‹ Le martyre du cœur drame en cinq actes en proseChapitre 100 sur 134 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

LABO RIE.

Qu'est-ce que ce papier?

LERDAC.

Oh ! presque rien, monsieur... Ce n'est que la copie du jugement de Marguerite Bernard, veuve Laborie, en date du mois

d’août 1792 : voilà tout.

LABORIE, lai arrachant le papier.

C'est impossible!... (Froi»«aot le papier aprèa l’avoir lu et te foulant

am pied».) Non, c’est impossible!... Ma mère n’a pas volé!... nia mère est une honnête femme!... ma mère n’a pas volé!...

Ne criez pas si haut, croyez-moi... la prudence est d’autant plus nécessaire que la coupable s’est soustraite à une partie de la peine et...

LABORIE, baittaul la voix. .*

Oui... oui!...

LERDAC, ae levant.

Je ne veux pas vous effrayer sans raison. Tenez, voici la copie du procès-verbal de son évasion.

LABORIE, aprèa avoir lu.

C’est donc vrai! (n reste atterre. — Pause.)

LERDAC.

En protégeant mademoiselle de Nepteuil, c’est la famille, c’est le nom, c’est l’honneuf de mon meilleur ami que je défends.

N’esl-ce pas un rêve?

LERDAC.

Emmenez votre mère, je fermerai les yeux, je me tairai.

Quelque cruel que soit votre arrêt, monsieur... je vous en remercie... Oui, nous partirons... Je trouverai un prétexte quelconque pour décider Clarisse à ce voyage.

LERDAC.

Clarisse?... Mais elle n'a pas de honte à cacher... Vous partirez donc, mais sans elle.

Sans elle?

LE MARTYRE DU CŒUR

LERDAC.

Vous partirez après le divorce.

Le divorce î

LERDAC.

Vous allez quitter cette maison, à l'instant même. J'y tiens pour deux raisons : la prenfière, c’est que mademoiselle de Ncpteuil croira que vous ne l’avez jamais aimée, et que vous en aimez une autre ; la seconde, c’est que ce scandale justifiera la demande en séparation. Je joue cartes sur table. Le divorce pour vous, ou la détention pour votre mère ; choisissez.

Ah! mon Dieu!... — Ayez pitié de moi, monsieur!...

LERDAC, regardant 8 ta montre.

Il se fait tard, monsieur, la voiture du procureur impérial doit être en bas. Que décidez-vous ?

Mais tuez-moi donc!...

LERDAC.

Nous partirons ensemble, si vous voulez...

LABORIE, perdant la tête.

Ne plus la voir!... Clarisse!... ma chère et bien-aimée Clarisse!... Mon Dieu, mais laissez-moi le temps, au moins, de me faire à cette idée, monsieur... Demain... Demain?

LERDAC.

Vous pourrie^ prévenir votre mère cette nuit, et sa fuite... — Je pense à tout, vous voyez. Vous pourriez aussi me tuer, mais que je vive ou meure, la justice des lois atteindrait toujours le coupable, je vous en préviens. J’ai pris mes précautions.

Ah ! qu’ai-je donc fait pour souffrir ainsi?... Ma mère!... Clarisse!... Toutes deux frappées du même coup!...

LERDAC.

J’attends.

Il attend!... et j’hésite!. ..Tu eussesdonnéta vie pour elles... Allons, sacrifie davantage, malheureux, sacrifie ton bonheur!

Jacqueline entre.) Elle!

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