SCÈNE VIII LERDAC, LABORIE
Je me souviendrai toujours, monsieur, que c'est à vous que je dois d’avoir embrassé ma mère.
Vous le devez au hasard.
Sans vous, ce hasard serait encore à naître. Encore une fois,
merci ! (U lui terre la main, et veut s’éloigner.)
LERDAC, se plaçant devant la porte.
J'ai à vous parler.
Oh! plus tard... demain... Livrez-moi passage, je vous en prié.
LERDAC.
Ce serait de la folie, convenez-en, puisque je ne veux pas que vous passiez. (Moiu«meot de Laborie.) Mon Dieu, est-ce ma faute, à moi, si la mère que la fatalité vous ramène n’est pas • plus digne de votre amour que de vos respects?
laborie'.
Prenez garde, monsieur, vous insultez ma mère!... Je veux bien oublier que vous êtes ici chez moi... mais sortez, sortez!...
LERDAC.
Je disais donc...
Vous tentez Dieu!...
LERDAC.
Je disais donc que Marguerite Bernard, veuve Laborie^.. non, je ferai mieux, je vais vous lire une page de sa vie.
Je ne sais pas comment on repousse l’outrage dans votre inonde, mais dans le nôtre, la tête se perd, la vue se trouble, et Ton tue !
LERDAC, s’aasejant.
A merveille... Vous me tuerez après si vous voulez, (usant.) Marguerite Bernard, veuve baborie, née à Nepteuil...
LABORIE, bon <i« loi.
La fatalité est ici !
LERDAC, continuant.
Abusant de la confiance du député Jacques Mortin, qui l’avait recueillie...
Cet homme est fou, ou cet homme veut mourir!...
LERDAC, continuant.
Cette femme indigne...
Oh!
"Misérable...
LERDAC.
Va-t’en !
LERDAC.
Infâme...
Va-t’en, te dis-je, va-f en !
LERDAC.
A été condamnée...
LABORIE, prenant un de sea outil.
Ah ! (Levant l'arme pour le frapper.) Tu veux mourir, eh bien ! meurs!
LERDAC, achevant.
A été condamnée à dix ans de prison pour vol.
LABORIE, laissant tomber son arme, et reculant épouvanté.
Ah! ' ,
LERDAC, ramassant I arme sans se lever, et la lui présentant.
Vous pouvez m’assassiner; j’ai fini.