutefois l'esprit est toujours prompt, et l'àme constante, afin de souffrir tous les tourments et la mort elle-même. »
De retour en la geôle, il apprit que des compagnons avaient apostasie. L'un d'eux, seul, résista jusqu'à la fin : ce fut André Cotemla, qui périt dans la fosse. Mastrilli répandit d'abondantes larmes et conjura ces infortunés de réparer leur crime au prix de leur vie.
Le troisième jour, les magistrat* adressèrent au serviteur de Dieu des menaces terribles, et lui demandèrent » il venait de Manille, envoyé par le gouverneur. Le l'ère leur ré|*ondit :
« Multiplia les tourments sans interruption et sans mesure ; Dieu me donnera la force de les subir. Je suis venu de Manille, non par ordre du gouverneur , mais avec le dessein de convertir l'empereur et avec lui le Japon tout entier, s'il est possible. J'ai sacrifié ma vie à cette entreprise, la plus sublime qui soit au monde, et la plus agréable à Dieu ! »
« Si vous désirez tant la mort, reprit un gouverneur, je vous la garantis. Mais quelles sont les médecines, qui devaient rendre la santé et les forces à l'empereur? » — « Ce sont, dit Mastrilli, des herbes souveraines et de certaines poudres, qui doivent le guérir infailliblement. (Il entendait parler des reliques de saint François Xavier qu'il avait apportées de Goa, et qu'il avait réduites en poudre et mêlées à des pilules : tant était absolue sa confiance en son bienheureux Père !) Si ce remède ne vous agrée pas, portez à votre empereur l'image de mon bienheureux Pèlerin ! Et si vous la placez dans vos temples, elle accomplira des prodiges. »
« Quittez ces chimères, dit le juge, et il fît 1 rainer le Père à de nouveaux supplices. On le mit entièrement nu, et avec des fers rouges, on lui perça et brûla les parties naturelles. Sa pudeur offensée lui fit proférer d'admirables plaintes : « J'ai voué, dit-il, tout mon corps aux supplices pour Pamour de mon Créateur, et je
ne refuse aucune douleur ; mais les membres de
mon corps ne suffisent-ils pas? Epargnez, ô juges, ces tourments infâmes, si contraires à la pudeur humaine, et que répudieraient les nations les plus barbares. »
Le gouverneur, confus, fît changer de torture, et Ton recommença le supplice de l'eau, jusqu'au moment où la défaillance allait faire expirer le Père.
On le ramena dans la prison, et on lui intima la sentence de mort. Il accueillit le messager comme un ange du ciel, et, au seul nom de la fosse, il répéta les paroles du divin Rédempteur : « L'esprit est prompt, à la vérité, mais la chair est faible, » et il ajouta, par un sentiment prophétique, qu'il serait tourmenté dans la fosse, mais qu'il mourrait par la décapitation.
Il passa le reste de la nuit dans une extase accompagnée de prodiges : les gardes et les gouverneurs eux-mêmes, qui le visitèrent, l'aperçurent élevé dans l'air, et rayonnant de lumière. Des personnes du dehors virent une clarté prodigieuse dans le ciel, clarté qui descendait jusqu'à la prison. Il se manifesta, d'autres merveilles que les gardes n'osèrent publier, par la crainte des gouverneurs.
Le mercredi 14 octobre, à onze heures du matin, le Père fut conduit au supplice. On avait placé dans sa bouche une lame de fer garnie de
clous aigus, afin qu'il ne pût prêcher, et on lui avait rasé le côté droit de la tête, et souillé le côté gauche avec de l'ocre rouge, opprobre insigne aux yeux des Japonais. Il était achevai, fortement attaché avec des cordes et des chaînes, et vêtu d'une soutane ou robe, telle que les religieux de la Compagnie de Jésus la portent dans les Indes, mais coupée aux genoux, et laissant les jambes découvertes : à ses épaules était arborée la banderole sur laquelle on lisait la sentence.
Ce fut ainsi que, donné en spectacle aux anges et aux hommes, il passa devant les infidèles sans être insulté, et arriva jusqu'à la place appelée Yendo, toute habitée par les Portugais, et où se trouvait l'équipage de six navires. Les Portugais saluèrent le saint et le conjurèrent avec larmes d'offrir en leur faveur une goutte de son sang. Le saint rendit le salut, et condescendit à leur désir, en inclinant par trois fois la tête. Arrivé près de la fosse, centre de ses désirs et de ses espérances, il fut attaché fortement avec des cordes et lié jusque sous les aisselles , afin qu'il demeurât plus longtemps vivant, et l'on détacha le frein de sa bouche.
Il remercia les gouverneurs qui étaient présents, avec les expressions les plus aimables. « A cette heure, ajouta-t-il, vous connaîtrez, Seigneurs, combien est grand le Dieu que
nous adorons, et combien précieux est le Paradis que nous espérons. » Il fut descendu dans la fosse, la tête en bas, et plongé jusqu'aux chevilles. Il se maintint immobile comme un rocher.
Les bourreaux, voulant s'assurer s'il n'était point mort, dégagèrent l'orifice. Le martyr leur dit : « Je ne désire rien; je suis dans le paradis. » Dans cette épreuve même, il eut plusieurs extases. Les gouverneurs essayèrent de le tenter encore, mais il dit que le soleil reviendrait plutôt dans son cours, que lui-même ne défaillirait dans la foi. En s 'adressant aux gardes et aux gens vulgaires, qui voulaient le tenter, il leur disait : « Retirez -vous !» A la demande s'il désirait de Feau ou quelque autre chose, il répondait : « Je ne veux ni eau, ni rien d'autre, mais la gloire ! la gloire ! » et il s'excusait charitablement envers les satellites pour le souci qu'ils prenaient de lui.
Il demeura dans ce supplice quatre jours entiers, c'est-à-dire depuis le mercredi, à onze heures du jour, jusqu'au samedi, 17 octobre, à trois heures du soir, sans que le sang descendit en son corps, chose prodigieuse et qu'on n'avait jamais vue : en effet, d'ordinaire, le sang descend avec tant de violence, que, pour éviter une mort immédiate, on saigne le patient aux tempes.
Les gouverneurs, avertis de ce prodige, et en raison d'une fête idolàtrique, qui devait avoir lieu le lendemain, ordonnèrent de décapiter 1% confesseur. Lorsqu'onJc remonta de la fosse, il était encore plein de vie. Craignant qu'on ne lui fit grâce, il demanda pourquoi les bourreaux le retiraient. On lui fit connaître la sentence : « Oui, dit-il, pour finir ainsi, à la bonne heure! »
Il éprouva dans cet instant la cruelle douleur d'être replacé debout, par le retour des entrailles en leur état naturel, après la perturbation et le renversement de tout le corps. Il se mit à genoux, et invoqua son Père saint François Xavier. Le premier coup de cimeterre, asséné violemment, ne laissa pas de marque. Le second put tracer à peine une ligne légère, et le bourreau plein d'effroi, jeta son épée.
Le martyr lui dit : « Accomplissez, mon fils, ce qui vous est commandé. » Le bourreau reprit son épée, et sépara d'un seul coup la vénérable tête.
À ce moment, la terre trembla pendant un long espace, dans toute la contrée, et le soleil s'obscurcit au-dessus du palais des gouverneurs. Plusieurs autres prodiges éclatèrent en divers lieux. Les satellites se disaient entre eux : « Nous parlerons quand nous serons libres. »
Cependant les exécuteurs obéirent à l'ordre
d'essayer leurs sabres, et hachèrent le saint corps. Bientôt après, les précieux restes furent jetés dans les flammes. Les cendres et la terre furent aussitôt répandus dans la rivière Tamatchin qui baigne Nangasaki.
Les gouverneurs firent anéantir tous les objets précieux saisis avec le serviteur de Dieu, les croix, les reliquaires et tout le reste ; mais ils réservèrent la poussière des entrailles de saint François Xavier, se proposant de renvoyer à l'empereur, avec l'image du même saint.
Il paratt certain, dit le P. de Charlcvoix, que le P. Mastrilli ne vit pas le malheureux Ferreira, qui avait été la principale cause de sa venue au Japon.
Ce glorieux martyre fut célébré partout, à Macao et & Manille, à Lisbonne et à Madrid, par les fêtes les plus solennelles,
À cette nouvelle, la chambre du collège de Naples, où le Père avait été guéri miraculeusement, fut convertie en chapelle. Il s'y opéra de nombreux miracles; et d'autres miracles furent attribués à l'intercession du martvr.
Màtàgobo, Paul, frère d'Alexis Sato Cheisouké, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Matakitchi, Joseph Takéya, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Matangoro, Louis, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Candide.)
Matayémon, Thomas Cayéno, de Caye, chef de son village, torturé, puis décapité pour la foi, à Gochinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de cinquante-deux ans. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)
Matayémon, Mathias, laboureur, hôte du B. Hyacinthe Orfanel, brûlé vif pour la foi, à Yagami, près de Nangasaki, le 23 septembre 1622. Quand Mathias eut été arrêté et incarcéré, le geôlier le laissait sortir librement, pour aller visiter sa maison et ses travaux, et il revenait le soir à sa prison bien- aimée, parce qu'il prévoyait qu'il en serait tiré pour être sacrifié à Jésus-Christ. Cet homme illettré, et qui savait h peine les prières, prêcha très éloquemment au moment de sa mort, et fut un grand sujet d'admiration pour les assistants.
Matazayémon, Jean, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Àngelis.)
Matazayémon, François Ono, brûlé vif pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Matchinda, Jean, brûlé vif pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.
Matbias, Lépreux, hôte des confesseurs de la foi, décapité pour Jésus-Christ, à Sourounga, le 24 novembre 1615.
Mathias, mis à mort pour la foi, à Morioca, en Nambou, le 18 décembre 1624.
Mathias, massacré pour la foi, par les satellites d'une prison où il allait consoler les prisonniers chrétiens, à Nangasaki, le 14 août 1627.
Matsourioyé, Jean, décpité pour la foi, en Dewa, le 18 août 1624.
Matsouwo, Dominique, laboureur, hôte des PP. Franciscains et Confrère du Cordon de Saint-François, d'abord brûlé vif et à feu lent pendant une heure, et puis achevé à coups de sabre, pour l'amour de Jésus-Christ, à Ozoccou, près de Nangasaki, le 14 février 162 J .
Matsouyama, Thomas, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Matsouyo, Romain, de Noucayama, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Mattaitchi, Thomas, né à Chichi, dans les lies de Firando, fut exilé en 1622; ayant été découvert cette année dans un autre village, il fut par ordre du prince, conduit dans la petite lie Cochima, et décapité pour la foi, le 3 avril 1624, à l'âge de trente-cinq ans.
LKS VÉNÉRABLES 371
Matthieu, fils de Protais, prince d'Arima et de la pieuse Justa, son épouse, frappé à mort en haine de la foi, par ordre de son frère l'apostat Michel, à Arima, en 1613, à l'âge de six ans.
Matthieu, Japonais, Frère de la Compagnie de Jésus, mort ponr la foi, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 20 octobre 1633.
Matthieu, Bengalais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, & Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-trois nns.
Matzoutaké, Jean Chozabouro, de Chimabara, précipité pour la foi, dans l'abîme du Mont- Oungen, après avoir eu les côtés déchirés avec des couteaux et arrosés d'eau sulfureuse, le 17 mai 1627, à l'âge de trente-huit ans. (Voir V. Soukéyémon, Louis.)
Maxence, issue d'une famille noble, épouse du V. Michel Choubioyé, décapitée pour la foi, à Kibara, en Boungo, le 13 juillet 1614,
à l'âge de trente-neuf ans. (Voir V. Choubioyé, Michel.)
Maxime, servante de Marie, l'épouse du V. Jacques Sousouké, décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Maxime, épouse du V. Lin Sacamoto Jiyémon, brûlée vive pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.
Mecinski, Albert, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 25 mars 1643.
Il était issu de la race des Poray, Tune des plus illustres de la Pologne, et de la branche des Korozwanki,; il était fils du seigneur de Korozvvanki, et de Félicité Gloskowska. Son père avait été séduit par les erreurs protestantes; mais il abjura bientôt l'hérésie, et mourut après. Sa mère l'éleva pieusement, ainsi que son frère Stanislas. Albert, âgé de quatorze ans, fut envoyé au collège de Lublin. Bientôt il conçut la pensée d'entrer dans la Compagnie de Jésus, et fit part de son désir à sa mère. Celle-ci s'en indigna et lui donna un
soufflet; pour rompre ses desseins, elle l'envoya continuer ses études à Cracovie. Il était alors très curieux de la médecine, contrairement au naturel des nobles; non qu'il voulût en exercer l'art, mais par attrait scientifique. On vit plus tard que c'était par un dessein secret de la Providence, quand il eut occasion d'appliquer ses connaissances, dans la navigation des Indes, et pendant sa captivité chez les Hollandais.
Ayant perdu sa mère, il fit le voyage de Rome, et, sentant sa vocation renaître, il sollicita du Père général Vittelleschi son admission au noviciat. Il fut, après les deux ans, envoyé en Pologne pour des affaires de famille, et fit son cours de philosophie à Kalisch. Son jeune frère étant mort, Albert fut vivement combattu par ses parents; mais il résista victorieusement, et, disposant de ses biens en faveur du collège de Cracovie, alors éprouvé par les difficultés de la fondation, il écrivit au Père général, pour demander le Japon. Après ses trois ans de philosophie, il revint à Rome pour sa théologie. A cette époque se trouvait le P. Vieyra, qui enflammait tous les cœurs. Albert demanda de nouveau le Japon, et alla prier devant l'image de la sainte Vierge à Saint-Paul hors des murs. Il obtint enfin la mission tant désirée. Avant même d'avoir achevé son cours de théo-
logie, il partit pour le Portugal en 1630. Il avait adressé à ses amis ces belles paroles : :< Tous les biens temporels que la main divine m'avait départis, je les ai rendus à Dieu par un abandon sans réserve. Ce qui reste à tout homme pécheur, ce misérable corps, je suis heureux d aller le restituer à la terre, par la main des bourreaux, et d'offrir à Dieu ce dernier sacrifice. » Et baisant la croix de bois, que le Général mettait aux mains des missionnaires de Tlnde, en leur donnant sa bénédiction, il s'écria : « Ce signe de la très sainte Croix me tient lieu de tous les amis et de toutes les consolations. Tout ce que j'ai pu posséder ou désirer, je l'ai déposé de grand cœur, comme la dépouille du vieux monde et du vieil homme. Dans le nouveau monde où j'aspire, et dans l'homme nouveau que je veux revêtir, la Croix seule sera la mesure de mes consolations. »
Il continua sa théologie à Evora, et fut ordonné prêtre dans cette ville par Apollinaire d'Àlmeida, de la Compagnie de Jésus, évêque de Nicée. Revenu à Lisbonne et sur le point de s'embarquer, il fut rappelé à Rome par le Père général, et envoyé en Pologne pour régler un litige relatif à sa donation de Cracovie. Il obéit sans plainte et sans excuse. Il put bientôt revenir à Rome, et de là à Lisbonne. Il s'embarqua en 1631. Dans le voyage, il s'était fait
l'infirmier de tous, et, le typhus sévissant sur le navire, il eut occasion d'utiliser sa science. Mais il n'avait pas épuisé les épreuves, et le navire, étant peu éloigné du Brésil, fut obligé par la tempête de rentrer à Lisbonne. Le Père avait contracté par la fatigue une maladie articulaire, et demeura gisant pendant près de deux ans. Il dut attendre l'expédition de 1633, et partit le 5 mars de cette année. Après trois mois de navigation heureuse, une contagion, presque toujours mortelle, se déclara parmi l'équipage. Un Frère de la Compagnie, et bien-, tôt le Père supérieur Sébastien Alvarès en furent victimes. Le Père Albert demeura seul prêtre pour confesser huit cents personnes, la plupart moribondes. On parvint à Goa le 20 août. Sur le tombeau de saint François Xavier, il s'inspira plus vivement encore du zèle apostolique. Il offrit au vénérable sépulcre une lampe d'argent et des ornements de grande richesse, qu'il avait à cette fin réservés sur sa fortune. Il se rendit l'année suivante à Malacca ; mais dans le passage de cette ville à Macao, le navire qui le portait fut capturé par les Hollandais, et les passagers furent emmenés prisonniers à Formose. Les Espagnols furent occupés quelque temps à garder les troupeaux. Une épidémie s'étant déclarée dans la colonie, le P. Albert soigna les malades et guérit le fils
du commandant hollandais. Enfin, après sept mois de captivité, les Espagnols furent renvoyés dans un port de Cochinchine. Au bout de quelques jours, le P. Albert s'embarqua pour Macao. Le P. Diaz, Visiteur, l'accueillit avec joie, et l'envoya, avec le P. Capèce, au Cambodge, d'où l'occasion du commerce pouvait les faire introduire plus aisément au Japon. Dans ce dernier pays, les deux missionnaires s'appliquèrent avec ardeur à la langue japonaise.
Le 11 août 1642, les deux Pères prenaient terre sur une petite lie du détroit de Satsouma, mais peu de jours après, ils étaient découverts et conduits à Nangasaki, où ils arrivèrent le 21 août. C'est là que le 25 mars suivant, le vénérable Père Mecinski, qui avait enduré de longues et cruelles tortures, mourut pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse. (Voir V. Capèce.)
MÉGASAKr, Jean, Japonais, Prêtre séculier, et Tertiaire de l'Ordre de Saint-François, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 9 octobre 1633.
Melchior de Saint- Augustin, Prêtre de l'Ordre des Augustins. Il naquit vers 1599, à Portillo, près de Grenade, de Pierre Sanchez et de
Françoise Pérez. Il prit l'habit des Augustins Déchaussés à Grenade, en 1618. Il passa aux Philippines, en 1620. Son humilité ne lui avait pas permis de solliciter l'éminente mission du Japon; mais il la reçut avec joie, et s'y prépara par le jeûne et la pénitence. Parti de Manille le 4 août 1632, il aborda au Japon dans le même mois et alla, dans la montagne, se réunir au P. Erquicia. Il fut arrêté à Nangasaki le 22 novembre, et le 11 décembre de la même année, il était brûlé vif pour la foi, dans cette même ville, avec le P. Martin de Saint- Nicolas. (Voir V. Martin do Saint-Nicolas.)
Mencia, d'Omi, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Mendoza (Jacques de), métis, né à Chaûl, dans l'Inde, soldat, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'Age de trente ans.
Miananga, Jean Youchin, Frère du V. Simon Nayémon, Catéchiste *des PP. Jésuites, crucifié pour la foi, la tête en bas, à Nacatsou, en Bougen, le 1er mars 1618.
Michel, Coréen, mis à mort pour la foi, à CotchinotsoUj le 22 novembre 1614, à l'âge de quarante-trois ans.
Fait prisonnier pendant la guerre de Corée, il avait été baptisé à Nangasaki. Il fut serviteur pendant plusieurs années, afin de racheter sa sœur également prisonnière. Il se maria à Cotchinotsou. Il était d'une charité singulièie envers les lépreux, les attirant dans sa maison, les faisant asseoir au foyer à ses côtés, et leur disant : « Vous êtes mes frères, et votre infirmité m'est une raison de vous honorer davantage. » Il était favorisé de visions célestes et en faisait part à sa femme pour la rendre plus fervente. 11 fut suspendu à une fourche, eut les jambes comprimées, les jarrets tranchés, et ayant expiré dans le supplice, il fut décapité et, son corps fut mis en pièces.
Michel, fils du V. Thomas Couchifachi, décapité pour la foi, à Nacatsou, en Bougen, le 25 février 1618.
Michel, mort pour la foi, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 17 mai 1619, à l'âge de deux ans.
Michel, fils du V. André Toan, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 24 juillet 1620, à l'Âge de douze ans.
Michel, fils du V. Mathias Matoyémon, déca pité pour la foi, à Yan garni, lo 23 septembre 162?.
Michkl, fils du V. Gosme Sacouzo, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 octobre 1628, t\ l'âge de quatre ans.
Michel, fils de la Ve Cécile, décapité pour la foi, à Cotchidomari, près Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de trois ans.
Michel, lépreux, mort pour la foi, de faim et de misère dans la prison de Yédo, vers le mois de février 1627.
Michel, fils probablement du Y. Thomas Gonza, décapité pour la foi, en Omoura, le 29 juillet 1627, à l'âge de deux ans.
Michel, fils du V. Louis Yazayémon, décapité pour la foi, en Omoura, le 13 mai 1628.
Michel, de Conga, mort pour la foi, à Conga, le 31 mai 1630, à l'âge de vingt-quatre ans. Il avait été torturé par l'eau, par les bambous creux, par les roseaux acérés, et finalement il avait eu le cou scié peu à peu dans l'espace de quatre jours. (Voir V. Chibioyé, Thomas.)
Michel, fils d'une servante de la V° Marie, l'épouse du V. Jacques Sousouké, décapité pour la foi dans le Foccocou, le 5 août 1630.
Michel, fils du V. Louis Gonyémon, décapité pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de neuf ans.
Michel, fils du V. Grégoire Rocouzayémon, décapité pour la foi, à Sazoco, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de onze ans.
Michel, fils du V. Jacques Nacachimi Coufioyé, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 novembre 1630, à l'âge de cinq ans.
Michel, de Saint-Joseph, Prêtre de l'Ordre de Saint- Augustin, Japonais, né à Founaï, en Boungo, mort pour Jésus-Christ, probablement dans le supplice de la fosse et à Nangasaki, vers le mois de décembre 1637.
Milhao, Jacques Dias, Portugais, né à Barcellos dans le diocèse de Braga, connétable de navire, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarante ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Mimbocou, Jean, serviteur et Catéchiste du B. Père Sotélo, excellent prédicateur, décapité pour la foi, k Yédo, le 7 septembre 1613 : il prêcha la parole divine jusqu'au lieu du supplice,
Jean se convertit ainsi : cherchant la meilleure entre les sectes païennes, il se recommanda à l'idole A tango, dont le temple était à quatre
lieues de Méaco. Pendant sept jours, il lit tous les matins le tour du temple, entièrement nu, dans le temps des plus grands froids de l'hiver. Puis il revint à Méaco. Dieu permit qu'il y rencontrât un ami païen, lequel venait de visiter l'église des bonzes de Namban, c'est-à-dire des Religieux d'Europe. Il alla lui-même à cette église des Franciscains, se fit instruire et reçut le baptême. Dès lors, il se voua au service de religieux et devint un prédicateur plein de zèle.
Min agava, Joacuim, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 16 janvier 1629.
Joachim Minagava, de naissance illustre, et vieillard octogénaire, aspirait après le martyre. Le gouverneur de Foyo commanda qu'il fût décapité pendant la nuit. Joachim était presque aveugle et se servait d'un bâton pour assurer ses pas. Mais cette nuit, malgré la violence du vent, la neige qui tombait en abondance, et la glace qui rendait le sol pour ainsi dire impraticable, Joachim ne voulut accepter aucun soutien : il chemina librement, et d'un pas ferme, jusqu'à Wocousambara. Lorsqu'il fut arrivé au lieu du supplice, le vent se calma, la neige ne tomba plus, et l'air s'étant rasséréné, le soleil éclaira
le sacrifice. La tête et le corps de Joaciiim furent recueillis par les chrétiens.
Miné, Louis, décapité pour la foi, à Foucafori, le 29 mai 1614.
Au mois de mai 1613, Chitchiyémon, l'un des quatre gouverneurs pour Nabechima, seigneur de Figen, fit un martyr à Foucafori. Lorsque Safioyé était devenu gouverneur de Nangasaki, il avait choisi cette place, quoiqu'elle fût éloignée de trois lieues par mer, pour être comme la paroisse de ses superstitions idolâtriques, et il v avait érigé un temple au démon. La chrétienté de ce bourg, vivant désormais en présence du mauvais esprit, était vouée pour ainsi dire à la persécution. Le gouverneur s'adressa premièrement à deux frères, Cosme et Louis Miné. Laissés libres d'abord, ils en profitèrent pour aller se confesser à Nangasaki et revinrent attendre leur sort. Le jour de la fête du Très Saint Sacrement, le gouverneur invita Louis à une chasse. Après qu'on eut fait une lieue en barque, Chitchiyémon ordonna de lui trancher la tète, et cet ordre fut exécuté dans le moment même. La tête et le corps réunis furent attachés & une grosse pierre et précipités dans la mer. Au bout de cinq jours, une lumière surnaturelle révéla la place aux chrétiens.
Ceux-ci recueillirent les précieuses reliques et les envoyèrent au Père recteur du collège, qui les fit ensevelir dans l'église de la Miséricorde. Cosme fut exilé.
Mmo, Jean, crucifié pour la foi, à Foyo, en Dewa, le 16 janvier 1629, à l'âge de quatrevingts ans.
Jean Mino, vieillard de quatre-vingts ans et chef des chrétiens, habitait un village à une demi-lieue de Foyo, en Dewa. Riche, et se trouvant à la tête d'une maison considérable, 11 avait cédé toute l'administration à son fils Acousouke, païen, et vivait avec sa femme Anne dans l'oraison et dans l'exercice des œuvres de miséricorde. Le fils, dans une occasion, avait déclaré que son fils n'était point chrétien. Mino l'en reprit sévèrement, et le fils, cité de nouveau, dit aux juges : « Mon père est chrétien : votre colère et les menaces de mort que vous m'adressez ne sauraient faire que ce ne soit pas la vérité. Ma vie est entre vos mains comme garantie de mes paroles, et, si vous la prenez, ce sera mon salut de mourir pour la religion professée par mon père. » Les juges voulaient d'abord sévir contre le fils; mais ils préférèrent attaquer le père. On confisqua tous ses biens, puis on le fit conduire avec d'autres
chrétiens principaux devant le gouverneur dTonezawa qui réserva son arrêt, et les fit tous ramener à Foyo. Mino, dans le chemin, reconnut la tête exposée de Louis Yémoné qui lui avait donné le baptême, et qui avait été décapité quelques jours auparavant pour Jésus-Christ. Il s'approcha de la vénérable tête et la baisa, en exprimant toute sa reconnaissance et son amour.
Aux abords de Foyo, les confesseurs eurent l'avis de leur mort, qui devait avoir lieu par l'épée. Le saint vieillard rendit grâce à Dieu, et déposant ses chaussures, voulut faire, pieds nus, dans la neige et la glacé, les deux lieues qui restaient. 11 implora du Daïcouan ou gouverneur la grâce pour tous les martyrs de mourir en croix. « Je m'estime heureux de vous accorder quelque chose, répondit le gouverneur; et j'adhère à votre requête, en souvenir de notre ancienne amitié. Pendant qu'on disposait les croix, le Daïcouan fit placer les confesseurs dans l'intérieur d'une maison auprès d'un grand feu : c'étaient Jean Mino et Anne, sa femme, Jean Magoyémon et Marthe, sa mère, Joseph Iyzayémon et Madeleine, sa femme, avec leurs quatre enfants, en y comprenant la petite Inès. Madeleine était auprès du vieillard : les gardes lui prirent des bras la petite Inès, âgée de trois ans, sans lui en diie
le motif; et, après quelques instants, on lui rapporta la tête sanglante de cette innocente. A cette vue, la bienheureuse mère, sans pleurs et sans faiblesse, bénit Dieu d'avoir accueilli cette chère âme au sein de sa miséricorde. Les croix élant disposées, tous sortirent avec un saint empressement. Joseph Iyzayémon s'écria : « Quelle merveilleuse consolation que de mourir à l'imitation du Sauveur, sur le bois sacré de la croix ! « On attacha la tête de l'enfant à la croix de sa mère. Bientôt les lances accomplirent leur office et immolèrent les victimes.
Mitchicava, Jean, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Yédo, le 13 janvier 1632.
Miyémon, Jean, décapité pour la foi, à Omoura, le 25 décembre 1617.
Jean Miyémon, naturel du Tsounocouni, païen zélé dans l'origine, mais qui, dans son erreur, cherchait véritablement le salut, avait compris toute la vanité et l'impuissance des idoles. Touché par la vie sainte des religieux Franciscains, il était venu à Nangasaki, et s'y était fait instruire et baptiser par le P. Thomas Aracavi, prêtre japonais. Jean fut dès lors un fervent chrétien et vint à Omoura pour s'édifier
par la sainte conversation des religieux qui étaient dans la prison et participer aux divins sacrements. Les bonzes, indignés de son zèle pour sa propre perfection et pour celle des autres, car il était le président de la Confrérie du Rosaire, répétaient comme les Pharisiens : « N'est-ce donc pas celui-ci qui autrefois, dans Jérusalem, persécutait les adorateurs du nom de Jésus? » Ils le dénoncèrent et le firent traduire devant le « Beto » ou juge de la rue. Jean se montra ferme dans la foi, et mérita d'être, le lendemain même, jour de la Nativité de Notre-Seigneur, conduit au supplice : heureux de naître au ciel par le martyre, le jour où notre Sauveur naquit entre les hommes pour les racheter de l'éternelle mort ! Trois coups de sabre consommèrent son sacrifice : et son corps fut taillé en pièces, pour éprouver la trempe des armes.
Mitémon, Alexis Omi, brûlé vif pour la foi, à Coubota le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Mitémon, Jacques, décapité pour la foi, dans le Nambou, le 5 novembre 1624.
MizzouiCHi, Michel Ficoyémon, Jifiacou ou officier de charité, né à Yachchiro, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 11 janvier 1609, à l'âge d'environ cinquante-cinq ans.
Au mois d'octobre de Tannée 1603, Canzouyédono, prince de Fingo, entreprit la visite de ses principales places qui étaient, avec Coumamoto, sa capitale, Yachchiro et Outo. Dans la citadelle de Yachchiro résidaient plusieurs officiers chrétiens ; le prince donna Tordre aux trois gouverneurs du district et spécialement à Gacouzaïemon, commandant de la citadelle de les obliger à Tapostasie, sans s'occuper d'ailleurs d'y contraindre les marchands et les artisans. Mais bientôt, par excès de zèle, ces gouverneurs essayèrent de faire apostasier les personnes vulgaires.
Trois hommes parmi le peuple étaient alors Tobjet spécial du ressentiment da ces persécuteurs : c'étaient Joachim Vatanabbé Tirozimoné, Jean Fattori Tingoro et Michel Ficoyémoné Mizzouichi. Ils étaient « Jifiacous », c'est-à-dire officiers de charité, et lors de la persécution de 1601 et de l'exil des missionnaires, ils avaient été choisis pour diriger l'Eglise dans leur contrée. Les deux officiers chrétiens, Jean Minami Gorozayémon et Simon
Takenda Gofioyé ayant été condamnés à mourir pour la foi, avec plusieurs membres de leurs familles, les trois Jifiacous leur prodiguèrent les soins les plus admirables; et ce fut le 9 décembre que les dernières victimes consommèrent leur sacrifice.
D'abord les Jifiacous ne furent point inquiétés; mais quelque temps après, Canzouyédono, étant venu à Yachchiro, commanda de les mettre en prison. Alors Cacouzaïemon les fit saisir. Jean Tingoro que Ton arrêta le premier, et qui fut interrogé par le gouverneur luimême, parla d'une manière héroïque ; il a raconté lui-même son épreuve dans une admirable lettre qu'il adressait aux chrétiens de la ville. La voici :
« Lorsque je fus en présence du gouverneur Cacouzaïemon, il me dit : « Votre profession de la loi prohibée par le seigneur est un délit capital, et vous expose à une information rigoureuse ; toutefois, si vous renoncez, vous pouvez encore être sauf. » Je lui répondis : « Seigneur, aucune chose au monde ne saurait me causer une joie plus vive et me donner un sujet plus immédiat d'offrir à Dieu de continuelles et infinies actions de grâces, que le fait de souffrir et de verser mon sang pour l'amour de sa Majesté divine. Toutes mes méditations et mes prières ont pour but de me préparer à ce
sacrifice : Voire Seigneurie doit donc concevoir combien je suis éloigné de retourner à la gentilité. » — « Je suis grandement surpris, dit le seigneur, et je n'ai jamais contemplé quelqu'un d'aussi heureux que vous paraissez être ; » et m'ayant fait entrer dans son cabinet intérieur, il ajouta : « D'où provient, mon Frère, cette joie si étrange en une pareille heure? » Alors je répondis, en reprenant ma conversion dès son origine : « Lorsque je lisais, dans les années anciennes, les principaux et les plus savants écrits des sectes japonaises, je n'y trouvais que des absurdités et des mensonges ; en approfondissant leur substance, et en considérant qu'ils ne traitaient point du Créateur, qui a fait le ciel et la terre, les hommes et tous les autres êtres, je concluais que la création entière était l'effet du hasard. Le fait de désirer le salut de l'âme et de le poursuivre, me paraissait une vanité pure, en sorte que l'on devait estimer uniquement les biens de la vie présente.
Il arriva plus tard qu'Augustin Fingonocami reçut en apanage les terres de Mouro, ma patrie, et qu'il exhorta tous ses nouveaux vassaux à embrasser la religion qu'il professait luimême ; j'entendis les prédications, et il m'arriva bien des fois de disputer avec les prédicateurs : je n'étais pas convaincu encore. Après uncer-
LES VÉNÉRABLFS 391
tain temps, je vins à Yachchiro où je fis part à certains chrétiens de mes doutes sur l'immortalité de l'âme, mais ces chrétiens ne purent les résoudre, et me dirent qu'ils en demanderaient la solution à des Frères de la Compagnie de Jésus. Je conçus alors une telle opinion de moi-même, et je parvins à un tel degré d'arrogance et de superbe, que je n'estimais aucun Frère ou Père capable de me tenir tête. Sur ces entrefaites, revint de la Corée Jacques Mimasaca Conichi, lequel, par son éloquence, sa ferveur et l'exemple de sa vie, convertit à la foi de Jésus-Christ la plus grande partie du peuple et de la noblesse de Yachchiro, et dans le nombre, moi-même, c'est-à-dire le plus obstiné de tous. Avant de recevoir le baptême, j'ai considéré mûrement et apprécié les raisons que les chrétiens allèguent touchant le salut, et j'ai pour ainsi dire touché de la main cette vérité que le Créateur de l'univers ne peut ne pas exister, et que la loi qu'il enseigne est infaillible et véritable. »
Cacouzalemon se prit à rire et dit : « Ce serait vraiment une chose plaisante si celui qui préside à l'enquête et qui se dispose à sévir contre les chrétiens se trouvait converti par eux. Je n'ai jamais envisagé Amida et Chaca comme des sauveurs, et il ne me parait nullement vraisemblable que de dire « Namou,
Amidabout » suffise pour assurer le salut, ainsi que l'affirment les bonzes ; mais j'ai la même opinion au sujet des chrétiens, et ne crois pas que ceux-ci, en prononçant : Jésus, Marie! sans accomplir aucune bonne œuvre, puissent être sauvés; et ainsi que Chaca lui-même a été l'auteur d'une infinité de mensonges et de fraudes, j'ignore si les Pères ne suivent pas la même voie, et si leur intention est droite ou perverse ; enfin je ne puis concevoir pourquoi Ton devrait leur accorder un si grand crédit, pour être venus des contrées les plus lointaines et pour enseigner les histoires de leur pays avec une éloquence et une ardeur singulières. » — « Et moi, repris-je, je n'assure pas ma créance sur la seule éloquence des Pères, mais sur la force de leurs raisons : Ces raisons captivent mon intelligence, et la pensée d'avoir à mourir à titre de chrétien m'est à cette heure une joie ineffable. »
Cacouzalemon dit alors : « Un grand nombre d'hommes remplis de courage n'ont pas estimé la mort plus qu'on ne fait d'un fétu ; mais aucun à mon sens, ne s'est montré jusqu'à cet instant plus intrépide et plus joyeux, et, si je ne le voyais de mes propres yeux, je l'estimerais incroyable. » Je répondis : « Seigneur, cette joie et ce contentement si vifs, et le fait de ne pas craindre la mort, ne proviennent
point d'une autre cause, si ce n'est de la conviction absolue où je suis, comme si je touchais cette vérité de la main, qu'il existe une autre vie et un Créateur unique. » Le gouverneur ajouta : « Vous croyez dès l'abord et en personne simple à tous les discours des Pères; mais je vois avec peine qu'un homme aussi bon et aussi généreux encoure ainsi la mort. » Je répondis : « Seigneur, je ne crois pas être aussi simple et aussi naïf que votre Seigneurie l'imagine; car avant mon baptême, et quand j'étais plongé dans les illusions du monde, sans aucune idée du siècle futur, j'ai souvent égaré tel ou tel individu ; mais à cette heure je tiens pour néant ce que les gentils apprécient le plus, et la vie même; et si je suis jugé digne de donner cette vie pour l'amour et pour la gloire de mon Créateur, je l'échangerai de grand cœur contre la vie éternelle et bienheureuse du ciel. Plût à Dieu que votre Seigneurie crût à la doctrine enseignée par les Pères : Elle-même, j'en ai l'assurance, la confesserait et la proclamerait hautement. »
Cacouzalemon répondit : « Simon Takenda, lui-même, était mon compatriote et mon intime ami, et j'aurais voulu lui sauver la vie, même au prix d'un doigt de la main ; cependant il a dédaigné tous mes avis : de plus il conseillait aux autres chrétiens de ne pas fléchir. Comme
il agissait manifestement en discrédit de la loi du seigneur, je n'ai pu le délivrer de la mort. Plusieurs fois je lui ai dit : « Si vous, Takenda, vous comprenez si clairement les choses du salut, je vous prie de mes les expliquer efficacement et de me les démontrer avec évidence. Il rtie répondit que lui-même ne se sentait pas capable de les expliquer en paroles. » Enfin Cacouzaïemon me commanda de me constituer prisonnier, tout en me proposant d'intercéder pour ma délivrance, à l'arrivée du seigneur. Je le remerciai de son intention, ajoutant que je serais infiniment plus heureux, si j'avais le bonheur de verser mon sang pour Jésus-Christ, mon Sauveur. — Telle est en abrégé la conversation qui a eu lieu entre le gouverneur et moi. Veuillez m'aider à rendre grâces à Dieu pour le bienfait immense d'être prisonnier pour son amour, et priez Sa Majesté divine d'user de jour en jour d'une plus grande miséricorde envers moi, pauvre pécheur. »
Cependant Michel Mizzouichi, qui était comme le maître des autres dans les choses spirituelles, et qui désirait ardemment le martyre, suivit Jean dans les fers : et les deux se consolèrent mutuellement.
Joachim Tirozimoné était absent, et Ton saisit Marie, sa femme.
Le P. Provincial envoya alors d'Àrima un
chrétien indigène pour visiter les prisonniers et encourager les chrétien^ : un Père qui était dans le voisinage se rapprocha des limites de la province, afin d'être à même d'assister les Jifiacous et d'entendre }es confessions des autres fidèles.
Joachim revint de Nangasaki, ne voulant pas que sa femme lui ravit la couronne qu'il avait désirée depuis tant d'années. Le vice-provincial lui avait recommandé de visiter les chrétiens avant de. se livrer, de baptiser les nouveau-né^ et de donner les avis nécessaires à Jean Ziyémoa qui devait le suppléer ainsi que ses collègues. Puis, avec la bénédiction divine, il all$ pe livrer. Les trois confesseurs se virent réuni* dans un même cachot. Pleins de joie, ils vouèrent tout leur temps à la sainte préparation au martyre.
Le gouverneur était dans un grand trouble, sachant, que la mort ne triompherait pas de ses prisonniers. Néanmoins il confisqua leurs biens et fit noter les noms de leurs enfants, ce qui était un signe de mort. Les confesseurs offrirent ce sacrifice à Dieu, suivant ainsi l'exemple d'Abraham. Mais le gouverneur se proposait seulement de donner ces enfants pour esclaves aux chefs des laboureurs.
Les trois prisonniers continuèrent à souffrir très cruellement de l'étroitesse et de l'infection
de leur cellule. Canzouyédono, cruel par nature, aggravait encore leur épreuve en ne permettant pas, contrairement à l'usage, que, durant l'hiver, on recouvrit le sol de nattes, ni que Tété on ouvrit les baies, ni enfin que l'on nettoyât jamais la place. Il voulait épuiser l'énergie des confesseurs, et surtout ne pas leur accorder le sort glorieux de mourir par Tépée ou sur la croix.
Les prisonniers demandaient à Dieu d'accroître leurs souffrances et d'accroître aussi leur patience , afin de souffrir vaillamment pour son amour. Se trouvant par bonheur séparés des gentils au moyen d'une cloison, ils pouvaient se recommander à Dieu et communiquer avec les chrétiens. Us possédaient de saintes images, et Michel Mizzouichi avait conservé quelques livres spirituels sur les Vies des Saints, copiées par lui-même. Ces trois confesseurs étaient admirables dans leurs continuelles méditations et leurs pieux exercices. Le matin, à l'heure du saint sacrifice, ils se tournaient vers l'église et entendaient spirituellement la sainte messe, imitant le prophète Daniel qui, dans la captivité de Babylone, ouvrait les fenêtres, et, se tournant vers Jérusalem, lieu du sacrifice, faisait oraison trois fois le jour.
En plus des autres oraisons, Jean Tingoro priait pour la paix, l'union et l'exaltation
de la sainte Eglise, et pour le pontife de Rome.
Le Père vice-provincial alla à Nangasaki pour s'entendre avec l'évêque touchant les moyens d'assister les prisonniers et les chrétiens. On envoya le P. Louis, Japonais, et un Frère : deux chrétiens nobles voulurent les accompagner. Mais le P. Louis ne put descendre de la barque, parce que les chrétiens ne le permirent pas, et il confessa seulement les gens d'Yachchiro qui vinrent le trouver.
De leur côté, les vertueux confesseurs assistaient spirituellement les chrétiens, qui leur obéissaient comme à des guides : ils firent relever trois apostats et baptisèrent plusieurs condamnés à mort qui marchèrent au supplice pénétrés d'allégresse et de pieuse espérance, et changèrent, dans la paix de Dieu, cette existence misérable pour l'éternelle vie. C'était dans le courant de l'année 1605.
L'année suivante, dans le repaire infect, où jamais l'air du ciel n'avait pénétré, Joachim Tirozimoné tomba gravement malade. Un Père japonais fut envoyé d'Àrima, et parvint à entrer de nuit dans la ville, où il reçut l'hospitalité chez un bon chrétien. Il put se glisser dans la prison, pieux larron qui portait le trésor des grâces divines aux confesseurs de la foi. Il versa des larmes sur eux, et les fortifia dans
leur admirable courage. Joachim était tellement malade qu'il était comme privé de mouvement, et dans les derniers jours, il avait déliré presque continuellement. Néanmoins, quand il apprit l'arrivée du Père, il se ranima, recouvra toutes ses facultés et se confessa. Il dicta ensuite une protestation qu'il signa ainsi que ses compagnons, afin de bien constater les motifs de la captivité dans laquelle il allait mourir.
Les deux autres prisonniers, qui s'étaient aussi confessés, se sentirent plus désireux encore de souffrir pour Dieu et déclarèrent qu'ils ne désiraient rien autre chose que la mort, et qu'ils n'avaient la pensée de sortir de leur cachot que pour aller au ciel par la voie du martyre.
Le 26 août, Joachim Vatanabbé Tirozimoné termina saintement sa course terrestre et alla jouir de Dieu. Son corps fut enterré dans le cimetière public de Yachchiro, et, trois jours après, transféré secrètement k Arima, où le P. provincial lui fit faire, dans la maison de la Compagnie, et à portes closes, en raison de la proximité de Yachchiro, et pour ne pas compromettre les chrétiens, de solennelles funérailles.
Sur ces entrefaites, Ganzouyédono vint à Yachchiro, et, consulté par ses officiers au sujet
LES VtaÉRAfilES 399
de Michel Mizzouicbi et de Jean Tingoro, répondit qu'ils devaient rester prisonniers jusqu'à la mort. Les deux confesseurs se réjouirent singulièrement de cette sentence, qui leur donnait occasion de souffrir plus longtemps pour Jésus-Christ, et leur assurait la couronne. Ils continuèrent dans la prison à exercer leur office de catéchiste, et à instruire le prochain. Tous les chrétiens les visitaient assidûment, et ]a prison avait remplacé l'église : dans la nuit de Noôl, on y lut de saints livres pour célébrer la venue du Sauveur au milieu des hommes, et Dieu se vit ainsi glorifié par ses fidèles, destitués de prêtres, mais consolés par le saint exemple de deux confesseurs.
Canzouyédono fut instruit de ces faits et s'irrita plus encore : il voulut un moment faire mettre à mort les deux prisonniers, et s'il ne le fit pas, ce fut pour les priver de la gloire du martyre. Il songeait à transférer leur captivité dans un lieu désert, et à les séparer de toute communication humaine ; mais, d'après le conseil d'un païen qui lui dit que le Sauveur des chrétiens avait jeûné quarante jours dans le désert, et que ceux-ci seraient consolés de se voir assimilés à leur Sauveur, ils les condamna à demeurer dans la même prison, et leur donna seulement des gardiens plus rigoureux, de manière & accroître considérablemep ours souffrances.
Pendant les deux années qui suivirent, les deux confesseurs continuèrent à languir dans leur prison. Les nouveaux gardes qui leur avaient été donnés étaient pareils à ceux de saint Ignace, des bêtes farouches que les bienfaits même rendaient plus cruels. Jean Tingoro se vit, comme un autre Job, tenté par sa femme jeune encore, étrangère, et faible de santé, et que les juges avaient dépouillée de tout. Jean l'exhortait à la patience et à la confiance en Dieu, s* affligeant intérieurement de ne pas trouver son épouse semblable à celles de ses deux collègues. Il tomba gravement malade, et dans le même temps, on le priva de l'assistance d'une esclave fidèle qui lui apportait sa nourriture; de sorte qu'il demeura souvent des journées entières sans aucun subside. Mais tandis que le corps s'affaiblissait, la vigueur spirituelle et la volonté de s'offrir s'accroissaient merveilleusement. Le P. de Baëza, apprenant que Jean ne se soignait pas, lui fit recommander de s'occuper de son corps. Jean obéit humblement.
En 1609, toutes les églises du Japon étaient en paix, excepté celle du Fingo. Cazouyédono, l'un des plus vaillants généraux de l'empire, mais homme perdu de mœurs, ne pouvait tolérer la religion chrétienne, qui réprouvait ses ?xcès. Lors du martyre de Jean Mina rai Goro-
zayémon, en 1603, il existait à Yachchiro trois gouverneurs principaux : Cacouzalemon, chef de la noblesse, Noïri Fachiyémon et Caniyé Jofioyé, qui avaient autorité sur le peuple. Fachiyémon, vicieux et cruel, était l'âme de la persécution, tandis que Jofioyé compatissait aux maux des chrétiens. Fachivémon étant mort subitement, son fils et successeur, Noïri Kiouzo, très différent de lui, s'unit à Jofioyé, pour demander à Ganzouyédono la délivrance des deux prisonniers ou leur exil, ou, si le prince ne voulait point y condescendre, leur sentence de mort, afin qu'ils fussent délivrés des rigueurs d'une captivité perpétuelle.
L'intervenlion des deux gouverneurs n'eut pas le succès qu'ils s'étaient promis. Le tyran ordonna de décapiter les deux prisonniers ainsi que leurs femmes. Il consentit toutefois à épargner ces dernières; mais peu de jours après, il ordonna le supplice des deux jeunes enfants des prisonniers, créatures angéliques, âgées de douze et de six ans.
On avertit Michel et Jean de leur condamnation : ils écrivirent alors de touchants adieux adressés aux missionnaires, leurs pères spirituels, et d'autres lettres pour les apostats, afin de les exciter à la pénitence.
Le 11 janvier, on fit connaître aux confesseurs qu'ils devaient être décapités à l'heure
même. Tous deux auraient préféré la mort de la croix, à l'exemple du divin Maître; mais Jean fit observer à son compagnon que cette mort serait trop glorieuse, et il ajouta : « Nous devons plutôt désirer être torturés cruellement et taillés en mille pièces. — Cette grâce vous sera faite, » dit le Bounghio de la justice. Les gouverneurs se proposaient de les faire mettre à mort précipitamment, dans l'appréhension d'une émotion populaire. Mais la nouvelle se répandit, et il se fit un concours immense.
Les confesseurs sortirent de la prison, les bras liés et la corde au cou, suivant l'usage. Jean avait demande d'avoir le cou étroitement serré : on le lia si cruellement qu'il fut presque étranglé, et un apostat en fut tellement ému qu'il proclama hautement son repentir.
Michel et Jean s'avançaient en bénissant Dieu et tenaient leurs regards élevés vers le ciel, pratiquant ce qu'ils avaient enseigné jadis eux-mêmes aux condamnés à mort, et prenant leur supplice en patience, pour l'expiation de leurs péchés. Michel, saintement pressé d'arriver au terme, et de mourir pour aller vers Jésus-Christ, semblait tirer à lui le soldat qui l'accompagnait : Jean, vieillard infirme, et lié très rigoureusement, cheminait avec peine.
Le président de la justice envoya chercher Thomas, fils de Michel, âgé de douze ans, et
Pierre, fils de Jean, âgé de six ans à peine.
Thomas bien instruit par sa mère et par son aïeul Joachim, était pour ainsi dire formé pour le martyre. Quelquefois on lui disait : « Enfant, si tu pleures, tu n'es pas fait pour être martyr. » Il prit congé de son aïeul et de sa mère, partagea quelques monnaies de cuivre entre les • enfants avec lesquels il jouait, revêtit ses habits de fête, et atteignit les confesseurs vers la porte de la ville. Michel se sentit grandement consolé par les dispositions de son fils.
Le Bounghio, pressé d'achever son œuvre, fit arrêter le cortège avant la place ordinaire des exécutions, par une disposition singulière de la Providence, et afin que le sang innocent ne fût point mêlé avec celui des criminels, dont le lieu de la justice se trouvait pénétré ; de sorte qu'en recueillant la terre, on obtint ce sang tout à fait pur.
Les confesseurs se mirent à genoux. Michel fut décapité d'un seul coup. Thomas voulut mourir devant le corps de son père : il s'agenouilla, croisa les bras et reçut le coup fatal. Jean fut frappé dans le même instant.
Le jeune Pierre n'était point chez sa mère, mais chez son aïeul qui essaya de le cacher. On le réclama, et on le fit réveiller. Cet admirable enfant, préparc de même par son père, se leva '
avec joie pour aller à la mort, et ce fut un objet d'édification pour les fidèles et de confusion pour les gentils.
On le porta dans les bras au lieu du supplice. La vue du sang ne l'émut en rien. Il s'agenouilla et tendit le cou. Trois bourreaux refusèrent leur office : un esclave coréen frappa jusqu'à trois fois pour consommer l'immolation.
Le Bounghio fit couper en pièces les corps des trois premiers martyrs, et ordonna de laisser intact celui du jeune Pierre. Les chrétiens obtinrent d'enterrer tous ces précieux restes.
Le Bounghio, qui, suivant la coutume japonaise, avait prêté son épée pour l'exécution, s'écria en la reprenant : « Je me considère désormais comme indigne de la porter. » Et Cacouzalemon, le principal gouverneur, se fit réserver des reliques des têtes de Jean Tingoro et de Michel Mizzouichi, peut-être pour un ami chrétien, ou peut-être pour lui-même.
Les têtes placées sur quatre lances furent exposées à la porte orientale de la ville. Plus tard un chrétien déroba les corps, et les transporta à Yananghi, en dehors du Fingo, et de là à Consoura, où fut conservé le corps intact de Pierre. Les autres reliques furent envoyées au collège d'Arima.
Mofioyé, Paul (ou Ifioyé), fils du V. Louis Soca, mort pour la foi, au Mont-Oungen, le 17 mai 1627, à l'âge de trente-cinq ans. On l'avait plongé trois fois dans le cratère, tandis qu'il invoquait les noms sacrés de Jésus et de Marie, et quand on l'eut retiré mourant, on l'arrosa d'eau sulfureuse jusqu'à ce qu'il eût rendu l'âme, aux pieds de son père.
Mondo, Adrien Tafacachi, officier de la seigneurie d'Arima, brûlé vif pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613. (Voir V. Canyémon, Léon.)
Mondo, Valentin Nacamaki, bote des Pères de la Compagnie de Jésus, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.
Mongen, Jean, serviteur des Pères Franciscains, décapité pour la foi, à Tonchaï, près de Yédo, le 16 août 1613.
Monique, de la province d'Omi, briïléc vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. Monique
s'était essayée d'avance à manier un fer rougi au feu, et elle disait sous le secret à sa sœur : « Je m'exerce au martyre, j'ai déjà combattu et vaincu la faim; je veux faire un nouveau pas en éprouvant les ardeurs du feu. »
Monique, née dans le Yamachiro, petite-fille de Marie, de Yamachiro, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Monique, de Yamato, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Monique, épouse du V. Simon Ficoyémon, décapitée pour la foi, à Joyoma, en Wôchou, vers le 12 février 1624.
Monique, épouse du V. Vincent Fanghiwara Tchizoyémon, brûlée vive pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Monique, épouse du V. Mathias Youyémon, décapitée pour la foi, à Omoura, le 19 septembre 1627.
Monique, épouse du V. X. Chobioyé, morte pour la foi dans un étang glacé, à Yédo, le 24 janvier 1630. On l'y avait attachée à un pieu.
Montéiro, Gaspard, Ac hé mois, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, à l'âge de trente ans. (VoirV. Pachéco, Louis.)
Moraes (Antoine de), né en Chine, matelot à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de
vingt-huit ans.
Moralez (Jacques de), prêtre de la Compagnie de Jésus, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 25 mars 1643, après avoir été suspendu vivant pendant huit jours dans la fosse, et avoir enduré durant sa captivité, qui fut de sept mois et demi, tous les deux jours, le tourment de l'eau.
Le P . de Moralez , d'une famille noble d'Espagne, était né près de Soria, dans la Vieille-Castille, le 13 octobre 1604. Il entra dans la Compagnie de Jésus, à l'âge de seize ans, en 1620, et fit son noviciat à Villargarcia,
dans la province de Tolède. En 1625, il partit pour Mexico, et passa aux Philippines en 1626. Il termina ses études et fut ordonné prêtre à Manille, et il travailla pendant seize ans dans la province. Le 7 février 1638 , il fît profession du quatrième vœu. Le P. Sébastien Vieyra, en 1632, consentit à l'emmener avec lui au Japon. Les Pères du collège s'y opposèrent. Il fut désigné en 1638 pour la mission de Mindanao, mais il se vit retenu par le Provincial, à la demande unanime de l'archevêque, du gouverneur et de la ville entière. Lors de la venue du P. Rubino, il lui témoigna son ardent désir de l'accompagner au Japon, et se vit exaucé : la couronne du martyre l'y attendait. (Voir V. Capèce.)
Mosouré, Damien (ou Sosouké), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613.
Mottari, Paul Rioyeï, d'Arima, décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de soixante-neuf ans. Il avait eu pendant huit ans la garde d'une église dédiée.à la sainte Vierge. Après la destruction de l'église, il s'était occupé d'enseigner la lecture, l'écriture et la doctrine chrétienne aux enfants.
Mouam, Simon, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir. B. Jérôme de Angelis.)
Moufioyé, Joacmm, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Mourayama, Antoine (ou Toan), ancien gouverneur de Nangasaki, décapité en haine de la foi, près de Yédo, en novembre 1619.
Motémon, Fabien Conda, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Motoza, Simon, décapité pour la foi, en Dcwa, le 17 février 1623.
Mozatémon, Ignace, brûlé vif pour la foi, à Tacawoca, dans le Tsoungarou, le 10 janvier
Ignace était du Farima. Venu dans le Tsoungarou, pour faire le commerce, il se convertit à Tacawoca, et convertit sa femme qui était du
pays. Cité devant les juges, il fut condamné au feu, et conduit immédiatement au supplice. On l'attacha de telle sorte qu'il ne put voir le ciel, où de précédents martyrs avaient pris un plus grand courage. On remarqua comme un prodige, qu'il régnait à cette heure une tempête de neige et de vent et qu'elle cessa pendant le supplice pour reprendre aussitôt après avec une violence extraordinaire. Les chrétiens purent enlever le corps, les chaînes et la colonne.
Nacamoura, Juste, décapité pour la foi, à Cocoura, en Bougen, le 25 février 1618.
Nacamoura, Gaspard, interprète des Hollandais pour les langues castillane et portugaise, décapité pour la foi, à Nangasaki, fin septembre 1622. (Voir B. Florès.)
Nacamoura, Barthelémï, décapité pour la foi, à Coumamoto, le 8 août 1632.
Nacamchi, Léon, noble Japonais d'Amangoutchi, surnommé Tancaro, ou le Trésorier de la Confrérie du Rosaire, do^' " * U l'habit,
décapité pour la foi, à Nangasaki, le 27 novembre 1619. (Voir B. Kimoura, Antoine.)
Nacaura, Julien , Prêtre de la Compagnie de Jésus, Japonais, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 21 octobre 1633, à l'âge de soixante-six ans.
Julien Nacaura fit partie de l'ambassade envoyée à Rome, en 1582, par les princes chrétiens de Boungo, d' A rima et d'Omoura. Après une longue navigation et plusieurs séjours dans divers pays, il arriva à Rome le 20 mars 1585. Là comme à Goa, à Lisbonne, à Madrid, il partagea avec son collègue Martin Fara tous les soins et tous les honneurs dont les deux ambassadeurs Mancie Ito et Pierre Chindgina furent l'objet. Quelques jours après l'audience solennelle accordée par Grégoire XIII, Julien étant tombé malade, ce bon Pape donna ordre aux médecins les plus habiles de Rome de le traiter. Sur ces entrefaites, Grégoire XIII qui était fort âgé, vint & succomber; mais la pensée de Julien lui était toujours si présente qu'une heure avant sa mort il voulut encore avoir de ses nouvelles. Sixte-Quint qui succéda bientôt & Grégoire sur la chaire de saint Pierre, ne se montra pas moins paternel envers les ambassadeurs, il
les créa chevaliers et leur fit chausser les éperons dorés par 1'air.bassadcur de France et celui de Venise qui se trouvaient à la cérémonie. L'ambassade japonaise quitta Rome le 3 juin 1585, mais par suite des circonstances du long et périlleux voyage qu'elle dut faire pour le retour, elle n'arriva au Japon que le 21 juillet 1590. Deux ans après, le 25 juillet 1592, Julien Nacaura était admis par le P. Alexandre Yalignani, au noviciat de la Compagnie de Jésus établi à Amacousa. Mancie Ito, Pierre Chindgina et Martin Fara eurent avec lui le même bonheur.
Depuis cette époque, Julien Nacaura travailla avec un zèle croissant à sa propre sanctification et en même temps à la conversion et à la sanctification de ses compatriotes. Depuis bien des années aussi, il avait échappé aux dangers de la persécution, et il continuait à prêcher avec une éloquence entraînante les vérités delà foi, lorsqu'au mois de septembre il fut arrêté et Cocoura. Avant de le condamner à mourir dans la fosse, on le combattit vivement, comme Japonais, mais sans rien obtenir de lui. En allant au martyre, il dit : « Je suis le Père Julien, qui suis allé à Rome. » Et en arrivant près de la fosse, il s'écria: « Contemplez tous ce merveilleux spectacle pour la plus grande gloire de Dieu! » Le P. Julien Nacaura était né à Ama-
cou sa, et il avait quarante-deux ans de Compagnie.
Nagata, Paul, hôte et compagnon des missionnaires, mis à mort pour la foi, à Chimabara, le 3t mai 1630, à l'âge de quatre-vingt-trois ans. (Voir V. Chibioyé, Thomas.)
Narata, Jean, mort pour la foi, à Gotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de cinquante et un ans.
Jean Naraya, de la province de Dewa, avait séjourné vingt ans aux Philippines, et s'y était fait chrétien. A son retour au Japon, il s'était fixé à Cotchinotsou. Sollicité de renier extérieurement, il répondit ces belles paroles : « Je ne puis ni intérieurement ni extérieurement commettre un pareil crime. Le Créateur du ciel veut et doit être adoré de cœur et de bouche ; la faute commise en une telle matière est comme irréparable. J'ai moi-môme, en ma jeunesse, fait partie de la secte des Fotkéchous; je connais à fond les religions du Japon, et je sais qu'aucune d'elles n'est le chemin du salut. 0 vous, qui croyez marcher dans le chemin de la vérité, vous errez parmi des ténèbres sans issue ; c'est pourquoi j'éprouve à votre égard une
compassion profonde, et je serais heureux de vous voir initié à la doctrine chrétienne et convaincu de l'absolue vérité de mes paroles. Je suis donc pleinement résolu, quand bien même on me couperait les mains et les pieds, qu'on me taillerait en mille pièces, qu'on me ferait bouillir à feu lent dans une chaudière, de ne jamais renier la foi et la religion de mon Sauveur Jésus-Christ ; et ne croyez jamais que les chrétiens cesseront d'exister au Japon : bien au contraire, plus vous en immolerez et plus ils se multiplieront. » Son tourment fut doublement cruel. Le président ayant remarqué que les doigts des mains et des pieds, déjà coupés dans une première torture, l'avaient été à des longueurs inégales, les fit tous recouper à la racine. 11 expira lorsqu'on venait de lui énerver les jarrets, sa tête fut tranchée, et son corps mis en pièces. (Voir V. Matthieu Chinyémon.)
Nayémon, Simon, frère du V. Jean Youchin Miananga, crucifié la tête en bas, pour l'amour de Jésus-Christ, à Nacatsou, en Bougen, le 1er mars 1618.
Nichiforï, Thomas, Frère de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le
22 juillet 1633. Il était de la province cTIyo et élève du Séminaire de la Compagnie. Catéchiste et prédicateur, il était plein de science et de zèle. Exilé à Macao, il revint bientôt. Il fut pris à Chimonoscki, et admis comme Frère dans la prison.
Nichighenca, Gaspard, décapité pour la foi, à Yamanda, le 14 novembre 1609, à l'âge de cinquante-quatre ans.
Dans l'Ile Ikitsouki, dépendant de Firando, se trouvait, en 1609, une chrétienté formée d'anciens vassaux de Jérôme Cotendano et de Balthasard Ichiboundono, ce dernier seigneur de haut rang, et proche parent du prince. Ces seigneurs avaient été exilés pour la foi. Gaspard Nichighcnca, ancien lieutenant de Jérôme Cotendano pour le gouvernement de l'Ile entière, résidait à Yamanda : Gaspard et sa femme étaient d'une admirable vertu. Leur fils aîné Jean Nichimataitchi suivait leur exemple. Lors de l'exil de Jérôme, Gaspard fut privé de son gouvernement, que l'on répartit entre deux capitaines; Inouyé Oumanodgio reçut Yamanda, et Condotchisan, son père, fut chargé de Tachinofama : tous deux reçurent la mission de sévir contre les chrétiens. Condotchisan était l'époux d'une fille de Gaspard, appelée Marie, et
chrétienne excellente; il la laissait libre d'accomplir ses devoirs. Mais le père de Condotchisan la persécutait cruellement et finit dans sa colère par dénoncer le propre père de sa belle-fille. Le prince Foin envoya deux bonzes, l'un de Cola, et l'autre d'Yamabouchi, pour intimer aux gouverneurs des ordres très rigoureux et l'injonction de sévir spécialement contre Gaspard. Ils ordonnèrent au nom du prince à Oumanodgio, gouverneur dTamanda,de mettre à mort Gaspard et sa femme et son fils aîné, en qualité de chrétiens. Les habitants de la contrée furent convoqués chez Oumanodgio, Gaspard, averti déjà de son sort, était aussi convoqué. Il voulut s'armer des armes spirituelles, et ceignit le Gordon de Saint-François, puis s'agenouillant devant une sainte image, il pria avec ferveur, et se rendit au prétoire. Deux soldats s'étant présentés pour le lier, Gaspard hésita d'abord à subir cette injure, en raison de sa naissance; mais, entendant dire que c'était à titre de chrétien, il offrit ses mains, et fut déposé comme prisonnier dans un autre appartement. On envoya des gens armés pour saisir la femme et le fils. Le fils se livra comme le père : mais son jeune frère de neuf ans saisit un poignard et blessa l'un des satellites ; on se contenta de le désarmer. Jean Nichimataitchi et sa mère Ursule, liés également, furent laissés à la maison sous
bonne garde. Chacun, de son côté, se préparait à la mort, tandis qu'Oumanodgio faisait tout auprès des bonzes pour obtenir la grâce ; mais ce fut vainement. Gaspard demanda la faveur de mourir en croix, mais il ne l'obtint point, ce genre de supplice étant inusité dans l'Ile.
Le samedi, 14 novembre, vers l'aurore, Gaspard fut conduit au lieu du supplice, et il reçut la mort de la main d'Oumanodgio, qui voulait ainsi l'honorer. A la même heure, on alla prendre la femme et le fils, et sous le prétexte de voir le mari et le père, on les emmena : dans la route on les massacra traîtreusement.
Gaspard et Ursule étaient âgés de cinquantequatre ans, et Jean, leur fils, de vingt-cinq ans. Les chrétiens eurent la faculté d'inhumer les corps dans le cimetière et de réciter les prières de l'Eglise. Marie était inconsolable de n'avoir point partagé le sort de ses parents, et de même Isabelle, femme de Jean. Mais la persécution s'arrêta.
Nichimataitchi, Jean, fils du V. Gaspard Nichighenca, massacré pour la foi, dans File Ikitsouki, le 14 novembre 1609, à l'âge de vingt cinq ans.
Nicolas de Saint-Augustin, Frère de l'Ordre
418 LS MABTYROLÔGE du japon
des Augustins, Japonais , décapité en haine de la foi, à Nisna, en Moscovie, lorsqu'il revenait au Japon, avec le P. Nicolas Melo ; il avait été envoyé à Rome avec ce même Père, en 1597.
Nicolas, Bal allais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, & Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de seize ans.
Nicolas, né en Chine, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de onze ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Nifioyé, Michel, armurier, brûlé vif pour la foi, dans le Tsoungarou, en Dewa, vers le mois d'août 1616. (Voir V. Choan, Mathias.)
NinomiYa, Pierre, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632,
Niyémon , Thomas NaiNgano , décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente et un ans. Il était d'Amacousa.
Il eut les jambes comprimées, la bouche et les lèvres fendues; comme il continuait à répéter le nom de Jésus, il fut décapité, et son corps fut mis en pièces. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)
Niyémon, André, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Ghendaï, le 22 février 1624. (Voir B. Jacques de Car val ho.)
Niyémon , Joachim Coudgirawoca , brûlé vif pour la foi, à Goubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Nizayémon , Léon Tchicougen , décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.
Nizo, Pierre* fils du V. Antoine Youzayémon , brûlé vif pour la foi, en Omoura, le 12 septembre 1628.
Nizo, Thomas, d'Ikiriki, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Ikiriki, près NangasakL le 28 septembre 1630.
Nochima, André Yabou, hôte du B. Camille Costanzo, décapité pour la foi, probablement à Ikinochima, le 22 juillet 1622, & l'âge de soixante-dix ans. II était de Soto.
Nodéra, Jean (ou Ifioyé), hùtc du prêtre François Mourayama, Confrère du Saint-Rosaire, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.
Nogueira , Manuel , Portugais, né à Lisbonne, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Nouyémon, Paul Noumata, brûlé vif pour la ioi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Ogawo, Joachim, de Yamato, brûlé vif pour la foi, àMéaco, le 7 octobre 1619. (VoirV. Tchiousacou, Jean.)
Oïva, Monique, décapitée pour la foi, en Dewa, le 14 février 1624, à l'âge de vingt-sept ans.
Monique Oïva, Tune des servantes de la seconde épouse répudiée par Satakedono, le principal seigneur du Dewa, fut sollicitée par son frère d'épouser un païen, et s'y refusa fermement ; son frère l'obligea pendant un an de servir à la cuisine et d'y vaquer aux œuvres les plus viles. Pressée de nouveau par ses parents, elle coupa sa chevelure, en signe de renoncement au monde. Ses parents furieux la menèrent hors de la maison, et, lui montrant une natte étendue à terre, lui dirent : « Tu renonceras à ta religion, ou tu vas mourir. » Elle s'agenouilla, et l'un des parents lui trancha la tète. C'était le 14 février. Elle était Agée de vingt-sept ans. Son corps enterré profondément par les païens, fut, après plusieurs mois, recouvré miraculeusement par les chrétiens. Une inondation avait couvert la plaine. Quand les eaux se retirèrent, les bonzes découvrirent dans leur temple, au pied de l'idole^ Satacoudgi, le cercueil de la martyre. Ce fut l'occasion de divers prodiges, et les chrétiens finirent par posséder le précieux trésor.
Omi, François Ousoumo, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Osacou, Vincent, fils du V. François Jirobioyé, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Oumanoyo, Michel, laboureur, décapité pour la foi, à Ousouï, en Ghembocou, le 18 septembre 1624.
Ounémé, Jean Catta, brûlé vif pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
En 1624, Yochinobou Satake Outchiono Daiboù, seigneur de la plus grande partie du Dewa, et qui faisait sa résidence à Coubota, ville principale du district d'Àkita , voulut imiter les persécuteurs de Yédo , et prescrivit à Fanyémon Oumezou, son principal gouver- # neur, de procéder contre les chrétiens. Un édit rigoureux fut publié, et quarante-deux personnes, parmi lesquelles vingt et une étaient nobles, furent emprisonnées.
Jean Catta Ounémé, d'illustre naissance, était si éloquent qu'il convainquit ses juges; et il les aurait convertis, si la foi n'était pas un don de la grâce, accepté par la volonté. Ce zélé serviteur de Dieu, père d'un fils de sept ans à peine, l'avait instruit admirablement, et
s'étudiait à le préparer au martyre. Un jour, il lui commanda de tenir en main un charbon ardent : l'enfant le conserva, se laissant brûler jusqu'à la chair vive, en attendant l'ordre de son père.
Tous les prisonniers animés d'un merveilleux zèle et austères comme des novices, dormaient peu et mangeaient moins encore; ils ajoutaient à cette vie d'épreuves des jeûnes de surcroît, et, dit un auteur, « la discipline était, pour ainsi dire, collée à leurs épaules. » Tous, ambitieux uniquement de mourir pour Jésus-Christ, s'appliquaient avec une simplicité parfaite à obéir à leurs compagnons et à les servir. Us n'étaient rivaux que dans la vertu . Les femmes nobles furent détenues chez elles ; on rassembla les autres dans une prison -commune, et plus tard, en des maisons particulières sous la garde des habitants.
Lucie, femme de Jacques Gacoural Dgiroyémone, emmenée par ses parents, criait qu'elle était chrétienne, et elle dit à son père : « Je suis chez vous par force, et je m'estimerai heureuse quand vous me reconduirez en prison. » Sabine, femme d'Alexis Omi Miyémon, menacée du bûcher, répondit : « Que le feu soit bien lent, afin que mon supplice en soit plus douloureux, et ma récompense plus grande. »
Monique, femme de Vincent Fanghiwara
Tchisoyémon, fut liée à une colonne, et laissée quatre jours sans aliments. Cette dame avait avec elle ses deux enfants de dix et de trois ans, lesquels étaient également privés de nourriture, et qui se jetaient au cou ou aux pieds de leur mère, demandant avec larmes où était leur père, et quand il apporterait quelque chose à manger. La noble femme, pénétrée de ces aiguillons mortels , sut néanmoins résister aux plaintes et aux douleurs de ces innocents ; elle les vit languissants et inanimés à ses pieds, et elle fut invincible, offrant à Dieu ses angoisses de mère, et s'affermissant par la contemplation du divin Sauveur, mort crucifié pour le salut de tous. On la menaça d'égorger ses enfants en sa présence. Monique, élevant les yeux vers le ciel : « Frappez, s'écria-t-elle, et immolez-moi sur leurs corps. Vous nous aurez donné la véritable vie ! » On la mit au service de la cuisine, où elle fut occupée quatre mois. Puis on la réunit aux autres prisonnières.
Le 18 juillet, trente-deux poteaux s'élevèrent k trois lieues de Coubota . Les victimes toutes illustres par leur naissance, avaient revêtu leurs plus riches habits; elles étaient d'abord sans liens, et elles en réclamèrent, afin d'imiter le divin Maître. Les femmes ne furent point attachées, non plus que Thomas, âgé de moins de treize ans, et fils de Jeaû Cawaï Tchiyémoné ;
LKS VÉNÉRABLE8 425
cet enfant, qui précédait la bienheureuse phalange, commença les litanies; son père et les autres confesseurs lui répondirent. Pendant le chemin, Tècle, femme de Luc Tarobioyé, se frappait d'une discipline. De charitables chrétiens s'approchèrent des martyrs , pour essuyer la sueur de leurs visages et leur présenter à boire.
Quand le feu s'alluma, les confesseurs entonnèrent les paroles : Miserere nostri. Domine, miserere nostri. Ils furent brûlés à feu tellement lent que leurs cheveux même ne furent pas consumés.
On garda les corps pendant trois jours et trois nuits avant de les laisser enlever par les chrétiens. Ceux-ci leur donnèrent la sépulture , en mêlant à leurs larmes de ferventes actions de grâces et les sentiments d'une joie très sainte.
Ozaraza, Michel, Prêtre de l'Ordre de Saint- Dominique, décapité pour la foi, au Mont-Sacré, près Nangasaki, le 29 septembre 1637, après avoir subi le tourment de l'eau , des aiguilles et de la fosse.
Il était né en Biscaye, et il demeura pendant plusieurs années au couvent de Saint-Thomas de Madrid. 11 obtint la mission du Japon et fut
chargé de conduire une expédition de missionnaires. Aux Philippines, il fut chargé pendant quelque temps d'administrer les Indiens, et il apprit leur langue en même temps que la japonaise. Il arriva en Satsouma avec les Pères Courtet et Vincent de la Croix, le 13 septembre 1637. (Voir V. Courtet.)
Pachêco, Louis Paez, Portugais, né à Cochin, dans l'Inde, ambassadeur portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarante-huit ans.
Le 15 avril 1638, la prise de Chimabara mettait fin à l'insurrection d'Arima. Cette insurrection et la mort de trente-cinq mille chrétiens et d'un nombre immense de païens, à leur occasion, firent cesser tout comjnerce avec les Portugais. La haine devint si profonde à l'égard de ce peuple et du nom chrétien, que, s'il arrivait qu'un Portugais mourût, les Japonais ne consentaient pas à ce qu'il fût enterré dans le pays, afin de ne pas mêler une poussière chrétienne à la terre japonaise»
Aussi, lorsque le 35 avril arriva l'ambassade annuelle de Macao, cette ambassade fut-elle durement éconduite, et le 4 août, le Tochôgounsama défendit aux Portugais de Maeao tout commerce avec le Jap
A la même époque, fut signifiée aux Hollandais et aux Chinois la défense itérative d'amener au Japon des prêtres catholiques, d'importer des ornements sacrés et des livres de religion, sous peine de mort et de confiscation.
Cependant, l'année suivante, le sénat deMacao voulut tenter un suprême effort pour rétablir les relations, et chargea des ambassadeurs d'aller exposer à la cour de Yédo que la cité portugaise n'avait pris aucune part au soulèvement d'Arima, comme les Hollandais en avaient fait courir le bruit, et que nul religieux venu de Macao n'avait pénétré dans l'empire depuis plusieurs années. On choisit les citoyens les plus éminents par leur caractère et par les charges qu'ils avaient remplies. C'étaient Louis Paêz Pachéco, Rodrigue Sanchez de Parédès, Gonzalès de Monteiro de Carvalho et Simon Vax de Patva. Ces quatre personnages acceptèrent le périlleux mandat, et se disposèrent à l'accomplir par la réception des sacrements. Toutes les personnes désignées pour l'expédition, au nombre de soixante-douze, tant marins que serviteurs, imitèrent cet exemple. Des prières publiques furent célébrées par les Ordres religieux et par la ville entière, et le Saint-Sacrement fut exposé dans toutes les églises.
Les ambassadeurs quittèrent Macao le ven-
dredi 20 juin 1640. Après une traversée très pénible et les épreuves d'une tempête aux environs de Formose, ils arrivèrent le vendredi 6 juillet en vue de l'Ile des Martyrs, au devant de Nangasaki.
Les officiers du gouvernement vinrent prendre à bord une lettre des ambassadeurs adressée au gouverneur principal, Baba Sabourozayémon, et, après s'être assurés qu'il n'existait aucune marchanchise, ils détachèrent le gouvernail, et conduisirent le navire dans le port intérieur, vis-à-vis de l'ancienne factorerie portugaise.
Le lendemain, l'artillerie fut enlevée, et le jour suivant, les ambassadeurs et tout leur monde furent conduits à terre, à l'exception de quelques Indiens, laissés pour la garde du navire. On les constitua tous prisonniers dans la loge portugaise, sous la surveillance de soldats omourais, pour attendre la décision impériale; car le gouverneur de Nangasaki s'était empressé d'adresser au Chôgoun un long mémorial rédigé par les ambassadeurs et son propre rapport.
Dans leur mémorial en forme de supplique, les ambassadeurs exposaient les raisons de leur venue, et demandaient le rétablissement du commerce, alléguant des motifs nombreux dans l'intérêt de leur ville et dans celui de l'empereur lui-même.
Mais le Chôgoun avait juré de ne plus rien pardonner aux Européens, et récemment on l'avait entendu dire que la foi chrétienne était mélangée aux marchandises d'Europe, et naviguait avec elles pour venir infecter l'empire.
Le courrier mit seulement onze jours pour accomplir le voyage, qui d'ordinaire exigeait un mois : la réponse impériale revint avec une rapidité sans exemple. Dans la nuit du 1er août, deux membres du conseil suprême, les princes Gangachouma Nimbou et Novaya Manchibayoyé arrivèrent à Nangasaki. Ils amenaient avec eux un nombre de bourreaux égal à celui des Européens. Le lendemain 2 août, jour consacré à Notre-Dame des Anges, les deux hauts commissaires citèrent devant eux les ambassadeurs, afin de les interroger, et de leur notifier la décision impériale.
L'audience fut tenue en très grand appareil : mille soldats occupaient les abords du tribunal, Les prisonniers étaient divisés en trois séries : deux des séries demeurèrent dans la première et la seconde salles ; la troisième composée des ambassadeurs et des Portugais, de race pure, fut seule introduite. Le gouverneur de la ville avait déjà pris séance, au-dessous de l'estrade réservée aux commissaires. Les ambassadeurs furent invités à s'asseoir sur le degré d'en bas, et les autres Portugais demeurèrent debout.
Les commissaires parurent, et l'audience fut ouverte. On demanda aux ambassadeurs comment ils avaient osé pénétrer dans l'empire, et violer l'édit impérial, porté sous peine de mort. Ils répondirent que redit concernait le commerce, et non pas les ambassades, et ils alléguèrent le droit naturel et le droit des nations.
Un interprète fut chargé de lire la sentence. Elle était ainsi conçue :
« Sentence de l'empereur contre les ambassadeurs et leurs compagnons :
st Les crimes commis par ces hommes, durant un grand nombre d'années, en promulguant la loi chrétienne, contrairement aux décrets de l'empereur, sont très nombreux et infiniment graves : l'année précédente, le môme empereur a défendu sous les peines les plus sévères que nul ne fit voile de Macao vers le Japon, et il a décrété, pour le cas où, malgré cette loi, quelque navire enfreindrait la défense, que ce navire serait livré aux flammes, et tous les matelots et passagers sans exception seraient mis à mort. Tous les points ont été prévus, rédigés par articles et promulgués en due forme. Et néanmoins, en venant sur ce navire, ces hommes ont enfreint misérablement le décret et par là-même ont prévariqué gravement. De plus, bien qu'ils affirment en paroles que désormais ils n'enverront plus aucun docteur de
la religion chrétienne, il est certain que les lettres de Macao n'en expriment point la promesse. Et attendu que l'empereur a défendu rigoureusement cette navigation, en raison exclusivement de la religion chrétienne, et que dans les missives de la cité portugaise la mention susdite n'est point faite, il est avéré que toute l'ambassade n'est qu'un pur mensonge. En conséquence, toutes les personnes venues sur ce navire, ont mérité le dernier supplice, et il ne doit même pas survivre un messager de la catastrophe. Il est décrété que le bâtiment sera consumé par les flammes , et que les chefs de l'ambassade avec toute leur suite seront livrés à la mort, afin que la renommée de cet exemple parvienne jusqu'à Macao et dans la patrie d'Europe, et que tout l'univers apprenne à vénérer la majesté de l'empereur. Nous entendons néanmoins que les plus vils de l'équipage soient épargnés et renvoyés à Macao. Que si par hasard ou par un accident de mer, il aborde au Japon un de leurs navires, les Portugais sauront que n'importe en quel port ils seront descendus, tous jusqu'au dernier seront mis à mort. — Donné le troisième jour de la sixième lune de la dix-septième année Couan-Yeï (25 juillet 1640). Les sept gouverneurs du domaine impérial : Cammono Garni, Vovoino Garni, Sanoukina Garni,
tazouno Gami, Cangano Garni, Tzonchimano Garni. »
Après la lecture, il y eut un profond silence. Les ambassadeurs acceptaient l'arrêt de leur mort comme un bienfait divin ; la cause de la foi clairement exprimée donnait à leur supplice la dignité du martyre. Les commissaires firent un signe en croisant une main sur l'autre, et les satellites, saisissant les cordes qu'ils avaient tenues cachées, se jetèrent sur les ambassadeurs et sur leurs compagnons, leur lièrent les mains derrière le dos, et leur mirent la hart au cou.
Pendant qu'on les attachait, Pachéco demanda de quel droit on faisait violence à des ambassadeurs, personnes réputées sacrées chez toutes les nations; et Parédès, appelant un des interprètes, le prit à témoin de ce qu'ils étaient prisonniers et condamnés à mort, en qualité de chrétiens, et non pour une autre cause. On les entraîna dans le vestibule, et l'on attacha de même les deux autres séries. Puis on conduisit ces dernières séries à la prison, et l'on fit rentrer les ambassadeurs et le capitaine. On ignora les détails de la nouvelle audience.
On fit aussi venir les huit matelots restés sur le navire. On interrogea d'abord Jean Delgado, l'écrivain, Canarin de naissance; Dominique de Quadros, chirurgien, de race malabare ; et Jean, marinier, Macalste. On voulut leur faire pro-
mettre d'aller à Macao, pour annoncer le châtiment des ambassadeurs, à titre de chrétiens et de transgresseurs des lois impériales. Us répondirent, sans empressement et sans crainte, qu'ils iraient, si on les envoyait, et qu'ils étaient également disposés à partager le supplice des ambassadeurs et des autres Portugais. Cette réponse excita l'admiration des Japonais euxmêmes.
On demanda si d'autres que le pilote connaissaient la navigation, et étaient capables de ramener le navire à Macao. Plusieurs étaient capables, et gardèrent le silence. Les interprètes insistant, le capitaine Dominique Franco dit au matelot Manuel Fernandez : « Ne sais-tu pas consulter les cartes et prendre la hauteur du soleil? » Dominique répondit : « Je le sais », mais sans ajouter d'autre parole. L'interprète alla demander lés ordres des juges, et revint avec les quatre noms de l'écrivain, du chirurgien, de Fernandez et du contremaître chinois, auxquels on adjoignit neuf matelots, tirés au sort parmi les Chinois et les Indiens de l'équipage.
Vers le soir, on offrit des aliments à tous : nul n'en accepta. La nuit se passa dans la prière ; chacun pleurait ses péchés, et l'on implorait le pardon de ceux que l'on pouvait avoir offensés. Un des prisonniers parvint, avec ses dents,
434 LE MARTTKOLOGK DtJ JAPON
à desserrer ses liens, et délia ses compagnons. Presque tous s'infligèrent avec leur propre corde une rigoureuse discipline. Tous, les ambassadeurs comme les soldats, s'étaient faits prédicateurs, et Parédès donnait l'exemple à tous, parlant avec tant d'onction et de zèle sur la foi de Jésus-Christ et sur l'excellence du martyre, qu'il en perdit la voix et qu'il resta muet jusqu'à l'heure suprême. Tous étaient si pénétrés et enflammés de l'Esprit divin, que les interprètes les invitèrent à modérer leur joie, afin de laisser reposer 1er prisonniers voisins.
Le 3 août, à cinq heures du matin, les officiers de justice vinrent à la prison avec de nombreux soldats ; ils donnèrent de nouveau lecture de la sentence, et séparèrent les treize qui devaient survivre et retourner à Macao. A ceux-ci, on attacha derrière les épaules des pavillons en blanc ; sur les pavillons des condamnés à mort était la sentence en gros caractères.
Les commissaires du Chôgoun offrirent la vie sauve à qui tomberait, selon l'expression japonaise, c'est-à-dire apostasierait. Tous refusèrent généreusement, et Simon de Païva se déclara guéri de ses longues infirmités par la joie d'être condamné pour Jésus-Christ. Benoit de Lima Cardoso, soldat, âgé de dix-neuf ans, à qui l'on demandait s'il voulait tomber, répondit : « Oui, mon corps doit tomber, après que
Les vénérables 435
la tète en sera détachée, et que mon âme sera envolée vers le ciel. » Un Chinois, nommé François, dit qu'il serait heureux, s'il avait cinquante vies, de les sacrifier pqur la foi.
Les interprètes insistèrent auprès de chacun, mais sans les émouvoir. Ils offrirent de l'argent aux serviteurs et aux esclaves ; mais ni la convoitise, ni l'amour de la vie n'arrachèrent un signe de faiblesse à ces âmes véritablement chrétiennes. Une dernière interrogation publique et collective trouva de même les confesseurs invincibles. Les gardes admiraient cet héroïsme, et l'un des interprètes, un renégat, nommé Antoine Carvalho, versait d'abondantes larmes, et encourageait en portugais les bienheureux prisonniers, les conjurant de ne pas renier Jésus-Christ.
Vers sept heures, le cortège quitta la prison. Les commissaires précédaient, environnés de soldats. Un crieur venait à la suite, proclamant la sentence. Puis les nobles ambassadeurs, revêtus de leurs manteaux, mais ayant les mains liées derrière le dos ; enfin les autres prisonniers, la tête découverte, et, par dévotion, ayant les pieds nus. Benoit de Lima Cardoso n'avait pour se couvrir qu'une chemise et un caleçon d'étoffe blanche, ayant fait l'aumône de ses autres habits. Chacun avait la hart au cou, et était mené par un satellite. Carvalho,
s'adressant à ceux qui devaient survivre, leur dit : « Je me nomme Gonzalès Monteiro, fils d'Antoine Monteiro de Carvalho, et de Marie Pinto, et je suis^naturel de Méiamfrio, en Portugal ; je vous prends tous à témoin que je meurs pour Jésus-Christ, et vous le publierez à Macao. » Les trois autres ambassadeurs les chargèrent d'un pareil message.
Aucun désordre, aucune injure, aucune irrévérence ne troublèrent le trajet, de la prison au lieu de la justice. On laissa même aux vaillants confesseurs la liberté d'adresser la parole au peuple et de glorifier Jésus-Christ. La voix de Manuel Alvarez, le maître du navire, se faisait entendre au-dessus du bruit populaire et du cliquetis des armes. Quelques-uns méditaient profondément; d'autres priaient, ou récitaient le chapelet.
A neuf heures, on atteignit le mont des Martyrs, sanctifié par tant d'holocaustes. Les confesseurs se prosternèrent, et baisèrent le sol, que leur sang allait arroser. On les disposa sur un demi-cercle, en trois rangs : au premier rang, les ambassadeurs et les Portugais ; au second, le reste des victimes, et au troisième, à quelques pas d'intervalle, sur une éminence, les treize réservés. Un concours infini de peuple avait occupé la plage et les hauteurs; on eût dit que tout le Japon * " " templer
ce solennel et immense holocauste. Alors Manuel Alvarez, qui prêchait au peuple, et qui encourageait ses compagnons, se montrant à cette heure suprême plus théologien que pilote, ayant aperçu dans la seconde ligne son serviteur Manuel, de race Balalla, jeune homme de seize ans, l'appela par son nom, et le fit placer devant lui : « Mon fils, lui dit-il, je désire à un tel degré votre salut éternel, que je veux vous voir expirer devant mes yeux et me précéder à la gloire. » Et il en fut ainsi qu'Alvarez avait désiré.
En peu d'instants, et presque à la fois, les épées des bourreaux eurent fait leur office, et, en abattant les têtes, séparé les âmes immortelles d'avec leurs corps terrestres. Un seul bourreau donna la mort aux quatre ambassadeurs, à Carvalho d'abord, puis à Païva, Parédès et Pachéco. Celui-ci, très puissant de corps et de forte encolure, ne fut décapité qu'au troisième coup.
Cette immolation glorieuse confondit les païens et remplit de consolation les Japonais fidèles. Soixante et un chrétiens, de dix-sept nations différentes, et de tous les âges, depuis les vieillards jusqu'à un jeune enfant de huit ans à peine, venaient d'être martyrisés pour Jésus-Christ. Il s'y trouvait des esclaves et des serviteurs, au nombre de vingt-neuf, et l'on vit
bien l'efficacité surhumaine de la grâce, dans la constance et le zèle qui les animaient tous, sans que la condition secondaire et l'obligation morale moins étroite, ou bien l'esprit pusillanime engendré par la servitude, eussent amolli leur courage, et les eussent inclinés à se rendre.
On plaça des gardes à côté des corps; mais ces saintes reliques furent laissées intactes et sans mutilation. Un des soldats avait dérobé les souliers en cuir de Cordoue d'un des ambassadeurs : on les lui fit rechausser au cadavre.
Les survivants furent menés au rivage et assistèrent, par ordre des commissaires, à l'incendie du navire.
Le lendemain, on les fit comparaître, et on leur intima le message pour Macao : ils devaient annoncer aux Portugais le supplice de leurs ambassadeurs, et ajouter qu'attendu que le Chôgoun n'avait aucun besoin de l'or et de l'argent des Portugais, il avait ordonné la destruction par le feu de tous les présents et des autres richesses apportées sur le navire. On leur offrit le passage sur des bâtiments hollandais, qui avaient déjà levé l'ancre ; mais ils refusèrent d'être les obligés de ces infidèles. On leur promit de les envoyer par une autre voie. Ensuite on les ramena sur le lieu du supplice, et on leur fit reconnaître les têtes des victimes,
qui étaient fixées sur des tables, et rangées en trois lignes. La sentence était arborée au haut d'un mât. Les corps avaient été mis en terre dans une maison voisine, et l'on avait amoncelé des pierres sur la sépulture. A un second mât, près de la maison, pendait un tableau sur lequel étaient écrits le récit de l'ambassade et les motifs du supplice. Dans cette inscription était exprimée, par un ordre formel de l'empereur, cette menace insensée et sacrilège : « C'est ainsi qu'à l'avenir seront punis de mort tous ceux qui viendront du Portugal dans cet empire, qu'ils soient des ambassadeurs ou de simples matelots, et quand ce serait môme par une erreur de route, ou par l'effet d'une tempête; oui, tous périront, fût-il le roi de Portugal, fût-il Chaca, le Dieu des Japonais, ou le Dieu lui-môme des chrétiens. Oui, tous subiront la mort. »
Les treize matelots partirent le 31 août, sur une embarcation fragile; et après bien des dangers, ayant vu par sept fois leur gouvernail brisé, ils arrivèrent à Macao, le 20 septembre.
La ville tout entière accueillit leur message avec les sentiments les plus admirables, et rendit à Dieu de solennelles actions de grâces, de ce qu'il avait, des ambassadeurs de la terre, fait des ambassadeurs vers le ciel. Les familles des martyrs occupèrent le premier rang dans les
fêtes. Au son des cloches et de l'artillerie, l'hymne de gloire éclata dans les airs, et alla porter aux pieds du Tout-Puissant les joies chrétiennes de ce peuple et ses adorations résignées et reconnaissantes.
L'administrateur de Févêché, le Père Benoit du Christ, de l'Ordre de Saint-François, fit dresser une information authentique, et en transmit les procès-verbaux à Rome.
Pacbéco, Jean, Portugais, né à Lisbonne, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Païva (Simon Vaz de), Portugais, né à Lisbonne, ambassadeur portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans.
Parédès (Rodrigue Sanchez de), né àTomar,
en Portugal, ambassadeur japonais, décapité
pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge
de cinquante-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Pascal, Javanais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nan-
gasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-cinq ans, (Voir V. Pachéco, Louis.)
Paul, fils du P. Léon Takendomi Canyémon, brûlé vif pour la foi, à Arima, le 7 octobre 1613, à l'âge de vingt-sept ans. (Voir V. Canyémon, Léon.)
Paul, chrétien de noble naissance, décapité pour la foi, à Fouchimi, le 23 janvier 1613 après une année de captivité.
Paul, lépreux, hôte des Confesseurs de la foi, décapité pour Jésus-Christ, à Sourounga, le 24 novembre 1615.
Paul, fils du V. Simon Wonogora Zayémon, décapité pour la foi, à Cocoura, le 23 février 1618, à l'âge de douze ans.
Paul, fils du V. Mourayama, Antoine, décapité pour la foi, près de Méaco, en novembre 1619. Il était encore tout jeune.
Paul de Sainte-Claire, Frère de l'Ordre de Saint-François, brûlé vif pour la foi, près d'Omoura, le 12 septembre 1622.
Paul, fils du V. Damien Indégoutchi, décapité pour la foi, dans l'Ile Nacaye, en Firando, le 5 mars 1624, à l'âge de douze ans.
Paul, fils adoptif du V. Louis Yazayémon, décapité pour la foi, en Omoura, le 13 mai
Paul, décapité pour la foi, en compagnie du B. Jacques Fayachida, à Nangasaki, le 10 septembre 1628.
Paul, fils du V. Paul Sandgiouro, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 162P, à l'âge de cinq ans.
Paul, Tertiaire profès de Saint- François, brûlé vif pour la foi, à Yanagatta en Wôchou, le 10 janvier 1630.
Paul, Coréen, submergé vivant, pour la foi, dans les flots, près de Chiki, le 12 janvier 1630, à l'âge de soixante ans.
Paul, fils du V. Louis Gonyémon, décapité pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de quatorze ans.
Paul, lîls du V. Mickel Ikizayémon, décapité pour la foi, à Nicoumiganachi, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Perez, Pierre, Espagnol, né àChantada, ville de la Galice, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de quarantetrois ans.
Pierre, fils du V. Jean Fattori Tingoro, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 11 janvier 1609, à l'âge de six ans.
Pierre y Coréen, poignardé et décapité pour la foi, à Cotchinotsou , le 22 novembre 1614, à l'âge de trente-trois ans.
Il avait été esclave parmi les gentils depuis l'âge de treize ans jusqu'à celui de quarante. On l'avait omis sur la liste des chrétiens à juger, en sa qualité d'indigent, et comme n'ayant pas de maison & lui, mais occupant seulement une boutique à titre de louage ; il réclama et parvint à se faire inscrire. Il fut maltraité, torturé pour avoir invoqué le nom de Jésus, et puis poignarde et décapité. (VoirV. Chinyémon, Matthieu.)
Pierre, mort de misère, pour la foi, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 11 août 1619, à l'âge de deux ans.
Pierre, fils du V. Jean Fachimoto Tafîoyé, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de six ans.
Pierre, de Tamba, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Pierre, fils du V. Antoine Mourayama, décapité pour la foi, près de Méaco, en novembre 1619. Il était encore tout jeune.
Pierre , fils du V. Barthelémi Chitchyémon, décapité pour la foi, le 11 septembre 1622, à l'âge de sept ans.
Pierre, fils du V. Jean Tencamoto Zayémon, mis à mort pour la foi, dans l'Ile de Nacaye, en Firando, le S mars 1624, à l'âge de dix ans. (Voir V. Feibioyé, Lucas.)
Pierre, fils probablement du V. Thomas Gonza, décapité pour la foi, à Omoura, le 29 juillet 1627, à l'âge de quatre ans.
Pierre, d'Ikiriki, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, décapité pour la foi, à Ikiriki, près Nangasaki, le 28 septembre 1630.
Pierre, beau-frère du V. Michel Soukézo, décapité pour la foi, à Cachiyama, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Pierre, Japonais, brillé vif pour la foi, probablement à Nangasaki, le 27 mars 1633.
Pierre, Frère de la Compagnie de Jésus, Japonais, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 20 octobre 1633.
Pirez, Maria, belle-mère du V. Joachim Miné Soukendayou , morte pour la foi , ayant été submergée dans la mer avec une pierre au cou, à Chimabara, le 21 février 1627, à ïêtge de quatre-vingt-huit ans. On lui avait auparavant coupé les doigts des mains.
Protais, fils du V. Jean Vomori Kiyémon, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Quésada (GiNfes de la), Prêtre de l'Ordre de Saint-François, né à Mula, enMurcie, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, vers le 18 décembre
Rakêsolké, Jérôme, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Raymond, fils du V. Pierre d'Ikiriki, décapité
pour la foi, à Ikiriki, près de Nangasaki, le 28 septembre 1630, à l'âge d'un an.
ReiNe, fille du V. Jean Tchiousacou, brûlée vive pour la-foi, dans les bras de Madeleine, sa mère, à Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de deux ans.
Reine, épouse du V. Pierre Nacano Daigacou, brûlée vive et à feu lent pour la foi, à Goubota le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Reine, lépreuse, morte de misère et de faim pour la foi, dans la prison de Yédo, vers le mois de février 1627.
Reine, épouse du V. Ignace Kiyémon, brûlée vive pour la foi, à Chimabara, le 37 août 1633.
Réoghen, Léon Canga, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Réomouï, Joseph, Frère de la Compagnie de Jésus, né dans le Figen, auxiliaire des PP. Jésuites pendant plusieurs années, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à
Nangasaki, le 16 août 1633. (Voir V. Borges, Manuel.)
Rifioyé, Lin, du Tchoungocou, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Rifioyé, Léon Nanda, décapité pour la foi, à Isafaï, le 25 juin 1621, à l'âge de quarante-deux ans.
Léon était né de parents nobles, à Cangowara, district de Sanga, dans la province de Figen. Dans sa jeunesse, il était en faveur auprès de Nabechima Chinano no Cami, seigneur de la province ; mais il s'était démis de ses emplois en faveur d'un parent, pour aller à Nangasaki s'instruire dans la loi chrétienne. Il fut arrêté en vertu de Fédit qui prononçait la peine de mort contre, qui voulait embrasser la foi. Sa femme et ses enfants furent chassés de sa maison, et tous ses biens furent confisqués. Il envoya saluer le traître qui l'avait dénoncé, le faisant inviter à se convertir. Il fut conduit en barque au lieu du supplice, afin d'éviter le concours du peuple. Son corps fut jeté à la mer, et sa tête fut exposée.
Rifioyé, Jean, crucifié pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Ri oc an, Thomas, né dans File d'Amacousa, Frère de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Cocourar vers le 29 septembre 1633.
Risouké, André, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)
Risouké, Michel, de Courocoucbe, en Omoura, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Courocoucbe, le 28 septembre 1630.
Riyémon, BenoIt, crucifié, la tête en bas, pour la foi, à Wacamatsou, le l*r mars 1618.
Riz aï, Léon, décapité pour la foi, àCocoura, le 28 février 1618.
Rocu, fils du V. Paul Tacafachi Fambioyé, décapité pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632, à l'âge de huit ans.
Rocha (Sébastien de), né en Chine, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'Age de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Rocoubioyé, Matthieu, décapité pour la foi, à Nifoumatchi, le 8 février 1632.
Rocouyémon, Louis, massacré pour la foi, dans File d'Oyano, le 7 octobre 1624.
En 1624, dans File d'Oyano, faisant partie de l'archipel d'Amacousa, résidait le P. François Boldrino, qui visitait aussi le Fingo. Le seigneur de cette province n'inquiétait pas les chrétiens. Cependant, en son absence, un de ses officiers, Oumanoyo, gouverneur d'Yachchiro, fit quelques martyrs.
Louis Rocouyémon, tombé dans la persécution, s'était relevé. Le gouverneur le fit prendre avec Marie, sa femme, et Louis, son serviteur, âgé de dix-huit ans, et les fit conduire au supplice. Louis fut baptisé trois heures avant de mourir. C'était le 7 octobre. Marie et le serviteur furent décapités. Rocouyémon fut massacré pari' « Ikida mechi ». Les chrétiens d'Oyano purent recueillir leurs restes. Tous les trois
étaient nés à Cangami, près d'Yachchiro. Rocouyémon était marchand. Il reçut le baptême à l'époque où Augustin Tsoucamidono était le seigneur de la plus grande partie du pays, qu'il posséda tout entier à la mort de Catocacouyédono. Ce dernier avait persécuté les chrétiens, et Louis, encore mal affermi, était tombé honteusement, mais il s'était bientôt relevé.
RocotzAYÉMON, Jean Oumaï, né à Miya, ancien catéchiste des PP. Jésuites, décapité pour la foi, à Coubota, le 4 août 1624.
Rocouzayémon , Grégoire, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Sazoco, en
Rocouzayémon, Jacques Yendo, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632.
Romasaghei, Jean, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Yédo, le 13 janvier 1632.
Rosay, Etienne, crucifié la tête en bas pour la foi, à Nacatsou, le 1er mars 1618.
Rubino, Antoine, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, le 22 mars 1643, dans la ville de Nangasaki.
Il était né en 1578, à Turin, capitale de la Savoie, de parents vertueux et riches, Jean Rubino et Anne Rasa. Il voulut de bonne heure se consacrer à Dieu ; mais, son père s' étant opposé à ce dessein, il implora la Sainte Vierge, obtiut enfin l'agrément de son père, et entra dans la Compagnie. Il achevait son cours de philosophie quand il partit d'Europe, en 1602, dans la grande expédition du P. Albert Laertio. Il devait travailler quarante ans dans les Indes. Il acheva ses quatre ans de théologie au collège de Saint-Paul de Goa, puis enseigna la théologie à Cochin, et dirigea pendant quelque temps le collège de cette ville et ceux de Saint-Thomas. Enfin il fut dix ans recteur à la Pêcherie. Son oraison était continuelle et sa ferveur extraordinaire. Il trempait souvent de ses larmes le saint corporal. Ayant reçu du Père général Vitelleschi Tordre de passer dans la province du Japon, il se rendit à Macao où il y arriva le 9 juin 1638. Le P. Manuel Dias, Visiteur, initia le P. Rubino dans les affaires de la province. Le 21 octobre 1639, à la mort du
Les vénêràèles 4&3
P. Dias, s'ouvrit la lettre close qui pourvoyait au remplacement de ce supérieur. Le P. Rubino, désigné dans la patente, reçut la charge de Visiteur avec larmes et par obéissance. Dès lors, il résolut de passer au Japon. Comme la voie de Manille était plus favorable, il partit de Macao en novembre 1640. Les vents contraires le rejetèrent en Cochinchine, où il demeura six mois. En avril 1641, il se rendit à Manille. Don Sébastien Hurtado, gouverneur général, lui promit son concours. En septembre 1641, le P. Rubino passa à Macao pour tout régler dans cette résidence. Il pourvut aussi à toutes les missions et fit part de son dessein au P. Gaspard de Amaral, vice-provincial du Japon, el aux consulteurs. Il revint à Manille vers la fin d'avril 1642. Il avait alors soixante- quatre ans, et était très affaibli par le travail, mais plein de force et d'ardeur spirituelles.
Il divisa en deux bandes ses compagnons destinés au Japon. La première était composée de lui-même et des PP. Marquez, Moralez, Capèce et Mecinski, avec trois 'séculiers. Cinq autres Pères devaient partir Tannée suivante.
Les voyageurs se déguisèrent en Chinois. Le 11 août 1642, le navire où se trouvaient le P. Rubino et ses compagnons, vint échouer sur une petite lie du détroit de Satsouma. Bientôt ils étaient découverts et conduits à Nangasaki
454 LE MARTTBOLOGE DtJ ikPOH
où ils arrivèrent le 21 août. Quelques jours après, ils étaient mis à la torture et éprouvés par le tourment de l'eau. Ils endurèrent ce même tourment pendant sept mois, de deux jours l'un, ayant un jour de repos et un jour de peine, .c'est-à-dire cent cinq mois.
Condamné au supplice de la fosse, le P. Rubino y demeura suspendu, vivant pendant cinq jours, et il y mourut le 22 mars 1643. (Voir V. Capèce.)
Rueda (Jean de), Prêtre de l'Ordre des Frères- Prêcheurs, Espagnol, originaire des montagnes de Burgos. Il prit l'habit dominicain à Saint-Paul de Valladolid. Etant parti de ce couvent en 1603, il arriva aux Philippines Tannée suivante. Dans la même année, il passa au Japon. Il demeura caché, lors de la persécution de 1614.
On raconte à son sujet qu'un jour, dans la province de Figen, il vit sous l'arche d'un pont un corps humain à demi submergé dans un bourbier, et abandonne pour être la proie des chiens, ou pour être entraîné par la marée montante; c'était une pauvre vieille infidèle. Le Père eut compassion de la triste créature, et plus encore de son âme qui allait bientôt abandonner le corps. Il la fit soigner, la convertit et
lui donna le baptême. Peu d'heures après être devenue chrétienne, la pauvre vieille, que les hommes jugeaient indigne de la vie, expira et alla jouir de Dieu.
Une autre fois, en Firando, le Père recueillit un mendiant aveugle, exposé nu, recouvert seulement d'une natte en lambeaux, dans la saison la plus rigoureuse, et consumé par la dysenterie. Les voisins l'avaient en une telle horreur, qu'on ne le laissait pas s'approcher des portes des maisons : on le poussait avec le pied d'une place à une autre, et l'on se disposait à le jeter à la mer. Le Père le fit recueillir, lava ses plaies avec du vin tiède, le catéchisa, le baptisa, et lui procura bientôt le salut de rame.
Dans la seule contrée d'Arima, il fît relever douze cents apostats. Etant allé à Manille pour solliciter le zèle de ses frères, le P. Jean de Rueda, appelé aussi Jean des Anges, contribua à l'envoi au Japon du B. Louis Florès et de plusieurs autres. Mais il aspirait lui-même au retour. Les supérieurs résolurent de l'envoyer seul, par la voie des Kiou-Kiou, et consacrèrent mille piastres à cette expédition. Le Père passa en effet dans ces lies, et y fut accueilli par un indigène de rang élevé. Dénoncé au seigneur du pays par un bonze qu'il avait convaincu dans la dispute, et qui crut reconnaître un mis-
sionnaire, il fut exilé dans Tlle d'Awagouni, où il demeura plusieurs mois. Dans Tile se trouvait un bois consacré aux idoles, où nul habitant n'osait pénétrer. Le P. de Rueda s'efforça plusieurs fois de détromper ces pauvres ignorants, et pénétra lui-même dans le bois sacré, sans voir éclater de funestes prodiges. Mais le seigneur de File, pour conjurer le courroux de ses dieux, condamna le Père à la mort. On le mit dans une barque, comme pour le conduire dans une autre lie ; et sur mer, on exécuta la sentence, en précipitant le religieux dans les flots. C'était dans le courant de Tannée 1626.
Ce martyre fut longtemps ignoré. Mais le P. Thomas de Saint-Hyacinthe, religieux du même Ordre, envoyé à son tour par la voie des Kiou-Kiou, put connaître le bienheureux sort du P. de Rueda.
Rufine, d'Owari, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Rufine, épouse du V. Simon Jiyémon, décapitée pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.
Rufine, épouse du V. Paul Sandgiouro, décapitée pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Rufine, épouse du V. Jean Ficoyémon, de la Confrérie de la Courroie de Saint- Augustin, brûlée vive pour la foi, à Ikéchima, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Rufinç, épouse du V. Michel Soukézo, de la Confrérie de la Courroie de Saint-Augustin, brûlée vive pour la foi, à Cachiyama, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Run, Laurent, métis chinois, né aux Philippines, dans le bourg de Binondoc, décapité pour la foi, à Nangasaki le 29 septembre 1637, après avoir été suspendu pendant deux jours dans la fosse.
Sabine, épouse du V. Alexis Omi Miyémon, brûlée vive et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
458 LE MAftTTOMQti* W JAPON
Sabi$p; #lle 4u y. Jacqpps Gkeftitpki, dépapité/e pgijr 1$ fpj, à ¥opéz$ya? le 1,3 jagyjer 1629, à l'âge de douze mois.
Sabine, épouse du V. Jean Ghéajémon, morte pour la foi, dans un étang glacé, à ¥cdo, le 24 janvier 1630.
Sabioyé, Jean, Tertiaire de Saint-Dominique, décapité pour la foi, en QmmiW, le 1} septembre 1628.
Sabouro, Dominique Moucaymango, brûlé vif pour la foi, à Wacaipatsou, le 8 février 1632.
Sabourgbigy£, Joaghim, dépapité paur la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1680. (Voir Y. ¥&• moné.)
Sabouro yémon, Louis Wqtsqjj, préfet d'une Congrégation, décapita pour la fait £ Coufoota, le 26 juillet 1624.
LÈS YÊ!tÊfltAflt£$ 459
SAchiéonoya, X: JiàcHiki; brûlé Ht pour la foi, fyrès de Yédd, le 4 décembre 1623; (Voir B. Jérôme de Àngèlis.)
Sacoubioyé, Thomas, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, vers le 7 décembre 1629, à l'âge de trente-deux ans.
Thomas, né à Méaco, s'était mis au service du lieutenant-gouverneur Feizo. Recherchant en mariage une jeune fille, nommée Catherine, il en eut cette réponse que; s'il devenait chrétien, elle r accepterait pour époux. Il consentit à se faire instruire, reconnut la vérité de la religion chrétienne, obtint le saint baptême, et épousa l'objet de ses affections. Dénoncé comme chrétien, il fut mis en prison, lui et sa femme et y demeura plusieurs années. Cependant en 1628, Cawatchino réussit à les faire apostasier, mais ne les renvoya pas libres, thomas se Repentit àlofs amèrement et fit pénitence. Le gouverneur Ounémé prescrivit d'exécuter à son égard la sentence anciennement rendue, et de le brûler à titre de chrétien. Thomas accepta gêriérèugertient la sentence; il fut conduit le thème jotir ati lied des saints (on appelait ainsi la place où les chtétietrë
étaient mis à mort), et expira dans les flammes, à l'âge de trente-deux ans.
Catherine, également pénitente, eut l'heureuse fortune d'être aussi condamnée. Elle fut mise à mort par Tépée, sous les yeux de son mari, déjà lié au poteau, mais qui vivait encore.
Sacoujouro, Pierre, fils de Jean Vosaki Chinzayémon, décapité pour la foi, à Wacamatsou, e 8 février 1632.
Sacounocho, Mancie, décapité pour la foi, à Chizacawa, en Wôchou, le 31 janvier 1632.
Sacourai, Jean, de Boungo, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Sacouyémon, Cosme Chîrata, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Sacouyémon, Paul Outchibori, précipité pour la foi dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Ougen, le 28 janvier 1627.
Au mois de janvier de Tannée 1627, se trouvaient dans la prison de Chimabara trente-deux confesseurs de la persécution dernière. Il y avait encore Paul Outchibori, de Chimabara qui avait déjà souffert pour la foi dans les années précédentes. Au mois de novembre 1614, lorsque le gouverneur Safioyé s'était rendu à Arima, pour y sévir contre les chrétiens, Paul avait été incarcéré. Il était insatiable de souffrir. Un Père, qui le visita, le plaignit d'être exposé aux intempéries de l'air, quoique ce fût au fort de Thiver; Paul lui dit : « Je ne sens pas le froid. » Et en eflet, l'amour de Dieu réchauffait son âme et rendait son corps insensible. Safioyé ne voulut pas ordonner sa mort, par égard pour son frère, lequel était l'un des principaux personnages de Chimabara, et il le renvoya provisoirement comme prisonnier dans sa maison.
Plusieurs années après, le lendemain de la capture du P. Zola, son hôte ordinaire, Paul s'était présenté devant les juges, réclamant contre la capture de Jean Naisen, qui avait abrité le Père un seul jour, et revendiquant le glorieux privilège de partager la prison de ce dernier. Les magistrats firent rapport à la cour, et le 10 mai 1626, Tordre vint d'incarcérer Paul, sa femme Agathe et toute sa famille. Jean, chez qui le Père avait été saisi, fut déclaré Thôte, à qui seul incombait le châtiment légal. Mais
462 le MtffïàÔi&i! fit japon
Paul fut détenu comme ëhëf des chrétiens. Il Était dlgiie d'êttë ëonsîdété ëëffltaëtël. t)àfl§ les Conférence il coitihiëti^alt pâb lëà ëhëSëS de la tettë, et en tin clifa d'tëil; il était dfch§ le êiël, discourant slvefc une hier Veillé lise SlOqliëiiëe Sûr les trésbi-s de ràtrié, et ëoôSolâht ttiitè sëfe auditeurs. Mais bë qui thoitti-ë biëti Quels étaient ses seîititneiitë de liSutè piété; fc'èët la lettre suivante (Jli'il écHtâit à Sbii jtërë Spifittiël :
(< Sa divine Majesté m'd fait la pàcë^ ètpfrès que j'feus qtiitté fce pafa d'être fait pHsàfinièr pbùr l'honneur de JésuS-Ghrist. Mais; cjùoiqiië j'aie fait côhnàitfre nies sentiments àui gouverneurs de Chituàbafe, r&foiito iie S'est pas cbncltie au feré de tiies dêSifci; D'ici; j'fci été eh^ voyé à Nàtigdsàki, pdiii* y terthihëf itia Vie àvfee les autres chrétiens. Mais thbi ëëUÎ et iritt fëifi&ie sonimes restée jprivéâ dune éonsdlàlibii si grande. Un seul èhcdiirageméiit hotte aVftit été donné, c'est cjti'â leur départ les SeFVitëùrs dé Dieu , qui depuis lors ont Subi la mort -, hVavaient promis d'intercéder eh tnà favelit* ri u près de si Majesté diviiië. Je piïfe de ihêfflé Vbti* FtëVéreheë, 6 moh Père SpiHthcH potit l'hbnneltr de DJëù, dfe iii'didèfr à obtenir Uiië §i gifcndé gfàce de la part de mon Seighëur: Éh effet-, riiàlgré que j'en sois indighe; me cbhfiatït êh là hiiséricordë infliliè, je là déliré et je riiflpldrë; ët> bien que je Sois Uîi trêfc gràhd pëëheùfr, et par
LE9 YÉHÉRÀBLES 463
là nlême très indigne de mourir par le fer on le feu, je lé prie au moins de tne faire demeurer assea longtemps dans cette prison, afin d'y laissé* ma vie pour son aftiour* quand je de- Trais y demeurer cent ans. Mais* profondément convaincu qiie nies péchés me priveront d'un si grand bien, je charge de iiouVeaii Votre Révérence de prier pour moi; et é tarit dé là Gonfrérie fle Sâinfe-Ignace dans ce territoire, j'ai Votre Révérence pour pasteur* et je suis sa brebis* J'ai doné la confiante qu'Elit* né m'oubliera pafe, et que j'obtiendrai l'objet de mes désirs, n
Le 20 février, on réunit à Paul sa femme Agathe et ses trois enfants 3 Balthasard, Antoine fet Ignace.
Le 21 février au matin > Yerochiao Mburayama* l'un des gouverneurs > vint à la prison pour eséetiter les ordres du seigneur; On laissa dans la prison Agathe, femme de Paul et Gracia, féttime de Thomas Soéhin* Tous les autres furent conduits abptès d'un fossé de la citadelle. Sei*è d'entre eus devaient aVoir tous les doigts dès mains coupés* et être ensuite précipités dans la iher avec une pierre au cou.
Les feeize étaient Jacques Ghitchibioyé et Marie, sa femme; Gotnec Mori Ybchibioyé et Isabelle* sa femme; Vincent Soughi Fatchiroza= yémoh et Madeleine, sa femme; Agathe* femme de Thotrias Ghingoro ; tous les sept de Moki ; —
Paul Ghennaï Soukéyémon, d'Ariye; — Marie Pirez et Isabelle, femme de Gaspard Sozan, ces deux de Cotchinotsou. — Gracia, femme de Thomas Sochin; Michel Ikizo et Jean Ifioyé, , fils de Paul Kiouzo, ces trois de Foucaye; enfin Balthasard, Antoine et Ignace, âgé de cinq ans, tous trois enfants de Paul Outchibori, et naturels de Chimabara. — Tous, à l'exception de Gracia, qui fut laissée dans la prison, furent conduits au lieu du supplice avec des banderoles portant cette inscription : « Par le chemin des eaux, ces serviteurs du démon iront au feu de l'enfer. »
Marie Pirez, la vénérable vieille, que d'ordinaire on portait à bras, se sentit le courage et trouva la force de cheminer à pied.
Les quinze condamnés furent rangés d'un côté, et les vingt qui devaient survivre furent placés de l'autre.
Le premier appelé fut Antoine, second fils d'Outchibouri. Le président demanda au père quels doigts il fallait couper à son fils. « Ceux et en tel nombre que vous voudrez, » répondit le père. On trancha les trois doigts du milieu de chaque main. Balthasard qui venait après, félicita son frère, et souflrit avec un égal courage. Ignace, le plus jeune, à qui l'on coupa l'index de la main droite, se contenta de regarder sa main, et de sourire en voyant le sang
couler. L'index gauche étant aussi coupé, l'enfant donna encore un regard à cette autre main. Beaucoup de païens s'éloignèrent pénétrés d'horreur.
On mutila tous les confesseurs en leur abattant les doigts, tranchant un plus grand nombre aux uns et un moindre aux autres, sur un signe du gouverneur.
Enfin les quinze furent mis en deux barques, et les vingt autres, dépouillés nus, furent mis tous ensemble en une autre barque très grande.
On plongea les martyrs dans la mer à plusieurs reprises, les retirant pour leur faire prendre haleine, et les replongeant ensuite; et Ton finit par les submerger.
Paul Outchibori, du nombre des vingt, imitant le patriarche Abraham, offrit à Dieu ses fils : Antoine mourut le premier, Balthasard ensuite, Ignace le dernier, le jeune enfant fut suspendu pendant une heure au-dessus des flots, à la vue de son père.
Gracia, femme de Sochin, fut alors amenée de la prison. Elle eut les doigts coupés et fut précipitée dans la mer.
Après cette exécution, les vingt furent ramenés à la place où leurs habits avaient été laissés. Pendant leur absence, on avait cousu sur ces vêtements, à l'endroit des épaules, des morceaux de toile avec l'inscription suivante ;
406 LE MJULTYROUME 08 JAPON
« Cette peine est infligée à eera-ei pouf n'avoir point abandonné la religion du Christ. Ils iront mendiants , et l'on pourra leur faire l'aumône, mais nul ne pourra les recevoir dans sa maison, où lent louer des chatfrbresy èons les peines les plus rigtatreuses/ ne fût-ce que pour en tétiipg infiniment (tarif t. S'ils tiennent à moiirir,' on en doit donner avis sur-le-champ, avant d'enterrer lénrs corps; et si quelqu'un ose les ensevelir, sans avoir donné avisj qu'il feaehè que son ehàtiitietit sera Itt fncrrt; » Les vingt servitenrs de Diett Revêtirent lento habits} puis ils reçurent l'empreinte. On lenr coupa plusieurs doigts des mains/ quatre, cinq on sii, et chaque doigt en trois segments. Paul Odtehibdri prononça de belles paroles : <t Gtuirdgéy tries frères, ces tôttr ttiertts sfcttt légers : le fer afdent ne m'a pas causé pins de douleur que le moxa que nons appliquons p&ur guérir, et le coutelas qui m'a tranché six doigts he m'a pas eansé plus de mal que si Ton m'avait ttiuehé avec tinë feuille d'iris. »
Tous sôtiffritènt aussi génêteusement; Lé dernier fut Jean Impey qui efct qdatrè doigte coupés.
Quelques frenégatâ qtii étaient présents,furent pénétrés dé tepentiiv et, &'ap£roéhant des victimes, en*eltfppè*eàt àvee du papier leurs doigts mutilés, potir étaricher le sang.
Le seigneur Rpungpdonp fit ^lprs iptipier $ux confesseurs l'ordre 4'*ller pft Us Ypu4raie»t, mais sans sortir 4e h jur^icftop 4'^rûpî.
Ils passèrent l* prendre nuft à la pprte d'une cabane, fans û fanbmpg de Ghinjaburç. Les chrétiens accoururent, leur 4pn#è?e$t 4es alimente, les pourrirent aypp 4es p^Hes et leur allumèrent des feijx; quelques-iips voulurent les recueillir d*g« leurs n^ispps, piajis les cp&fessenrs refuserez PPtëe offrp, ije ypulant être pour personne HP spjpt 4e persécution. Pendit cette nuit, Pafll Qatchibori pt Jearç Feigacoua tombèrent en faiblesse. lj$ reprirent leurs sens au bout d'une, beure. J.es Autres perséyérèrent dans la patience et la prière. On ponrçut alors que les apparitions célestes ayaiepf; consolé les deux cpnfpsseurs qui s'étaient évanouis.
Bientôt ils se 4ivisèrep^ et aljèrept cfcerpher leur subsistance dans la campée. Quatre d'entre eux, p^ul Outcbjbori, Jp&pbin* Spii^r dayon, Marie, sa femme, et Gaspard Soz^P 4pr meurèrcpj ai* m&JW l^u, ce proposant de mener unp vie plus parfaite, et de pratiquer une pénitence très austère* Paul prêçbait le repentir au* chrétiens apostats, et leur faisait considérer l'ptendue de 1^ bopté divine.
Mais peu de jours après, les saints exilés reçureut l'or4re de revepir 4 Çbimab^ra. Roungod#no, sachant qu'ils forUifaien}; les ijdples et
468 LE MARTYROLOGE DtJ JAPON
faisaient relever les faibles, avait résolu de les mettre à mort. Mais, par une invention vraiment diabolique, il les fit conduire à la Bouche d'Enfer, cratère d'eaux sulfureuses existant sur le Mont-Ougen, et qui était l'objet d'une horreur universelle.
Le 28 février, troisième jour de la première lune japonaise, on envoya seize confesseurs pour y être précipités; c'étaient Paul Outchibori Sacouyémon; Gaspard Kizayémon, et Marie, femme de Joachim Soukendayou; ces trois de Chimabara; — Gaspard Sosan, et Louis Chinzabouro, de Gotchinotsou ; — Denis Saiki Tenca, et Louis Kizo, Damien Itchigata, Léon (ou Louis), Nacaymé Socan, Paul Kiouzo, son fils; Jean Kizaki, de Foucaye; — Jean Feisacou, d'Ariye; — Thomas Chingoro, frère de Jacques Chitchibioyé ; Alexis Chofatchi, frère de Vincent Fatchirozayémon; Thomas Condo Fioyémon, de Moki ; — Jean Araki Canchitchi, de Conga.
Les quatre autres furent laissés dans la forteresse; c'étaient Jean Indo Impey, de Foucaye,
— Joachim Mine Soukendayou, de Cotchinotsou, — Barthelémi Baba Fanyémon, de Foucaye, — et Louis Soukéyémon, d'Ariye;
— parce qu'étant des Choïas ou chefs de populations, ils avaient des comptes à rendre avant d'être envoyés à la mort.
Les seize firent de tendres adieux à ceux qui restaient. Eux-mêmes s'étaient bien préparés à la mort, par un jour et deux nuits de prières.
Les présidents de l'exécution étaient Miyegawa Kifioyé et Ito Fanyémon.
Les confesseurs commencèrent la montée sur des chevaux, et, dans la partie la plus abrupte, on les porta dans des cangos ou chaises, jusqu'à la maison du gardien, chargé de montrer les cratères. Alors ils entonnèrent le Laudate Dominum, omnes génies, et Paul adressa aux païens de touchantes paroles. Arrivé au bord du cratère, le même Paul récita le Nunc Dimittis.
Tous furent dépouillés, et on leur attacha la hart au cou, afin de pouvoir les plonger et les retirer à loisir. Le premier appelé fut Louis Chinzabouro. On lui ordonna de se jeter dans l'abîme : et celui-ci, plein de zèle, et en invoquant Jésus et Marie, se précipita. Mais Outchibori dit à ses compagnons que nul ne devait être l'auteur de sa mort ; et les autres refusèrent de se jeter eux-mêmes et attendirent qu'on les précipitât. Le dernier de tous fut Paul Outchibori, qui fut plongé et retiré plusieurs fois, et à la dernière, il prononça ces paroles : « Loué soit le Très Saint Sacrement ! »
Le 3 mars, Jean Impey expira à Poucaye.
Sacouyouro, Simon, fils du V. Thomas Matsouyama, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Sacouzayémon, Léonard, hôte et compagnon des missionnaires, mis à mort pour la foi, à Chimabara, le 3t mai 1630, (Voir V. Chibioyé, Thomas.)
Sacouzo, Cosme, de Caratsou, marinier, décapité pour la foi, àNangasaki, le 2 octobre 1622, à Page de quarante ans. (Voir B.» Yakichi.)
Sacouzo, Thomas, d'Omoura, marinier, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 2 octobre 1622, à l'âge de trente ans. (Voir B. Yakichi.^
Sacouzo, Gaspard, de Miyé, Tertiaire de Saint- Augustin, briilé vif pour la foi, à Miyé, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Sadayou, Simon Couanto, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
LES VÉNÉRÀBLE8 471
Sadenii, Bonàventure, mort pour la foi, dans un étang glacé, à Yédo, le 24 janvier 1630.
Sàdouyo, Pierre, Novice de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, en Arima, probablement en Tannée 1627.
Sacbioyé, Simon, décapité pour la foi, à Yédo, le 10 avril 1615.
Au commencement d'avril 1615, le P. Jacques de Saint-François résidait & Yédo, chez Simon Saïbioyé, majordome de Catosamandono, et dans le palais même de ce seigneur.
Au carême, la ferveur des chrétiens fut admirable. Mais, en présence du concours extraordinaire, le Père, en bénissant les oliviers le jour des Rameaux, avertit ses fidèles de l'imminence du péril : il voulut néanmoins rester jusqu'au jeudi saint.
Sur ces entrefaites, il fut dénoncé à Catosama et fut pris le mardi saint 4 avril, avec Louis, Japonais lépreux, son compagnon ordinaire; et Simon Saïbioyé. Thomas, catéchiste, qui était absent, accourut à la prison et demanda la grâce d'être réuni à son maître ; il l'obtint à forces d'instances.
Simon Saïbioyé voulut se confesser au Père. Celui-ci lui ayant demandé s'il sentait quelque péché dont il crût devoir s'accuser, Simon répondit : « Mon Père, depuis le dimanche des Rameaux, jour auquel je me suis confessé et ai communié, jusqu'au moment présent, je n'ai, par la divine miséricorde, rien dont je puisse m'accuser, si ce n'est d'avoir, par mon défaut de prudence, occasionné la capture de Votre Révérence, et ceci va laisser les chrétiens orphelins et sans consolations. A l'égard de ma conscience, je n'ai point de scrupules. Mais je me reconnais un vermisseau misérable et inutile, et, en vérité, Dieu Notre-Seigneur me fait une grâce insigne s'il veut bien m'accepter pour victime, car je n'ai nullement mérité de mourir pour sa sainte foi et pour son amour. Et, toutefois, j'appréhende que la sentence qui sera rendue ne soit point exécutée, en raison de mes péchés sans nombre. » Il se jeta alors aux pieds du Père, en lui demandant pardon. Le Père lui répondit : « Plaise à Dieu, cher frère de mon âme, que nous mourions ensemble, au même lieu et & la même heure ! Et quand tu aurais commis quelque imprudence de nature à provoquer ma capture, si je meurs pour avoir prêché l'Evangile, je te devrai d'infinies actions de grâces. »
Simon fut décapité pour la foi le 10 août. Il
était de la province d'Iyo, dans le Chicocou. Dans son pays, il était l'hôte ordinaire des religieux de la Compagnie de Jésus.
Saïbioyé, Siméon, fils du V. Valentin Nacamaki Mondo, décapité pour la foi, & Nifonmatchi, le 8 février 1622.
Saito, Paul, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Japonais, né dans la province de Tamba, mort pour la foi dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 2 octobre 1633, à l'âge de cinquante-six ans. Il y avait été suspendu vivant pendant sept jours entiers. (Voir V. Fernandez, Benoit.)
Sampei, X., neveu du V. Jean Mitchicava, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Yédo, le 13 janvier 1632, à l'âge de dix-sept ans.
SampeI Michel ; brûlé vif pour la foi, à Chimabara, le 27 août 1633.
Sanche, décapité pour la foi, à Fanghi, dans le Nangato, le 13 avril 1618.
S anche, fils du V. Jacques Cheikitchi, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 13 janvier 1629, à l'âge de quatorze ans.
Sanchitchi, Simon Kiota, Tertiaire de Saint- Dominique, décapité pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628.
Sancouro, Paul, fils du V. André Camon, brûlé vif pour la foi, à Ghendal, vers le 4 février 1624.
Sandgiou, Jean, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.
Sandgiou, Paul, -décapité pour la foi, à Gocoura, le 25 juillet 1618.
Sandgiouro, Paul, décapité pour la foi, à Yonézawa le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné.)
Sanghichi, Adrien Sounga, du village d'Aracawa, décapité pour la foi, à Arima, le 22 no-
LES VÉNJÉRABLES 475
vembre 1614, à l'âge de trente et un ans. (Voir V. Acafochi.)
Sanjouro, Josefh, fils de la Ve Marthe de Wacamatsou, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou le 8 février 1632, à l'âge de neuf ans.
SaiNjouro, Romain, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.
Sansouré, Jacques Sasatchi, brûlé vif et à feu lent pour la foi, àCoubota, le 18 juillet 1624.
Santabo, Pierre, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Àngelis.)
Sanzo, Ignace Cavatchi , brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Sassanda, Michel, décapité pour la foi, à Tonchaï, près de Yédo, le 16 août 1613. (Voir B. Franco.)
Sazayémon, Antoine, mort pour la foi dans un étang glacé, à Chendal,le 22 février 1624. (Voir B. Jacques de Carvalho.)
Satémon, Mancie Yochino, décapité pour la foi, à Yonezawa, le 12 janvier 1629.
Mancie était noble de naissance ; il était chef de la Confrérie, et très habile dans renseignement des saints mystères; cependant il avait faibli dans la confession de cette foi qu'il avait si éloquemment enseignée aux autres. Mais la divine miséricorde lui rendit le courage, et lui permit de devenir martyr; condamné comme chrétien, il envoya ses armes au gouverneur et protesta qu'il voulait mourir pour Jésus-Christ. Julie, sa femme, qui n'avait point faibli, fut mise à mort avec lui.
Sayémon, François, mort pour la foi dans un étang glacé, à Yédo, le 24 janvier 1630.
Sayémon, Jean, mort pour la foi dans un étang glacé, à Yédo, le 24 janvier 1630, à l'âge de soixante ans.
Sàyoun, Thomas, décapité pour la foi, à Fingo, le 24 janvier 1630, à l'âge de cinquante ans. Il avait été baptisé à seize ans. Depuis lors, il avait été l'infatigable compagnon des missionnaires, et en particulier le catéchiste des PP. Jésuites. Il fut exilé et revint. Il fut décapité de la main du prince, à la vue de ses propres enfants : on leur abandonna son corps.
Sazayémon, Pierre, brûlé vif pour la foi, près de Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)
Sazouké, Pierre, de Miye, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Sébastien, Balallais, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-trois ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Sinsouké, X., décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.
Séraphine, épouse du V. Sanche Chinzo, affiliée au Saint-Rosaire, brûlée vive pour la foi, avec l'enfant qu'elle allait mettre au monde, à Nangasaki, le 25 novembre 1618.
Sidotti, Prêtre sicilien, mort pour la foi, au Japon, en 1709. 11 était d'une naissance distinguée et l'un de ces hommes à qui rien ne coûte, et que rien ne rebute, quand il s'agit des intérêts de Dieu. Apprenant les vains efforts qu'avaient fait plusieurs missionnaires pour entrer dans le Japon, consoler et instruire les fidèles de cette Eglise désolée, il espéra d'être plus heureux et partit d'Italie, en 1702, pour cette œuvre apostolique. Il n'arrriva à Pondichéry qu'en 1704, et au Japon qu'en 1709. On ne sait positivement ce qu'il y devint; mais l'opinion générale dans les Indes est qu'il fut reconnu d'abord et mis à mort, sans avoir recueilli d'autre fruit de son voyage et de son zèle, que sa propre sanctification.
Simon, fils du V. Paul Fioyé mon, brûlé vif pour la foi, à Itchinomia, en Owari, en 1631.
Singano, Louis, hôte des Pères Augustins,
décapité pour la foi, à Nangasaki, le 11 décembre 1632.
• * Sirocou, Jérôme, d'Aki, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Sisto, Thomas, maire du village de Nanochi, décapité pour la foi, à Cambachinoura, en Omoura, le 26 juin 1625.
Sobioté, Jacques Sasaxi, hôte des PP. Jésuites, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Soc a, Louis, mort pour la foi au Mont-Oungen, après avoir été aspergé pendant six heures d'eau sulfureuse, le 17 mai 1627, à l'âge de soixante-sept ans. Son corps fut ensuite précipité dans le cratère.
Socan, Léon Nacatmé, de Foucaye, précipité pour la foi, dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627. (Voir Sacouyémon, Paul.)
Sochin, Thomas, mort pour la foi, à Chimabara, le 11 février 1627, après avoir été torturé par le fer et le feu. (Voir Impey, Jean.)
Sodgiouro, Laurent Ighé, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.
Sogoro, Cosme, brûlé vif pour la foi, à Itchinomia, en Owari, en 1631.
Sogoro, Léon, brûlé vif pour la foi, à Itcbinomia, en Owari, en 1631.
Sosan, Gaspard, de Cotchinotsou, précipité pour la foi dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)
Sosouké, Jean Nagamoura, d'Amacousa, décapité pour la foi, à Arima, le 22 novembre 1614. à l'âge de trente-sept ans. (Voir V. Acafochi.)
Sotcmyémon, Philippe Mioura, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
Soucounaï, Léon (ou Satchozaï), décapité pour la foi, près de Yédo, le 17 août 1613. (Voir B. Franco.)
Soucounanga, Nicolas Kéyan, Frère de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi dans le supplice de la fosse, où il demeura depuis le jeudi à trois heures du soir jusqu'au dimanche suivant à neuf heures du matin, à Nangasaki, le 31 juillet 1633. C'est pour lui que fut inauguré ce cruel supplice.
Il était de la province d'Omi, et avait été élevé dans le séminaire de la Compagnie. Il entra dans la Compagnie de Jésus en 1588; il était grand prédicateur. Exilé en 1614, il revint bientôt. Il fut pris dans le Figen en 1632. -
Un jour, ses gardes le trouvèrent délié et assis. 11 leur dit que la Très Sainte Vierge était venue le consoler et lui avait présenté à boire. Les gardes trouvèrent à quelques pas une source d'eau vive et pure, sortie de terre miraculeusement. Us demandèrent à Nicolas s'il ressentait de la douleur par l'effet des tortures.
Il répondit : « Je ne souffre point, si ce n'est de ne pouvoir convertir le Chôgoun et tout le Japon. Mais les autres douleurs ont disparu devant la Sainte Vierge, comme les nuages devant le soleil. »
Le Vénérable Frère mourut à soixante-quatre ans, ayant quarante-quatre ans de Compagnie.
Soukejiro, Paul, fils du V. Pierre Cazzouké, Confrère de la Courroie de Saint- Augustin, décapité pour la foi, à Firochima, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Soukendatou, Joachim Mi né, niort pour la foi, écorché vif et brûlé par l'eau sulfureuse dont il était arrosé, au Mont-Oungen, le 17 mai 1627. Sa patience avait tellement excité la rage des bourreaux qu'ils lui déchirèrent les côtés avec des couteaux, et versèrent dans ses plaies de l'eau sulfureuse. Son corps fut précipité dans l'abîme. Joachim avait soixante ans.
Soukenojo, Jérôme, décapité pour la foi, à Nifonmatchi, le 8 février 1632.
Soukéyémon, Léon Fayachida, officier de la seigneurie d'Arima, brûlé vif pour la foi, à Arima le 7 octobre 1613. (Voir V. Canyémoné Léon.)
Soukéyémon (ou Fourouyé), Paul Ghennaï, né à Ariye, précipité, pour la foi, avec une pierre au cou, dans les flots de la mer, à Chimabara, le 27 février 1627, à l'âge de soixante-dix ans. On lui avait auparavant coupé tous les doigts des mains. (Voir V. Impey.)
Soukéyémon, Louis, mort pour la foi, tout brûlé et écorché vif par les eaux sulfureuses du Mont-Oungen, puis précipité dans le cratère, le 17 mai 1627.
Le 17 mai 1627, dix martyrs furent torturés à Oungen et finirent par être précipités dans l'abîme. Jean Cbozabouro Matzoutaké, de Chimabara, tourmenté d'abord, puis exilé par Gobioyé Yamauiato, qui l'avait en sa garde, était demeuré secrètement & Foucaye. Apprenant qu'il étai dénoncé, Jean se livra lui-même, pour ne pas être à quelque autre une occasion de souffrir. On saisit avec Jean sa femme dont le
nom est ignoré, Michel Yokichi Fioyémon, son fils, Marie, femme de Michel et leurs trois enfants, et Paul Kiza Kioufatchi, vieillard de soixante-quatorze ans. Le gouverneur Sancourodono fut chargé, le 16 mai, de les conduire à la mer et de les noyer. Michel Fioyémon, si courageux dans les persécutions précédentes, à dater de 1614, eut peur de la mort et promit d'apostasier : ses trois fils l'imitèrent Paul Kioufatchi, en raison de son âge, fut provisoirement exempté de tortures. Cependant Marie, femme de Michel, désolée de ces chutes, fit paraître un merveilleux courage. Elle fut plongée sept fois, et on lui brisa la jambe entre deux solives. Jean Matzoutaké fut plongé sept fois, et on lui brisa pareillement la jambe. Ensuite on soumit les confesseurs à un tourment impur, et tel qu'il ne peut être exprimé. La femme de Jean se rendit alors.
On porta Jean dans la prison, et Marie dans la maison d'un païen, on espérait la réduire par la vue de ses enfants, mais cette femme était sanctifiée par la souffrance, et son détachement de la terre paraissait absolu : dès cette heure, elle ne voulut plus même allaiter sa petite fille.
L'ordre vint de conduire, le 17 mai, les confesseurs à Oungen. C'étaient Jean Chozabouro Matzoutaké, Marie, femme de Michel Fioyé-
mon; Paul Kioufatchi; Joachim Soukendayon ; Barthelérai Fanyémon; Louis Soukéyémon ; Paul Magoyémon; Louis Soca et Madeleine, sa femme, Paul Mofioyé, leur fils. Les condamnés passèrent la nuit en prières. Le matin, qn s'achemina vers la montagne. En passant devant la maison du martyr Jean Naisen, Louis Soukéyémon s'inclina profondément, et s'écria : « Bienheureux champion de Jésus-Christ, priez pour nous! car à la vingtième heure, avec l'aide de Dieu, nous vous reverrons dans le ciel. »
Marie et Jean, à qui Ton avait brisé la jambe, furent portés en chaises. Les autres venus à cheval jusqu'à Foucaye, gravirent à pied la montagne. En arrivant, les martyrs vénérèrent le lieu de leur supplice. Deux d'entre eux, Barthelémi et Joachim, selon la coutume japonaise, en des occasions solennelles, composèrent des distiques.
Paul Mofioyé fut appelé le premier : on le plongea trois fois, tandis qu'il invoquait Jésus et Marie; on le retira mourant, et on l'aspergea d'eau sulfureuse par tout le corps, jusqu'à ce qu'il rendit l'âme aux pieds de son père.
Marie, puis Madeleine, le suivirent; alors on bâillonna tous les confesseurs pour les réduire au silence. Marie fut plongée, puis inondée d'eau, et elle expira. Pour Madeleine, on
changea le supplice; on l'arrosa, se servant d'une écuelle armée d'un long manche : la tète seule était exceptée ; puis on l'inonda d'eau froide. On continua ainsi pour les autres. On obligeait les victimes d'être tantôt debout et tantôt assises.
Après six heures de supplice, les confesseurs étaient comme écorchés vifs, leurs forces naturelles étaient anéanties, et ils se laissaient tomber à terre. Mais bientôt ils se ranimaient par l'amour du martyre, et reprenaient leur situation première.
Tous expirèrent le 17 mai, et leurs corps furent chargés de pierres et submergés dans l'abîme. Les exécuteurs de la sentence avaient été Gompeï Wocouï et Fatchibioyé Sacada.
Soukétémon, Ignace, de Tégouma, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Tégouma, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Soukéyémon, Paul Nangachi, Frère du Tiers- Ordre de Saint-Augustin, décapité pour la foi, à Fonconofara, près de Nangasaki, le 28 octobre 1630.
Paul était du bourg de Cotchinotsou, en A rima, et fils de parents chrétiens. Il était
commerçant et marinier. 11 abritait les missionnaires dans sa maison, et les conduisait aussi de place en place. Il avait été pris non loin de Firochima, et mis deux fois à la torture, afin qu'il dénonçât la résidence du P. François de Jésus. (V. B. Chozambouro.)
SoukezaïmOin, Thomas, brûlé vif pour la foi, à Tacaoca, métropole du Tsoungarou, le 27 décembre 1625.
En 1625, malgré les rigueurs delà persécution, il y eut, dans le Wôchou et le Dewa, deux cent dix-huit baptêmes. À Tacaoca, métropole du Tsoungarou, Thomas Soukezaïmon fut. brûlé vif par ordre de Tsougodono, gouverneur de la ville. En allant à la mort, il aperçut un gentil, et se rappela lui devoir une somme très minime. Il le pria de lui faire remise. Cette présence d'esprit, en un pareil instant, édifia grandement tous les infidèles.
On entoura Thomas avec du bois et de la paille, en même temps qu'on le recouvrit luimême de la tête aux pieds avec de la neige, afin de rendre son supplice plus long et plus douloureux. Il fut littéralement grillé, et périt étouffé par la fumée. Quand il allait expirer, les païens lui jetèrent encore de la neige en abondance, et retardèrent ainsi sa fin.
Il était né dans l'Yamato. Etant venu dans le Tsoungarou, il fut converti par les exilés chrétiens. Trois ans après, un des pages du prince fut mis en prison parmi les chrétiens que visitait Thomas. Le jeune païen se convertit et fut baptisé. Quand il allait au supplice, il appela Thomas et lui demanda le nom du Sauveur. « Invoquez Jésus, » lui répondit Thomas. Et le jeune homme fut mis à mort, ayant le nom divin sur les lèvres. Ce fut la cause de l'accusation portée contre Thomas et de son martyre. Son corps fut recueilli par les chrétiens.
Soukezakï, Jean, décapité pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1627.
SOUKÉZATÉMON, LÉON (OU SoUEÉZACAMITCHl), brûlé
vif pour la foi, en Omoura, le 12 septembre
Après le grand martyre qui eut lieu à Nangasaki, le 10 septembre 1622, un chrétien, Léon Soukézayémon, salinier de Nangaye, s'était glissé en rampant sur le terrain de l'exécution. Il avait saisi à poignées tout ce qu'il avait pu, et notamment le bras d'une des victimes. Les
gardes, se réveillant, s'emparèrent de lui. Le président de Nangasaki, sachant qu'il était d'Omoura, l'envoya au gouverneur de cette ville. Léon fut brûlé vif après le P. Apollinaire Franco et ses compagnons, avec les débris de leurs bûchers. On décapita sur la même place Marie, femme de Léon.
Soukézayémon, Dominique, brûlé vif pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1627.
Soukézo, Léon, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.
Soukimoto, Martin, laboureur, décapité pour la foi, en Tchicoungo, fin octobre 1616.
Soumiya, Simon, crucifié pour la foi, en Wôchou, le 31 juillet 1630.
Soutchéyémon, Matthieu Itchigô, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Soutchéyémon, Jean Sacoji, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Soltchi, Paul Mocouno, décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Souyétaki, Siméon, mort pour la foi, à Nang*asaki, le 28 août 1629, après avoir été torturé et brûlé au Mont-Oungen parles eaux sulfureuses, à l'âge de dix-neuf ans.
Pierre et Marie, le père et la mère de Souyétaki, étaient naturels dcFirando; ils avaient suivi Jérôme Sayémon, leur seigneur, dans son exil à Nangasaki, puis dans les provinces de Bougen et de Tchicougen. Siméon naquit le jour de Noël à Facata. Quelques jours après, il fut présenté à l'église et baptisé par le P. Julien de Macoura, sous le nom de Siméon. Ses parents relevèrent dans les sentiments les plus pieux. A neuf ans, il fut malade à mourir. Sa mère se mit en prières et obtint sa guérison. Dieu le réservait pour une mort plus heureuse. Avant d'aller à Oungen, il avait été prisonnier pendant un an dans sa maison. Les biens de sa famille étant confisqués, lui et les siens ne vivaient que d'aumônes.
Quoiqu'il ne fût encore âgé que de dix-neuf ans, Siméon était d'une rare vertu, ne sachant de la religion que ce qu'il avait appris de ses parents, et n'ayant reçu d'autre sacrement que
le baptême, à cause des voyages plus rares et de l'exil des missionnaires. Avant d'être prisonnier, il allait toutes les nuits s'agenouiller sur une pierre, et, se tournant dans la direction de l'église, il faisait une longue oraison. Interrogé par le président de la rue s'il avait étudié : « En fait de science, dit-il, je ne sais que mourir. » Parole brève, dit un auteur, mais d'un sens sublime ! — En passant devant sa demeure, il refusa l'habit que lui offrait son père, et n'accepta qu'une discipline, afin d'en faire usage au besoin. Le 9 août, il fut conduit avec dix-sept autres à Oungen. Son humilité profonde lui faisait demander pardon à tous et se recommander aux prières de tous ; il refusa de donner son nom par écrit, en souvenir, à quelqu'un qui l'envisageait déjà comme un martyr, et il lui répondit : « Je suis trop indigne d'une grâce aussi éminente; mais j'ai l'espérance, grâce à vos prières, de devenir en effet martyr : que cela vous suffise I »
On arriva, le 10 au matin, à la base de la montagne. Un des confesseurs, vieillard infirme, ne pouvait gravir cette pente abrupte. Siméon l'assista charitablement jusqu'au sommet.
Siméon fut conduit aux eaux les plus délétères. On lui suspendit au cou une pierre énorme et que deux hommes n'auraient pu
soulever, et on lui posa sur la tête une autre pierre en lui disant que si elle tombait, ce serait le signe de son apostasie. Puis on lui versa les eaux corrosives sur le dos. Cette épreuve se prolongeant, il s'évanouit à plusieurs reprises, par l'excès de la douleur. Le président, craignant de le voir expirer, le fit mettre dans une cabane, étendu sur des herbes : non point par pitié, mais afin de renouveler bientôt la torture.
Le lendemain, on lui fit voir son frère, et on lui apprit qu'il avait cédé. Ce lui fut une douleur très amère : il engagea le malheureux à se repentir. Alors on le ramena près de la source, et l'on recommença la torture. L'angoisse fut telle que Siméon tomba par terre et se fracassa la bouche. On le reconduisit à la cabane. Dans la même journée, il fut ramené pour être tourmenté encore. Les bourreaux ne trouvaient plus de place où verser les eaux : tout le corps n'était qu'une plaie. On remit encore le confesseur dans la cabane; car on pensait qu'il allait expirer. Pendant que Siméon était dans cette cabane ouverte aux intempéries de l'air, une tempête éclata; le vent et la pluie durèrent toute la nuit. Siméon n'éprouva les effets ni du vent ni de la pluie.
Après quelques jours, les vers commencèrent à pulluler dans les ulcères du confesseur,
et il s'en exhalait une odeur insupportable. Ounémé, le féroce gouverneur de Nangasaki, convaincu désormais que Siméon allait mourir, et ne voulant pas faire un martyr, lui fit donner des soins et ordonna de le rendre à son père. Néanmoins ce gouverneur déclara qu'il reprendrait sa victime, si elle revenait à la vie. Siméon répondit que c'était son plus cher désir.
Il était demeuré seize jours sur la montagne. Le 26 août, il fut reporté chez son père, étant plus mort que vif. Dans le chemin et à la maison, il ne cessait de se recommander à notre Sauveur et à la très sainte Vierge avec les expressions de la foi la plus tendre. « Fils de Dieu, s'écriait-il, ayez pitié de moi! Très sainte Marie, miséricorde! Reine des anges, ayez compassion d'un pauvre pécheur! » Il refusa d'abord de reposer sur son lit, qu'il estimait trop doux, et il ne l'accepta que par obéissance. Des visiteurs l'appelaient bienheureux d'avoir confessé Jésus-Christ dans les supplices; il les renvoya, et fit fermer la porte, afin de ne plus entendre de louanges. Il passa ses dernières heures dans les mêmes aspirations d'amour : « Vos plaies, ô mon Sauveur, disait-il, sont si immenses, que les miennes en comparaison ne sont rien ! »
Un peu après minuit, le 28 août, Siméon
demanda qu'on lui lavât le visage. « Quelle partie? lui dirent ses parents; tout n'est qu'une plaie. — Où vous pourrez, reprit Siméon : ne voyez-vous pas que je vais au paradis? Donnez-moi le crucifix, afin que j'exhale mon dernier soupir sur ses plaies sacrées en les baisant avec amour. » — Et en invoquant Jésus et Marie, il rendit l'âme, laissant son père et tous ses parents inondés de consolation. Le père et toute la famille s'approchèrent de ce corps consumé par la souffrance, et se prosternèrent pour le vénérer, non comme celui d'un fils et d'un parent, mais comme celui d'un saint. Bientôt on leur enleva ces restes précieux. Le gouverneur les fit brûler, sur la pierre même où le confesseur allait faire ses prières, et fit jeter les cendres à la mer. En même temps, l'on fit signer aux gens de la rue que Siméon était mort de maladie; on voulait découronner le martyr.
Souyézo, Miguel, de Caehiyama, Terliaire de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à Cachiyama, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Solza (Antoine de), Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi dans le supplice de
la fosse, à Nangasaki, le 26 octobre 1633, à l'Age de quarante-quatre ans.
Il naquit à Villa de Covilham, dans le diocèse de Guarda, en Portugal; il était de noble naissance et fils de Paul Fighereido de Àlmeida et de dona Inès de Souza. Il entra dans la Compagnie de Jésus à Coïnibre, en 1604, étant âgé de quinze ans. II passa aux Indes en 1609, fit ses études à Macao, et prit les saints Ordres à Malacca. Il entra au Japon en 1616, sous un déguisement. En 1617, il fut soupçonné d'être un missionnaire et exilé à Macao, Pendant plusieurs années, il fut procureur de la province du Japon. Il finit par rentrer sous l'habit de marinier, et résida cinq ans sur une barque. Il fut arrêté le 8 septembre 1633, à Ozacca, avec le Père Dominicain Lucas du Saint-Esprit.
Les deux Pères récitèrent le Te Deurn, et, dans la prison, se lavèrent réciproquement les pieds. Les Boungbios étaient dans l'admiration. Le 9 septembre, on les conduisit au prétoire, et on leur lit subir le tourment de l'eau. Le 24 septembre, ils étaient emprisonnés à Nangasaki. Condamné au supplice de la fosse, le Père Antoine de Souza y fut suspendu le 18 octobre et n'y mourut pour Jésus-Christ que le 26 du même mois.
Souza (Correa de), Pascal, Portugais, né à Portel, dans la province d'Alemtéjo, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 24 mars 1643, à l'âge de trentetrois ans. Il y était demeuré vivant pendant sept jours. Durant sa captivité qui fut de sept mois et demi, on lui fit subir cent cinq fois le tourment de l'eau. (Voir V. Capèce.)
Souzouké, Jacques, décapité pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Soyémon, Ignace Inda, de Noucayama, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629. ( Voir V. Candide.)
Soyémon, Jean Takeya, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Tacachima Cosme, né à Ikiota, en Figen, décapité pour la foi, en Omoura, le 9 octobre 1621, à l'âge de'soixante-huit ans.
Tacouchima, Jacques, Frère de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Ghiki, vers le 29 septembre 1633. Il était de Firando et élève du séminaire. Son éloquence et sa science le rendaient victorieux des bonzes en toute occasion. Il employait souvent de petits livres de doctrine. Il avait été pris avec le Père Paul Saito, à Nochitchi.
Tafioyé, Jean Fachimoto, d'une noble famille de Méaco, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Takêya, Marie, mère du V. Léon Takéya Gonochichi, qui avait été l'hôte du Père Jérôme de Àngelis, mise à mort pour la foi, à Yédo, le 4 décembre 1623.
Cette noble femme, insensible aux promesses de même qu'aux menaces, et à la bonté apparente qui devait rejaillir sur sa famille, s'écria devant les juges : « Cette mort, si cruelle qu'elle puisse être, m'invite et m'atttire. » Elle fut liée sur un cheval et conduite en avant de ceux que Ton conduisait à la mort.
498 LE SfARTYBOLOOE BU JAPON
Tambioyé, Mathias Faba, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632.
Tanayé, Vincent, décapité pour la foi, à Tonchaï, près Yédo, le 16 août 1613.
Tanchou, Orgaktin, brûlé vif pour la foi, à Founaï, le 1er septembre 1624, à l'âge de soixante-seize ans.
A Founaï, Organtin Tanchou, vieillard de soixante-seize ans, ancien portier d'une résidence de la Compagnie, et qui avait traversé cinq persécutions sans être inquiété, fut dénoncé par le frère de Tatchinaca Tchicoungodono, gouverneur de la ville, et condamné, ainsi que sa femme, Lucie, sexagénaire, à mourir de faim. Après quatre jours de cette peine, exténués de souffrances, ils firent consulter le Père afin de savoir s'ils pouvaient accepter secrètement quelques aliments. Le Père leur fit dire que se nourrir était un devoir : et ils obéirent.
Le gouverneur parut les avoir oubliés; mais, plus tard, le prince étant revenu de la cour, le 1er septembre, ils furent conduits au suppliée.
On les transféra de leur pays à Founraï, et on les mena vers le bord de la mer, où ils furent brûlés vifs. Leurs restes furent ensevelis par les chrétiens.
Organtin Tanchou était né de parents nobles sur le domaine de Canzouratchi, en Boungo; il était seigneur de ce domaine, et il en fut privé lors de la déchéance du prince François. Il s'était converti pendant sa prospérité. La confiscation l'avait réduit à la misère. Ses vertus et sa science le firent choisir par les Pères pour être le chef de la chrétienté. Dans la prison, il avait eu une vision des PP. Pierre-Paul Navarro et Vincent Antolhéti, qui l'invitaient à les rejoindre au Paradis.
Tarobioyé, George Acafochi, décapité pour la foi, à Cotchinotsou, en Arima, le 23 novembre 1614, à l'âge de soixante-quatre ans.
Issu d'une noble famille de Caifou, en Fingo, George était d'une taille très élevée, et il portait un emplâtre sur un œil qu'il avait eu crevé à la guerre. Il était le deuxième ou troisième en noblesse dans sa province. Canzouyedono, devenu seigneur de l'Etat, fit martyriser ou exila d'autres chrétiens, mais il laissa George en paix pour ne pas se priver de ses services. Les régents qui gouvernaient pour le fils de
Canzouye l'exilèrent par crainte. Chimandono l'accueillit, et lui permit de demeurer chrétien. Mais le nouveau commandement donné aux seigneurs de ne point conserver d'officiers chrétiens fit que George dut s'exiler à Nangasaki. Il y fut condamné à avoir la tète tranchée, et Naikidono, l'un des principaux officiers de Souroungadono, commissaire impérial, voulut par honneur lui donner la mort. Il ramassa la tête, la fît rejoindre au corps et défendit d'essayer les cimeterres sur le cadavre. Il rendit ces dépouilles aux serviteurs de George, pour être enterrées dans le voisinage. C'était le 23 novembre 1614. Le noble officier avait alors soixante-quatre ans.
Tarobioyé, Paul Sacaï, Majordome de la Confrérie du Rosaire et hôte des Religieux, décapité pour la foi à Yanagawa, en Tchicoungo, le 13 avril 1618.
Au Tchicoungo, Paul Sacaï Tarobioyé, chrétien parfaitement instruit dans la foi et rempli de zèle, fut appelé à la cour de Yédo, pour se justifier d'avoir reçu chez lui Jean Acachicamon, l'un des généraux de l'armée de Findeyori. Ayant fait accueillir ses raisons, il revint à Yanagawa; mais à peine arrivé, il fut cité devant Ichizatchi Wacasadono, l'un des
gouverneurs de la province, qui lui enjoignit de renier la foi. Sur son refus, il fut emprisonné, et ses biens furent confisqués. Sa ration quotidienne consistait en un peu de riz insipide et un verre d'eau. Et quand on eut appris que, touchés par ses exemples, six de ses compagnons de captivité s'étaient fait instruire et avaient reçu le baptême, on lui retrancha le verre d'eau et la moitié du riz, « comme si, dit un auteur, « l'abstinence et le jeûne n'avaient pas toujours été l'aliment et le breuvage nourriciers de la vertu. » Les six néophytes, soumis à la même privation, l'acceptèrent avec joie, et élevèrent leurs armes vers l'espérance du martyre. Paul écrivit alors une lettre touchante à un Père de la Compagnie, se jugeant indigne de mourir pour Jésus-Christ et exprimant son ardent désir de confesser la foi du divin Maître. Il y avait deux ans qu'il vivait ainsi lorsqu'il fut décapité pour la foi.
Tarobioté, Second Sato, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
Tarobioté, Jacques Yetcbigen, décapité pour la foi, à Coubota le 26 juillet 1624.
Tarodgi, Louis, mis à mort pour la foi, en Dcwa, le 8 février 1624.
Tarosacou, Sébastien, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Tarosouké, Paul, Majordome du Rosaire, mis & mort pour la foi, à Sanga, dans le Figen, en octobre 1616.
Tarosouké, Benoit, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, le 29 octobre 1630, à l'Age de trente ans. Il était de Facata et avait ramené à Dieu son père apostat. S'étant exilé dans la montagne, il y vivait parmi les buissons, errant d'une masure à l'autre, et repoussé partout. 11 fabriquait des chaussures de paille ; du produit, il achetait sa nourriture, et faisait encore l'aumône. Il avait changé de nom et pris celui de Simon. Il vécut ainsi un an et demi. Voici la lettre qu'il écrivit à sa mère :
« J'ai été chassé de mon asile, et j'ignore quand nous pourrons nous revoir; et' je ne trouve personne qui veuille m'accueillir. Cependant je ne me trouble pas, si nous devons à la fin nous trouver dignes de nous rejoindre
en paradis, où nous ne serons jamais séparés. Je déclare que rien ne pouvait m'arriver de plus heureux, puisque j'ai l'occasion, n'étant pas digne et n'ayant pas la vertu d'endurer les cruels tourments du Mont-Oungen, d'expier en partie mes péchés par les épreuves de l'exil, étant exposé à la pluie et au vent, ainsi que le mérite un si grand pécheur, je vous prie, en attendant, ma mère bien-aimée, de m'obtenir par vos prières et par celles de nos parents la grâce de persévérer jusqu'à la mort. Je ne saurais nier que j'éprouve une vive douleur, en vous délaissant; mais quand il s'agit d'une affaire aussi grande que la constance dans la foi, moi-même, et vous, et tous, nous devons avoir patience, avec la ferme résolution de tout perdre, plutôt que d'abandonner la foi. »
Taroubioyé, Luc Comazzou, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Goubota, le 18 juillet 1624.
Taroyémon, Joachim Fayaciïi, de Térazawa, en Ghembocou, décapité pour la foi, à Goubota, le 4 août 1624.
Taroyémon, Mathias Térazawa, décapité pour la foi, à Goubota, le 4 août 1624.
Tarozayémon, Lin, brûlé vif pour la foi, à Kibata, en Boungo, le 13 juillet 1614. (Voir V. Choubioyé, Michel.)
Tateicbi, Mancie, décapité pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628.
Tavarez, Joseph, né en Chine, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Tayéhon, Laurent, crucifié pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Tayémon, André Ninda, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
.Tayémoné, Michel àmazou, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629. (Voir V. Yémoné Louis.)
LES VÉN&RABLKB 50o
Tazayémon, Joseph Firoché, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Tazo, Joachim, crucifié pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Tchicoudgi, André, fils du V. Paul Acazawa Bounyémon, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.
Tchicoungo, Thomas, hôte du B. Antoine de Saint-François, Tertiaire de Saint-François, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 8 septembre 1628.
Tchiousacou, Jean, brûlé vif pour la foi, à Méaco le 7 octobre 1619.
Le Goubo devait consommer la persécution do 1619 par des immolations terribles. Il ignorait encore au commencement d'octobre qu'il y eût dans la prison de Méaco de nombreux chrétiens contempteurs de ses décrets. Il l'apprit à Fouchimi, lorsqu'il se rendait à Yédo. Enivré de colère, il ordonna de les brûler tous,
sans délai et sans distinction d'âge ni de sexe. Le gouverneur Ingandono, qui s'était promis d'ouvrir la prison et de mettre les chrétiens en liberté, se vit obligé d'y faire revenir ceux-là mêmes que par indulgence, il avait laissés en dépôt dans leurs demeures.
Ces mesures sévères, et la vue des bois amoncelés et de vingt-sept croix érigées au lieu des exécutions, firent présager un éclatant martyre.
Le 7 octobre, cinquante-deux victimes furent liées sur des chariots, au nombre de onze; les hommes et les jeunes gens étaient dans le premier et le dernier, les femmes et les enfants portés à la mamelle ou portés dans les bras, occupaient tous les autres. Un crieur précédait le cortège, et proclamait l'édit de mort : « Le Chôgoun, empereur de tout le Japon, veut et commande que toutes ces personnes soient brûlées vives en qualité de chrétiennes. » Et les martyrs confirmaient la parole du crieur, en disant : « Gela est vrai, nous mourons pour Jésus : Vive Jésus ! »
A l'extrémité de Méaco se trouvait un faubourg très populeux, dans la direction de Fouchimi, et à peu de distance du Camongawa (torrent septentrional), qui baigne et partage Méaco, vis-à-vis du grand temple Daibout. Là s c dressaient les croix, séparées de quatre ou
LES VÉNiRABLES 507
cinq brasses, et le bois, un peu éloigné, tout à l'entour; les confesseurs y furent attachés deux à deux et se tournant le dos. Au centre étaient les mères avec leurs petits enfants.
Madeleine, femme de Jean Tchiousacou, martyr lui-même, avait dans ses bras sa fille Reine, enfant de deux ans; Marie avait Monique, sa fille de quatre ans; et Marthe, son fils Benoit de deux ans. Une autre Marie tenait son fils, Pierre, de quatre ans. Mencia prenait sur sa poitrine sa Lucie de trois ans, et Rufine, sa petite Marthe, de huit ans et aveugle. « Mais, dit un auteur, qui aurait vu avec des yeux sans larmes cette Tècle, mère de cinq enfants, et qui en avait trois auprès d'elle à la même croix; car elle avait dans ses bras Lucie de quatre ans; Thomas de douze ans, était suspendu à sa droite, et François de neuf, était lié à sa gauche. Ses deux autres enfants occupaient la croix voisine.
L'incendie s'alluma bientôt dans ces immenses pyramides ; un déluge de flammes envahit les martyrs, tandis que de toute leur Ame ils invoquaient Jésus . Les tendres mères caressaient avec la main la tête et le visage des enfants, pour essuyer leurs larmes et apaiser leurs plaintes. Catherine, fille de Tècle, sur le point d'expirer, s'écria : « Mère, je n'y vois plus. » — « Invoque Jésus et Marie! » lui
508 LB MÀBTYROLOGE t>tf JAPON
répondit sa généreuse mère. Cette femme seraphique tenait dans ses bras sa petite Lucie , et elle l'étreignit avec tant d'amour qu'on trouva plus tard l'enfant adhérente et comme incorporée de nouveau à sa mère. 0 sainte Symphorose et Félicité I cette martyre fut, ainsi que vous, mère de six enfants, Michel, son fils aîné, privé de mourir, fut suppléé par le septième enfant vivant dans ses entrailles.
À la vue de cet holocauste, les chrétiens conçurent une si vive ardeur qu'ils ne craignaient plus ni brasiers ni supplices. Les gentils déclaraient n'avoir jamais vu de constance aussi héroïque.
Les reliques gardées pendant sept jours par les satellites, furent plus tard livrées aux chrétiens.
Une comète qui parut au ciel, parmi des éclairs et des feux surnaturels, signala, dit-on, ce martyre : et ces prodiges furent attestés par les infidèles aussi bien que par les chrétiens.
Jean Tchiousacou était noble de race ainsi que Madeleine, sa femme. Le père de Jean avait reçu le baptême par les mains du P. Viléla, et lui-même avait toujours été d'une dévotion
exemplaire.
Tchiousouké, d'Owari, brillé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Tchouzabouro, Matthieu, fils du V. Paul Acazawa Bounyémon , décapité pour la foi , à Coubota, le 26 juillet 1624.
Tchitaro, Thomas CawaI, fils du V. Jean GawaI Tchiyémon, brûlé vif et & feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624, & l'âge de moins de treize ans. (Voir V. Ounémé.)
Tchiviro, Mancie, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Tchiyémon, Jean CawaI, hôte habituel des missionnaires, préfet d'une Congrégation, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624.
Tchizatémon, François Bingé , décapité pour la foi, à Coubota, le 26 juillet 1624.
Tchizoyémon, Vincent Fanghiwara, brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Tchoan, Jean, fils du V. Antoine Mourayama, décapité pour la foi, près de Méaco, en novembre 1619.
Tchoungo, Marie, de Boungo, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Tchouzatémon, Mathias, de Figen, mort pour la foi, de misère et de souffrances, dans la prison pestilentielle de Méaco, le 16 juillet 1619.
Tècle, du Fingo, morte pour la foi, à Yachchiro, en 1617.
En 1617, la persécution sévit très violemment dans le Fingo, surtout à Yachchiro ; un grand nombre de chrétiens furent exilés avec leurs familles. Quelques-uns apostasièrent. D'autres furent jetés en prison; les quatre qui résistèrent le plus fermement virent leurs femmes et leurs enfants incarcérés au nombre de neuf personnes. Dans le nombre se trouvait Tècle, accouchée depuis quinze jours, et qui fut traitée si inhumainement qu'elle en mourut.
Tècle, épouse du V. Jean Fachimoto Tafioyé , brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Tècle, épouse du V. Luc Comazzou Taroubioyé, brûlée vive et à feu lent pour la foi, à Coubota, le 18 juillet 1624. (Voir V. Ounémé.)
Tècle, épouse du V. Louis Yazayémon, décapitée, pour la foi, en Omoura, le 13 juillet 1628,
Tècle, fille du V. Simon Tacafachi Chouzayémon, décapitée pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629, à l'âge de treize ans.
Tècle, épouse du V. Vincent Gouragané Itchibioyé, décapitée pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629 , à l'âge de dix-sept ans.
Tècle, servante de Marie, l'épouse du V. Jacques Sousouké, décapitée pour la foi, au Foccocou, le 5 août 1630.
Tenca, Denis Saiki, de Foucaye, précipité pour la foi , dans la bourbe sulfureuse et bouillonnante du Mont-Oungen, le 28 février 1627. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)
Téramatchi, Thomas, mis à mort pour la foi, à Cotchinotsou, le 23 novembre 1614, à l'âge de quarante-quatre ans. Il était d'Âsaki, en Tchicoungo ; il avait été pris très jeune à la guerre, et était devenu l'esclave d'un chrétien de Nangasaki. Il s'était racheté des fruits de son travail, s'était adonné au commerce et employait tous ses gains au rachat des captifs et à d'autres œuvres de miséricorde. En novembre 1613, il s'était fait ermite au sein d'une montagne, non loin de Nangasaki.
Thomas, fils du V. Michel Mizzouichi Ficoyémon, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 11 janvier 1609, à l'âge de douze ans. (Voir V. Mizzouichi, Michel.)
Thomas, lépreux, hôte des confesseurs de la foi, décapité pour Jésus-Christ, à Sourounga, le 24 novembre 1615,
Thomas, Japonais, ancien catéchiste du Père Jacques de Saint-François, excellent prédicateur, mis avec lui dans l'horrible prison de Yédo, en avril 1615, et mis à mort pour la foi, dans cette même ville, le 8 mars 1617. Condamné à être tranché en deux pour éprouver, une épée, il fut obligé de s'étendre sur le côté, et on le divisa en deux parts. Son corps fut mis en pièces, mais ses reliques purent être recueillies.
Thomas, Ois du V. Dominique Yamangouchi, d'Omoura, Confrère du Saint-Rosaire, massacré pour la foi, à Ouracami, près de Nangasaki, le 2 novembre 1617. .
Thomas, fils du V. Jean Jifioyé Chimanda, décapité pour la foi, à Cocoura, le 28 février 1618, à l'âge de deux ans.
Thomas, fils du Y. Jean Coubamata Zayémon, décapité pour la foi, à Nacatsou, le 28 février
Thomas, fils du V. Jean Fachimoto Tafioyé, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619, à l'âge de douze ans.
Thomas, dTourino-Chonaï, décapité pour la foi, à Mizzousawa, en Wôchou, le 6 novembre
Thomas, de Dewa, décapité pour la foi, à Mizzousawa, en Wôchou, le 6 novembre 1620.
Thomas, fils du V. Alexis Yenyémon, décapité pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de dix ans.
Thomas, fils du V. Léon Chinyémon, né à Todgi, en Boungo, affreusement torturé et massacré pour la foi, à Ousouki, en Boungo, le 28 mai 1624, à l'âge de vingt-trois ans. (Voir V. Chinyémon, Louis.)
Thomas, lépreux, mort pour la foi, de misère et de souffrances, dans la prison de Yédo, vers février 1627.
Thomas, hôte du B. Antoine de Saint-Bonaventure, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.
Thomas de Saint-Hyacinthe, prêtre japonais de l'Ordre des Frères-Prêcheurs, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 11 novembre 1634. Il y avait été suspendu vivant pendant sept jours, et on lui avait fait subir auparavant le tourment de l'eau et des tortures horribles et obscènes.
Il était né, à Firando, de parents chrétiens. Il fut longtemps dogique des Pères de la Compagnie de Jésus. Lors de la persécution de 1614, il alla à Manille avec le dessein d'étudier la théologie. Il demanda d'être admis dans l'Ordre de Saint-Dominique. Pour l'éprouver, les supérieurs le reçurent dans leur collège au titre de simple étudiant. 11 s'y appliqua aux arts et à la théologie. On lui donna l'habit en même temps qu'au P. Jacques de Sainte-Marie qui devait être martyr en 1633. Sa douceur et sa modestie étaient exemplaires et contrastaient avec la fierté naturelle aux Japonais. Il devint prof es le 16 août 1625, à l'Âge de trente-cinq ans. Il continua d'étudier la théologie. Quand
il fut envoyé par les Riou-kiou, on put croire que Dieu l'avait permis, afin qu'il connût la sainte mort du P. de Rueda. Il devait travailler au Japon, jusqu'aux derniers mois de 1634. (Voir V. Jourdain de Saint-Etienne.)
Thomas de Saint-Augustin (ou Iyofioyé), Japonais, Prêtre de l'Ordre de Saint- Augustin, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 6 décembre 1637.
Ce Père né dans la cité de Vomari, était fils de Léon Coyémon et de Claire Vokiay, pauvres et fervents chrétiens, qui furent tous deux martyrs. Son nom japonais était Iyofioyé. Il fut élevé dans le séminaire de la Compagnie, à Arima, lequel fut une pépinière de martyrs. Il y fit de singuliers progrès et se rendit capable d'enseigner à son tour; les Européens euxmêmes l'admiraient en l'entendant parler parfaitement la langue latine. A l'âge de vingt ans, il voulut passer aux Philippines, afin d'y embrasser l'état religieux ; mais il ne put y aller qu'en 1622. Son inclination le porta vers l'Ordre de Saint- Augustin. Le P. Provincial, Alfonse de Mentieda, lui donna l'habit, le 26 novembre 1623. Après sa profession, il fut ordonné prêtre par l'évéque Pierre de Arce et demanda bientôt à passer au Japon. Il *évrier 1630,
après avoir échappe miraculeusement au naufrage qu'il fit à l'Ile Marivelez.
En 1632 , la persécution était si violente que le P. Thomas avait dû se cacher sous des haillons, et afin de pouvoir pénétrer partout, se faire recevoir parmi les palefreniers d'Ounemé, le féroce persécuteur. Il put ainsi visiter son vicaire provincial, le P. Gutierrez. Il employait au service de ce bien-aimé Père et de lui-même le modique salaire, environ un demi-réal d'Espagne, qu'il recevait par jour. Il rendit compte à son supérieur de l'état de sa mission, et en reçut de sages directions. Enfin, quand arriva l'heure du martyre, Gutierrez fit de tendres adieux à son fils spirituel, et lui laissa ses exemples et ses leçons en héritage.
Après le martyre du P. Gutierrez, le P. Thomas continua d'administrer la chrétienté de Nangasaki. Le tyran avait alors ordonné, sous peine dévie, de porter à son .cou, au lieu des croix, des rosaires et des médailles, une image de l'idole adorée dans chaque quartier.
Le P. Thomas, vêtu en palefrenier, vaguait le jour à son office d'écurie, et, la nuit, parcourait la ville pour confesser, baptiser et enseigner la doctrine. Il visitait aussi les villages. Il continua ce ministère durant plusieurs années.
On savait sa présence, et Ton faisait toutes
les diligences, afin de le trouver. Il fut enfin obligé d'émigrcr pour quelque temps au sein de la montagne. Il visita pendant cet exil les chrétiens d'Omoura et d'Arima.
Ounémé finit par savoir que le religieux se cachait sous l'habit de palefrenier. Il fit observer ses traits par un peintre païen qui avait feint de se convertir. Ce peintre parvint à retracer l'image du missionnaire, et on la répandit partout. Alors le Père quitta la ville et voyagea dans les provinces. Il convertit à Yédo plusieurs pages de l'empereur; ce prince les fit tous décapiter. Ces néophytes étaient Confrères de la Courroie ou du Manteau, et quelques-uns Frères.
On se vengea de ne pas trouver le Père en sévissant contre les chrétiens que Ton décou vrait, et qui avaient profité de son ministère* Plus de cinq cents, d'après les relations les plus dignes de foi, furent martyrs dans cette occasion. Les satellites disaient que ce Père devait être sorcier, pour leur échapper ainsi de montagne en montagne et de retraite en retraite. Ce glorieux apostolat devait se prolonger encore.
Cependant, un jour que le Serviteur de Dieu voyageait par un chemin détourné, un espion qui l'aperçut soupçonna qu'il pourrait bien être quelque chrétien cherchant à échapper aux poursuites. Alors le Père se déclara et fut
conduit immédiatement devant les juges. Ceuxci, ne pouvant rien obtenir de lui, le soumirent à d'affreuses tortures, au tourment de l'eau, de la cuve, des roseaux aigus. On l'accablait de coups, et il n'y avait pas de mauvais traitement qu'on ne lui fit subir. Enfin il fut condamné au supplice de la fosse où il expira le 6 décembre 1637. Il n'y demeura pas longtemps vivant, car son corps n'était plus qu'une plaie, et il avait épuisé toutes ses forces dans les supplices.
Thomas, Malabare, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de vingt-cinq ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Thomas, Coréen, mort pour Jésus-Christ dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 21 mars 1643. Il y était demeuré vivant pendant quatre jours, et durant une captivité de sept mois et demi, il avait enduré cent cinq fois le tourment de l'eau. Il était né en Corée, et avait résidé au Cambodge, où il avait été employé dans l'église des chrétiens japonais. (Voir V. Capèce, Antoine.)
520 LE MABTTBOLOGE DU JAFON
Tingoro, Jean Fattori, né à Mouro, en Farima, décapité pour la foi, à Yachchiro, le 11 janvier 1609. (Voir V. Gofioyé, Simon et V. Mizzouichi, Michel.)
Tirozimoné, Joachim V an abbé, Jifiacou, mort en prison, pour la foi, après de longues souffrances, à Yachchiro, le 26 août 1606, à l'âge d'environ soixante ans. (Voir V. Gofioyé, Simon et V. Mizzouichi, Miche}.)
Tobioté, Joachim Terazawa, hôte des missionnaires, décapité pour la foi, à Goubota, le 4 août 1624.
Tocououn, Sixte, Japonais, Prêtre de la Compagnie de Jésus, mort pour Jésus- Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, le 9 octobre 1633, & l'âge de soixante-trois ans. Il était de la province d'Iyo et fut élevé au séminaire. Il fut admis dans la Compagnie en 1589. Exilé en 1614 à Macao, il y fut ordonné prêtre, et revint en 1616. Il fut pris au mois d'août 1633, dans sa contrée natale.
Tomiaga, Manuel, décapité pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628.
Tonoyémon, Mathias, mort pour la foi dans un étang glacé , à Chendal, le 22 février 1624.
Torosacou, Pierre, fils du V. Thomas Matsouyama, décapité pour la foi, au Boungo, le 6 mars 1618.
Torrella, Jean, Prêtre de l'Ordre de Saint- François, né dans le royaume de Valence, brûlé vif pour la foi, à Nangasaki, vers le 15 décembre 1632. Il y avait trois mois à peine qu'il était arrivé au Japon avec le P. Ginès de la Quesada.
Toyêmon, Paul, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.
Totémon, Lin Fachicata, décapité pour la foi, à Omoura, le 3 mai 1619.
Le vendredi 3 mai, jour de l'Invention de la
Sainte-Croix, fut martyr en Omoura, Lin Fachicata Toyémon, confrère du Rosaire et du Cordon de Saint-François. Il était l'un des gardes de la prison, et avait refusé le serment de ne rien laisser pénétrer jusqu'aux prisonniers. Il fut décapité dans sa demeure. Sa femme et ses enfants furent faits esclaves du prince, ainsi qu'il était d'usage pour les familles des suppliciés pour crimes et des martyrs.
Toyémon, Thomas, d'Owari, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Tsoucamoto, Paul, marinier, décapité pour la foi, & Ikitsouki, le 26 juillet 1622, à l'âge de trente-cinq ans.
Tsoucoita, Albert, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Tsouzou, Jacques, brûlé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619. (Voir V. Tchiousacou.)
Ursule, épouse du V. Gaspard Nichighenca, massacrée pour la foi, dans l'Ile Ikitsouki, le 11 novembre 1609, & l'âge de cinquante-quatre ans. (Voir V. Nichighenca.)
Ursule, belle-fille du V. Sacouraï, Jean de Boungo, brûlée vive pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Ursule, née en Tchicoungo, épouse du V. Michel Yamanda Fiyémon, décapitée à Cotchi, en Firando, le 6 mars 1624, à l'âge de trente-quatre ans.
Ursule, épouse du Y. Jean Magosouké, submergée pour la foi, dans les eaux sulfureuses du Mont-Oungen, le 21 août 1628.
Ursule, fille du V. Paul Matagoro, décapitée pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629, & l'âge de trois ans.
Ursule, fille du V. Paul Yamamoto Ficondayou, décapitée pour la foi, à Ozacca, le
13 janvier 1632, à l'âge de quatre ans.
Ursule, épouse du V. Thomas Cheibioyé, décapitée pour la foi, à Wacamatsou, le 12 février 1632.
Vaz, Pierre, Chinois, né à Macao, matelot, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de cinquante-sept ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Vietra, Sérastien, Prêtre de la Compagnie de Jésus, brûlé vif pour la foi, à Yédo, le 9 juin 1634, après avoir été suspendu vivant pendant trois jours dans la fosse, à l'âge de soixante-trois ans.
Ce Père naquit en 1571, à la Villa de Castro d'Ayre, dans la province de Beira, en Portugal. Ses parents étaient André Viey ra et Philippa Lopès. Il entra dans la Compagnie de Jésus, à Colmbre, le 3 février 1591. Il passa aux Indes pour la première fois en 1602. Il se rendit bientôt à Macao, y fut fait maître des novices, puis
LES VÉNÉRABLES &2â
durant trois ans, procureur de la province. En 1614, il fut exilé à Manille et revint au Japon en 1618. L'année suivante, il parcourut tout l'empire en qualité de Visiteur de la Compagnie, et parvint à communiquer avec vingt-trois de ses confrères, n'en ayant omis que deux, très éloignés. En 1623, il fut envoyé à Macao. Ayant été choisi comme procureur par la Congrégation provinciale, il partit pour Rome où il arriva seulement en 1626 : il était chargé d'exposer à Sa Sainteté les besoins de l'Eglise japonaise.
Le premier jour qu'il eut audience du Souverain Pontife, il fit en présence de Sa Sainteté un discours plein de l'Esprit divin, et dépeignit avec des traits de flamme les faits glorieux de cette Eglise militante, 'si éloignée de l'Eglise de Rome, ses persécutions et ses martyres, et la vertu des ouvriers évangéliques au milieu de tant d'épreuves. — Le successeur de Pierre versa d'abondantes larmes, et le Sacré-Collège partagea l'émotion du Saint-Père.
Le Souverain Pontife renvoya le P. Vieyra dans sa mission, en lui adressant ces touchantes paroles : « Allez, et, si vous souffrez la mort, je vous promets de vous déclarer martyr de l'Eglise de Dieu. »
Le vénérable Père, dans son voyage de Rome à Lisbonne, excitait un feu divin dans tous les
collèges où il passait. Il fut suivi à Lisbonne par de nombreux ouvriers. Cette vaillante troupe, formée de différentes nations et accrue de religieux portugais, devait quitter Lisbonne en 1629. Le P. Vieyra ne fut de retour au Japon qu'en 1632. Mais avant d'arriver au terme de son voyage, que de tribulations n'eutil pas à subir !
Nommé vice-provincial et administrateur de l'Evêché, il était passé de Macao à Manille, laissant dans la première ville quelques-uns de ses compagnons de voyage. Il demeurait sous des habits séculiers dans la maison d'un Portugais, et sortait seulement pour aller célébrer la sainte messe au collège.
On traita du voyage du Père avec des Chinois» Ces marchand? avides, qui parcouraient les mers à l'insu de leurs mandarins, exerçaient leur trafic sans s'inquiéter de l'inimitié des deux peuples. L'intérêt, plus puissant sur les Chinois que sur toute autre race, faisait évanouir tout obstacle. Un capitaine s'engagea pour un prix énorme à introduire le Père dans le Japon. Un autre capitaine devait transporter deux Pères japonais, les PP. Mancie Conichi et Paul Saito; d'autres Chinois informés de ces conditions avantageuses, offrirent à l'envi leurs services, et ils auraient emmené tous les religieux qui se seraient présentés.
De leur côté, les autres Ordres apprirent le départ de ces Pères, et tous les religieux s'émurent, sollicitant de leurs supérieurs la faveur d'être envoyés. Les offres empressées des Chinois, la maladie même du gouverneur, D. Laurent d'Olazo qui ne pouvait exécuter Tordre royal de ne point laisser passer de religieux, et qui devait mourir peu de temps après, l'appréhension de ne pouvoir aussi bien réussir sous un nouveau gouverneur, fit décider l'envoi de plusieurs religieux de chaque Ordre.
Le P. Vieyra, qui habitait à Manille la maison de Saint-Michel, située sur la rivière, à proximité des embarcations chinoises, n'était connu que du supérieur et des Béates japonaises, saintes exilées, réunies dans une humble demeure. Il refusa même d'aller visiter le gouverneur qui savait sa venue et qui l'avait fait appeler.
Avant de s'embarquer, il se vêtit en Chinois, acceptant ce déguisement pour l'amour du Seigneur, lequel, étant Dieu, s'est déguisé luimême en notre humanité, pour l'amour de nos âmes, et, se confiant à la divine Providence, il se remit aux mains des Chinois. Au lieu de le recevoir dans la cabine, selon leurs promesses, les Chinois le renfermèrent dans la cale, sans lumière et sans air, et dans la senteur empestée du cuir de cerf. L'eau s'infiltrait abondam-
828 LE MABTÎROLOGfi BU JAPON
ment dans ce réduit. Le bon religieux offrit sa vie à Dieu pour le cas où il devrait mourir d'asphyxie. Il ne pouvait ni lire ni réciter ses heures.
Il passa ainsi les dix premiers jours, au milieu de grandes souffrances, mais consolé divinement par le désir de nouvelles épreuves, et surtout de celles du Japon. Il apprit alors qu'il y avait sur le navire deux Franciscains, les PP. Quesada et Torrella, et le P. Jourdain de Saint-Etienne, Dominicain, contrairement à la convention. Il s'y trouvait aussi quelques serviteurs d'Arimandono, qui avaient un intérêt considérable dans le fret. Devant l'Ile de Tabaco-Michel, le vent changea, et l'on fut obligé de s'arrêter. Le Père apprit alors que les passagers et l'équipage connaissaient la présence de ses confrères. Les mariniers voulaient retourner aux Philippines et y déposer les quatre missionnaires. On reprit donc la direction des Philippines, malgré les efforts des missionnaires. Alors le Père, se tournant vers le Japonais qui semblait le plus hostile, et l'appelant de son nom de chrétien et par celui de païen, lui dit qu'il le connaissait depuis bien des années, et qu'il l'avait confessé plusieurs fois. Le Japonais lui demanda son nom, et, avouant que tout était vrai, le salua respectueusement et s'adoucit singulièrement. Dieu per-
Les vénérables 529
mit que Ton continuât le voyage, et, quoiqu'on voulût encore déposer lés religieux à Formose, les choses allèrent autrement; car les voies de Dieu ne sont pas celles des hommes.
Une tempête s'éleva; mais n'était-ce pas dans une tempête que Dieu avait fait aborder Jonas à la plage de Ninive? Et le prophète était bien plus en sûreté dans les entrailles d'un monstre marin que sur un puissant vaisseau. Le bâtiment courait dans le bruit des flots, emporté par les vents, les courants et les vagues immenses. « Pendant ce temps, dit le P. Vieyra lui-même, je réduisais en parcelles un « Âgnus Dei », et je semais ces parcelles au devant des flots dans la direction de la terre. Cependant la perdition était imminente ; tous se confessèrent et se disposèrent à la mort, puisque telle était la volonté du Seigneur. Je me confessai moi-même; mais, au fond du cœur, je ne pouvais croire que ce fût l'instant suprême; néanmoins j'étais disposé à tout, et je m'abandonnais à la volonté divine. Le navire vint à toucher, et tous crurent que c'était fini : ce fut une clameur immense, et tous les Japonais s'écrièrent : « Père de la Compagnie, Père de la Compagnie, sauveznous ! Miséricorde ! » Les apostats se confessèrent, et aussi tous les autres, au milieu des larmes et de la douleur des péchés passés. Les
uns émettaient des vœux, d'autres prêtaient serment, s'ils échappaient au péril, de nous conduire au Japon; quelques-uns même s'engageaient à accompagner les missionnaires et à exposer leur vie pour eux. Il sembla que le Seigneur les attendait à ce passage et qu'il avait commandé aux vents d'agiter la mer et de soulever la tempête, afin de réduire ces âmes, et d'obliger nos conducteurs à nous rendre au Japon. » L'ouragan dura deux jours. Pendant ce temps, on dépassa Formose. Cependant les flots s'apaisèrent, le vent devint favorable, et l'on prit la direction du Japon.
On avait renfermé tous les Pères dans une chambre unique à la poupe. Tous vivaient d'un jeûne vigoureux. Le P. Vieyra ne prenait, dit-il, qu'un peu de riz et de « chiro », ou bouillon d'herbes, quelques oranges et quelques châtaignes. On découvrit la terre le 31 juillet, jour de saint Ignace, et trois jours après, on franchit une petite lie, à l'extrémité de l'archipel de Firando, puis l'on côtoya les lies de Goto, non loin de la Corée.
Les Chinois et les Japonais s'étaient engagés par écrit à ne pas révéler les missionnaires. Cette convention fut mal observée, pour le malheur des uns et des autres. Cependant les Pères dirigeaient leurs intentions en vue d'acquérir de plus grands mérites, en se confor-
mant à la volonté divine, et ils souffraient leurs misères dans la patience. On s'arrêta dans un port des lies de Goto pour attendre une occasion favorable afin de se diriger vers Cotchinotsou, en Arima, patrie de la plupart des Japonais du navire. A cause des visites, on cacha les religieux; plusieurs s'évanouirent faute d'air, et eurent de la peine à revenir à eux. Le P. Vieyra avait été caché dans une pièce à eau; quand on l'en retira, il était presque mort.
Les quatre religieux songèrent à débarquer, et conclurent un accord avec un patron de Chimabara qui faisait le trafic des bois. On lui promit deux cent cinquante taëls, pour être conduit eu un mois dans les terres du Cami. Sur le bateau môme, le P. Vieyra fit relever plusieurs apostats. Le temps étant contraire, on fut obligé de débarquer avant l'époque, et, le 12 août, les pieux larrons furent mis à la côte. Le P. Vieyra baisa la terre en actions de grâces. Il se retira dans la maison d'un pauvre chrétien où il tomba gravement malade, mais il se remit après quelque temps, i Le P. Vieyra put alors visiter son vénérable supérieur, le P. de Couros, dans la misérable cabane où celui-ci s'était réfugié, et il en fut reçu avec amour. Il acheva de se guérir avec le « chiro » et avec la sainte conversation du
supérieur, qui fut le principal remède. Le P. de Couros l'envoya bientôt dans les faubourgs de Nangasaki pour traiter avec un Portugais de la fondation d'un collège.
Le Père s'était embarqué pour le Satsouma, puis avait changé de route et était demeuré dans les eaux d'Arirna. Les habitants d'une lie lui refusèrent l'hospitalité. 11 prit le large et alla surgir aux environs d'Arirna, bien près de la forteresse. D'autres amis s'excusèrent, et, comme l'on touchait à Noël, le Père leur rendit grâces, considérant que le Maître du monde, en se faisant homme, n'avait point trouvé place dans les maisons et les hôtelleries de Bethléem, pour naître, et pour abriter sa très sainte Mère, et qu'il était bien juste qu'un pauvre ver de terre n'obtint pas davantage. Un chrétien nommé Paul, touché de sa détresse, l'emmena dans la montagne. Le Père y célébra la fête de Noël au milieu de vingt chrétiens, et y demeura toute l'octave. Mais la persécution s'éleva dans la contrée, et il fallut quitter la maison de Paul.
Le 1er janvier 1633, qui était jour de fête et de jubilé, le P. Vieyra célébrant la sainte messe, Paul vit le calice, qui était d'argent, devenu transparent comme le cristal et rempli d'un sang vermeil et tout lumineux. On reconnut dans ce prodige un signe de persécution.
Le Père s'éloigna pour ne point perdre ses hôtes et se mit en marche avec six Japonais fidèles, évitant miraculeusement tous les périls. Aucune précaution n'était à négliger, car on avait déjà saisi et crucifié les Chinois qui avaient révélé les missionnaires et les autres gens du navire, et le nom du P. Vieyra avait été prononcé.
Ce fut vers la fin de juillet 1633 que le P. Vieyra fut découvert dans une barque près d'Ozacca. On le transféra dans la prison de Nangasaki, et de là dans celle d'Omoura. Le Chôgoun fut rempli de joie par cette capture, et ordonna de transférer le prisonnier à Yédo. La nuit qui précéda le départ, le vénérable Père connut, par révélation, qu'il devait être transféré à la cour, et il se vêtit des habits que portaient naguère au Japon les membres de la Compagnie, c'est-à-dire des habits religieux du Portugal .
Cependant le Chôgoun n'exprima point le désir de voir le P. Vieyra, parce quç, d'après les lois japonaises, la présence du souverain absolvait tout accusé. Le vénérable Père, dans sa prison dTédo, comme autrefois saint Paul, dans la prison mamertine, prêchait par l'exemple et par la parole, demeurant libre en esprit au milieu de ses fers, et comblé divinement de tant de grâces qu'il estimait les souffrances de
tous les hommes passés et futurs comme étant d'un prix inférieur à la moindre de ces grâces ; et toutes les souffrances, toutes les morts n'étaient rien, pour lui, devant ses obligations envers la majesté divine.
Deux membres du conseil suprême l'appelèrent à leur barre ; il y comparut en robe et en manteau, c'est-à-dire en Père de la Compagnie. Avant sa comparution, il était demeuré plusieurs heures dans le vestibule, et les officiers lui adressèrent alors la parole, lui donnant l'occasion d'annoncer la loi de Jésus- Christ et d'exposer ses divins mystères. Tous ces gentilshommes, atteints dans leur conscience par cette parole efficace, rendirent hommage à la vérité, et confessèrent que la seule crainte les empêchait de 'se convertir et de recevoir le baptême.
Les gouverneurs demandèrent au P. Vieyra les motifs de son entrée au Japon, contrairement aux décrets du Chôgoun, et s'il était venu dans un but de conquête; enfin, quelle était la loi qu'il venait prêcher. Le Père satisfit à toutes ces demandes, et exposa les principales vérités de la religion et les raisons surhumaines de l'apostolat. Les gouverneurs écoutèrent ses réponses, et déclarèrent les vérités chrétiennes excellentes en elles-mêmes; mais leur conclusion fut que le ChAgoun tenait les
chrétiens en horreur, à l'égard des voleurs, des incendiaires et des homicides.
Deux magistrats inférieurs déployèrent alors devant le confesseur tout l'appareil des supplices et firent torturer sous ses yeux un criminel vulgaire ; puis ils insistèrent pour le faire abjurer et lui faire dénoncer les autres chrétiens : « J'ai soixante-trois ans, répondit le Père, et dans ma longue existence, j'ai reçu du Seigneur du ciel et de la terre une infinité de biens; tandis que, de la part du Chôgoun,tjui n'est, ainsi que moi-même, qu'une créature sujette à la mort, je n'ai reçu que la captivité, des misères sans nombre et de cruels supplices. Vous pouvez, pour le fait de ma religion, m'infliger toutes les tortures et m'arracher la vie; c'est de toute mon âme que je livre cette vie. Vous m'offririez vainement tous les trésors de l'empire, et vainement vous me feriez subir tous les tourments du monde. Et si vos Seigneuries veulent connaître à fond les raisons de ma croyance, je suis prêt à les exposer par écrit. »
Après avoir consulté l'empereur, on remit au Père du papier, de l'encre et des pinceaux; et dans l'espace de quatorze heures, le vénérable missionnaire traça l'abrégé des divins mystères, dans la langue et en caractères du Japon, et les transcrivit en portugais. Le Chô-
goun à qui cet écrit fut porté, l'ouvrit devant toute sa cour. Dans sa lecture, il s'arrêtait par intervalles, entrant profondément dans le sens de l'œuvre, et s'en pénétrant; et quand il en vint à un passage relatif à l'immortalité de l'âme, il s'écria : « Ce bonze européen, qui exprime avec tant de sincérité la foi qu'il professe, est un homme véritablement saint; et si ses paroles sont la vérité, malheur à nous! »
Dieu frappait alors à la porte de cette âme ; et si le Chôgoun se fût donné à lui, tout le Japon serait devenu chrétien.
Plusieurs seigneurs, qui entendirent parler leur maître, et qui n'avaient apostasie que par frayeur et par intérêt, s'applaudirent de la liberté future, et se promirent de revenir à la foi chrétienne.
L'empereur était dans ce trouble extrême, quand Olndono, son oncle, et son conseiller le plus écouté, s'écria : « Doit-on donc s'arrêter à tous les délires d'un bonze étranger? La prédication d'une religion contraire aux divinités nationales n'est-elle pas en elle-même un crime irrémissible et digne de la mort? » Le triste souverain, sacrifiant à ce conseiller pervers les sentiments de sa conscience, ordonna de conduire au supplice le vénérable prêtre et plusieurs autres confesseurs. Mais le mission-
naire avait annoncé la parole évangélique en présence de tout le peuple, sur les places de la métropole, dans les prétoires et devant les princes, et sa voix avait pénétré jusqu'au souverain; son œuvre apostolique était accomplie, et le martyre allait la couronner.
L'heure si désirée ne se fit pas attendre. Le 6 juin 1634, le P. Vieyra, cinq Japonais, compagnons de ses courses, et que dans la prison il avait admis en qualité de novices ; le P. Louis Gomez, Franciscain, et son serviteur japonais, nommé François, qu'il avait reçu comme Frère, furent conduits à la fosse. Les deux Pères étaient à cheval ; à leurs épaules flottaient des banderoles avec la sentence. Les autres confesseurs cheminaient à pied. Le P. Gomez et tous les Frères expirèrent avant le P. Vieyra. Après trois jours, le 9 juin, le Père existait encore; il avait prédit qu'il ne mourrait point dans la fosse, mais consumé parles flammes; en effet, les satellites, impatients de le voir finir, amoncelèrent des fascines et y mirent le feu; le religieux romain termina dans cet holocauste quarante-cinq ans de vie apostolique, toute remplie de labeurs et d'épreuves, et alla recevoir sa juste récompense. Les cendres des martyrs furent semées dans la mer.
À la nouvelle du martyre du P. Vieyra, D. Manuel de Gamara et Noronha, gouverneur de
Macao, firent célébrer de grandes réjouissances qui durèrent treize jours. La ville de Macao n'omit rien pour célébrer le triomphe d'un Confesseur qu'elle envisageait comme son protecteur dans le ciel.
Vieyrà, André, Japonais, Frère de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le nord du Japon, vers le mois de juillet 1643, après avoir eu les membres sciés.
Vincent, décapité pour la foi, à Yédo, le 10 mars 1617. Il était charpentier de profession, et disciple des FF. Franciscains. Deux ans auparavant, ayant apporté durant plusieurs jours des aliments au P. Jacques de Saint-François enfermé dans la prison d'Yédo, les gardes, craignant pour eux-mêmes, finirent par le dénoncer. Le juge décida que cet homme, si ami du Père, devait être réuni à lui et le suivre dans la geôle. Le charitable chrétien y devint aveugle. Après son martyre, son corps fut mis en pièces, mais ses reliques furent recueillies.
Vincent, Catéchiste, ancien officier de Civandono, prince de Boung^ ' " ' *;f pour la foi,
à Fanghi, dans le Nangato, le 11 avril 1618, à l'âge de soixante-dix ans.
Vincent, lépreux, mort pour la foi, de faim et de misère, dans la prison d'Yédo, vers le mais de février 1627.
Vincent de la Croix (ou Chiwozzouca), Japonais, Frère de l'Ordre de Saint-Dominique, décapité pour la foi, au Mont-Sacré, f près de Nangasaki, le 29 septembre 1637, après avoir subi le tourment de l'eau et avoir été suspendu pendant deux jours dans la fosse. (Voir. V. Courtet.)
Wacasa, Joachim Coubouyazo, décapité pour la foi, à Goubota, le 4 août 1624, à l'âge de dix ans.
Wocosou, Antoine, fils du V. Jean Banzay Casouyémon, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Womoghi, François Kisocke, hôte des Religieux, décapité pour la foi, à Conga, le 23 février 1627, à l'âge de quarante-huit ans.
Xavier, fils du V, Paul Yamamoto Ficonda y ou, décapité pour la foi, à Ozacca, le 13 janvier 1632, à l'âge de neuf ans.
Xavier, fils du V. Pierre Ninomiya, décapité pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632, à l'Age de neuf ans.
Yachiriro, Pierre, de Miye, Tertiaire de Saint- Augustin, brûlé vif pour la foi, à Miyc, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Yachiro, Jacques, décapité pour la foi, près d'Yédo, le 17 août 1613.
Yachitchiro, Michel Corayachi, directeur d'un hôpital, torturé et décapité pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de trente-huit ans. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)
Yafioyé, Jules Ando. brûlé vif et à feu lent pour la foi, à Coub "Uet 1624.
Yafioyé, Pierre, serviteur du Y. Louis Am;igasou Yémoné, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Yagoyémon, Jérôme, hôte du V. Dominique Erquicia, décapité pour la foi, en Omoura, le 16 décembre 1629. Il demeurait à trois lieues de Nangasaki.
Yakichi, Dominique Adaciu, fils du V. Thomas Ocoumara Domi, décapité pour la foi, à A rima, le 22 novembre 1614, à l'âge de vingt-deux ans.
Yakichi, Thomas, de Miyc, Tertiaire de Saint- Augustin, bràlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, le 28 septembre 1630.
Yaklnoura, Jean ^Yito ou Matsouzaki), marinier, décapité pour la foi, à Die Ikilsouki, le 26 juillet 1622, à l'âge de vingt-cinq ans.
Yama, Jean, Japonais, Frère de la Compagnie de Jésus, mort pour la foi, dans le supplice de la fosse, à Yédo, vers le 29 septembre 1633, à l'âge de soixante-trois ans.
Conduit une première fois au supplice, il demanda un pinceau et écrivit cette sentence en japonais : « Le Japon est enseveli dans d'épaisses ténèbres, et ses peuples aveuglés se précipitent vers leur ruine : c'est leur châtiment, pour avoir détourné les yeux du soleil de l'Evangile, qui les illuminait de ses rayons. » Le président lut cette sentence, et fit ramener Jean dans la prison. Il y convertit encore un grand nombre de personnes et des seigneurs môme de la cour. Il avait quarante-sept ans de religion, quand il mourut.
Yamamoto, Denis, de Firochima, Frère de la Compagnie de Jésus, compagnon du V. P. Jean de Costa avec lequel il fut pris, brûlé vif pour la foi, à Cocoura, vers le 29 septembre 1633.
Yamanda, André, Tertiaire de Saint-Domihique, décapité pour la foi, en Omoura, le 11 septembre 1628.
Yamangouchi, Dominique, d'une noble famille d'Omoura, confrère du Saint-Rosaire, massacré pour la foi, près d'Ouracaini, le 2 novembre 1617.
Yamàsachi, Paul, décapité pour la foi, en Omoura, le 8 septembre 1628.
Yàmatcbi, Pierre Tanda, décapité pour la foi) à Tokitsou, le 15 septembre 1622.
Yasabouro, Louis, décapité pour la foi, à Goubota, le 4 août 1624.
Yasouï, Jean, décapité pour la foi, & Fouca-» fori, le 7 novembre 1628.
f Yasouké, Léon Pinato, de Pirochima, décapité pour la foi, àNangasaki, le 2 novembre 1630, à l'âge de cinquante-neuf ans;
Yasouro, Thomas Firay, mis à mort pour la foi, à Cotchinotsou, le 23 novembre 1614, à l'âge de trente-deux ans. Il était venu dix ans auparavant à Nangasaki, et avait été converti par les PP. Jésuites. Il s'occupait d'instruire les jeunes gens. (Voir V. Chinyémon, Matthieu.)
Yatchidgi, Mathias Nayaï, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.
Yayemon, Joseph, fils du V. Joachim Àratchi Izzoumi, décapité pour la foi, à Goubota, le 26 juillet 1624.
Yazayémon, Mathias, brûlé vif pour la foi, près dTédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)
Yazayémon, Louis, décapité pour la foi, en Omoura, le 13 mai 1628.
Yazo, Michel, décapité pour la foi, près dTédo, le 17 août 1613.
Yeizabouro, Paul Anazawa, de Noucayama, fils aîné du V. Antoine Anazawa Fayémon, décapité pour la foi, à Wocousambara, près d'Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Yeizo, Jacques (ou Itchizo), décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Yémoné, Louis Amagasou, décapité pour la foi, à Yonézawa, le 12 janvier 1629.
Dans la province de Wosoumi, le prince Oulesouki Caghecatzou, rendu puissant par l'héritage de son oncle Keichin, et par ses possessions personnelles dans le Wôchou, et devenu plus puissant encore par ses conquêtes, avait ménagé les chrétiens et négligé les ordres de la Tenca, pour ne pas nuire à son Etat et diminuer ses vassaux. Il répondait au Chôgoun : « Dans mes Etats, il n'existe aucun chrétien. »
Son fils et successeur Ouïesouki Danion, jeune homme plein d'orgueil et de superstition, écrivit d'Yédo à Chida Chouridono, son premier gouverneur, de faire une liste de tous les chrétiens et de les contraindre à abjurer. Ce gouverneur lui-môme était modéré par nature,
et voulait tout pacifier. Mais le deuxième gouverneur Firolzzoumo dénonça les chrétiens au prince.
Le 30 novembre, ce seigneur était de retour à Yonézawa, sa résidence principale et sa métropole. Dès l'abord, il manifesta ses mauvais desseins, proférant des paroles amères contre Amagasou Yémoné et ses deux fils, Tayémoné et Itchibioyé.
Chouridono s'attaqua d'abord au père, mais sans aucun succès, et Chidalo Sabourodono, fils du gouverneur, n'obtint pas davantage. Michel Amagawa Tayémoné, le fils aîné, et Vincent Cousabané Itchibioyé, le second fils, se virent combattus également. Mizzoumé Chikibou les interrogea et fit son rapport au prince. Cependant Chouridono fit entendre à son seigneur de sages remontrances; mais il ne fut point écouté.
Le 22 décembre 1628, le prince donna l'ordre écrit de faire mourir tous ceux qui suivraient la loi d'Yémoné. Le gouverneur Chouri lui dit : « Il y en a trois mille. — Non, » dit le prince. Le gouverneur, affligé de cette mesure, fit encore de nouveaux et d'inutiles efforts, et finit par rédiger un mémoire, où il exposait selon ses idées les commandements des chrétiens. Le prince attendit quelques jours pour faire connaître ses dernières volontés.
Cependant un chrétien, ayant entendu des paroles de mort proférées par le gouverneur Izzoumo, courut en informer Tayémoné. Ce dernier était malade et gardait le lit ; l'heureuse nouvelle ranima tout son être, et il s'écria qu'il était guéri. Se levant à l'heure même, il s'empressa d'avertir son père, Yémoné fit préparer deux nouveaux cercueils,* en plus des trois autres destinés pour lui-même, pour l'alné de ses fils et pour l'épouse de celui-ci.
Le 11 janvier 1629, deux Sabourais, envoyés par Chouridono, dénoncèrent à Yémoné et à ses fils leur condamnation et le jour de leur supplice, qui devait être le lendemain. Ils exprimèrent en même temps à Yémoné tous les regrets de leur maître. Yémoné leur répondit qu'il était reconnaissant envers Chouridono pour sa bienveillance, mais qu'aucune faveur n'était plus sensible à lui et à ses fils que le présent arrêt, et la mort pour Jésus-Christ.
Itchibioyé fit part de son bonheur à Tècle, sa jeune femme, âgée de dix-sept ans à peine, et déjà mère d'une petite fille. Tècle, baptisée depuis un an, montrait par sa ferveur qu'en un si bref intervalle elle avait parcouru toute la carrière. Dominica, femme de Tayémoné, ne pouvait assez exprimer sa reconnaissance envers Dieu, de ce qu'il l'avait tirée de Wacamatsou pour devenir 1 épouse de Tayémoné et
partager son martyre et sa récompense éternelle.
Dès le môme soir, Yémoné et ses fils envoyèrent au gouverneur leurs épées et leurs poignards, s'excusant sur l'heure avancée de ne point envoyer les armes longues, c'est-à-dire les lances et les arquebuses, et promettant de les envover le lendemain matin.
Les serviteurs furent dignes de leurs maîtres. Yémoné, tandis que sa cause était agitée dans les conseils du prince, avait voulu licencier ses serviteurs, pour n'occasionner la ruine et la mort de personne. Tous avaient refusé de recevoir leur salaire et de s'éloigner, préférant demeurer fidèles à leurs maîtres et glorifier Dieu dans leur compagnie. D'après les instances de ses serviteurs, Yémoné crut devoir les déclarer chrétiens, et dit aux Sabourais : « Sachez que toutes les personnes attachées à mon service sont chrétiennes, et qu'elles désirent accompagner leur maître en ce bienheureux passage; plusieurs fois je leur ai permis d'abandonner mon service, et nul n'y a consenti. » Les Sabourais répondirent : « Ceux de vos serviteurs qui voudront vous suivre pourront se présenter demain, et sans doute ils verront leurs vœux accomplis. » Ces paroles furent accueillies avec bonheur par ces bons chrétiens, serviteurs par la condition, mais seigneurs de leurs volontés.
et qui soupiraient après la liberté du Paradis.
En même temps vint se présenter aux Sabourais Timothée Wobasama Firobioyé, exilé d'Yédo, qui avait reçu l'hospitalité chez Yémoné, ainsi que son épouse appelée Lucie. Ces deux époux obtinrent d'être associés au sacrifice.
Yémoné remit à une personne sûre de petits présents destinés à ses plus chers amis, et alla prendre congé du plus intime de tous, Paul Nichifori Chikibou, président de la Confrérie, et qui, le jour suivant, obtint aussi la palme du martyre. Dans la maison de Paul, Yémoné parla très éloquemment sur l'excellence du martyre et sur les privilèges de la vocation sublime qui consiste à donner sa vie pour Jésus-Christ. Il discourut aussi de la vanité du monde, du jugement final et des biens éternels, et remplit d'admiration les païens qui l'entendirent, et qiii tous voulurent l'écouter jusqu'à la fin. Rentré dans sa demeure, il y reçut la visite rendue par son ami et disposa les choses pour le lendemain, prévoyant tout en vue du bon ordre, de l'édification du peuple et de la gloire divine. Enfin, demeuré seul avec sa femme et ses serviteurs, il revêtit, ainsi qu'eux, des habits de fête, et tous consacrèrent le reste de la nuit à l'oraison et à la préparation de l'âme.
Pendant ce temps, d'autres confesseurs
étaient désignés pour la mort. Paul Nichifori Ghikibou se voyait depuis longtemps sollicité par les magistrats. Il avait été déclaré l'ennemi du prince ; son beau-père et toute sa famille l'avaient renié ; mais il avait tout sacrifié avec joie, pour demeurer dans la charité de Jésus* Christ; il aurait voulu se proclamer chrétien à la face de l'univers. Il avait fêté dans sa maison, avec l'appareil le plus solennel, la sainte Nativité du Sauveur, et, depuis un ou deux jours, il avait baptisé quatre infidèles.
Un autre éminent serviteur de Dieu, Jean Banzay Casouyémon, avait remis au gouverneur un long mémoire, écrit de sa main, et dans lequel il se déclarait chrétien, et demandait d'être choisi comme victime et de satisfaire pour tous. Combattu sur tous les articles, il répondit : « S'il n'y avait après la mort un souverain Seigneur, juge et rémunérateur de nos actes, je serais insensé de ne point déférer à vos conseils; mais une éternité doit suivre cette existence et ses œuvres bonnes ou mauvaises; la récompense ou la peine seront décernées par le Créateur de l'univers : or, ce serait folie et crime que d'oublier ces vérités, afin de satisfaire à la simple volonté du prince et d'offenser le roi suprême pour obéir au seigneur terrestre, lequel est maître de tuer mon corps, mais ne peut rien absolument sur l'âme ; tandis que le
Souverain éternel peut et veut punir, dans l'âme et dans le corps, tous les violateurs de sa loi sainte. »
Renvoyé chez lui, mais pressentant le sort qui l'attendait, Jean invita son gendre, Paul Soudgiourodono, etRufine, sa fille, à s'éloigner du pays, pour assurer leur foi religieuse et leur existence même. Paul était jeune par les années, mais vieillard par la raison, et il répondit : « Si j'étais éloigné d'ici, la nouvelle de vos épreuves me donnerait des ailes, afin d'accourir pour les partager avec vous, pour rendre gloire à mon Créateur et procurer le bien de mon âme.
Comment voudriez-vous que, me trouvant présent, je vous abandonne, et que je renonce à l'objet de tous mes vœux? Sans doute, ma jeunesse est, par elle-même, impuissante et chétive ; mais Dieu suppléera ce qui peut manquer. » Et Rufine reprit : « Dieu nous donnera sa force, ô mon père ! et je souscris à toutes les promesses de mon seigneur et mari. » De son côté, la femme de Jean, nommée Aure, conjura son mari de la laisser mourir avec lui, pour aller avec lui participer aux fêtes éternelles, et de permettre que leur fils, Antoine Wocosou, fût associé à leur bienheureux sort. L'adolescent confirma le vœu de sa mère.
Ils se disposèrent tous à la mort. Peu après.
l'officier du gouverneur, porteur du fatal message, se présenta devant eux. Ils lui rendirent grâces, et continuèrent leurs prières. Jean Casouyémon demanda la faveur de visiter Yémoné et ses fils, et Ton vit entre ces chrétiens une émulation singulière de respects et d'actes d'humilité.
Simon Tacafachi Chouzavémon, l'un des gentilshommes du prince, et qui faisait partie de la garde intérieure, fut mis à la garde extérieure, privé de sa rente, et bientôt après condamné à mort comme persévérant dans la foi.
Les Kenchas ou commissaires qui devaient assister au supplice et en rendre témoignage, n'avaient pas cru devoir emprisonner aucun des confesseurs ; et quand le prince, endurci dans sa résolution sanguinaire, ordonna l'exécution, les Kenchas vinrent à la demeure de chacun des condamnés, pour les emmener directement au supplice. Tous ne furent pas mis à mort à la fois, mais successivement et à différents jours.
Les Kenchas vinrent en premier lieu à la maison de Yémoné, le principal et le chef de tous. Ils y arrivèrent deux heures avant le jour. Les serviteurs de Dieu étaient liés par avance et paisibles comme des agneaux, attendant l'heure désirée, et pénétrés de joie, en se voyant avec la livrée de cordes et de nœuds,
qui était celle du Sauveur. Yémoné seul était sans liens, afin d'aller au-devant des Kenchas et de les accueillir au seuil de sa maison. Mais il voulut ensuite être lié lui-même. Tous les confesseurs s'agenouillèrent devant une image de la très sainte Vierge, et se recommandèrent à la divine Mère. Cette image fut arborée au sommet d'une lance, et portée par un jeune enfant âgé de douze ans, page du fils de Yémoné; cet enfant avait voulu demeurer et mourir avec son maître. Un autre enfant tenait un cierge allumé. Tous cheminèrent alors, et formèrent une sainte procession. Ils étaient au nombre de dix-sept. Parmi eux était un vieillard de quatre-vingts ans, JeanGorobioyé, hôte d' Yémoné. Tous avaient le chapelet au cou, excepté les femmes, qui, n'étant pas liées, le tenaient à la main. L'aube du jour éclairait ce départ; sur le passage, les infidèles mêmes admiraient et encourageaient les confesseurs. Arrivés à la maison de Chikibou, Yémoné lui fit dire que lui-même se dirigeait vers le but et qu'il F y attendrait avec joie. Dans la maison de Chikibou, se trouvait l'un de ses amis, riche laboureur du lieu de Wada, baptisé depuis trois mois, et qui était venu pour s'associer, s'il était possible, au sort de son ami. Dans son impatience du martyre, il courut se mettre dans les rangs, estimant qu'une heure de retard
était un millier d'années, et Dieu permit qu'il fût trouvé digne et admis dans le nombre. Sur le lieu du supplice, les victimes s'agenouillèrent devant la sainte image, et baisant la médaille du très saint Sacrement, ils répétèrent trois fois : « Loué soit le très saint Sacrement. » Puis ils furent disposés sur quatre lignes. Les femmes les premières eurent la tête tranchée, et ensuite les hommes : Yémoné fut le dernier de tous. Après le supplice de quinze, les présidents firent lever cinq des condamnés, qui demeuraient encore à genoux, et parmi lesquels étaient les deux enfants qui précédaient le cortège. Ceux-ci se plaignirent amèrement d'avoir été condamnés et de ne pas subir la peine ; mais ils furent contraints de retourner à leurs demeures. Les victimes de la première série furent Louis Amagasou Yémoné; Michel Amagasou Tayémoné; Dominica, sa femme, et Justa, sa fille ; celle-ci dans l'âge d'innocence ; Vincent Couragané Itchibioyé, Tècle, sa femme, et Lucie, sa fille, dans l'âge d'innocence; Marie Ito, servante de Dominica; Marine Chobo, Pierre Yafioyé et Mathias Ficosouké, serviteurs d' Yémoné; Timothée Vobasava Firobioyé et Lucie, sa femme; Jean Gorobioyé; Joachim Sabourobioyé. Les tètes furent recueillies immédiatement par les chrétiens. Les corps des sept premiers furent mis dans des cercueils
préparés d'avance, et les autres placés à part, et bientôt ensevelis avec respect.
Bientôt parut une seconde troupe : c'étaient Jean Banzay Casouyémon et sa famille au nombre de sept personnes, qui subirent le même supplice. Leurs noms étaient : Jean Banzay Casouyémon et Aure, sa femme; Antoine Wocosou, son fils; Paul Sandgiouro, son gendre; et Rufine, femme de Paul et fille de Banzay, enfin deux innocents de cinq ans et d'un an, Paul et Marthe, enfants de ces derniers.
Vinrent ensuite Simon Tacafachi Ghouzayémon, qui prêcha durant tout le chemin, et Tècle, sa fille, de treize ans, retenue d'abord à la maison par les gentils, lesquels espéraient la faire renier, et qui s'échappa de leurs mains et de leurs conseils, pour aller rejoindre son père, et sacrifier, à ses côtés, la vie qu'elle en avait reçue, à l'Auteur souverain de cette vie.
Les gentils eux-mêmes témoignèrent un grand respect à tous ces martyrs ; et les bourreaux s'abstinrent d'éprouver leurs épées en taillant les corps en pièces. Les têtes de ces neuf serviteurs de Dieu furent recueillies et placées avec les autres, et plus tard ensevelies avec les corps dans des fosses creusées à proximité.
En quatrième ordre fut amené Paul Nichifori Chikibou. La veille, il avait fait remettre au
gouverneur son épée et ses autres armes. Le gouverneur, touché d'une action si noble, l'en fit remercier, et lui fit dire qu'il s'honorerait au plus haut degré s'il mourait le lendemain avec un pareil courage ; qu'eu effet, sa sentence était prononcée, et que lui, le gouverneur n'avait point voulu la lui notifier plus tôt, de peur de lui causer quelque trouble et de l'ennui. Paul lui fit exprimer sa reconnaissance.
Après minuit, un officier se présenta devant Paul, avec un présent de vin et de sacana, et lui dit qu'ayant le mandat de lui donner la mort, il lui présentait un gage de ses respectueux regrets. Paul lui rendit grâce et lui fit lui-même offrir des rafraîchissements en le faisant servir par sa famille. Puis il voulut prendre quelque repos, et dormit plusieurs heures dans le plus grand calme. Le matin, il fut réveillé par le messager d'Yémoné, et s'apprêta pour le supplice. II se fit arranger les cheveux, et revêtit ses plus beaux habits. Les officiers vinrent lui annoncer que son heure était venue, mais qu'ils avaient l'ordre d'épargner Madeleine, sa femme, pour qui son propre père avait intercédé et obtenu grâce. En vain Madeleine voulait mourir, s'écriant : « 0 mon père ! vous me ravissez plus que vous ne m'avez donné , lorsque vous m'avez engendrée; votre pitié cruelle me laisse la vie terrestre et me ravit le
ciel. » En vain Paul demanda qu'elle fût associée à sa couronne. Madeleine elle-même voulait suivre son mari ; mais elle fut retenue par des parents, ainsi qu'une jeune servante, ambitieuse aussi de la mort des saints.
Paul ravissait les regards par la dignité de son maintien; jeune et de grande taille, habillé magnifiquement, il montrait dans toutes ses allures la noblesse de son origine. 11 semblait rayonner d'une joie surnaturelle, et Ton eût dit que le ciel avait pris plaisir £ rassembler en lui toutes les perfections de l'àme et du corps. Deux serviteurs le précédaient, l'un avec Tiinage de la très sainte Vierge, arborée sur une lance, l'autre avec un cierge bénit à la main. Deux autres suivaient, l'un avec le cercueil, où d'un côté se trouvait écrit : « Nichifori Chikibou » et de l'autre « Paul » ; sur le milieu du cercueil était peinte une grande croix ; l'autre serviteur s'était chargé du coffre des habits. Paul, par humilité, ne voulut pas subir la mort à l'endroit qu'avait sanctifié le supplice de tant de victimes, et choisit une place à peu de distance.
Il vénéra les têtes des précédents martyrs, priant avec ferveur pendant quelques instants ; se relevant ensuite, il évita de fouler aux pieds e sang, dont la neige et la glace étaient parsemées tout à lcntour, et dit à la foule : « Oh !
combien peu Ton respecte le sang des serviteurs de Dieu! » et, se plaçant à l'écart, il tendit la tête à l'épée. Cette tête vénérable fut réunie aux autres et le corps du martyr enseveli honorablement.
En cinquième ordre, furent amenés Louis, lnyémoné et Anne, sa femme. (Voir leur notice.)
En sixième lieu, moururent Mancie Yochino Sayémoné et Julie, sa femme. (Voir leur notice.)
Ainsi vingt-neuf chrétiens furent immolés à
Yonézawa. Tous étaient vassaux du seigneur:
les autres chrétiens du territoire ne furent point inquiétés.
Yentaro, Pierre, hôte des Pères de la Compagnie de Jésus, crucifié, pour la foi, la tête en bas, à Nacatsou, le 1er mars 1618.
Yenyémon, Alexis, né dans File Ikitsouki, décapité pour la foi, à Ousoucca, en Firando, le 3 mars 1624, à l'âge de quarante-sept ans.
Yenzàïmon, Pierre, crucifié pour la foi, à Yédo, le 29 décembre 1623.
YetchiyémOiNé, Antoine Canaya (ou Souzayémoné), décapité pour la foi, à Nangasaki, le 7 décembre 1629, à l'âge de soixante-dix ans.
Antoine, né à Facata, en Tchicougen, fut baptisé à l'âge de trente ans dans l'église des PP. Jésuites et vint habiter Nangasaki avec sa famille. Quelques années après, la lecture du livre de Y Imitation de Jéstis-Christ l'enflamma tellement qu'il se donna tout entier à l'oraison, jeûnant fréquemment et multipliant les cilices, les disciplines et les œuvres de charité. Il se mettait souvent au seuil de sa porte pour appeler les pauvres, afin de les nourrir. En 1614, pendant la persécution, il se fit l'hôte des religieux.
Yifioyé, Jean, de Térazawa, en Ghembocou, mort de misère en prison, pour la foi, à Coubota, le 13 juillet 1624.
Yochibioyé, Gomez Mori, de Cotchinotsou , précipité dans la mer avec une pierre au cou, pour la confession de Jésus-Christ, à Chimabara, le 21 février 1627, à l'âge de cinquantesix ans. On lui avait coupé auparavant tous les doigts des mains. (Voir V. Sacouyémon, Paul.)
Yochitcmibo, Gaspard, brûlé vif pour la foi, à Chimabara, le 27 août 1633.
Yocbiyémon, Léon Oga.sara.wa, brûlé vif pour la foi, à Wacamatsou, le 8 février 1632.
Yofioyé, Grégoire, page d'un seigneur, décapité pour la foi, près d'Yédo, le 7 septembre 1613.
Yofioyé, Paul, page d'un seigneur, décapité pour la foi, près d'Yédo, le 7 septembre 1613.
Yofioyé, Jean, crucifié pour la foi, la tête en bas ,à Nacatsou, le 1er mars 1618.
Yofioyé, Dominique, d'Ikiriki, Confrère de la Courroie de Saint-Augustin, brûlé vif pour la foi, à lkiriki, près de Nangasaki, le 28 septembre 1630.
Yofioyé, Simon, de Miye, brûlé vif pour la foi, à Miye, en Omoura, après avoir eu la tête fra-
cassée à coups de bâton, le 28 septembre 1630. Il était Tertiaire de Saint- Augustin.
Yofioyé, Jean, Frère de l'Ordre de Saint- Dominique, mort pour Jésus-Christ, dans le supplice de la fosse, à Nangasaki, vers le 18 août 1633. Il y avait été suspendu le 15.
Yogoro, Justin, d'Amangoutchi, brûlé vif pour la foi, à Fangbi, en Nangato, en 1606.
Yoichi, Dominique Nangano, décapité pour la foi, à kCotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de vingt-sept ans.
Yosacou, Thomas, brûlé vif pour la foi, près dTédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de Angelis.)
Yosazayémon, Thomas, décapité pour la foi, en Omoura, le 10 septembre 1628*
Yosouca, Michel, de Foucaye, mis à mort pour la foi, à Arie, le 20 septembre 1630, après
avoir eu le cou scié, en plusieurs jours, avec une scie de bambou. (Voir V. Chouzayémon, Maurice.)
Yosouké, Paul (ou Ichizouké), décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 juillet 1618.
Yotchi, Paul, de Foucaye, mis à mort pour la foi, à Ariyé, en Arima, le 20 septembre 1630. Il eut le cou scié en trois jours avec la scie de bambou.
Youki, Jacques, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Japonais de la province d'Awa, entré dans la Compagnie en 1594, demeuré caché dans la persécution de 1614, mort pour Jésus- Christ dans le supplice de la fosse, à Omoura, le 25 février 1636, à l'âge de soixante ans.
Il avait été saisi dans les forêts, non loin d'Omoura. Le magistrat fui ayant demandé qui l'avait abrité et nourri, le Père lui répondit : « Depuis vingt ans, j'erre dans les campagnes et dans les bois, afin de ne compromettre personne, et j'ai subsisté d'herbes et de fruits sauvages. » Il supporta durant trois jours le tourment de la fosse.
Youyémon, Mathias, décapité pour la foi, en Omoura, le 19 septembre 1627.
Yoczayémon, Antoine, Tertiaire de Saint-Dominique, brûlé vif pour la foi, en Omoura, le 12 septembre 1628.
Yoyémon, Tbomas, de Tamba, brillé vif pour la foi, à Méaco, le 7 octobre 1619.
Yoyémon, Pierre, né à Firochima, en Omoura , Frère de l'Ordre de Saint-Augustin, mis à mort pour la foi, à Omoura, le 28 septembre 1630, à l'âge de cinquante-cinq ans.
Yozayémon, Léon, décapité pour la foi, à Ghendal, le 18 décembre 1624.
Y'saï, X., brûlé vif pour la foi* près d'Yédo, le 4 décembre 1623. (Voir B. Jérôme de An-
gelis.)
Ytcbizayémon, Pierre Fachihoto, mort pour la foi, à Cotchinotsou, le 22 novembre 1614, à l'âge de cinquante-deux ans.
Il avait été chargé de l'hôpital, et s'était fait de plus le catéchiste de vingt-quatre néophytes, dont plusieurs furent martyrs. Il alla à la torture, appuyé sur un bâton, et dit à une personne qui l'encourageait : « Mes pieds sont chancelants, mais j'espère en Dieu que je ne chancellerai pas dans ma foi, et aujourd'hui même moninfirmité va cesser. » Il fut suspendu, eut les doigts coupés, reçut l'empreinte de la croix, et eut les jarrets énervés. On l'emporta au moyen d'un bâton passé sous ses bras. Il expira la nuit suivante.
Zamba, Antoine, né dans l'Ile de Solor, serviteur à bord d'un navire portugais, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 3 août 1640, à l'âge de trente ans. (Voir V. Pachéco, Louis.)
Zayémon, Jean Coubamata, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 février 1618.
Zayémon, Simon Wonogoiia, décapité pour la foi, à Cocoura, le 25 février 1618.
Zayémon, Pierre Souké, décapité pour la foi» à Cocoura, le 28 février 1618.J
LES VÉNÉBAfeLES 565
Zayêmon, Jean Tencamoto, hôte, et Catéchiste du B. Camille Costanzo, décapité pour la foi, à Nécayénochima, lie dépendant de Firando, le 27 mai 1622, à l'âge de trente et un ans.
Zatéhon, Michel, hôte des PP. Melchion de Saint-Augustin et Martin de Saint-Nicolas, Augustins déchaussés, décapité pour la foi, à Nangasaki, le 11 décembre 1632.
Zényémon, Thomas Couchifacui, décapité pour la foi, & Cocoura, le 25 février 1618.
Ziwizay, Jacques Gouogi, décapité pour la foi, à Nacatsou, le 28 février 1618.